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Que lire après « Gantz » de Hiroya Oku ?

Que lire après « Gantz » de Hiroya Oku ?

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Gantz est un seinen manga écrit et dessiné par Hiroya Oku, prépublié dans le magazine Weekly Young Jump entre 2000 et 2013 et compilé en trente-sept tomes. On y suit Keï Kurono et Masaru Katô, deux lycéens fauchés par une rame de métro, qui reprennent conscience dans un appartement où une mystérieuse sphère noire les enrôle de force dans des missions de chasse aux extraterrestres. Science-fiction brutale, action sans filet et absurdité érigée en système : la série ne ménage ni ses personnages — que la sphère traite comme du bétail jetable — ni son lectorat, privé de la moindre certitude quant à qui survivra au chapitre suivant.

Si l’expérience vous a plu, voici d’autres mangas du même genre susceptibles de prolonger le plaisir.


1. Gantz:E (Hiroya Oku & Jin Kagetsu, 2020)

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Gantz:E transpose le système de la sphère noire dans le Japon de l’ère Edo. Hanbē, un paysan, et Masakichi, un homme du village voisin, se noient après avoir plongé pour secourir une jeune fille tombée dans la rivière. Leur mort n’est pourtant que le début : tous deux se réveillent dans une salle Gantz, aux côtés d’autres défunts, et reçoivent un ordre laconique — tuer Miyamoto Musashi.

Le choc entre la technologie de Gantz et le Japon féodal donne au spin-off une identité propre. Les armes à feu et les combinaisons côtoient les katanas et les kimonos, et les personnages, qui ignorent tout du monde moderne, doivent apprivoiser des outils dont ils ne comprennent ni le fonctionnement ni l’origine. Le dessin de Jin Kagetsu soutient le parti pris : décors d’époque soignés jusque dans leurs textures, scènes de carnage aussi lisibles que brutales.


2. Gantz:G (Hiroya Oku & Keita Iizuka, 2015)

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En 2005, un accident de bus précipite une classe entière du haut d’un pont. Les élèves survivants se retrouvent dans une école abandonnée, face à la sphère noire qui leur ordonne d’éliminer des créatures extraterrestres. Condensée en trois tomes, cette série dérivée compresse la formule jusqu’à l’os : pas de temps mort, pas de remplissage.

Gantz:G reprend le principe de la série mère — personnages ordinaires jetés dans un abattoir — mais en resserre le cadre. Le format court impose des choix narratifs tranchés : peu de développement individuel, des morts rapides et une escalade fulgurante des menaces. Le trait de Keita Iizuka reproduit fidèlement l’esthétique d’Oku — parfois trop fidèlement, au point que certains visages rappellent ceux de la série originale. La brièveté a toutefois ses vertus : elle oblige à tuer vite et à ne rien promettre, ce qui convient aux lecteur·ices qui veulent retrouver la mécanique de Gantz sans se lancer dans trente-sept tomes.


3. Last Hero Inuyashiki (Hiroya Oku, 2014)

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À 58 ans, Ichirô Inuyashiki est un homme usé, méprisé par sa propre famille, dont le seul réconfort vient de sa chienne Hanako. Lorsqu’on lui diagnostique un cancer en phase terminale, il se rend dans un parc pour pleurer — et un impact extraterrestre détruit son corps, que les aliens reconstruisent sous forme de cyborg. La même nuit, un lycéen nommé Hiro Shishigami subit la même transformation.

L’intérêt du manga est tout entier dans l’opposition entre ces deux figures. Inuyashiki, vieillard résigné, choisit de sauver des vies ; Shishigami, adolescent que rien ne semble affecter, prend plaisir à tuer. L’un pleure de joie quand il guérit un inconnu ; l’autre massacre une famille entière pour vérifier qu’il ressent encore quelque chose. En dix tomes, Oku pousse cette symétrie jusqu’à son terme logique — un affrontement où aucun discours moral ne vient se substituer à la violence, et un dénouement qui coûte cher aux deux camps.


4. Alice in Borderland (Haro Asô, 2010)

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Ryôhei Alice, Daikichi Karube et Chôta Segawa sont trois amis sans emploi stable ni ambition visible. Une nuit, un feu d’artifice les propulse dans un Tokyo désert où la survie dépend d’épreuves mortelles, chacune symbolisée par une carte à jouer : pique pour le physique, carreau pour l’intellect, trèfle pour l’équilibre entre les deux, et cœur pour la dimension psychologique.

Si les dix-huit tomes tiennent la distance, c’est grâce à la conception des jeux. Chaque épreuve fonctionne comme un huis clos autonome, avec ses propres règles et ses dilemmes moraux — et les conséquences ne s’effacent pas d’un chapitre à l’autre : chaque mort laisse une trace visible sur ceux qui restent. Les jeux de cœur, en particulier, révèlent ce que le dispositif a de plus cruel : la menace n’y vient plus des monstres ou des pièges, mais des choix que les joueurs s’infligent les uns aux autres. L’adaptation live-action diffusée sur Netflix à partir de 2020 a élargi le public de la série, mais le manga conserve une densité narrative que la série télévisée ne peut que survoler.


5. Ajin (Tsuina Miura & Gamon Sakurai, 2012)

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Renversé par un camion, le lycéen Kei Nagai meurt sur le coup — puis ressuscite sous les yeux des passants. Il découvre alors qu’il est un Ajin, un être immortel dont l’existence est connue du gouvernement. Traqué comme un spécimen de laboratoire, Kei fuit avec l’aide de son ami d’enfance Kai, avant de croiser la route de Satô, un vieil Ajin qui n’hésite pas à faire sauter un immeuble pour défendre sa cause.

Le manga repose sur un système de pouvoirs original : les Ajin peuvent invoquer des I.B.M. (Invisible Black Matter), des entités spectrales noires qui obéissent — plus ou moins — à leur volonté. Kei lui-même déroute : pragmatique, froid, il calcule ses alliances en fonction de ses intérêts et non de ses principes. En dix-sept tomes, la série construit un thriller stratégique où trois camps — État, Ajin rebelles, Kei isolé — avancent chacun selon leur propre logique, et où l’immortalité ne protège de rien sinon de la mort.


6. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Shintarô Jagasaki est un policier de quartier dont la vie se résume à encaisser les humiliations de ses collègues et des voyous du secteur. Derrière son sourire de façade, il nourrit de violentes pulsions meurtrières. Quand une pluie de grenouilles s’abat sur la ville et que certains habitants se transforment en monstres appelés « détraqués », la main droite de Shintarô se métamorphose à son tour en arme organique.

Scénarisé par Muneyuki Kaneshiro (également auteur de Blue Lock) et mis en images par Kensuke Nishida, Jagaaan part d’un constat empoisonné : Shintarô rêvait de tuer avant même d’avoir le pouvoir de le faire. Quand l’occasion se présente enfin, il découvre que la jouissance et le dégoût coexistent dans le même geste. Le ton oscille entre satire féroce de la société japonaise et ultra-violence graphique, sans jamais chercher à rendre le protagoniste sympathique. En quatorze tomes, la série ne tranche jamais entre l’héroïsme et la pulsion — et le lecteur, malgré lui, s’accroche à un personnage qu’il n’a aucune raison d’aimer.


7. Parasite (Hitoshi Iwaaki, 1988)

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De mystérieuses sphères tombent du ciel et libèrent des parasites qui s’infiltrent dans le cerveau de leurs hôtes humains pour en prendre le contrôle total. Shinichi Izumi, lycéen ordinaire, échappe de justesse à ce sort : le parasite qui visait sa tête s’est logé dans sa main droite. Baptisé Migy, l’organisme et Shinichi se retrouvent condamnés à cohabiter — et à survivre ensemble face aux autres parasites, bien moins conciliants.

Publié entre 1988 et 1995, Parasite tient en seulement dix tomes. Hitoshi Iwaaki y construit un récit où humain et monstre échangent progressivement leurs traits : Shinichi, au fil de sa cohabitation avec Migy, perd peu à peu sa capacité à pleurer et à ressentir de l’empathie ; Migy, lui, développe une curiosité inattendue pour les émotions humaines. L’un se déshumanise, l’autre s’humanise — et c’est ce chassé-croisé, plus que les combats eux-mêmes, qui fait du duo Shinichi-Migy le vrai cœur du récit.


8. Terra Formars (Yū Sasuga & Kenichi Tachibana, 2011)

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Au XXIᵉ siècle, des scientifiques envoient des cafards et des lichens sur Mars pour amorcer la terraformation de la planète. Cinq cents ans plus tard, quand l’humanité lance enfin ses premières missions d’éradication, elle découvre que les cafards ont muté en humanoïdes géants capables de broyer un être humain à mains nues. Pour les affronter, les membres de l’équipage du vaisseau Bugs 2 — puis de l’Annex 1 — ont subi des modifications génétiques qui leur confèrent les capacités de divers insectes et animaux.

Le manga alterne deux registres avec une régularité presque mécanique : d’un côté, des combats courts et meurtriers où le rapport de force penche toujours du côté des Terraformars ; de l’autre, des fiches encyclopédiques sur les espèces animales dont sont tirées les capacités des combattants. Ce second aspect — à mi-chemin entre le manga de combat et le documentaire animalier — n’a pas d’équivalent dans le genre, même si le schéma finit par s’user sur la durée.


9. Battle Royale (Kōshun Takami & Masayuki Taguchi, 2000)

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Adapté du roman éponyme de Kōshun Takami (1999), le manga se déroule dans une nation totalitaire fictive. Chaque année, le gouvernement sélectionne une classe de troisième, dépose les 42 élèves sur une île et leur impose une règle unique : s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Shuya Nanahara, orphelin idéaliste, refuse de se plier au jeu et cherche une issue avec Noriko Nakagawa et le vétéran Shôgo Kawada.

En quinze tomes, Masayuki Taguchi étoffe le passé de chaque élève juste avant sa mort, avec un effet de portrait-nécrologie systématique qui rend chaque disparition plus lourde que la précédente. Le résultat est souvent insoutenable, mais la violence a une fonction précise : montrer comment la peur transforme des camarades de classe en menaces mortelles, et comment un système totalitaire n’a même pas besoin de tuer lui-même — il lui suffit de poser les règles et de laisser faire.