Darwin’s Game est un seinen manga scénarisé par Shû Miyama et dessiné par Yuki Takahata, duo connu sous le nom de FLIPFLOPs. Prépublié entre décembre 2012 et octobre 2023 dans le Bessatsu Shônen Champion d’Akita Shoten, il totalise 30 volumes.
Publié en France par Ki-oon, le récit suit Kaname Sudô, un lycéen piégé dans une application mobile mortelle où les joueurs s’affrontent en duels à mort grâce à des pouvoirs surnaturels appelés « Sigils ». Entre stratégie, alliances fragiles et combats urbains, la série a su fédérer un large lectorat amateur de survival games. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Battle Game in 5 Seconds (Saizô Harawata & Miyako Kashiwa, 2015)

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Akira Shiroyanagi, lycéen surdoué et joueur invétéré, est enlevé par une organisation secrète et contraint de participer à des combats où chaque participant dispose d’un pouvoir attribué de force. Le sien, baptisé « Sophiste », lui permet de recourir à n’importe quelle capacité dont son adversaire le croit doté — un atout qui repose entièrement sur la ruse et la manipulation psychologique.
Ce postulat place l’intelligence au centre de chaque affrontement, là où Darwin’s Game mise sur les Sigils et la survie brute. Les programmes d’épreuves se complexifient au fil des tomes, avec des duels en solo puis des batailles d’équipes à grande échelle. Comme Kaname, Akira est un stratège né, mais sa force réside moins dans la puissance de frappe que dans sa capacité à retourner les croyances de ses ennemis contre eux. Un survival cérébral redoutable.
2. Real Account (Okushô & Shizumu Watanabe, 2014)

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Dans un Japon où le réseau social « Real Account » régit la vie quotidienne, 10 000 utilisateurs se retrouvent un jour prisonniers de la plateforme, piégés par sa mascotte sadique. Ataru Kashiwagi, un adolescent qui s’est inventé une identité fictive en ligne, doit survivre à une série d’épreuves macabres liées aux mécaniques mêmes des réseaux sociaux : nombre d’abonnés, popularité, confidentialité. Si un joueur meurt, tous ses abonnés périssent aussi.
Cette mécanique pousse chacun à instrumentaliser ou à trahir les autres pour sa propre survie. Là où Darwin’s Game ancre sa menace dans une application mobile mystérieuse, Real Account pousse la critique de l’hyperconnexion à son paroxysme.
En 24 volumes, Okushô et Watanabe construisent un récit féroce sur la fragilité des liens numériques et la valeur réelle de la confiance.
3. Alice in Borderland (Haro Asô, 2010)

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Ryôhei Arisu et ses deux amis, Karube et Chôta, sont transportés dans un Tokyo désert et parallèle après un mystérieux feu d’artifice. Dans ce « Borderland », la survie dépend de jeux funestes classés par type de carte — cœur, carreau, trèfle, pique — chacun met à l’épreuve une facette différente : intelligence, endurance, coopération ou force physique.
La série, en 18 volumes, se distingue par la profondeur psychologique de ses personnages, qui se fissurent et se reconstruisent au fil des épreuves. Haro Asô y sonde la question du sens de l’existence avec une gravité absente de la plupart des survival games.
Si Darwin’s Game séduit par son rythme effréné et ses combats à coups de Sigils, Alice in Borderland prend le temps de fouiller les doutes et les failles de ses protagonistes. La série a été adaptée en live-action par Netflix.
4. Sky-High Survival (Tsuina Miura & Takahiro Ôba, 2013)

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Yuri Honjô se réveille sur le toit d’un gratte-ciel, dans un monde constitué d’immeubles géants reliés par des ponts suspendus. Des individus masqués armés y traquent les survivants avec un objectif simple : les pousser au désespoir ou les tuer.
La série, en 21 volumes, place son huis clos à la verticale, avec un décor vertigineux où le sol n’existe plus et où la chute est la menace permanente. Comme dans Darwin’s Game, un système de pouvoirs mystérieux se dévoile peu à peu — ici sous la forme de « masques » aux capacités variées — et un grand dessein se cache derrière le chaos apparent.
Yuri, loin du héros masculin habituel du genre, évolue en protagoniste déterminée dont la résistance morale est aussi mise en jeu que sa survie physique. Une déclinaison aérienne et anxiogène du survival game.
5. Your Turn to Die: Death Game by Majority (Nankidai & Tatsuya Ikegami, 2019)

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Adapté du jeu d’aventure éponyme créé par Nankidai en 2017, ce manga suit Sara Chidouin et son ami Joe, enlevés par une entité inconnue et enfermés dans une installation sinistre en compagnie de neuf autres personnes. Les captifs doivent résoudre des énigmes mortelles, puis se soumettre à un vote : à la majorité, le groupe désigne qui doit mourir.
Ce mécanisme de « démocratie létale » instaure un climat de paranoïa et de suspicion permanente qui rappelle les alliances précaires de Darwin’s Game, mais en remplace l’action par la manipulation. Le trait de Tatsuya Ikegami, hérité de l’esthétique du jeu vidéo original, confère aux personnages une expressivité exacerbée qui renforce l’atmosphère claustrophobe. Un death game où les mots et les votes tuent autant que les pièges.
6. Death’s Choice (G.O., Chihiro & Tatsuhiko, 2014)

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Lors de la rentrée en seconde, Kazuto Satô lance une application de classement de popularité entre les élèves de sa classe. Ce qui devait rester un jeu anodin bascule dans l’horreur : à chaque tour de scrutin, les élèves les moins populaires meurent subitement. Shûsuke, le protagoniste, tente de percer le mystère du « maître des votes » et de trouver des subterfuges pour protéger ses camarades.
En seulement trois volumes, le trio d’auteurs — G.O. au scénario, Chihiro au storyboard et Tatsuhiko au dessin — condense un survival game nerveux en milieu scolaire. Le parallèle avec Darwin’s Game se situe dans le lien entre technologie et mort : ici, c’est une simple appli qui se mue en instrument létal. La brièveté de la série lui donne un rythme tendu et sans temps mort, au prix d’un développement des personnages plus succinct.
7. Friends Games (Mikoto Yamaguchi & Yûki Satô, 2014)

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Yûichi Katagiri et ses quatre amis proches sont kidnappés et forcés de participer au « Tomodachi Game », un jeu conçu pour mettre leur amitié à l’épreuve contre de l’argent. L’un d’eux est endetté, et tous devront jouer pour rembourser sa dette à travers des épreuves qui exigent calcul, duplicité et sacrifices.
Mikoto Yamaguchi, aussi auteur de Dead Tube et de Scumbag Loser, excelle à construire des personnages dont la loyauté apparente se lézarde sous la pression. Là où Darwin’s Game oppose des inconnus dans une arène numérique, Friends Games retourne la violence vers l’intime : ce sont les secrets et les mensonges entre proches qui deviennent des armes.
En 26 volumes, la série maintient un suspense psychologique constant, porté par des retournements de situation fréquents et un protagoniste à la moralité volontairement trouble.
8. Signal 100 (Arata Miyatsuki & Shigure Kondo, 2015)

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M. Shimobe, professeur tyrannisé par ses élèves, se venge de la pire manière : il les hypnotise via un film, puis se jette dans le vide. L’hypnose a implanté dans leur cerveau 100 actions banales — pleurer, rire, appeler à l’aide — qui, si elles sont accomplies, déclenchent un suicide automatique. Les 37 lycéens doivent identifier ces signaux interdits, avec la certitude qu’un seul d’entre eux survivra.
En quatre volumes, Miyatsuki et Kondo livrent un huis clos scolaire sans concession, d’une brutalité graphique assumée. Le lien avec Darwin’s Game tient à l’implacabilité des règles imposées : les personnages n’ont aucune prise sur le système qui les condamne. Mais ici, la menace ne vient pas d’un adversaire extérieur — elle est logée dans leur propre corps et leurs gestes les plus ordinaires.
9. Dead Tube (Mikoto Yamaguchi & Touta Kitakawa, 2014)

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Tomohiro Machiya, membre discret du club de cinéma de son lycée, est entraîné par la belle et terrifiante Mai Mashiro dans l’univers de Dead Tube, une plateforme de partage de vidéos où seul le contenu le plus extrême génère des revenus — et où les participants aux vidéos les moins vues endossent la responsabilité légale de tous les crimes filmés par les autres.
Gore, sexualité explicite et manipulation forment le socle d’un seinen réservé à un public averti. Yamaguchi, que l’on retrouve aussi aux commandes de Friends Games, construit ici une satire âpre de la société du spectacle poussée dans ses retranchements. Si Darwin’s Game place ses enjeux dans un combat de pouvoirs, Dead Tube s’intéresse à ce que les individus sont prêts à filmer — ou à subir — pour la gloire et l’argent.