Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Ippo » de George Morikawa ?

Que lire après « Ippo » de George Morikawa ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ippo (Hajime no Ippo) est un manga de boxe écrit et dessiné par George Morikawa, prépublié dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha depuis 1989. Il retrace le parcours d’Ippo Makunouchi, lycéen timide souffre-douleur, qui découvre la boxe anglaise après sa rencontre avec le boxeur professionnel Mamoru Takamura.

Forte de plus de 145 volumes et de plus de 100 millions d’exemplaires en circulation, récompensée par le prix Kōdansha en 1991, c’est l’une des séries sportives les plus lues au monde. Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations.


1. Ashita no Joe (Asao Takamori et Tetsuya Chiba, 1968)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Ashita no Joe est le grand ancêtre du manga de boxe. On y suit Joe Yabuki, un orphelin bagarreur qui échoue dans un bidonville de Tokyo. Repéré par Danpei Tange, ancien boxeur reconverti en ivrogne, Joe est poussé vers le ring — mais sa nature rebelle et ses démêlés avec la justice retardent chaque étape de son parcours. Il passe d’abord par la case centre de correction, où il croise pour la première fois Rikiishi, son futur grand rival.

Là où Ippo construit une trajectoire ascendante et volontiers comique, Ashita no Joe emprunte une voie tragique. Presque tous les protagonistes connaissent un destin sombre — reflet d’un Japon d’après-guerre où la pauvreté, les bidonvilles et le ressentiment envers l’occupation américaine structurent le quotidien. Plus de 16 millions d’exemplaires vendus, un retentissement politique (l’Armée rouge japonaise a utilisé Joe comme symbole de révolte) et un statut de référence absolue : George Morikawa lui-même cite Tetsuya Chiba comme l’auteur qui lui a donné envie de devenir mangaka.


2. Riku-Do (Toshimitsu Matsubara, 2014)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Riku Azami n’a rien hérité de la vie sinon la violence. Son père, un alcoolique brutal, se pend ; sa mère vit sous l’emprise d’un dealer sadique. Après avoir tué cet homme en légitime défense alors qu’il n’est encore qu’un enfant, Riku est placé en foyer. C’est un ancien boxeur devenu yakuza, Kyōsuke Tokorozawa, qui lui enseigne les rudiments du combat — avant de le confier à son ancien entraîneur, Shinji Baba. Sept ans plus tard, Riku se présente à l’examen de la licence professionnelle.

Le ton est d’emblée plus âpre que celui d’Ippo. Prépublié dans le Young Jump de Shūeisha et achevé en 23 volumes, Riku-Do est un seinen qui ne fait aucune concession : maltraitance, addiction, traumatisme — la boxe y est un exutoire vital, un moyen de tenir debout plutôt qu’un sport. Matsubara, dont c’est la première série, signe un trait incisif et nerveux, particulièrement efficace dans les scènes de combat, où chaque coup porte avec une brutalité sèche. Le manga a souvent été rapproché de Coq de combat pour sa noirceur et d’Ashita no Joe pour la trajectoire de son protagoniste — un garçon qui n’a d’autre horizon que le ring.


3. Katsu! (Mitsuru Adachi, 2001)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Katsuki Satoyama, lycéen nonchalant, s’inscrit au gymnase de boxe du quartier dans l’unique but de se rapprocher de sa camarade Katsuki Mizutani. Problème : la jeune fille, fille d’un ancien champion d’Asie, déteste la boxe — qu’elle rend responsable de l’éclatement de sa famille. Or il se trouve qu’elle a elle-même un talent redoutable pour ce sport, et qu’elle va peu à peu devenir l’entraîneuse de Satoyama après avoir décelé chez lui un potentiel inattendu.

Publié dans le Weekly Shōnen Sunday de Shōgakukan et achevé en 16 volumes, Katsu! est du pur Mitsuru Adachi — l’auteur de Touch et H2 applique ici à la boxe ce qu’il a toujours fait avec le baseball. Son art repose sur ce qu’il ne montre pas : les silences entre les répliques, les ellipses qui escamotent des semaines entières, l’émotion qui passe par un regard ou un geste anodin plutôt que par une tirade. Le sport n’est jamais qu’un cadre pour raconter les hésitations de l’adolescence et l’impossibilité de dire ce qu’on ressent. Un registre aux antipodes de la tension permanente d’Ippo, mais un récit qui sait toucher juste quand on ne s’y attend pas.


4. Levius (Haruhisa Nakata, 2012)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Dans un XIXe siècle alternatif ravagé par la guerre, un sport s’est imposé dans les arènes de la Cité impériale : la boxe mécanique. Les combattants, équipés de membres à vapeur, s’affrontent lors de duels où la frontière entre spectacle et mise à mort reste ténue. Levius Cromwell, orphelin de père et amputé d’un bras après un bombardement, entre dans cette discipline sous la tutelle de son oncle Zack — ancien boxeur passé entraîneur.

Publié d’abord dans le Monthly Ikki de Shōgakukan (3 volumes), puis prolongé sous le titre Levius/est dans l’Ultra Jump de Shūeisha, le manga frappe d’abord par son esthétique. Haruhisa Nakata revendique l’influence de la bande dessinée franco-belge : sens de lecture occidental (de gauche à droite, fait très rare pour un manga japonais), trait qui rappelle autant Métal Hurlant que le manga traditionnel, usage virtuose du flou et de la mise au point pour suggérer la vitesse.

L’univers steampunk n’est pas qu’un décor : la technologie à vapeur soulève des questions sur l’instrumentalisation du corps et sur la frontière entre humain et machine. La corporation Amethyst, responsable de la guerre, cherche à reprendre le contrôle du monde via l’arène — et Levius se retrouve, malgré lui, au centre de cet affrontement. Difficile de trouver, dans le manga de combat, une autre série qui occupe ce créneau.


5. Holyland (Kōji Mori, 2000)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Yū Kamishiro est un lycéen effacé, harcelé au collège, qui s’est coupé du monde pendant près d’un an. Seul dans sa chambre, il apprend les bases de la boxe grâce à un manuel. Puis il retourne dans les rues nocturnes de Shimokitazawa, où il met en déroute des groupes de délinquants à coups de jab-cross. Sa réputation de « chasseur de gangs » se propage — et fait de lui une cible autant qu’une légende de quartier.

Publié entre 2000 et 2008 en 18 volumes, Holyland est l’œuvre la plus connue de Kōji Mori — ami d’enfance de Kentaro Miura (Berserk), à qui il a été confié la poursuite de cette série après le décès de son auteur. Holyland se signale par ses apartés techniques : le narrateur interrompt régulièrement le récit pour décortiquer les mécaniques d’un jab, les faiblesses d’un judoka face à un boxeur, ou les raisons pour lesquelles un coup de poing porté correctement peut terrasser un adversaire plus lourd.

Pour autant, Holyland ne se réduit pas à un manuel de self-défense illustré : c’est le portrait d’un adolescent en rupture, pour qui la violence nocturne devient le seul moyen d’exister aux yeux des autres. Plus âpre et plus introspectif qu’Ippo, Holyland parle autant de solitude que de combat.


6. Coq de combat (Akio Tanaka et Izo Hashimoto, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

À seize ans, Ryō Narushima — lycéen brillant, promis à un bel avenir — poignarde ses deux parents. Incarcéré en maison de correction, il subit coups, isolement et agressions de la part de ses codétenus et des gardiens. Sa rencontre avec Kenji Kurokawa, détenu politique condamné pour tentative d’assassinat sur un Premier ministre et expert en karaté, renverse tout : Kurokawa lui transmet un karaté de survie, dépouillé de toute philosophie sportive, dont le seul objectif est de rester en vie.

Une fois sa peine purgée, Ryō ne retrouve pas la lumière. Il devient tour à tour prostitué pour femmes, homme de main pour un gang, puis combattant professionnel — toujours en marge, toujours en fuite. Prépublié dans le Manga Action de Futabasha puis dans le Evening de Kōdansha, la série s’étend sur 34 volumes et a connu une histoire éditoriale mouvementée : un litige sur les droits d’auteur entre le dessinateur Akio Tanaka et le scénariste Izo Hashimoto a interrompu la publication pendant cinq ans (2006-2011) ; Tanaka a repris seul la série à partir du volume 25.

Sur le fond, Coq de combat est une charge frontale contre la société japonaise : dopage, corruption sportive, prostitution, manipulation médiatique. Ryō n’est ni sympathique ni rédempteur — c’est un anti-héros au sens le plus abrupt du terme, ce qui place Coq de combat à l’exact opposé de l’optimisme d’Ippo.


7. Rainbow (George Abe et Masasumi Kakizaki, 2002)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Japon, 1955. Six adolescents — Mario, Heitai, Suppon, Baremoto, Kyabetsu et Jō — sont incarcérés dans la maison de correction de Shōnan. Ils partagent la cellule d’un détenu plus âgé, Sakuragi, surnommé « Anchan » (grand frère), ancien boxeur enfermé pour avoir couvert le meurtre d’un soldat américain par son mentor. Ensemble, ils font face à la cruauté d’un gardien sadique et d’un médecin qui abuse des détenus — et construisent, dans cet enfer, des liens qui tiendront bien après leur libération.

La première moitié de la série se déroule entre les murs de la prison ; la seconde suit chacun des protagonistes après leur libération, dans un Japon qui tente de se reconstruire après la défaite. Chaque arc se concentre sur l’un des sept, ses ambitions et ses déconvenues — l’un veut devenir boxeur professionnel, un autre médecin, un troisième chanteur. Le scénariste George Abe s’est appuyé sur son propre vécu pour écrire le récit, ce qui explique sans doute la justesse du regard porté sur la détention des mineurs et la brutalité institutionnelle.

Récompensé par le prix Shōgakukan en 2006, Rainbow est un seinen de 22 volumes où la boxe n’est pas le sujet central mais le fil qui relie les personnages — Anchan leur a transmis, par le combat et par l’exemple, une manière de résister. Le ton est dur, souvent difficile à soutenir, mais la loyauté entre les sept détenus — et ce qu’il en reste des années plus tard, une fois dehors — est ce qui fait tenir le récit de bout en bout.


8. Saotome (Naoki Mizuguchi, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Yae Saotome est la star de son lycée : championne de boxe amateur, physique imposant, regard glacial. En réalité, c’est une jeune fille réservée, gauche, fleur bleue — et amoureuse de Satoru Tsukishima, un garçon chétif, encyclopédie vivante de la boxe mais incapable de gagner le moindre combat. Dès le premier chapitre, Saotome se déclare. Mais leur relation doit rester secrète : le proviseur et la maire d’Umesaki, qui exploitent l’image de la jeune boxeuse à des fins politiques, ne toléreraient pas qu’une romance vienne la « déconcentrer ».

Prépublié dans le Weekly Big Comic Spirits de Shōgakukan et achevé en 10 volumes, Saotome est une comédie romantique où la boxe sert de toile de fond et de ressort narratif — les tournois rythment l’intrigue, mais l’enjeu reste la relation entre les deux protagonistes. Ce qui retient l’attention, c’est le renversement des rôles : c’est la jeune femme qui domine sur le ring, et le garçon qui officie comme entraîneur depuis le coin. Mizuguchi en profite pour glisser une critique acide de la culture des idoles sportives au Japon, où l’on attend d’une athlète qu’elle soit une vitrine avant d’être une personne. Le résultat est drôle, souvent tendre, et plus incisif qu’il n’y paraît.