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Que lire après « Crows » de Hiroshi Takahashi ?

Que lire après « Crows » de Hiroshi Takahashi ?

Crows est un manga de Hiroshi Takahashi prépublié entre 1990 et 1998 dans le Monthly Shōnen Champion d’Akita Shoten, compilé en 26 volumes. Le récit suit Boya Harumichi, élève transféré au lycée Suzuran, établissement tristement célèbre pour la violence de ses pensionnaires, surnommés les « corbeaux ».

Entre rivalités de factions, codes d’honneur et amitiés forgées à coups de poing, la série s’est imposée comme un pilier du genre furyō et a dépassé les 46 millions d’exemplaires en circulation. Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Worst (Hiroshi Takahashi, 2001)

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Suite directe de Crows, Worst se déroule deux ans après le départ de Boya et met en scène Hana Tsukishima, un garçon venu de la campagne qui débarque à Suzuran avec l’intention de s’imposer comme le nouveau leader. On y retrouve le même cadre — les murs tagués du lycée, les gangs de quartier, le Front de l’Armement — mais avec une nouvelle génération de combattants.

L’un des atouts de Worst réside dans sa capacité à élargir l’univers sans le trahir. Hiroshi Takahashi fait cohabiter anciens et nouveaux personnages, et le passage de témoin entre les deux séries s’opère avec une fluidité naturelle. Le récit ne se limite pas à Suzuran : il jongle entre plusieurs lycées et cliques rivales, ce qui étoffe considérablement la toile de fond.


2. Nine Peaks (Tetsuhiro Hirakawa, 2022)

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Gaku, 16 ans, traîne une réputation de bagarreur et entretient des rapports houleux avec son père Harumi, gérant bougon d’un petit restaurant. Lorsque ce dernier meurt dans un accident, une foule inattendue se presse à son enterrement — celle d’un homme qui, jadis, avait unifié tous les gangs de la ville. Par un saut temporel inexpliqué, Gaku se retrouve 22 ans en arrière et découvre son père adolescent, en pleine guerre des bandes.

L’auteur, Tetsuhiro Hirakawa — qui a travaillé comme dessinateur sur plusieurs séries dérivées de Crows — maîtrise les codes du furyō et y greffe une dimension familiale poignante. Le lien avec Crows est presque génétique : on retrouve la même énergie dans les affrontements, le même sens de la camaraderie brutale, mais le ressort du retour dans le passé ajoute un enjeu émotionnel supplémentaire, celui d’un fils qui apprend à connaître l’homme que son père a été.


3. Wind Breaker (Satoru Nii, 2021)

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Haruka Sakura n’a qu’une ambition en tête : devenir le plus fort du lycée Fūrin, réputé pour abriter les pires racailles du pays. Mais à son arrivée, il découvre que les élèves de l’établissement se sont constitués en brigade de protection de quartier sous le nom de Bōfūrin. Ici, on ne se bat pas pour dominer : on se bat pour défendre les habitants et les commerces.

Ce renversement des codes du furyō donne à Wind Breaker une tonalité singulière. Là où Crows dépeint une hiérarchie bâtie sur la force brute, le manga de Satoru Nii interroge la notion de puissance mise au service d’autrui. Haruka, solitaire endurci, doit apprendre à exister au sein d’un collectif soudé — un cheminement qui rappelle, en miroir inversé, l’ascension individualiste de Boya à Suzuran. Le dessin, nerveux et percutant, traduit la brutalité des coups avec une précision qui n’a rien à envier aux classiques du genre.


4. Tokyo Revengers (Ken Wakui, 2017)

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Takemichi Hanagaki, 26 ans, mène une existence médiocre. En apprenant que son ex-petite amie du collège, Hinata, a été tuée dans un règlement de comptes du Tokyo Manji-kai, il est mystérieusement projeté douze ans en arrière. Il dispose alors d’une chance de modifier le cours des événements en s’infiltrant au cœur du gang qui causera la perte de Hinata.

Ken Wakui, lui-même ancien membre de bandes à Tokyo, insuffle à son récit une connaissance intime du milieu. La mécanique narrative — les allers-retours entre passé et présent — tient le lecteur·ice en haleine, chaque modification du passé provoquant des conséquences inattendues. Si Crows célèbre la fraternité brute entre délinquants, Tokyo Revengers y ajoute une dimension tragique : les liens d’amitié se nouent sous la menace constante de leur propre destruction. Avec plus de 80 millions d’exemplaires écoulés, la série a contribué à relancer l’intérêt pour le genre furyō auprès d’une nouvelle génération.


5. OUT (Tatsuya Iguchi & Makoto Mizuta, 2012)

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Tatsuya Iguchi, 17 ans, sort de la maison d’arrêt de Nagano. Le juge lui accorde une seconde chance à une condition stricte : au moindre écart, il retourne en détention. Déterminé à rester dans le droit chemin, il s’installe chez sa tante et travaille dans son restaurant de yakiniku. Mais dans l’ouest de Chiba, les gangs de bōsōzoku ne tardent pas à croiser sa route.

Le manga, publié dans le Young Champion d’Akita Shoten — le même éditeur que Crows —, partage d’ailleurs un ADN commun avec l’univers de Hiroshi Takahashi : OUT est un spin-off de Drop, série elle-même liée au monde de Crows. Le ton est cependant plus sombre, plus adulte. Le récit traite de rédemption avec une brutalité sans concession, et le trait de Makoto Mizuta accompagne cette âpreté par des scènes de combat d’une violence sèche et réaliste. À ce jour, la série dépasse les 6,5 millions d’exemplaires au Japon.


6. Rokudenashi Blues (Masanori Morita, 1988)

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Taison Maeda rêve de devenir champion du monde de boxe, mais ses journées au lycée Teiken ressemblent davantage à un ring clandestin qu’à une salle de classe. Dès la rentrée, il frappe un professeur par mégarde et se retrouve au centre de toutes les rivalités entre bandes de Tokyo. Le manga alterne arcs de baston, vie scolaire et séquences de boxe avec un sens du rythme qui a fait école.

Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de 1988 à 1997, Rokudenashi Blues — connu en France sous le titre Racaille Blues — a écoulé plus de 60 millions d’exemplaires. Masanori Morita, ancien assistant de Tetsuo Hara (Hokuto no Ken), y déploie un trait expressif et puissant, capable de passer du grotesque comique à l’intensité dramatique en l’espace d’une case. Pour les lecteur·ices de Crows, le parallèle est évident : mêmes guerres de territoire entre lycées, même sens de l’honneur entre voyous, même tendresse sous la rudesse des personnages.


7. GTO (Toru Fujisawa, 1997)

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Eikichi Onizuka a 22 ans, un passé de chef de gang de bōsōzoku et un diplôme obtenu dans une université de cinquième zone. Son ambition : devenir le meilleur professeur du Japon. Nommé dans une classe ingérable de la Holy Forest Academy, il affronte intimidations, chantages et complots d’élèves décidés à le faire craquer, armé de ses seuls réflexes de voyou et d’une sincérité désarmante.

Si Crows ancre ses personnages dans la culture furyō du lycée, GTO pose la question de ce que ces délinquants deviennent une fois adultes. La série de Toru Fujisawa, prépubliée dans le Weekly Shōnen Magazine et écoulée à plus de 50 millions d’exemplaires, est d’ailleurs la suite de Young GTO (Shonan Jun’ai Gumi), pur manga de racailles. Onizuka incarne le prolongement logique d’un Boya Harumichi qui aurait troqué les coups de poing contre la craie — sans jamais renier ce qu’il est. L’humour y est plus appuyé, le registre plus large, mais le socle reste le même : la loyauté, le refus de l’injustice et le mépris des conventions.


8. Diamond Little Boy (Victor Dermo, 2025)

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Victor grandit dans une cité de Caen au début des années 2000. Passionné de dessin, il décroche du système scolaire en troisième, bascule dans le trafic de stupéfiants et frôle l’incarcération. Ce récit semi-autobiographique transpose les codes du furyō japonais dans les quartiers périphériques français, une greffe inédite dans le paysage du manga francophone.

Chaque chapitre porte le titre d’un morceau de rap — Booba, Orelsan, Sinik — et cette structure confère au récit un rythme proche du clip. Le trait, retravaillé avec le concours du studio Atsu, emprunte l’esthétique noir et blanc du shōnen tout en restant ancré dans une réalité sociale hexagonale. Pour qui a aimé l’atmosphère de Crows, Diamond Little Boy propose un écho inattendu : mêmes logiques de bande, même tension entre solidarité et violence, mais transposées dans un cadre culturel radicalement différent. Un contrepoint saisissant au furyō nippon.

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