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Que lire après « Frieren » de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe ?

Que lire après « Frieren » de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe ?

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Frieren est un manga scénarisé par Kanehito Yamada et dessiné par Tsukasa Abe, prépublié depuis avril 2020 dans le Weekly Shōnen Sunday et édité en français par Ki-oon depuis mars 2022. On y suit l’elfe magicienne Frieren après la défaite du roi des démons : elle reprend la route jadis parcourue aux côtés du héros Himmel, accompagnée cette fois de Fern et Stark, et mesure — au fil des lieux revisités — tout ce que ses compagnons humains lui ont appris sans qu’elle s’en rende compte.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. To Your Eternity (Yoshitoki Ōima, 2016)

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Une entité immortelle est déposée sur Terre sous la forme d’une sphère. Elle prend l’apparence de ce qu’elle touche — un loup, un garçon seul dans la neige — et finit par recevoir un nom : Imm. À chaque rencontre, Imm acquiert une forme nouvelle, une émotion nouvelle, puis voit mourir la personne qui les lui a transmises. Les knockers, créatures parasites capables de voler les formes qu’Imm a accumulées, le traquent sans relâche et menacent quiconque se trouve près de lui.

Ce que Yoshitoki Ōima refuse à ses lecteur·ice·s, c’est le confort : aucun personnage n’est protégé par son importance dans le récit. La mort frappe tôt, sans prévenir, et Imm doit continuer. Là où Frieren observe le temps depuis le point de vue de celle qui survit à ses compagnons, To Your Eternity suit celui qui, à force de survivre à tout le monde, ne sait plus s’il est quelqu’un.


2. L’Atelier des Sorciers (Kamome Shirahama, 2016)

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Coco, une jeune fille sans pouvoir, découvre par accident que la magie n’est pas un don inné mais un artisanat fondé sur le dessin de glyphes à l’encre — un secret que la communauté des sorciers interdit de révéler aux non-initiés, les Ignorants. Après avoir pétrifié sa mère — elle avait recopié un sort prohibé —, elle devient la disciple de Kieffrey et rejoint son atelier aux côtés de trois autres apprenties : Agathe, Tétia et Trice.

Le système de magie est entièrement graphique : la forme du glyphe détermine l’effet, le type d’encre conditionne la puissance, et une erreur de tracé peut être fatale. Autour de ces règles, une intrigue politique se déploie : la Confrérie du Capuchon veut abolir les interdits qui régissent la sorcellerie depuis le Jour de la Conjuration, et les Trois Sages peinent à maintenir l’ordre établi.

Le dessin de Kamome Shirahama est indissociable du propos : chaque planche est composée avec une minutie qui relève de l’illustration, et qui donne au moindre sort une présence physique. On retrouve chez elle, comme chez Yamada et Abe, l’idée que la magie gagne à être traitée avec patience et méthode plutôt que comme un simple spectacle.


3. Gloutons & Dragons (Ryoko Kui, 2014)

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Quand sa sœur Fayrinn est avalée par un dragon au fond d’un donjon, Laïos décide d’y retourner avec l’elfe Marcyle, l’halfelin Tylchak et un nain rencontré en chemin, Senshi, pour la secourir avant la fin du cycle de digestion. Faute de provisions, l’équipe se résout à cuisiner les monstres qu’elle croise — slimes, armures vivantes, basilics, plantes carnivores.

L’humour est constant, mais il ne tourne jamais à vide. L’écosystème du donjon fonctionne comme un milieu vivant, avec ses chaînes alimentaires et ses équilibres propres. Ryoko Kui donne à chaque créature une physiologie, un goût, un mode de préparation. Et derrière la quête culinaire, les tensions entre elfes, nains, halfelins et gnomes — liées à des siècles de méfiance mutuelle — gagnent en ampleur jusqu’à redéfinir les enjeux du récit.

Le point commun avec Frieren tient à la place accordée aux gestes du quotidien — préparer un repas, monter un camp — dans un cadre d’heroic fantasy qui, d’habitude, les ignore.


4. L’Enfant et le Maudit (Nagabe, 2015)

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Le monde est scindé en deux : l’Intérieur, refuge des humains, et l’Extérieur, territoire de créatures dont le simple contact propage une malédiction. La petite Sheeva vit dans l’Extérieur, sous la protection d’un être cornu et sombre qu’elle appelle le Professeur. Celui-ci ne peut ni mourir ni la toucher. Il lui cache que personne ne viendra jamais la chercher.

Nagabe cite parmi ses influences les Moumines de Tove Jansson, Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Blacksad de Canales et Guarnido. Cela se traduit par un choix formel net : les dialogues se font rares, les hachures noires envahissent la page, et l’essentiel passe par le dessin seul. Le sous-titre celtique de la série, Siúil, a Rún, annonce la couleur : douceur et chagrin indissociables.

Comme Frieren, L’Enfant et le Maudit raconte un lien entre deux êtres que la durée de vie sépare. Mais en onze tomes seulement, Nagabe ne laisse aucun espace au superflu : les deux personnages s’obstinent à rester ensemble, et c’est cette obstination qui fait tenir le récit.


5. Mushishi (Yuki Urushibara, 1999)

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Ginko est un mushishi — un spécialiste itinérant des mushi, formes de vie primitives, ni animales ni végétales, invisibles pour la plupart des humains. Chaque chapitre le conduit dans un village reculé du Japon rural, où un mushi perturbe la vie d’un habitant : un adolescent dont les dessins prennent vie, une femme qui n’entend plus que le silence, un enfant aux yeux traversés par une lueur étrange.

Il n’y a ni antagoniste récurrent, ni arc narratif global — seulement la succession des saisons, des paysages et des cas à résoudre. Ginko joue le rôle du médecin de campagne : il diagnostique, il soigne quand c’est possible, il constate l’impuissance quand ça ne l’est pas. Qui apprécie les épisodes les plus calmes de Frieren — ceux où il ne se passe presque rien, sinon le passage du temps — trouvera dans Mushishi une série entière taillée dans ce même silence.


6. Le Pacte des Yōkai (Yuki Midorikawa, 2005)

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Natsume, adolescent orphelin, perçoit depuis toujours les yōkai que les autres ne voient pas — un don hérité de sa grand-mère Reiko. Lorsqu’il entre en possession du Livre des amis, un carnet où Reiko a consigné les noms d’esprits qu’elle a soumis, il devient la cible de yōkai qui veulent récupérer leur nom. Il passe un pacte avec Maître Griffou, un puissant esprit piégé dans le corps d’un gros chat, qui accepte de le protéger en échange du carnet à sa mort.

Plutôt que d’utiliser le Livre comme une arme, Natsume choisit de restituer un à un les noms qu’il contient. Chaque restitution donne lieu à un chapitre semi-indépendant où le yōkai raconte sa rencontre avec Reiko ; Natsume reconstitue ainsi, fragment par fragment, le portrait d’une grand-mère qu’il n’a pas connue. La solitude du personnage qui voit ce que les autres ne voient pas, et qui doit apprendre à s’ouvrir malgré cela, est aussi celle de Frieren — une elfe entourée d’humains dont elle commence à peine à comprendre qu’ils comptent pour elle.


7. The Ancient Magus Bride (Kore Yamazaki, 2013)

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Chisé Hatori, orpheline japonaise de quinze ans, est achetée aux enchères par Elias Ainsworth, un mage non humain au crâne animal, qui l’emmène dans son manoir en Angleterre. Il veut faire d’elle son apprentie et, à terme, son épouse. Chisé est une Slay Vega : elle attire et emmagasine la magie de façon innée, un don rare qui l’épuise physiquement et fait d’elle une cible.

Le récit puise dans le folklore britannique et nordique — fées, dragons, Leanan Sidhe, esprits des bois — et suit deux trajectoires parallèles : Chisé réapprend à tenir à sa propre vie, tandis qu’Elias, incapable de nommer ce qu’il ressent, tâtonne vers quelque chose qui ressemble à de l’affection. Le duo rappelle celui de Frieren et Fern — une apprentie et un mentor que les émotions humaines déconcertent — à ceci près que, chez Yamazaki, c’est le mentor qui a tout à apprendre.


8. Aria (Kozue Amano, 2002)

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Au XXIVe siècle, Mars — rebaptisée Aqua après sa terraformation — est recouverte d’eau à 90 %. Dans la cité de Néo-Vénézia, réplique de la Venise terrestre, Akari Mizunashi poursuit son rêve de devenir Ondine — gondolière professionnelle — au sein de la modeste Aria Company, sous la tutelle d’Alicia.

Il n’y a ici ni conflit majeur, ni antagoniste, ni enjeu de survie. La série se compose de tranches de vie où Akari et ses amies, Aika et Alice, sillonnent les canaux au fil des saisons. On assiste à des fêtes, à des rencontres de hasard, à des promenades sans but précis. Le seul fil conducteur est l’apprentissage du métier et les examens qui scandent la progression des trois apprenties.

Frieren et Aria partagent une même conviction : ce sont les moments où rien ne se passe — une balade, un coucher de soleil, un repas entre amis — qui donnent son prix au reste.


9. Faraway Paladin (Kanata Yanagino et Mutsumi Okubashi, 2017)

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William, un homme déçu par sa propre existence, se réincarne en enfant dans un monde de fantasy. Il grandit dans une cité en ruine, loin de toute civilisation humaine, élevé par trois morts-vivants : Blood, un guerrier squelette ; Marie, une prêtresse momie ; et Gas, un magicien fantôme. Ce trio lui enseigne le combat, la prière et la magie — avec une rigueur dont Will finit par comprendre la raison.

Car ses trois parents adoptifs ont passé un pacte avec Stagnate, dieu de l’immortalité, et leur temps est compté. Lorsque Will découvre la vérité, il se voue à Gracefill, déesse du cycle de la vie, et prend la route en tant que paladin — seul, cette fois. Le premier arc de la série repose tout entier sur ce que l’on doit à ceux qui nous ont élevé·e·s et sur l’impossibilité de les sauver — le même deuil fondateur qui, dans Frieren, prend la forme du souvenir d’Himmel.