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Que lire après « Dreamland » de Reno Lemaire ?

Que lire après « Dreamland » de Reno Lemaire ?

Publié depuis 2006 aux éditions Pika, Dreamland est un manfra (manga français) écrit et dessiné par Reno Lemaire. La série suit Terrence Meyer, un lycéen de Montpellier qui, après avoir surmonté sa phobie du feu, accède au statut de « voyageur » dans le monde des rêves et acquiert le pouvoir de contrôler les flammes.

Avec plus de 700 000 exemplaires vendus, 22 tomes parus et une adaptation en anime prévue pour 2026, Dreamland s’est imposé comme la plus longue série manga française et l’un des piliers du manfra. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. DreaMaker (Zilo, 2023)

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Dans la contrée de Gallia, les êtres humains ont perdu la capacité de rêver. Seuls les DreaMakers, des sorciers d’élite, savent créer des artefacts oniriques nommés « vagus » qui restituent les songes à ceux qui les achètent.

Le jeune Kiio, gamin des rues turbulent du village de Condate, n’a qu’une obsession : économiser assez pour s’en procurer un et fuir, le temps d’une nuit, un quotidien brutal. Sa rencontre avec un mystérieux garçon endormi sous un arbre va déclencher un enchaînement d’événements qui le mènera loin de chez lui.

Lauréate du Tremplin Ki-oon, Zilo mêle avec habileté humour espiègle et noirceur inattendue, dans un récit qui partage avec Dreamland cette tension permanente entre la dureté du réel et la puissance salvatrice des rêves. Un premier tome qui frappe fort sous ses airs légers.


2. Radiant (Tony Valente, 2013)

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Premier manfra publié au Japon (chez Asukashinsha) et premier à être adapté en anime (par le studio Lerche pour la NHK), Radiant a fait tomber des barrières que beaucoup pensaient infranchissables.

On y suit Seth, un apprenti sorcier aux cornes dissimulées, « infecté » par un Némésis — ces monstres qui tombent du ciel et contaminent tout ce qu’ils touchent. Déterminé à trouver le Radiant, le berceau présumé de ces créatures, Seth se heurte autant aux Némésis qu’à l’Inquisition, institution qui persécute les sorciers.

Tony Valente, auteur toulousain aux influences assumées (Dragon Ball, Lanfeust de Troy, Skies of Arcadia), tisse une toile politique sous ses combats spectaculaires. Comme Dreamland, Radiant prouve qu’un shōnen français peut rivaliser avec ses modèles japonais — et les dépasser sur le terrain de l’engagement thématique.


3. Everdark (Romain Lemaire, 2018)

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Romain Lemaire, cousin et ancien assistant de Reno Lemaire sur Dreamland (jusqu’au tome 13), signe ici sa propre série de dark fantasy chez Pika.

L’univers d’Everdark se divise en strates : un monde abandonné en contrebas, les royaumes habités au centre, et un Ciel supérieur inaccessible. D’imposantes divinités pétrifiées, les Veilleurs, parsèment ces terres et dégagent une énergie dévastatrice convoitée par le Royaume de Solaris, qui ambitionne de déclencher une guerre contre le Ciel supérieur.

Neer, guerrier solitaire et taciturne, s’oppose à leurs desseins. Le trait est précis et soigné, les combats sont percutants, et les nombreuses références au RPG et à la heroic fantasy imprègnent chaque planche. Pour les lecteur·ices de Dreamland, le lien est presque familial — au sens propre comme au figuré.


4. Outlaw Players (Shonen, 2016)

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Sakuu se connecte à Thera, un MMORPG ultra-réaliste à l’univers quasi infini. Problème : il ne peut plus se déconnecter. Privé d’interface de jeu et d’items de soin, il risque sa vie à chaque rencontre avec les créatures hostiles de ce monde virtuel. D’autres joueurs subissent le même sort : ensemble, ces « Outlaw Players » doivent survivre et percer le mystère du bug qui les retient prisonniers.

Le mangaka Shonen, prépublié dans le Shōnen Sirius de Kodansha au Japon, déploie un dessin d’une maîtrise remarquable et truffé de clins d’œil à Final Fantasy, JoJo’s Bizarre Adventure ou .hack//SIGN. Là où Dreamland joue sur la dualité entre monde réel et monde onirique, Outlaw Players transpose cette mécanique dans l’espace du jeu vidéo — avec des enjeux tout aussi vitaux.


5. City Hall (Rémi Guérin & Guillaume Lapeyre, 2012)

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Londres, 1902. Dans cet univers steampunk, l’écriture manuscrite est interdite depuis deux siècles. La raison : tout texte couché sur papier prend vie sous la forme d’un « papercut », un être dont la complexité dépend du talent de son créateur.

Après l’assassinat d’un ministre au moyen de cette arme proscrite, le maire de la ville n’a d’autre choix que de faire appel à Jules Verne et Arthur Conan Doyle, deux des plus fines plumes du royaume.

Publiée chez Ankama en sept tomes, cette série du duo Guérin-Lapeyre mélange figures historiques, personnages fictifs et un système de pouvoirs fondé sur la littérature elle-même. L’énergie narrative rappelle les shōnen nekketsu à la Death Note, transposés dans un cadre résolument européen — un pari semblable à celui de Dreamland avec Montpellier.


6. Lastman (Balak, Michaël Sanlaville & Bastien Vivès, 2013)

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Dans la Vallée des Rois, monde où la magie est une réalité connue, le jeune Adrian Velba, 12 ans, se prépare au grand tournoi annuel de combat en duo. Quand son partenaire fait défection, un étranger imposant et rustre, Richard Aldana, surgit pour s’allier à lui.

Sous ses allures de shōnen de tournoi à la Dragon Ball, Lastman bascule rapidement vers des territoires plus sombres : intrigues politiques, mondes parallèles (la corrompue Paxtown face à la Vallée des Rois) et retournements brutaux.

Écrit à six mains et dessiné à quatre, primé à Angoulême en 2015, décliné en série animée sur France 4 puis Netflix et en jeu vidéo (Lastfight), le projet est devenu un phénomène transmédia. Lastman et Dreamland partagent cette ambition de prouver que le manga français peut se hisser au niveau de ses aînés japonais.


7. RedFlower (Loui, 2023)

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Au cœur d’une jungle luxuriante, le peuple Bao’Ré vit selon une philosophie fondée sur la non-violence. Kéli, adolescent impétueux et frère cadet d’un guerrier de la garde royale, ne rêve que d’une chose : réussir le rituel du Katafali pour accéder au statut d’adulte.

Mais quand Anansi, le sorcier du village, a une vision apocalyptique — des envahisseurs dotés d’un pouvoir meurtrier approchent —, la tribu se retrouve face à un dilemme insoluble : comment se défendre sans renier ses croyances ?

Mangaka franco-ghanéen, Loui puise dans les contes des griots ouest-africains et les arts martiaux du continent pour forger un shōnen à la grammaire japonaise et au contenu profondément africain. Comme Dreamland, RedFlower ancre son récit dans une culture précise pour mieux en tirer sa singularité.


8. Myrtis (Elsa Brants, 2024)

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Myrtis est princesse, et elle est absolument insupportable : capricieuse, autoritaire, égocentrique. Quand ses parents décident de la marier de force à un prince voisin, elle s’évade et fuit à travers le pays.

Après une errance misérable, elle s’installe dans une ville étrangère et décide de devenir… sorcière. Auprès de maîtresse Gi, guérisseuse taciturne mais respectée, Myrtis entame un apprentissage chaotique, épaulée malgré lui par Louby, chevalier naïf entraîné dans ses frasques.

Connue pour Save me Pythie, Elsa Brants excelle dans la parodie de contes de fées et le comique de caractère. Les expressions des personnages, outrancières à dessein, portent une grande part de l’humour. Un contrepoint bienvenu pour souffler entre deux lectures de shōnen épiques comme Dreamland — la preuve que le manfra sait aussi se montrer hilarant.

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