Fullmetal Alchemist est un shōnen manga écrit et dessiné par Hiromu Arakawa, prépublié entre 2001 et 2010 dans le magazine Monthly Shōnen Gangan de Square Enix. En 27 tomes, la série retrace la quête des frères Elric — Edward et Alphonse — à travers un monde où l’alchimie obéit à des lois strictes et où le prix à payer pour transgresser l’interdit est toujours terrible.
Salué pour la rigueur de son intrigue, ses personnages que l’on voit évoluer, douter et assumer leurs erreurs, et son équilibre entre humour, action et gravité, le manga s’est écoulé à plus de 80 millions d’exemplaires dans le monde. Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques idées qui devraient vous occuper un moment.
1. Tsugai – Daemons of the Shadow Realm (Hiromu Arakawa, 2021)

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Dernier projet en date d’Hiromu Arakawa, Tsugai suit Yuru, un jeune chasseur qui vit dans un village ancestral isolé en montagne, aux côtés de sa sœur jumelle Asa — recluse depuis sa naissance pour accomplir un mystérieux rituel. Leur quotidien vole en éclats lorsqu’un contingent armé attaque le village et qu’une inconnue prétend être la véritable sœur de Yuru.
Le manga déploie un bestiaire où des créatures surnaturelles nommées Tsugai fonctionnent par paires et obéissent à des humains. On retrouve la patte d’Arakawa : un découpage nerveux, des révélations qui relancent l’intrigue à chaque chapitre et un humour pince-sans-rire qui désamorce la tension au bon moment. Pour qui a aimé Fullmetal Alchemist, c’est la transition la plus naturelle.
2. The Heroic Legend of Arslân (Yoshiki Tanaka et Hiromu Arakawa, 2013)

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Adaptation manga de la saga romanesque Les Chroniques d’Arslân de Yoshiki Tanaka (publiée de 1986 à 2017), cette série mise en images par Hiromu Arakawa prend place dans le royaume de Parse, un empire fictif aux accents persans. Le jeune prince Arslân, fragile et mal aimé de son père guerrier, voit son monde s’effondrer lorsque l’armée parse subit une défaite écrasante face aux envahisseurs lusitaniens à la bataille d’Atropathènes.
Accompagné d’une poignée d’alliés — dont le loyal Daryûn et le redoutable stratège Narsus —, Arslân doit reconquérir son trône et repenser les fondements de son royaume, y compris l’institution de l’esclavage. La dimension politique du récit, ses intrigues de cour et ses batailles de grande échelle rappellent ce qu’Arakawa faisait de mieux dans Fullmetal Alchemist.
3. Hunter × Hunter (Yoshihiro Togashi, 1998)

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Gon Freecss, 12 ans, quitte son île natale pour passer l’examen des Hunters — une caste d’aventuriers d’élite — et retrouver la trace de son père absent, Ging, lui-même Hunter légendaire. Sur sa route, il se lie d’amitié avec Killua, héritier d’une famille d’assassins, Kurapika, dernier survivant du clan Kurta, et Leorio, apprenti médecin aussi têtu que généreux.
Ce qui frappe dans Hunter × Hunter, c’est la complexité de son système de pouvoirs — le Nen — et la manière dont chaque arc narratif réinvente les règles du jeu. L’arc des Fourmis Chimères, en particulier, est devenu une référence : sur plusieurs dizaines de chapitres, Togashi y déconstruit la notion même de monstre et de héros. La série, toujours en cours malgré les pauses prolongées de Togashi dues à des problèmes de santé, a dépassé les 84 millions d’exemplaires en circulation.
4. L’Atelier des sorciers (Kamome Shirahama, 2016)

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Dans un monde de fantasy où seuls les individus nés sorciers ont le droit de pratiquer la magie, Coco, une jeune fille ordinaire, découvre un secret fondamental : la magie se dessine. Après avoir provoqué un accident tragique — elle a reproduit un sort interdit qui a pétrifié sa propre mère —, elle est recueillie par le sorcier Kieffrey et devient son apprentie.
Le manga de Kamome Shirahama séduit d’abord par son dessin d’une précision rare, influencé par les gravures européennes, et par un système de magie d’une grande cohérence : chaque sort repose sur des glyphes tracés à l’encre. L’histoire a l’apparence d’un récit d’apprentissage paisible, mais elle pose très vite des questions inconfortables sur le pouvoir, ses abus et les raisons pour lesquelles on choisit — ou non — de transmettre un savoir. L’œuvre a reçu, entre autres distinctions, le prix Eisner en 2020.
5. D.Gray-Man (Katsura Hoshino, 2004)

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Vers la fin d’un XIXe siècle fictif et gothique, le jeune Allen Walker rejoint la Congrégation de l’Ombre, un ordre d’exorcistes créé par le Vatican pour lutter contre les Akuma — des armes vivantes fabriquées par le Comte Millénaire à partir d’âmes humaines. Allen possède un œil maudit capable de voir les âmes prisonnières de ces machines, ainsi qu’un bras qui lui sert d’Innocence, la seule arme efficace contre les Akuma.
La série se signale par son atmosphère sombre d’inspiration victorienne et par une trame qui gagne en ambiguïté à mesure que l’histoire avance : on finit par ne plus savoir à qui faire confiance, y compris parmi les alliés d’Allen. L’arc du « Quatorzième » Noah, qui remet en cause l’identité même du héros, pose des dilemmes moraux proches de ceux auxquels faisaient face les frères Elric. La publication, perturbée par les problèmes de santé de Katsura Hoshino, se poursuit à un rythme irrégulier.
6. Magi – The Labyrinth of Magic (Shinobu Ohtaka, 2009)

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Librement inspiré des Mille et Une Nuits, Magi met en scène Aladin, un garçon capable d’invoquer un djinn nommé Ugo, et Ali Baba, un jeune homme déterminé à percer les secrets des labyrinthes — des donjons remplis de trésors et de créatures redoutables. Leur route croise celle de Morgiana, ancienne esclave et combattante hors pair.
Le shōnen d’aventure des premiers tomes cède peu à peu la place à un récit politique ambitieux où s’affrontent empires, idéologies et visions du monde antagonistes. Magi, récompensé par le 59e prix Shōgakukan dans la catégorie shōnen, traite frontalement de l’esclavage, de la guerre sainte et de la corruption du pouvoir. En 37 tomes, Shinobu Ohtaka bâtit une saga dont l’envergure n’a pas grand-chose à envier à Fullmetal Alchemist.
7. L’Attaque des Titans (Hajime Isayama, 2009)

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Dans un monde où l’humanité survit retranchée derrière d’immenses murailles pour se protéger de géants anthropophages — les Titans —, le jeune Eren Jäger voit sa mère dévorée sous ses yeux le jour où le mur extérieur est percé. Il jure alors d’exterminer chaque Titan et s’enrôle dans le Bataillon d’éclaireurs aux côtés de Mikasa et Armin.
L’Attaque des Titans est un manga qui change de nature au fil de ses 34 tomes : ce qui ressemble d’abord à un récit de survie se mue en thriller géopolitique, puis en tragédie sur le cycle de la violence et la mémoire des peuples. Isayama ne laisse aucun personnage intact, et la question de la déshumanisation de l’ennemi irrigue l’œuvre du premier au dernier chapitre. Achevé en 2021, le manga s’est vendu à plus de 110 millions d’exemplaires et a profondément modifié ce que le public attend d’un shōnen.
8. Dororo (Osamu Tezuka, 1967)

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Œuvre du « dieu du manga », Dororo se déroule durant l’époque Sengoku. Un seigneur féodal, Daigo Kagemitsu, offre les 48 organes et membres de son fils nouveau-né à autant de démons en échange de la prospérité sur ses terres. L’enfant, miraculeusement vivant, est recueilli par un médecin qui lui fabrique des prothèses rudimentaires — dont certaines dissimulent des lames.
Devenu un jeune vagabond nommé Hyakkimaru, il parcourt le Japon pour traquer et tuer les 48 démons afin de récupérer son corps morceau par morceau. Il est rejoint par Dororo, un gamin chapardeur à la langue bien pendue. La prémisse — un héros mutilé par un pacte paternel qui doit reconquérir ce qui lui a été volé — préfigure, avec plusieurs décennies d’avance, la quête des frères Elric. L’anime de 2019 produit par le studio MAPPA a offert une seconde vie à ce classique de Tezuka.
9. Blue Exorcist (Kazue Katō, 2009)

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Rin Okumura a été élevé par le père Fujimoto, un exorciste réputé. Le jour où il découvre qu’il est le fils de Satan, et que les flammes bleues qui sommeillent en lui sont l’héritage direct du seigneur des démons, sa vie entière est remise en question. Après la mort de Fujimoto, Rin prend une décision paradoxale : il intègre l’académie de la Croix-Vraie pour devenir exorciste et vaincre son propre père.
La série repose sur une tension permanente entre la nature démoniaque de Rin et sa volonté de protéger les humains — un dilemme très proche de celui des frères Elric, eux aussi condamnés à vivre avec les conséquences de leur transgression. Sur plus de 33 tomes, Blue Exorcist a déployé un réseau dense de hiérarchies démoniaques et de conspirations au sein même de l’Église. La conclusion, prévue pour l’été 2026, est imminente.
10. Soul Eater (Atsushi Ōhkubo, 2004)

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À l’académie Shibusen, dirigée par le Shinigami en personne, des apprentis faucheurs d’âmes opèrent en binômes : un Meister et une Arme Démoniaque à forme humaine. Pour atteindre le rang suprême de Death Scythe, une Arme doit absorber 99 âmes maléfiques et une âme de sorcière. Maka et Soul, Black☆Star et Tsubaki, Death the Kid et les sœurs Thompson forment les trois duos principaux.
Soul Eater installe d’emblée un univers visuel à part — une esthétique gothique teintée d’humour absurde où le soleil ricane et la lune saigne. L’excentricité n’est pourtant qu’un point d’entrée : le thème de la folie traverse l’intégralité des 25 tomes et brouille constamment la frontière entre bien et mal. Les personnages, bourrés de défauts et de fixations personnelles, incarnent une vision du shōnen plus trouble et moins manichéenne que la moyenne.
11. Pandora Hearts (Jun Mochizuki, 2006)

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Oz Vessalius, héritier de 15 ans de l’une des quatre grandes familles ducales, est précipité dans l’Abysse — une dimension cauchemardesque peuplée de créatures appelées Chains — lors de sa cérémonie de passage à l’âge adulte, pour un crime dont il ignore tout. Il y rencontre Alice, une Chain puissante qui a perdu ses souvenirs, et scelle avec elle un pacte pour s’échapper.
Fortement influencée par l’œuvre de Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles, De l’autre côté du miroir), la série déroule une intrigue à tiroirs où chaque certitude finit par s’effondrer. Les faux-semblants se multiplient, les identités vacillent, et la vérité sur la Tragédie de Sablier — un événement survenu un siècle plus tôt — se révèle par fragments sur l’ensemble des 24 tomes. Jun Mochizuki a d’ailleurs cité Hiromu Arakawa comme l’une de ses influences majeures.
12. The Promised Neverland (Kaiu Shirai et Posuka Demizu, 2016)

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Emma, Norman et Ray grandissent heureux à Grace Field House, un orphelinat idyllique niché en pleine forêt, sous la bienveillance de leur « Maman », Isabella. L’unique règle : ne jamais franchir le portail ni s’approcher du mur d’enceinte. Le jour où Emma découvre ce qui se passe réellement de l’autre côté, l’orphelinat devient une prison et la quête de liberté un impératif de survie.
En 20 tomes, The Promised Neverland impose un rythme féroce où la victoire se gagne par la ruse, jamais par la force. Le premier arc — un huis clos psychologique où chaque geste d’Emma doit échapper à la vigilance d’Isabella — compte parmi les ouvertures les plus tendues du manga contemporain. Le duo Kaiu Shirai (scénario) et Posuka Demizu (dessin) a reçu le 63e prix Shōgakukan dans la catégorie shōnen pour cette série.
13. Fire Force (Atsushi Ōhkubo, 2015)

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Dans un Tokyo alternatif, des individus s’enflamment spontanément et se transforment en Torches Infernales. Shinra Kusakabe, surnommé « le Diable » à cause de son sourire nerveux, intègre la Brigade Spéciale 8 — un corps de pompiers-soldats — pour neutraliser ces victimes et percer le mystère de la Combustion Humaine Spontanée. Capable de projeter du feu par ses pieds, il est aussi hanté par un trauma d’enfance qu’il devra apprendre à affronter.
Dernière série d’Atsushi Ōhkubo après Soul Eater, Fire Force partage avec son aînée un goût pour les compositions graphiques audacieuses et les chorégraphies de combat inventives. Sur 34 tomes, la série prend une tournure cosmologique inattendue et établit des liens explicites avec l’univers de Soul Eater. Ōhkubo a déclaré que Fire Force serait sa dernière œuvre en tant que mangaka.