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Que lire après « Bonne nuit Punpun » d'Inio Asano ?

Que lire après « Bonne nuit Punpun » d’Inio Asano ?

Publié entre 2007 et 2013 dans les magazines Weekly Young Sunday puis Big Comic Spirits, Bonne nuit Punpun est un seinen manga de treize volumes signé Inio Asano.

Le récit suit Punpun Punyama, représenté sous la forme d’un oiseau stylisé, de son enfance jusqu’à l’âge adulte. Entre violence domestique, dépression, amours contrariées et quête de sens, le manga aborde avec une intensité rare les failles de l’existence.

La version française, éditée par Kana, a contribué à faire d’Asano l’un des auteurs les plus respectés du manga contemporain. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Boy’s Abyss (Ryô Minenami, 2020)

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Dans une bourgade rurale où rien ne semble jamais arriver, Reiji Kurose étouffe sous le poids de sa famille dysfonctionnelle et d’un avenir sans horizon. Sa rencontre avec Nagi Aoe, une idole en fuite, précipite sa vie dans une spirale de désespoir. Les deux jeunes gens partagent un attrait morbide pour « l’Abysse des amoureux », un pont où, selon la légende locale, des couples viennent mettre fin à leurs jours.

Ryô Minenami construit une atmosphère oppressante où chaque personnage dissimule des blessures profondes. Les relations toxiques, la manipulation et le suicide constituent le cœur de ce drame psychologique.

Comme Bonne nuit Punpun, Boy’s Abyss dissèque le mal-être adolescent et l’impossibilité de fuir son milieu d’origine. Le dessin, à la fois délicat et glaçant, renforce le sentiment d’enfermement qui imprègne chaque page de cette série désormais achevée en dix-huit volumes.


2. Les Liens du sang (Shûzô Oshimi, 2017)

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Seiichi vit avec ses parents dans une ville de province ordinaire. Sa mère, Seiko, lui voue une affection qui dépasse les limites de l’amour maternel : elle le couve, l’infantilise, l’étouffe de sa présence. Shûzô Oshimi, déjà reconnu pour Les Fleurs du mal, signe avec Les Liens du sang un thriller psychologique sur l’emprise familiale et la destruction silencieuse d’un enfant par celle qui devrait le protéger.

La mise en scène, d’une précision chirurgicale, fait ressentir physiquement le malaise qui grandit au fil des pages. Chaque regard de Seiko, chaque silence de Seiichi amplifie la tension.

Les lecteur·ice·s qui ont ressenti l’angoisse sourde de Bonne nuit Punpun retrouveront ici cette même capacité à disséquer les mécanismes familiaux destructeurs. Les dix-sept volumes de cette série achevée composent une descente progressive dans l’horreur domestique, sans effusion de sang mais avec une violence psychologique insoutenable.


3. Dead Dead Demon’s Dededededestruction (Inio Asano, 2014)

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Un gigantesque vaisseau extraterrestre flotte au-dessus de Tokyo depuis trois ans. Les habitants ont fini par s’y habituer ; la vie continue sous cette menace latente. Kadode et Ôran, deux lycéennes inséparables, traversent leur quotidien entre cours, amitiés et premiers émois, tandis que le gouvernement abat méthodiquement les petites soucoupes qui s’échappent du vaisseau-mère.

Inio Asano utilise ce cadre de science-fiction pour livrer une critique sociale acérée : militarisme, médias complices, peur de l’autre. La métaphore du nucléaire post-Fukushima imprègne chaque chapitre.

Contrairement à Bonne nuit Punpun, le ton mêle humour noir et absurde à la noirceur ambiante. Les protagonistes féminines apportent une énergie différente, mais le regard désabusé sur la société japonaise et les questionnements existentiels restent intacts. Cette série en douze volumes, adaptée en anime en 2024, confirme la maîtrise narrative d’Asano.


4. Le péché originel de Takopi (Taizan5, 2021)

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Takopi, petit extraterrestre rose venu de la planète Happy, atterrit sur Terre avec la mission de répandre la joie. La première humaine qu’il rencontre est Shizuka, une fillette au visage éteint, victime de harcèlement scolaire et de négligence parentale. Les tentatives de Takopi pour la rendre heureuse se heurtent à une réalité sordide où chaque bonne intention provoque une catastrophe.

En seulement deux volumes, Taizan5 délivre un récit d’une brutalité émotionnelle rare. Le contraste entre le graphisme enfantin de l’alien et la noirceur des situations crée un malaise permanent. Le manga aborde frontalement le suicide, la maltraitance et la cruauté entre enfants.

Les boucles temporelles qui structurent l’intrigue renforcent le sentiment d’impuissance face à la souffrance. Les amateur·ice·s de Bonne nuit Punpun y reconnaîtront cette même volonté de montrer l’enfance brisée sans filtre ni complaisance.


5. Solitude d’un autre genre (Kabi Nagata, 2016)

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À vingt-huit ans, Kabi Nagata souffre de dépression et de troubles alimentaires. Elle vit chez ses parents, enchaîne les petits boulots sans parvenir à trouver sa place dans la société japonaise. Sa solitude affective est telle qu’elle décide de faire appel à une escort lesbienne pour connaître sa première expérience intime.

Ce manga autobiographique raconte cette quête d’identité avec une sincérité désarmante. Nagata n’épargne rien : ses pensées suicidaires, son rapport dysfonctionnel à la nourriture, l’incompréhension de sa famille. Le dessin, volontairement simple et épuré, se concentre sur les expressions du personnage.

Le récit interroge les normes sociales japonaises et la difficulté d’exister en dehors des cadres établis. Cette introspection douloureuse trouve un écho direct dans les errances psychologiques de Punpun. Pour qui a traversé des périodes sombres, ce témoignage graphique résonne avec une justesse particulière.


6. My Broken Mariko (Waka Hirako, 2019)

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Tomoyo apprend par le journal télévisé que Mariko, sa meilleure amie depuis l’enfance, s’est suicidée. Dévastée, elle se rend chez le père de Mariko, l’homme qui l’a maltraitée pendant des années, et lui dérobe l’urne funéraire. Commence alors une course éperdue à travers le Japon, avec les cendres de son amie sous le bras.

Waka Hirako signe un one-shot fulgurant sur le deuil, la culpabilité du survivant et la rage impuissante face aux violences domestiques. Le trait nerveux, presque griffonné, traduit l’urgence émotionnelle de Tomoyo. Les souvenirs de Mariko, douce et brisée, alternent avec la fureur de celle qui reste.

Ce récit bref mais dense aborde les mêmes thématiques que Bonne nuit Punpun : l’emprise familiale, les traumatismes tus, l’impossibilité de sauver ceux qu’on aime. La fin, amère et lumineuse à la fois, laisse une empreinte durable.


7. Scum’s Wish (Mengo Yokoyari, 2012)

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Hanabi et Mugi forment le couple idéal aux yeux de leurs camarades de lycée. En réalité, ils s’utilisent mutuellement pour combler le vide laissé par des amours impossibles : elle aime son professeur principal, ami d’enfance de sa famille ; il désire l’enseignante de musique qui fut sa tutrice. Leur relation, fondée sur l’autodestruction consentie, entraîne une spirale de désirs inassouvis et de blessures infligées.

Mengo Yokoyari déconstruit le récit romantique avec une lucidité cruelle. Personne n’est innocent ; chaque personnage manipule ou se laisse manipuler. Le manga aborde la sexualité adolescente sans idéalisation, montrant comment le corps devient un substitut à l’affection véritable.

Les huit volumes de cette série achevée composent un portrait sans concession de l’amour non réciproque et de ses ravages. Les lecteur·ice·s de Bonne nuit Punpun retrouveront cette même capacité à peindre des personnages moralement ambigus.


8. The Summer Hikaru Died (Mokumokuren, 2021)

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Yoshiki et Hikaru ont grandi ensemble dans un hameau isolé du Japon rural. Un jour, Hikaru disparaît dans la forêt ancestrale qui surplombe le village. Il revient une semaine plus tard, apparemment inchangé. Mais Yoshiki sent que quelque chose ne va pas : celui qui se tient devant lui n’est plus son ami.

Mokumokuren mêle horreur folklorique et récit initiatique dans ce seinen où l’attachement survit à la révélation du monstrueux. L’entité qui habite désormais le corps d’Hikaru possède ses souvenirs et son affection pour Yoshiki, mais reste fondamentalement autre.

Le manga questionne l’identité, le deuil anticipé et la nature des liens humains. Le cadre rural, avec ses légendes locales et son atmosphère étouffante, rappelle les passages les plus anxiogènes de Bonne nuit Punpun. La tension entre tendresse et effroi traverse chaque chapitre de cette série en cours.


9. Look Back (Tatsuki Fujimoto, 2021)

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Fujino dessine des yonkoma pour le journal de son école primaire et se croit talentueuse jusqu’au jour où une camarade recluse, Kyomoto, publie des planches d’un niveau très supérieur. Cette rivalité pousse Fujino à travailler sans relâche pendant des années. Leur rencontre, puis leur collaboration, donne naissance à une amitié profonde autour de la création artistique.

Tatsuki Fujimoto, connu pour Chainsaw Man, livre ici un one-shot de 140 pages d’une intensité bouleversante. Le récit célèbre la passion du dessin tout en confrontant le lecteur à la tragédie, inspirée de l’incendie criminel du studio Kyoto Animation.

La narration visuelle, d’une fluidité remarquable, dit beaucoup sans un mot. Les thèmes du regret, de la perte et du sens de l’art résonnent avec les questionnements existentiels de Bonne nuit Punpun. Ce manga a été adapté en film d’animation en 2024.


10. Mujina into the deep (Inio Asano, 2023)

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Dans un Japon dystopique, une loi prive les personnes âgées de plus de quatre-vingt-cinq ans de leurs droits fondamentaux. D’autres individus, par choix ou par contrainte, renoncent également à leur statut d’êtres humains. Ces exclus, appelés mujina, vivent en marge de la société, souvent comme assassins à gages.

Ubume, tueuse redoutable, croise le chemin de Terumi Morgan, développeur de jeux vidéo désabusé, et de Juno, une adolescente en fuite. Inio Asano s’essaie pour la première fois au manga d’action tout en conservant son regard acide sur la société contemporaine.

Les thèmes de la déshumanisation, des réseaux sociaux et du trafic d’êtres humains traversent cette série en cours. Le dessin, toujours aussi minutieux, met en valeur des séquences de combat chorégraphiées avec soin. Les fidèles d’Asano retrouveront sa patte caractéristique dans un registre renouvelé.

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