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Que lire après « Nana » d'Ai Yazawa ?

Que lire après « Nana » d’Ai Yazawa ?

Nana est un josei manga d’Ai Yazawa, prépublié à partir de 2000 dans le magazine Cookie de Shūeisha et compilé en 21 volumes.

Le récit suit deux jeunes femmes de vingt ans, Nana Osaki et Nana Komatsu, qui se rencontrent par hasard dans un train en direction de Tokyo et finissent par partager le même appartement. L’une rêve de devenir chanteuse, l’autre cherche l’amour et la stabilité.

La série, en pause depuis 2009 en raison de problèmes de santé de la mangaka, a profondément marqué le paysage du manga féminin par son traitement réaliste des relations amoureuses, de l’amitié et des aspirations artistiques. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Paradise Kiss (Ai Yazawa, 2000)

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Impossible de ne pas commencer par une autre création d’Ai Yazawa. Paradise Kiss partage avec Nana cette atmosphère d’adolescence finissante où les personnages doivent choisir entre rêves et réalité. Yukari, lycéenne studieuse, voit sa vie bouleversée par sa rencontre avec un groupe d’étudiants en stylisme, dont le charismatique et insaisissable George.

La série aborde le monde de la mode comme Nana traitait celui du rock : avec passion et lucidité. On retrouve le trait distinctif de Yazawa — silhouettes élancées, tenues sophistiquées — et surtout sa capacité à dépeindre des relations amoureuses complexes, loin des clichés du genre.

La romance entre Yukari et George, aussi passionnelle que douloureuse, rappelle celle de Nana Osaki et Ren. En cinq volumes seulement, Yazawa condense une réflexion sur les compromis de l’âge adulte.


2. Tokyo Tarareba Girls (Akiko Higashimura, 2014)

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Ce josei met en scène trois amies trentenaires — Rinko, Kaori et Koyuki — qui se retrouvent régulièrement dans un bar pour ressasser leurs échecs amoureux à coups de « et si j’avais fait autrement ». Comme Nana, Tokyo Tarareba Girls dissèque les aspirations féminines face aux pressions sociales japonaises, mais avec un ton nettement plus satirique et décapant.

Akiko Higashimura n’épargne pas ses héroïnes, les confrontant sans ménagement à leurs illusions. L’arrivée de Key, un jeune mannequin aux remarques cinglantes, fonctionne comme un électrochoc. La série a reçu le prestigieux Prix Eisner en 2019.

Si vous avez aimé l’amitié fusionnelle entre les deux Nana et leur lutte pour trouver leur place dans le monde, vous apprécierez ce portrait de génération désabusée mais attachante, où la sororité demeure le dernier rempart contre le désespoir.


3. Princess Jellyfish (Akiko Higashimura, 2008)

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Tsukimi, passionnée de méduses, vit dans une pension peuplée exclusivement de jeunes femmes otaku, chacune absorbée par sa manie particulière. Leur quotidien hermétique vacille lorsque Kuranosuke, un étudiant qui se travestit pour échapper au destin politique de sa famille, s’immisce dans leur univers.

Si Nana racontait la rencontre de deux personnalités opposées unies par leur prénom, Princess Jellyfish reprend ce schéma en y ajoutant une dimension comique débridée. La série traite de l’acceptation de soi, du regard des autres et de la difficulté à trouver sa place dans une société normée.

Higashimura réussit le pari de mêler humour absurde et moments de tendresse sincère. L’amitié entre Tsukimi et Kuranosuke évoque celle des deux Nana par sa capacité à transformer les protagonistes.


4. Perfect World (Rie Aruga, 2014)

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Tsugumi, décoratrice d’intérieur, retrouve par hasard Itsuki, son amour de lycée devenu architecte. Mais un accident l’a laissé paraplégique. La série aborde frontalement le handicap dans le contexte d’une relation amoureuse, sans édulcorer les difficultés quotidiennes ni verser dans le pathos.

Comme Nana, Perfect World confronte ses personnages à des obstacles qui semblent insurmontables : problèmes de santé, pression familiale, doutes existentiels. Rie Aruga a mené des recherches approfondies pour représenter fidèlement la réalité des personnes en fauteuil roulant. Le manga a remporté le prix Kōdansha en 2019 dans la catégorie shōjo.

Cette histoire d’amour mature interroge les limites de l’engagement et la définition du bonheur. Les lecteur·ices qui ont été touché·es par les épreuves traversées par les personnages de Nana trouveront ici une émotion similaire.


5. Solanin (Inio Asano, 2005)

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Meiko et Taneda forment un jeune couple à Tokyo. Elle s’ennuie dans son travail d’employée de bureau ; lui enchaîne les petits boulots tout en rêvant que son groupe de musique amateur soit enfin reconnu. Solanin partage avec Nana cette mélancolie des rêves qui s’effilochent au contact de la réalité.

Inio Asano excelle à capturer l’atmosphère d’une génération désenchantée, tiraillée entre aspirations artistiques et nécessités économiques. Son trait, d’un réalisme saisissant, renforce l’authenticité des émotions.

En seulement deux volumes, le mangaka condense une réflexion poignante sur le passage à l’âge adulte et les deuils qu’il impose. Le récit prend un tournant dramatique qui rappelle les moments les plus sombres de Nana. Une lecture douce-amère sur ce que signifie renoncer — ou pas — à ses idéaux.


6. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Ritsuka, guitariste blasé, croise un jour Mafuyu, un garçon taciturne qui serre contre lui une guitare aux cordes cassées. Intrigué par la voix bouleversante de ce dernier, Ritsuka l’intègre dans son groupe de rock amateur.

Given est un boys’ love qui place la musique au cœur de son récit émotionnel. Comme dans Nana, les chansons deviennent le vecteur d’émotions indicibles : Mafuyu porte le poids d’un deuil terrible que seule la scène lui permet d’exorciser.

La série, première de son genre à être diffusée sur la case noitaminA de Fuji TV, évite les clichés du BL pour proposer des personnages nuancés. Les dynamiques entre les membres du groupe — rivalités, sentiments inavoués, soutien mutuel — font écho à celles de Blast et Trapnest. Un manga sur la force réparatrice de la création artistique.


7. Beck (Harold Sakuishi, 1999)

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Yukio Tanaka, adolescent effacé, voit sa vie transformée par sa rencontre avec Ryusuke, guitariste charismatique qui a vécu aux États-Unis. Ensemble, ils fondent le groupe Beck et entament une ascension semée d’embûches dans le milieu du rock underground japonais.

En 34 volumes, Harold Sakuishi déploie une fresque musicale ambitieuse, truffée de références aux Red Hot Chili Peppers, Rage Against the Machine et autres légendes du rock. Comme Nana, Beck montre les coulisses de l’industrie musicale : rivalités entre groupes, producteurs véreux, sacrifices personnels.

Le récit initiatique de Koyuki — surnom de Yukio — rappelle l’évolution de Nana Komatsu, tous deux gagnant en assurance au fil des épreuves. La série parvient à faire « entendre » la musique à travers ses planches, grâce à un découpage dynamique et des visages transfigurés par l’émotion.


8. Nodame Cantabile (Tomoko Ninomiya, 2001)

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Shin’ichi Chiaki, pianiste virtuose, rêve de devenir chef d’orchestre en Europe, mais sa phobie de l’avion le cloue au Japon. Sa vie bascule quand il découvre Nodame, sa voisine excentrique, géniale au piano mais totalement indisciplinée.

Nodame Cantabile transpose dans l’univers de la musique classique ce que Nana faisait pour le rock : montrer des artistes passionnés aux prises avec leurs ambitions et leurs failles. L’humour décalé de Ninomiya contraste avec le sérieux de l’apprentissage musical, créant un équilibre savoureux.

La relation entre Chiaki et Nodame évolue lentement, au rythme des concertos et des concours. La série a contribué à revitaliser l’intérêt pour la musique classique au Japon. Les lecteur·ices de Nana retrouveront cette même façon de faire résonner les notes à travers le papier.


9. Kids on the Slope (Yūki Kodama, 2007)

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Japon, été 1966. Kaoru, lycéen introverti habitué aux déménagements, arrive à Kyushu et fait la connaissance de Sentarô, un voyou au grand cœur passionné de jazz. Malgré leurs caractères opposés, une amitié profonde naît entre eux, scellée par des sessions d’improvisation dans l’arrière-boutique d’un disquaire.

Kids on the Slope évoque Nana par cette alchimie entre personnalités contraires que la musique rapproche. Yûki Kodama situe son récit dans un contexte historique précis — les mutations sociales du Japon d’après-guerre — et y intègre un triangle amoureux délicat entre Kaoru, Sentarô et Ritsuko.

L’adaptation animée, réalisée par Shin’ichirō Watanabe (Cowboy Bebop) avec une bande originale de Yōko Kanno, a fait connaître la série à l’international. Un manga sur l’adolescence, la nostalgie et le pouvoir libérateur de la musique partagée.

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