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Que lire après « Killing Stalking » de Koogi ?

Que lire après « Killing Stalking » de Koogi ?

Killing Stalking est un manhwa sud-coréen écrit et illustré par Koogi, prépublié sur la plateforme Lezhin Comics entre 2016 et 2019.

Lauréat du grand prix du deuxième concours mondial de bandes dessinées Lezhin, ce thriller psychologique met en scène Yoon Bum, un jeune homme isolé et fragile, dont l’obsession pour le charismatique Oh Sangwoo le conduit à s’introduire chez lui. Il y découvre que l’objet de sa fixation est en réalité un tueur en série sadique, qui le séquestre et l’entraîne dans une relation abusive et destructrice.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. In These Words (Narcissus & Jun Togai, 2012)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Né du duo créatif Guilt Pleasure, In These Words est un thriller psychologique au croisement du BL et du polar. Katsuya Asano, un profileur formé aux États-Unis, participe à l’arrestation du tueur en série Keiji Shinohara. Ce dernier, obsédé par celui qui l’a démasqué, n’accepte de passer aux aveux qu’en sa présence.

Dès le début des interrogatoires, Katsuya est assailli par des cauchemars d’une violence crue, dans lesquels un homme sans visage le retient prisonnier, le torture et prétend l’aimer. Le récit alterne habilement entre séances de huis clos et séquences oniriques où la frontière entre réalité et fantasme se dissout.

Comme dans Killing Stalking, la relation entre victime et bourreau se noue autour de la manipulation, de l’emprise et d’un amour dévoyé qui ne dit pas son nom. Le dessin semi-réaliste de Jun Togai accentue le malaise à chaque page.


2. Killstagram (Ryoung, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Publié sur la plateforme Webtoon, Killstagram suit Remi Do, une influenceuse sud-coréenne dont la vie de façade — sponsors prestigieux, milliers de likes, popularité écrasante — dissimule un danger mortel. Un tueur en série la traque grâce aux informations qu’elle publie sur les réseaux sociaux.

Lorsque sa meilleure amie disparaît et qu’elle est agressée, un employé de supérette nommé Kim Doha semble voler à son secours, mais ses intentions restent troubles. Le webtoon interroge la toxicité de l’exposition numérique et retourne le mécanisme du stalking contre son protagoniste.

Les lecteur·ice·s de Killing Stalking retrouveront ici la même atmosphère de paranoïa constante, cette sensation d’être épié·e en permanence, ainsi qu’un jeu pervers entre protecteur apparent et prédateur dissimulé qui rappelle la dualité de Sangwoo.


3. MADK (Ryo Suzuri, 2017)

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Sérialisé dans le magazine Canna, MADK pousse le BL horrifique dans ses retranchements les plus extrêmes. Makoto, un lycéen ostracisé par ses pulsions cannibales, invoque l’archiduc J, un démon aussi éloquent que redoutable. En échange de son âme, Makoto obtient la réalisation de ses désirs les plus morbides — dévorer la chair du démon —, avant d’être réincarné en créature infernale à son service.

L’obsession de Makoto pour J mute alors en volonté de surpasser son créateur. Avec son esthétique ero-guro assumée et sa construction de couple fondée sur la dépendance, la dévoration et la domination, MADK partage avec Killing Stalking cette capacité à lier intimité et horreur de manière indissociable.

Ryo Suzuri, ancien·ne modélisateur·ice 3D chez Capcom, signe des planches d’une maîtrise graphique remarquable, où la beauté côtoie l’abject sans concession.


4. Happy Sugar Life (Tomiyaki Kagisora, 2015)

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Prépublié dans le Gangan Joker de Square Enix et adapté en anime en 2018, Happy Sugar Life suit Satō Matsuzaka, une lycéenne qui découvre ce qu’elle appelle « l’amour » après avoir recueilli Shio, une fillette abandonnée. Pour préserver leur cohabitation, Satō ment, vole, manipule et tue sans hésiter.

Autour d’elles gravite une galerie de personnages tous psychologiquement déviants : un patron abusif, une collègue obsessionnelle, un camarade de classe lui-même attiré par l’enfant. Le manga dresse le portrait d’un monde où chaque individu porte un masque sucré sur une intériorité corrompue.

Les parallèles avec Killing Stalking sont nets : même construction d’un huis clos affectif étouffé par la possessivité, même représentation d’un amour pathologique capable de justifier la violence la plus froide, même tension permanente entre douceur apparente et cruauté sous-jacente.


5. Boy’s Abyss (Ryo Minenami, 2020)

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Sérialisé dans le Weekly Young Jump de Shūeisha, Boy’s Abyss se déroule dans une bourgade rurale asphyxiante dont le lycéen Reiji Kurose ne parvient pas à s’extraire. Coincé entre une mère défaillante, une grand-mère atteinte de démence et un frère reclus, il rencontre Nagi Aoe, une ancienne idol venue s’échouer dans cette ville. Elle lui parle du « Lover’s Abyss », un lieu où des couples viennent se suicider ensemble.

S’enclenche alors une spirale de relations toxiques et d’emprise mutuelle où interviennent aussi sa professeure et son amie d’enfance — chacune mue par ses propres motifs inavouables. Comme dans Killing Stalking, les adultes censés protéger le protagoniste l’enfoncent davantage, et l’atmosphère de claustrophobie psychologique ne relâche jamais son étau.


6. Les Liens du sang (Shuzo Oshimi, 2017)

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Prépublié dans le Big Comic Superior de Shōgakukan et édité en France par Ki-oon, Les Liens du sang (Chi no Wadachi) raconte la dérive de Seiichi, un collégien ordinaire dont la mère, Seiko, dissimule derrière ses sourires maternels une possessivité dévorante. En l’absence d’un père toujours au travail, elle construit son existence entière autour de son fils, qui l’étouffe dans un cocon dont il est incapable de se défaire.

Le récit bascule lorsqu’un acte irréparable révèle la folie tapie sous l’amour maternel. Shuzo Oshimi, déjà auteur de Les Fleurs du mal, excelle ici à distiller un malaise croissant sans recourir à la violence graphique : chaque sourire de Seiko, chaque silence, chaque regard porte en lui une menace sourde.

Les lecteur·ice·s de Killing Stalking reconnaîtront cette même mécanique d’emprise psychologique où l’affection sert d’arme, et où la victime peine à nommer ce qu’elle subit.


7. Lesson of the Evil (Yusuke Kishi & Eiji Karasuyama, 2012)

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Adapté du roman à succès de Yusuke Kishi (également porté à l’écran par Takashi Miike), ce seinen publié dans le magazine Good! Afternoon de Kōdansha met en scène Seiji Hasumi, un professeur d’anglais adulé de ses élèves et respecté par ses collègues. Derrière cette façade impeccable se terre un psychopathe méthodique, dépourvu de toute empathie, qui manipule son entourage et élimine froidement quiconque menace sa position.

Le manga construit sa tension sur l’écart béant entre le charisme social du personnage et sa monstruosité intime — un dispositif narratif que l’on retrouve chez Sangwoo dans Killing Stalking. Hasumi, comme Sangwoo, instrumentalise le désir, la confiance et l’admiration d’autrui pour asseoir son contrôle. La mise en scène froide d’Eiji Karasuyama accompagne cette escalade avec une rigueur qui rend chaque chapitre plus oppressif que le précédent.


8. Bâtard (Carnby Kim & Youngchan Hwang, 2014)

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Publié sur Naver puis traduit sur Webtoon, Bâtard suit Jin Seon, un lycéen chétif et invisible, contraint de vivre sous la coupe de son père, Dongsoo Seon — PDG respecté le jour, tueur en série la nuit. Depuis l’enfance, Jin sert de complice involontaire à ses crimes : il appâte les victimes, dissimule les preuves, obéit par terreur. Tout bascule lorsque Kyun Yoon, une camarade de classe, devient la prochaine cible de son père.

Jin doit alors choisir entre la soumission et la rébellion. Le webtoon de Carnby Kim et Youngchan Hwang pose frontalement la question du déterminisme — un enfant élevé par un monstre est-il condamné à le devenir ? Ce dilemme moral résonne avec celui de Yoon Bum dans Killing Stalking, lui aussi prisonnier d’une figure paternelle pervertie, tiraillé entre la complicité et la survie.


9. Sweet Home (Carnby Kim & Youngchan Hwang, 2017)

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Second projet du duo derrière Bâtard, Sweet Home prend pour protagoniste Cha Hyun-soo, un adolescent reclus et suicidaire qui emménage dans la résidence Green Home après la mort de toute sa famille. Très vite, une apocalypse frappe le pays : les humains se transforment en monstres incarnés par leurs désirs les plus enfouis. Piégé dans l’immeuble avec d’autres résidents, Hyun-soo doit lutter pour sa survie et résister à sa propre transformation.

Le webtoon — adapté en série Netflix — excelle dans la gestion du huis clos et de la paranoïa collective. Si le registre diffère de Killing Stalking par sa dimension apocalyptique, les deux récits partagent un même fil conducteur : la monstruosité intérieure, la frontière poreuse entre humanité et prédation, et des personnages que le trauma pousse dans leurs derniers retranchements.

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