Hokuto no Ken est un manga écrit par Buronson et dessiné par Tetsuo Hara, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de 1983 à 1988 et compilé en 27 tomes. Dans un monde post-apocalyptique ravagé par la guerre nucléaire, Kenshirô, héritier du Hokuto Shinken — un art martial capable de faire exploser le corps humain de l’intérieur —, parcourt des terres en ruine où la loi du plus fort a remplacé toute civilisation. La série s’est écoulée à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde.
Si vous vous demandez vers quoi vous tourner ensuite, voici quelques recommandations à lire dans la foulée.
1. Sōten no Ken (Buronson & Tetsuo Hara, 2001)

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Préquelle de Hokuto no Ken, Sōten no Ken remonte aux origines du Hokuto Shinken dans le Shanghai des années 1930. On y suit Kenshirô Kasumi, 62e successeur de l’école et oncle du Kenshirô que l’on connaît, surnommé « Yanwang » — le roi des enfers. Ancien professeur dans un lycée pour filles au Japon, il retourne à Shanghai après le massacre de ses camarades du Syndicat de Jade par l’Union du Pavot Sanglant.
Les terres irradiées de la série originale cèdent la place aux ruelles de la concession internationale, aux fumeries d’opium et aux guerres de gangs entre triades. Tetsuo Hara profite de ce cadre pour affiner son dessin : l’architecture se précise, les trames et les jeux d’ombre se font plus sophistiqués qu’à l’époque de Hokuto no Ken. La série, compilée en 22 tomes, est disponible en France chez Mangetsu.
2. Keiji (Tetsuo Hara, d’après Keiichirō Ryū, 1990)

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Japon, fin du XVIe siècle. Tandis que les seigneurs de guerre se disputent le pays, Keiji retrace la vie de Keiji Maeda, un kabuki-mono — ces guerriers flamboyants, amateurs de saké et de belles armures, qui refusent de se plier à l’autorité. Adapté du roman Ichi-Mu-An Fūryūki de Keiichirō Ryū, le manga suit cet électron libre dans les intrigues politiques et les duels sanglants du clan Maeda.
Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de 1990 à 1993 et compilé en 18 tomes, Keiji est la première série que Tetsuo Hara réalise après Hokuto no Ken. On y retrouve sa musculature exagérée et ses compositions verticales, mais appliquées à un registre historique. Le héros partage avec Kenshirô sa carrure et son code d’honneur, mais s’en écarte par son tempérament taquin et son goût prononcé pour le saké, les femmes et les fêtes. Disponible en France chez Mangetsu.
3. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Dans un univers de dark fantasy inspiré de l’Europe médiévale, Guts, mercenaire solitaire armé d’une épée démesurée — la Tueuse de Dragons —, est pourchassé par des forces démoniaques. Tout repose sur le triangle entre Guts, Griffith, chef charismatique de la Troupe du Faucon, et Casca, guerrière et bras droit de Griffith : leur amitié, leur rivalité et la trahison qui scelle leur destin. L’arc de l’Âge d’Or, en particulier, construit cette trajectoire sur plusieurs milliers de pages avant de la faire basculer dans l’horreur — un travail de longue haleine rare dans le manga de combat.
Miura, qui fut assistant de Tetsuo Hara, a cité Hokuto no Ken et Devilman parmi ses influences directes, et cette filiation se lit dans la brutalité graphique de ses planches. Prépubliée dans le Young Animal et compilée en 43 tomes à ce jour, la série se poursuit après la mort de Miura en 2021, sous la supervision de son ami Kōji Mori et du Studio Gaga. Éditée en France par Glénat.
4. JoJo’s Bizarre Adventure (Hirohiko Araki, 1987)

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Saga générationnelle entamée en 1987 et toujours en cours, JoJo’s Bizarre Adventure suit les membres successifs de la lignée Joestar à travers plus d’un siècle, de l’Angleterre victorienne au Japon contemporain. La première partie, Phantom Blood, oppose Jonathan Joestar à son frère adoptif Dio Brando, devenu vampire grâce à un ancien Masque de Pierre aztèque. Dès la troisième partie, Stardust Crusaders, Araki introduit les Stands — des entités liées à leur porteur, chacune dotée d’un pouvoir spécifique — qui remplacent l’onde (hamon) et transforment radicalement la mécanique des affrontements.
Le trait d’Araki, d’abord très proche de l’esthétique musculaire de Hokuto no Ken (qu’il cite parmi ses influences), évolue vers un style plus élancé et androgyne à partir de la quatrième partie, Diamond is Unbreakable. La série totalise plus de 130 tomes répartis en neuf parties. Éditée en France par Delcourt/Tonkam.
5. Devilman (Gō Nagai, 1972)

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À l’instigation de son ami d’enfance Ryô Asuka, le lycéen Akira Fudô fusionne avec le démon Amon pour lutter contre le réveil des démons. Il devient Devilman : un être doté de la puissance d’un démon, mais guidé par un cœur humain. Ce qui commence comme un récit de combat bascule vers une fable sur la persécution collective — la peur des démons contamine la société, les humains se retournent les uns contre les autres, et la série se conclut sur l’une des fins les plus noires de l’histoire du manga.
Cinq tomes seulement, prépubliés dans le Weekly Shōnen Magazine en 1972-1973, ont suffi à Gō Nagai pour ouvrir la voie à l’horreur fantastique en manga. Il y a fait entrer une violence et une noirceur alors inédites dans un magazine pour adolescents. Hideaki Anno a reconnu l’influence déterminante de cette série sur Neon Genesis Evangelion. Éditée en France par Black Box.
6. Ashita no Joe (Asao Takamori & Tetsuya Chiba, 1968)

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Joe Yabuki, orphelin bagarreur de quinze ans, échoue dans un bidonville de Tokyo où Tange Danpei, ancien boxeur devenu alcoolique, décide d’en faire un champion. Le manga suit l’ascension de Joe dans le monde de la boxe professionnelle, de la délinquance juvénile aux combats pour le titre mondial. Sa rivalité avec Rikiishi Tôru, dont la mort en plein combat a provoqué des funérailles publiques organisées par des lecteurs endeuillés, reste un épisode sans équivalent dans la culture manga japonaise.
La série, prépubliée dans le Weekly Shōnen Magazine de 1968 à 1973, s’est vendue à plus de 16 millions d’exemplaires et a reçu le Prix spécial du Prix culturel Osamu Tezuka. Joe et Kenshirô partagent une même trempe : un refus obstiné de plier, un corps qui absorbe les coups bien après la limite du raisonnable, et une solitude que rien ne comble tout à fait. Éditée en France par Glénat en 13 tomes.
7. Saint Seiya (Masami Kurumada, 1985)

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Cinq jeunes orphelins — Seiya de Pégase, Shiryû du Dragon, Hyôga du Cygne, Shun d’Andromède et Ikki du Phénix — deviennent Chevaliers de Bronze au service d’Athéna, réincarnée en Saori Kido. Ils doivent gravir les Douze Maisons du Sanctuaire pour affronter les redoutables Chevaliers d’Or, avant de se mesurer aux Marinas de Poséidon puis aux Spectres d’Hadès.
La logique narrative rappelle directement Hokuto no Ken : chaque adversaire maîtrise une technique supérieure, et le héros doit la comprendre pour la surmonter, dans une escalade permanente. Kurumada emprunte à la mythologie grecque, au bouddhisme et à d’autres traditions pour structurer cette hiérarchie autour du Cosmos — une énergie intérieure propre à chaque chevalier. La série, prépubliée dans le Weekly Shōnen Jump de 1985 à 1990 et compilée en 28 tomes (environ 50 millions d’exemplaires vendus), est éditée en France par Kana, avec une Final Edition en cours depuis 2024.
8. Baki (Keisuke Itagaki, 1991)

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Un seul objectif anime Baki Hanma : surpasser son père, Yujiro Hanma, surnommé « l’Ogre » et présenté comme la créature la plus forte du monde. Pour y parvenir, cet adolescent aux capacités physiques aberrantes affronte dans des combats clandestins un défilé de combattants venus de toutes les disciplines : karaté, jiu-jitsu, boxe, kung-fu, lutte, et bien d’autres.
Itagaki, ancien parachutiste de l’armée japonaise formé à l’école de manga de Kazuo Koike (comme Tetsuo Hara avant lui), nourrit chaque affrontement d’anecdotes sur l’histoire des arts martiaux et d’analogies avec le règne animal — un gorille pour la puissance brute, une mante religieuse pour la vitesse des frappes. La saga, entamée en 1991 dans le Weekly Shōnen Champion, s’étend sur six séries et plus de 150 volumes. La première, Grappler Baki, est éditée en France par Meian en Perfect Edition.
9. Tough (Tetsuya Saruwatari, 1994)

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Kiichi Miyazawa, dit Kibô, est un lycéen bagarreur de Kobe qui rêve de devenir le prochain Bruce Lee. Formé par son père, ancien catcheur professionnel, à l’art martial familial du Nadashinkageryû — un style fondé sur la connaissance des points vitaux, les projections et les frappes —, il se mesure à des spécialistes du Japon et du monde entier dans des tournois toujours plus brutaux.
Saruwatari dessine des corps gonflés à l’extrême et des coups dont l’impact déborde du cadre de la case — une approche graphique qui doit beaucoup à Tetsuo Hara. Tough est aussi l’un des premiers mangas à représenter le MMA de façon frontale, à une époque où la discipline émerge à peine au Japon. Prépublié dans le Young Jump de 1994 à 2003 et compilé en 42 tomes, le titre connaît deux suites (Free Fight et Tough – L’Héritier du dragon). Édité en France par Delcourt/Tonkam, avec une réédition en tomes doubles lancée en 2025.