JoJo’s Bizarre Adventure est un manga écrit et dessiné par Hirohiko Araki, prépublié depuis 1987 dans le Weekly Shōnen Jump puis dans l’Ultra Jump. La série, découpée en neuf parties à ce jour, suit les membres successifs de la lignée Joestar à travers différentes époques et différents pays.
Chaque arc renouvelle son casting, ses enjeux et son système de combat — de l’Onde aux Stands —, sans jamais perdre son goût prononcé pour les poses théâtrales, les références musicales et les affrontements aussi stratégiques qu’imprévisibles.
Avec plus de 130 volumes publiés et plus de 120 millions d’exemplaires écoulés, la série a durablement marqué le paysage du manga. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Jojo’s — Rohan Kishibe (Hirohiko Araki, 1997)

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Spin-off de Diamond is Unbreakable, cette série de one-shots met en scène Rohan Kishibe, mangaka excentrique doté du Stand Heaven’s Door, qui lui permet de lire dans les gens comme dans un livre et de réécrire leurs souvenirs. Chaque épisode fonctionne de manière indépendante : Rohan se retrouve confronté à des phénomènes surnaturels — yokai, divinités, malédictions — lors de ses recherches pour nourrir son travail.
Le format court confère à la série une tonalité plus intimiste que la saga principale. L’atmosphère tient davantage du récit fantastique à la Hitchcock que du shōnen de combat. On retrouve néanmoins la patte d’Araki : des situations absurdes, une tension narrative constante et un protagoniste aussi brillant qu’insupportable. Pour les lecteur·ices en manque de Morioh, c’est le prolongement le plus naturel de l’univers JoJo.
2. Jojo’s — Crazy Diamond’s Demonic Heartbreak (Kouhei Kadono & Tasuku Karasuma, 2021)

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Ce spin-off en trois tomes se situe en mars 1999, un mois avant les événements de Diamond is Unbreakable. Le scénario, signé Kouhei Kadono (auteur du roman Purple Haze Feedback), suit Hol Horse et Boingo à Morioh, lancés sur la piste d’un perroquet doté d’un Stand. En parallèle, Ryoko Kakyoin, cousine de Noriaki, tente de percer le mystère de la mort de ce dernier au Caire dix ans plus tôt.
Le récit s’intéresse aux séquelles laissées par DIO sur ses anciens serviteurs et tisse un pont habile entre Stardust Crusaders et la partie 4. Le dessin de Tasuku Karasuma, connu pour No Guns Life, respecte les codes visuels d’Araki, mais y injecte sa propre nervosité graphique. Un complément solide pour quiconque souhaite approfondir la mythologie JoJo sans attendre la suite de la série mère.
3. Dandadan (Yukinobu Tatsu, 2021)

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Momo Ayase croit aux fantômes ; son camarade Okarun ne jure que par les extraterrestres. Pour départager leur désaccord, chacun se rend dans un lieu lié à la croyance de l’autre — et tous deux découvrent qu’ils avaient raison. S’ensuit une course effrénée où yokai et aliens se disputent la vedette, portée par un humour cru et des séquences d’action d’une énergie folle.
Ancien assistant de Tatsuki Fujimoto sur Chainsaw Man, Yukinobu Tatsu a hérité d’un sens aigu du rythme et du décalage. Son trait, aussi précis dans la comédie que dans l’horreur, mêle des cadrages dignes du cinéma de Sam Raimi à un sens du mouvement hors norme. La parenté avec JoJo tient à cette capacité de juxtaposer le grotesque et l’émotion sincère, ainsi qu’à un bestiaire de créatures toutes plus barrées les unes que les autres.
4. Undead Unluck (Yoshifumi Tozuka, 2020)

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Fūko Izumo porte malheur à quiconque touche sa peau. Andy, lui, ne peut pas mourir. Leur rencontre déclenche un engrenage qui les entraîne au cœur de l’Union, une organisation secrète de « Négateurs » — des individus dont l’existence même annule une loi fondamentale du monde. Chaque pouvoir, nommé selon le principe qu’il nie (Undead, Unluck, Untruth…), obéit à des règles précises qui évoluent au fil du récit.
Ce système de pouvoirs à contraintes rappelle directement la logique des Stands dans JoJo, où la créativité tactique prime sur la puissance brute. Tozuka y ajoute une structure narrative en boucles temporelles et un propos sur le libre arbitre face à un dieu capricieux. Derrière l’abondance de fan-service des premiers chapitres se cache l’un des shōnen les mieux construits de ces dernières années, bouclé en 27 tomes avec une cohérence redoutable.
5. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Denji, adolescent miséreux, tue des démons pour le compte de yakuzas afin de survivre. Après sa fusion avec Pochita, un petit démon-tronçonneuse, il intègre la Division de la Sécurité Publique et se retrouve propulsé dans un monde de violence politique et de manipulations. Ses ambitions ? Manger correctement, dormir dans un lit et trouver une petite amie.
Chainsaw Man renverse les conventions du shōnen : au centre du récit, un antihéros dépourvu d’idéaux, guidé par des besoins primaires dans un univers cynique et brutal. Chaque démon incarne une peur humaine, ce qui confère au bestiaire une dimension à la fois horrifique et conceptuelle — un mécanisme qui fait écho aux Stands d’Araki, eux aussi nourris d’abstraction. Le trait sec de Fujimoto, son découpage cinématographique et sa narration imprévisible en font l’un des mangas les plus percutants de sa génération.
6. Choujin X (Sui Ishida, 2021)

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En 2048, dans un monde reconfiguré par l’apparition des « choujin » — des surhumains aux capacités diverses —, le lycéen Tokio Kurohara s’injecte un sérum pour sauver son ami Azuma et se transforme en une créature hybride à l’allure de vautour. Commence alors pour lui un apprentissage chaotique de ses pouvoirs, loin de tout fantasme héroïque.
Sui Ishida, déjà connu pour Tokyo Ghoul, reprend ici son thème de prédilection : un protagoniste passif, tiraillé entre sa part humaine et sa nature monstrueuse, jeté dans un conflit sociétal plus grand que lui. Le parallèle avec JoJo se dessine dans la réflexion sur la frontière entre bien et mal, ainsi que dans la galerie de personnages secondaires excentriques dotés de pouvoirs aussi variés qu’imprévisibles. Plus léger et plus drôle que Tokyo Ghoul, Choujin X prouve qu’Ishida a gagné en liberté narrative.
7. Gokurakugai (Yuto Sano, 2022)

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Dans un quartier populaire aux airs de Hong Kong fantasmé, Alma et Tao tiennent un « bureau des résolutions » : le jour, ils règlent les problèmes des habitants ; la nuit, ils traquent les magas, des monstres nés de cadavres humains ou animaux. Alma, mi-humain mi-maga, porte une épée fichée dans le torse dont l’extraction libère sa puissance démoniaque.
Le cadre de Gokurakugai — ruelles animées, néons, échoppes bruyantes — confère au récit une atmosphère singulière, à mi-chemin entre le film noir et le conte urbain. La dynamique du duo évoque celle de nombreux binômes dans JoJo, où un personnage impulsif et un partenaire plus posé se complètent face à l’adversité. Première série de Yuto Sano, ce manga affirme déjà une identité graphique soignée et un sens de la mise en scène des combats qui ne laissent pas indifférent·e.
8. Gachiakuta (Kei Urana, 2022)

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Rudo vit dans un bidonville où les descendants de criminels sont parqués, à l’écart d’une cité opulente qui jette tout ce qui ne lui sert plus — objets comme individus. Accusé à tort du meurtre de son père adoptif, il est précipité dans l’Abîme, une décharge monstrueuse où les déchets prennent vie sous forme de créatures hostiles. Pour survivre, il devra maîtriser son « jinki », un pouvoir lié aux objets auxquels il accorde de la valeur.
Ancienne assistante d’Atsushi Ōkubo (Soul Eater, Fire Force), Kei Urana hérite de son mentor un trait charbonneux et nerveux, parfaitement adapté à cet univers de dark fantasy dystopique. Le système de combat, fondé sur le recyclage et la réparation, résonne avec les préoccupations écologiques contemporaines. Comme dans JoJo, la force du héros ne réside pas dans la puissance brute mais dans l’ingéniosité avec laquelle il détourne les objets du quotidien.
9. Sakamoto Days (Yuto Suzuki, 2020)

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Taro Sakamoto était le tueur à gages le plus redouté du Japon. Puis il est tombé amoureux, a pris sa retraite, s’est marié, a eu une fille — et a pris du poids. Il gère désormais une supérette de quartier avec une règle absolue : ne tuer personne. Mais quand une prime est mise sur sa tête, ses anciens collègues affluent, et Sakamoto doit protéger sa famille sans renier ses principes.
Derrière la prémisse comique se cache un manga d’action redoutablement efficace. Les chorégraphies de combat de Yuto Suzuki — inventives, fluides et souvent hilarantes — rappellent la minutie avec laquelle Araki conçoit ses affrontements dans JoJo : chaque objet du décor devient une arme, chaque situation banale se mue en séquence d’anthologie. L’anime, diffusé depuis janvier 2025 sur Netflix, a propulsé la série au rang de phénomène, mais le manga mérite d’être lu pour son découpage et son sens du timing, impossibles à reproduire à l’identique sur écran.