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Que lire après « Gangsta. » de Kohske ?

Que lire après « Gangsta. » de Kohske ?

Gangsta. est un seinen manga écrit et dessiné par Kohske, prépublié depuis 2011 dans le magazine Monthly Comic @Bunch de l’éditeur Shinchōsha.

Le récit se déroule à Ergastulum, une ville gangrénée par la corruption, les mafias et la prostitution. On y suit Worick Arcangelo et Nicolas Brown, deux hommes à tout faire surnommés les « Handymen », qui acceptent les missions les plus sordides. Nicolas, sourd et taciturne, est un Crépusculaire — un être humain aux capacités surhumaines, discriminé et contraint de porter des plaques d’identification.

La série mêle action brutale, tensions entre factions criminelles et réflexions sur la marginalité et la condition des Crépusculaires. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations du même acabit.


1. Gangsta: Cursed. EP_Marco Adriano (Syuhei Kamo, 2014)

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Ce spin-off de Gangsta. est le prolongement le plus naturel pour quiconque souhaite approfondir l’univers d’Ergastulum. Dessiné par Syuhei Kamo, ancien assistant de Kohske, le manga retrace le passé de Marco Adriano bien avant son intégration à la famille Cristiano.

Sous le nom de code « Spas », le jeune garçon a été élevé au sein de la Seconde Brigade Esminets, une unité paramilitaire vouée à l’éradication des Crépusculaires. Conditionné dès l’enfance à considérer ces derniers comme des monstres, Spas exécute ses ordres sans états d’âme.

Mais la confrontation répétée avec la brutalité de ses propres actes finit par fissurer ses certitudes. En cinq tomes, Kamo livre un récit de violence et de rédemption qui éclaire les zones d’ombre de la série mère, avec un style graphique fidèle à celui de Kohske.


2. Black Lagoon (Rei Hiroe, 2002)

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Dans la ville fictive de Roanapur, en Thaïlande, triades, mafias russes et cartels se disputent le contrôle d’un port franc du crime international. Rokurō Okajima, modeste employé de bureau japonais, y bascule malgré lui après avoir été pris en otage par l’équipage du Black Lagoon, un groupe de pirates et de mercenaires. Rebaptisé « Rock », il rejoint cette bande menée par Dutch et l’impétueuse Revy, tireuse d’élite au tempérament explosif.

Comme dans Gangsta., la frontière entre le bien et le mal s’avère poreuse, et chaque personnage charrie un passé douloureux. Rei Hiroe construit son récit en arcs narratifs denses, nourris de références au cinéma de Quentin Tarantino et de John Woo. Le dessin, nerveux et cinématographique, sert une narration où l’humour noir côtoie des séquences d’action d’une rare intensité.


3. Golden Guy (Jun Watanabe, 2020)

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Gai Sakurai, chef du modeste clan Osaragi, mène une existence tranquille à Yokohama au sein de la puissante famille Kikaku. Tout bascule lorsqu’un de ses protégés est assassiné, un meurtre attribué au clan Akane, faction rivale au sein de la même organisation.

Derrière ce règlement de comptes se profile une énigme plus ancienne : le légendaire trésor caché des Tokugawa, supposément dissimulé chez les Osaragi. Jun Watanabe, déjà connu pour Montage et Malédiction finale, tisse un thriller yakuza mâtiné de chasse au trésor historique.

L’escalade de la violence et les trahisons internes rappellent la mécanique des jeux de pouvoir entre familles mafieuses d’Ergastulum. Le trait réaliste de Watanabe donne corps à des personnages au charisme minéral, et la mise en scène emprunte au polar ses cadrages les plus percutants.


4. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Surnommé « Fable » par la pègre japonaise, Akira Satō est un tueur professionnel d’une efficacité redoutable : il peut abattre n’importe quelle cible en six secondes. Un jour, son patron lui impose un contrat inédit : vivre en citoyen ordinaire pendant un an à Osaka, sous la couverture d’un clan de yakuzas local, sans tuer ni attaquer quiconque.

Pour cet homme formé à la guerre depuis l’enfance, le quotidien — trouver un emploi, se faire des amis, décrypter les codes sociaux — devient un défi plus ardu que n’importe quel assassinat.

Lauréat du Prix Kōdansha 2017, The Fable tire sa force d’un contraste permanent entre la tension propre au milieu mafieux et un humour décalé qui rappelle Gangsta. dans ses moments les plus légers. Le dessin réaliste de Minami et son sens du rythme feuilletonesque ancrent solidement ce récit entre thriller et comédie noire.


5. Banana Fish (Akimi Yoshida, 1985)

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New York, années 1980. Ash Lynx, jeune chef de gang au QI de 180, protégé puis asservi par le parrain Dino Golzine, cherche à percer le mystère de « Banana Fish » — un mot prononcé par son frère aîné, rendu fou lors de la guerre du Vietnam. Sa route croise celle d’Eiji Okumura, un apprenti photographe japonais dont la candeur tranche avec la noirceur du milieu criminel new-yorkais.

Derrière le titre emprunté à une nouvelle de J. D. Salinger se cache un thriller tendu, où trafic de drogue, conspiration gouvernementale et réflexion sur les traumatismes s’entremêlent sans répit. Comme Gangsta., Banana Fish met en scène des personnages abîmés par la violence systémique, dont les liens se forgent dans l’adversité. Prépublié dans un magazine shōjo, ce manga a depuis été reconnu comme un classique du seinen tant son ton et ses thèmes débordent les catégories.


6. Jormungand (Keitarō Takahashi, 2006)

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Jonah, enfant soldat orphelin, voue une haine féroce aux armes et à ceux qui les vendent — pourtant, il intègre la milice privée de Koko Hekmatyar, une trafiquante d’armes au sourire énigmatique qui parcourt les zones de conflit du globe.

Autour d’elle gravite une escouade de mercenaires, anciens militaires et spécialistes de la guerre, chacun porteur d’un passé fracturé. Ce paradoxe — un enfant qui exècre les armes au service d’une marchande de mort — nourrit le récit d’une tension morale constante. Comme dans Gangsta., la ligne entre protecteurs et criminels se brouille à chaque chapitre.

Keitarō Takahashi, nourri de films tels que Heat et The Usual Suspects, livre des planches au découpage dynamique et des affrontements tactiques où l’intelligence prime souvent sur la force brute. La série, bouclée en onze tomes, ne connaît aucun temps mort.


7. No Guns Life (Tasuku Karasuma, 2014)

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Dans une mégapole dystopique d’après-guerre, d’anciens soldats ont été convertis en Extended — des cyborgs aux prothèses militaires intégrées, parfois dotés d’armes à feu en guise de membres ou de crâne. Jūzō Inui, dont la tête a été remplacée par un revolver géant, n’a aucun souvenir de sa transformation.

Il gagne sa vie comme « Resolver », un détective privé spécialisé dans les affaires liées aux Extended. Derrière les enquêtes se dessine l’ombre de Berühren, un conglomérat qui contrôle la technologie d’augmentation et manipule les anciens combattants.

L’atmosphère de polar noir — voix off, clopes, ruelles sombres — évoque autant Gangsta. que le cinéma américain des années 1940. Karasuma signe un manga où la question de l’identité, de la mémoire et de l’instrumentalisation des corps par le pouvoir sous-tend chaque arc narratif.


8. Murciélago (Yoshimurakana, 2013)

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Kuroko Koumori est une serial killeuse condamnée à mort pour de multiples meurtres. L’État japonais lui propose un marché : en échange de sa grâce, elle devient exécutrice pour le compte de la police, chargée d’éliminer les criminels trop dangereux pour les forces de l’ordre conventionnelles.

Accompagnée d’Hinako, sa partenaire et conductrice hors pair, Kuroko affronte catcheurs dopés, psychopathes évadés et organisations criminelles tentaculaires. Le ton oscille entre ultra-violence, humour noir et séquences yuri assumées.

Si Gangsta. traite la brutalité avec gravité, Murciélago la pousse vers l’excès délibéré, sans jamais se départir de son énergie. Yoshimurakana maîtrise autant les expressions décalées de ses personnages que les scènes de carnage, et la série, prépubliée dans Young Gangan de Square Enix, a su fidéliser un lectorat amateur de seinen transgressif.


9. OUT (Tatsuya Iguchi & Makoto Mizuta, 2012)

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À 17 ans, Tatsuya Iguchi sort de la maison d’arrêt de Nagano avec un avertissement clair : au moindre écart, il y retourne. Envoyé à Tokyo chez sa tante qui tient un restaurant, il tente de se réinsérer dans la société civile.

Mais dans les rues de la capitale, les gangs de motards (bōsōzoku) et les clans de délinquants se livrent une guerre territoriale féroce. Malgré sa volonté de rester hors du jeu, Tatsuya se retrouve aspiré par la spirale des affrontements entre le gang Kilihito et ses rivaux.

Ce manga furyo, fondé sur les propres expériences de jeunesse de l’auteur Tatsuya Iguchi, traite de rédemption et de loyauté avec une violence crue. Comme dans Gangsta., le protagoniste lutte contre un environnement qui refuse de le laisser en paix, et la tension entre survie et moralité irrigue chaque page.

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