Love Fragrance (Ase to Sekken) est un seinen manga du genre comédie romantique de Kintetsu Yamada, prépublié dans le magazine Morning de Kōdansha entre 2018 et 2021, pour un total de 11 tomes. On y suit Asako Yaeshima, une employée de la société de cosmétiques Liliadrop, complexée par son hyperhidrose, et Kôtarô Natori, le « nez » de l’entreprise, fasciné par l’odeur de sa collègue. Publiée en France par Kana dans sa collection Life, cette romance de bureau entre adultes est plébiscitée pour son traitement franc de la sexualité, des complexes physiques et du quotidien professionnel.
Voici d’autres mangas du même genre à découvrir.
1. Smoking Behind the Supermarket with You (Jinushi, 2022)

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Sasaki a 45 ans, un travail qui l’écrase et une seule respiration dans la journée : passer à la supérette pour voir le sourire de Yamada, la caissière. Un soir où elle est absente, une jeune femme en blouson de cuir lui propose de fumer une cigarette à l’arrière du magasin. Ce qu’il ignore, c’est que Tayama, au tempérament direct, et Yamada, au sourire angélique, sont une seule et même personne.
Né sur Twitter en 2022 avant d’être sérialisé dans le Monthly Big Gangan de Square Enix, ce seinen — classé premier au Next Manga Awards 2022 (catégorie manga web) — repose sur un quiproquo simple, dont l’efficacité ne faiblit pas. Le récit tire sa force de la routine : c’est dans la répétition de ces pauses cigarettes nocturnes, à l’abri des regards, que l’intimité entre les deux personnages s’installe. Comme dans Love Fragrance, tout part d’un rituel anodin — ici, une cigarette partagée plutôt qu’une odeur — qui devient le ciment d’une relation.
2. Otaku Otaku (Fujita, 2014)

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Narumi Momose, fujoshi invétérée, et Hirotaka Nifuji, gamer acharné, sont d’anciens amis d’enfance qui se retrouvent dans la même entreprise. Tous deux otaku, ils décident de sortir ensemble — mais leur couple bute sans cesse sur le même problème : ils aiment d’abord leurs hobbies. Autour d’eux gravitent Hanako, fan de cosplay, et Kabakura, amateur de mangas d’action, dont la relation, plus explosive, sert de miroir inversé.
Plus de 10 millions d’exemplaires vendus au Japon, une adaptation anime par le studio A-1 Pictures : la série de Fujita, publiée d’abord sur Pixiv en 2014 avant d’être repérée par Ichijinsha, a largement dépassé son public otaku de départ. Structurée en chapitres courts aux chutes millimétrées, elle fonctionne par accumulation de saynètes bourrées de références à la culture geek. Le lien avec Love Fragrance tient au cadre partagé — la romance de bureau entre adultes — et à l’idée que la vie d’otaku, même obsessionnelle, n’empêche pas d’aimer.
3. Switch Me On (Kujira, 2018)

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Koyori, fraîchement larguée, boit trop un soir et se réveille le lendemain dans le lit de Hijiri, son ami d’enfance. Celui-ci saisit l’occasion pour lui avouer ses sentiments. Se pose alors une question que le manga ne lâchera plus : comment passer de l’amitié à l’amour sans détruire ce qui existait avant ?
Ce josei en 8 tomes (terminé), publié chez Kōdansha dans le magazine numérique Comic Tint, suit deux jeunes adultes qui doivent réinventer leurs repères à chaque étape — premier baiser « officiel », première nuit sobre, première dispute, emménagement. Kujira, déjà remarquée en France pour Entre deux chez Akata, accorde aux scènes intimes une place franche dans le récit : elles ne sont ni éludées ni gratuites, mais servent de révélateur — elles disent ce que les personnages ne formulent pas. C’est cette même honnêteté sur le corps et le désir qui faisait la force de Love Fragrance.
4. The Ice Guy & The Cool Girl (Miyuki Tonogaya, 2019)

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Himuro descend d’une yuki-onna, la célèbre femme des neiges du folklore japonais. Quand ses émotions débordent, il provoque blizzards et congélations autour de lui — ce qui complique ses efforts pour séduire Fuyutsuki, sa collègue aussi douce qu’impassible. Tout le sel de la série tient dans ce décalage : lui gèle littéralement la pièce, elle ne cille pas.
Le format est volontairement court : des chapitres-vignettes, des running gags récurrents et un couple qui progresse par micro-avancées, un peu à la manière d’Otaku Otaku. Initialement diffusée sur le compte Twitter de Miyuki Tonogaya avant d’être sérialisée sur Gangan Pixiv (Square Enix), la série a été adaptée en anime en 2023. La mécanique fantastique — les pouvoirs d’Himuro, hérités de la mythologie japonaise — donne une forme concrète à des émotions que le dialogue seul peinerait à exprimer : quand Himuro est heureux, il neige. Publiée chez Mangetsu, c’est un contrepoint plus léger et plus fantaisiste à Love Fragrance, sur un terrain commun : le bureau, le couple, la lenteur du rapprochement.
5. New Love, New Life ! (Yoko Nemu, 2008)

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Momoko décroche son premier emploi comme graphiste dans une agence de design spécialisée dans le pachinko. L’ambiance y est chaotique : heures supplémentaires à rallonge, collègues qui dorment sur des matelas de fortune, directeur commercial irascible. Sa vie privée n’y résiste pas — son couple s’effrite dans l’indifférence, sans même la violence d’une dispute. C’est pourtant là, entre deux nuits blanches, qu’un nouvel amour va naître.
Yoko Nemu connaît bien ce milieu : avant de publier ce premier récit en volumes, elle a accumulé 21 ans de one-shots nourris d’observations sur la vie de bureau. Ce josei en 3 tomes, publié chez Kana dans la collection Life (et préquel de First Job, New Life !), montre un monde du travail japonais où l’on dort sur place, où l’on s’aime entre deux deadlines, et où la solidarité entre collègues tient lieu de filet de sécurité. La série n’idéalise rien, mais elle ne condamne rien non plus — et c’est cette absence de jugement qui la rapproche de Love Fragrance.
6. Corps solitaires (Haru Haruno, 2017)

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Michi Yoshino a 32 ans. Sa relation avec son mari Yôichi n’est pas hostile, ni froide à proprement parler. Mais cela fait deux ans qu’ils n’ont plus de relations sexuelles, et Michi ne sait plus si elle a le droit d’en souffrir. Lors d’une soirée entre collègues, elle se confie à Makoto Niina, qui vit la même situation avec sa propre femme. Cette confidence partagée va ébranler leurs deux couples.
Haru Haruno ne cherche ni à dramatiser ni à moraliser ; elle suit ses personnages dans leurs hésitations, leurs tentatives maladroites de dialogue, leur culpabilité. Prépublié dans le Manga Action (Futabasha) depuis 2017 et adapté en série live en 2023, ce josei publié chez Kana aborde un sujet encore tabou au Japon comme ailleurs : l’absence de désir au sein du mariage. Le trait est sobre, les décors souvent vides — comme si le manga épousait le silence qui s’est installé entre les personnages. Un registre plus grave que celui de Love Fragrance, mais un même refus de détourner le regard quand il s’agit d’intimité.
7. Mobuko no Koi (Akane Tamura, 2017)

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Nobuko Tanaka, étudiante introvertie, travaille à mi-temps dans une supérette. Surnommée « Mobuko » — un terme qui désigne les figurants, les personnages de second plan —, elle a l’impression de n’exister dans la vie de personne. Pourtant, elle nourrit en secret des sentiments pour Irie, un collègue tout aussi réservé qu’elle.
Les monologues de Nobuko ne sont pas de simples hésitations de shōjo classique : ce sont des boucles de pensée, des scénarios catastrophes élaborés avant chaque interaction, des post-mortems silencieux après chaque phrase prononcée. Sérialisé dans le Comic Zenon (Coamix) puis dans Comic Tatan, ce josei publié en France chez Noeve Grafx fait de cette intériorité omniprésente son vrai sujet, davantage que la romance elle-même, qui avance à un rythme volontairement lent. Akane Tamura réussit quelque chose de difficile : rendre palpable, case après case, ce que ça coûte de prendre la parole quand on est persuadé de ne compter pour personne. La timidité d’Asako dans Love Fragrance était un trait de caractère ; celle de Nobuko est un mode de vie.
8. Mon petit ami genderless (Tamekou, 2018)

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Wako travaille dans une maison d’édition ; Meguru, son compagnon, est un homme genderless devenu star des réseaux sociaux. Elle enchaîne les heures supplémentaires, il consacre son temps à soigner son apparence pour celle qu’il aime. Leur entourage ne sait jamais trop comment les lire — mais leur couple, lui, tient.
Publié dans le magazine Feel Young (Shōdensha), ce josei de Tamekou — autrice reconnue dans le boys’ love (Rêve de coucou) — s’inscrit dans le mouvement genderless japonais, un phénomène de mode né dans les années 2010 où de jeunes hommes refusent les codes vestimentaires assignés à leur genre. Le manga ne théorise pas : il montre, au fil des chapitres, un couple qui doit composer avec les regards, les malentendus et les attentes familiales. Le graphisme pop et le soin apporté aux tenues de Meguru — qui sont de vrais choix de mode et non des accessoires narratifs — donnent au récit des airs de carnet de mode autant que de manga. Comme Love Fragrance, c’est l’histoire d’un couple que rien ne prédisposait à fonctionner — et qui fonctionne quand même.