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Que lire après « Made in Abyss » d'Akihito Tsukushi ?

Que lire après « Made in Abyss » d’Akihito Tsukushi ?

Publié depuis 2012 dans le magazine en ligne Web Comic Gamma de l’éditeur Takeshobo, Made in Abyss est un seinen manga écrit et dessiné par Akihito Tsukushi.

Le récit suit Rico, une jeune orpheline qui rêve de percer les mystères de l’Abysse — un immense gouffre peuplé de créatures redoutables et de reliques anciennes —, et Légu, un robot amnésique aux pouvoirs dévastateurs. Leur descente dans les profondeurs, soumise à la « malédiction de l’Abysse » qui inflige des séquelles physiques de plus en plus graves à mesure qu’on remonte, conjugue émerveillement et cruauté avec une rare intensité.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions du même acabit.


1. A Journey Beyond Heaven (Masakazu Ishiguro, 2018)

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Élu meilleur manga de l’année au classement Kono Manga ga Sugoi! 2019, A Journey Beyond Heaven déploie deux lignes narratives en parallèle.

D’un côté, Maru et Kiruko traversent un Japon ravagé par un cataclysme inconnu, peuplé de « dévoreurs » monstrueux, à la recherche d’un lieu baptisé « Paradis ». De l’autre, un groupe d’enfants vit à l’abri dans un institut coupé du monde, sous la tutelle de scientifiques, sans rien savoir de l’extérieur.

L’alternance entre ces deux réalités — l’une désolée, l’autre aseptisée — installe un suspense constant, nourri par les zones d’ombre que l’auteur distille avec une maîtrise redoutable du tempo. Comme dans Made in Abyss, l’innocence des protagonistes se heurte à un monde hostile, et la vérité se dévoile par strates successives, chaque réponse engendre de nouvelles questions.


2. Kaina of the Great Snow Sea (Tsutomu Nihei & Itoe Takemoto, 2022)

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Imaginé par Tsutomu Nihei, l’auteur de Blame! et Knights of Sidonia, et mis en images par Itoe Takemoto, Kaina of the Great Snow Sea se déroule dans un monde recouvert par une mer de neige, où de colossaux arbres orbitaux percent le ciel.

Kaina, seul jeune survivant d’un village perché sur la Canopée, vit persuadé que l’humanité s’est éteinte en contrebas. Sa rencontre avec Ririha, une princesse venue de la surface, bouleverse ses certitudes et le pousse à descendre vers des terres inconnues.

Le récit convoque l’héritage de Nausicaä de la Vallée du Vent, mais il approfondit ses propres thématiques : la raréfaction des ressources, le poids des conflits territoriaux et la verticalité d’un monde à redécouvrir. Un écho direct à la descente de Rico dans l’Abysse, où chaque strate recèle autant de promesses que de périls.


3. Aposimz – La planète des Marionnettes (Tsutomu Nihei, 2017)

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Autre titre de Tsutomu Nihei, Aposimz prend place sur un astre artificiel de 200 000 kilomètres de diamètre, dont la surface gelée et hostile cache des profondeurs mécaniques labyrinthiques.

Essro, un jeune homme sans histoire, voit sa communauté anéantie après avoir secouru Titania, une intelligence artificielle traquée par l’empire expansionniste de Revidor. Elle lui confie un code de conversion et sept munitions anti-mégastructure capables de percer le cœur de la planète.

Le récit de Nihei repose, comme Made in Abyss, sur une architecture verticale démesurée, où la descente vers le noyau central concentre tous les enjeux. Le trait épuré du mangaka, hérité de ses études d’architecture, donne corps à des environnements dont l’échelle écrase les personnages et renforce le sentiment d’un monde qui dépasse l’entendement humain.


4. The Promised Neverland (Kaiu Shirai & Posuka Demizu, 2016)

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Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat de Grace Field House, entourés de leurs cadets et de « Maman », une figure maternelle bienveillante. Mais la découverte d’un secret abominable — les enfants sont élevés comme du bétail destiné à nourrir des démons — déclenche une course contre la montre pour organiser leur évasion.

Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2016 et 2020, The Promised Neverland partage avec Made in Abyss un contraste brutal entre une façade enfantine et une réalité d’une violence implacable. L’affrontement ne se joue pas à coups de poing mais par la stratégie et l’intelligence, dans un huis clos où chaque faux pas peut s’avérer fatal.

La série de Kaiu Shirai et Posuka Demizu a écoulé plus de 42 millions d’exemplaires à travers le monde.


5. Le péché originel de Takopi (Taizan5, 2021)

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Condensé en seulement deux tomes, Le péché originel de Takopi frappe avec une brutalité émotionnelle que sa brièveté rend d’autant plus percutante.

Takopi, un extraterrestre en forme de poulpe rose venu de la « planète Happy », débarque sur Terre avec la mission de répandre le bonheur. La première personne qu’il rencontre est Shizuka, une écolière au visage éteint, victime de harcèlement scolaire et de maltraitance familiale.

Malgré ses « happy gadgets », Takopi ne parvient pas à enrayer la spirale de souffrance — et ses tentatives désespérées de remonter le temps ne font qu’aggraver la situation.

Le décalage entre la naïveté de l’alien et la noirceur du quotidien de Shizuka rappelle le contraste central de Made in Abyss, où l’émerveillement de l’enfance se fracasse contre la cruauté du monde. Un récit bref, dévastateur et inoubliable.


6. L’Enfant et le Maudit (Nagabe, 2015)

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Dans un monde scindé en deux — l’Intérieur, où vivent les humains, et l’Extérieur, territoire des créatures maudites —, la petite Sheeva cohabite avec un être cornu et ténébreux qu’elle appelle « Professeur ». Le moindre contact physique entre eux la condamnerait à devenir maudite à son tour. Le Professeur veille sur elle, mais il lui cache la vérité sur son abandon.

Nagabe s’inspire des contes des frères Grimm et du Petit Prince de Saint-Exupéry pour tisser une fable quasi-contemplative, où les dialogues se font rares et les silences pèsent autant que les mots. Le trait hachuré, proche de la gravure, renforce l’atmosphère de conte noir mélancolique.

On y retrouve l’essence de Made in Abyss : un lien indéfectible entre deux êtres que tout sépare, dans un univers où la beauté et le danger coexistent à chaque pas.


7. L’Atelier des Sorciers (Kamome Shirahama, 2016)

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Coco, une fillette qui n’est pas née sorcière, rêve pourtant de magie depuis toujours. Lorsqu’elle découvre par accident que la sorcellerie repose non pas sur un don inné mais sur le tracé de glyphes à l’encre, elle s’exerce en secret — et provoque une catastrophe qui pétrifie sa mère.

Prise sous l’aile du sorcier Kieffrey, elle intègre son atelier et découvre un univers régi par des lois strictes, où certains sorts sont proscrits et où une mystérieuse Confrérie du Capuchon menace l’ordre établi.

Kamome Shirahama, diplômée des Beaux-Arts de Tokyo et illustratrice pour Marvel et DC Comics, déploie un style graphique d’une finesse remarquable, nourri d’Art nouveau et d’imaginaire européen. Comme Made in Abyss, L’Atelier des Sorciers mêle l’apprentissage d’une héroïne déterminée à la révélation progressive d’un monde plus sombre qu’il n’y paraît.


8. Dai Dark (Q Hayashida, 2019)

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De la créatrice de Dorohedoro vient Dai Dark, un manga qui propulse son lecteur·ice dans les ténèbres de l’espace infini aux côtés de Zaha Sanko, un adolescent de quatorze ans dont les os, selon la légende, exauceraient n’importe quel souhait.

Traqué par toutes les crapules de l’univers, il se défend avec l’aide d’Avakian, son fidèle sac à dos-squelette, et de Death Delamort, une dévoreuse d’âmes au charisme redoutable.

Q Hayashida mêle horreur gothique, humour noir corrosif et science-fantasy baroque dans un style graphique où les vaisseaux organiques et les cités arborescentes évoquent davantage L’Incal de Jodorowsky que la SF classique.

Si Made in Abyss séduit par le contraste entre candeur et brutalité, Dai Dark pousse ce curseur encore plus loin : derrière les visages poupons et les répliques absurdes se cache un univers cauchemardesque où la chair et les os sont la seule monnaie d’échange.

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