Blue Period est un seinen manga écrit et dessiné par Tsubasa Yamaguchi, prépublié depuis 2017 dans le magazine Monthly Afternoon de Kōdansha.
Le récit suit Yatora Yaguchi, lycéen modèle en apparence comblé, dont la vie bascule le jour où un tableau peint par une camarade de classe lui révèle la puissance de l’expression artistique. Déterminé à intégrer la très sélective Université des arts de Tokyo (Geidai), il se lance corps et âme dans la peinture.
Lauréat du Grand Prix du Manga Taishō 2020 et du Prix Kōdansha dans la catégorie « Général » la même année, Blue Period a aussi été adapté en série animée sur Netflix en 2021. Si vous vous demandez quoi lire après avoir tourné la dernière page, voici quelques mangas du même acabit.
1. Trait pour trait, dessine et tais-toi ! (Akiko Higashimura, 2012)

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Ce josei autobiographique en cinq tomes retrace le parcours d’Akiko Higashimura, future autrice de Princesse Jellyfish et du Tigre des neiges. Adolescente à l’ego surdimensionné, la jeune Akiko est persuadée que son talent inné lui ouvrira les portes du monde du manga.
Ses certitudes volent en éclats lorsqu’elle croise la route d’un professeur de peinture aux méthodes rudes, armé d’un sabre en bambou et d’une exigence sans concession. Sur plus de vingt ans, leur relation — faite de heurts, de gratitude et de non-dits — façonne la femme et l’artiste qu’elle deviendra.
Là où Blue Period montre la rigueur nécessaire pour intégrer une école d’art, Trait pour trait en prolonge la réflexion avec le recul d’une carrière entière, mêlé à une autodérision et une sincérité qui touchent juste.
2. Arte (Kei Ohkubo, 2013)

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Florence, début du XVIe siècle. Arte, jeune héritière des Spalletti, refuse le mariage arrangé auquel sa mère la destine et choisit de devenir peintre dans une société où seuls les hommes exercent cet art. Recueillie par Leo, artisan talentueux au caractère bourru, elle entame un apprentissage semé d’obstacles — misogynie ambiante, précarité, doutes sur sa légitimité.
Kei Ohkubo ancre son récit dans un cadre historique minutieux : préparation des pigments, marouflage, hiérarchie des ateliers de la Renaissance. Le manga traite de la même tension entre vocation et réalité sociale que Blue Period, mais la transpose dans un contexte où la condition de femme constitue un obstacle supplémentaire. Arte et Yatora partagent cette obstination silencieuse, cette volonté de prouver par le travail que la passion ne se résume pas à un caprice.
3. Look Back (Tatsuki Fujimoto, 2021)

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En 143 pages, le créateur de Chainsaw Man signe un one-shot d’une densité émotionnelle redoutable. Fujino, écolière arrogante, dessine des yonkoma pour le journal de son école jusqu’au jour où les strips d’une camarade recluse, Kyomoto, éclipsent les siens.
De leur rivalité naît une amitié puis un duo de création, avant qu’un drame — inspiré de l’incendie criminel du studio Kyoto Animation en 2019 — ne fracture le récit.
Fujimoto interroge le sens même de la création : pourquoi dessine-t-on quand l’art ne peut ni protéger ni sauver ? Look Back partage avec Blue Period la représentation sans fard du labeur artistique, de l’acharnement solitaire sur la planche à dessin, mais y injecte une gravité et un deuil qui élèvent le propos à la hauteur d’un requiem pour la vocation.
4. Bakuman (Tsugumi Ohba & Takeshi Obata, 2008)

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Des auteurs de Death Note, Bakuman suit Moritaka Mashiro, dessinateur talentueux, et Akito Takagi, brillant scénariste, tous deux collégiens résolus à percer dans le Weekly Shōnen Jump.
Le manga dévoile les coulisses de l’industrie éditoriale japonaise : storyboards soumis à la rédaction, systèmes de classement par vote des lecteur·ice·s, cadences de publication épuisantes et rivalités entre mangakas. Chaque chapitre révèle un nouvel aspect de ce milieu impitoyable, de la négociation avec l’éditeur à la gestion du surmenage.
Là où Blue Period dissèque la mécanique des concours d’entrée en école d’art, Bakuman fait de même avec le fonctionnement de la sérialisation manga. Les deux titres partagent cette structure compétitive où chaque étape franchie mène à un palier plus exigeant, et où la persévérance se heurte sans cesse aux limites du talent brut et de la résistance physique.
5. Eizôken ! Pas touche à nos animés ! (Sumito Owara, 2016)

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Trois lycéennes aux tempéraments opposés fondent un club de création vidéo pour réaliser leur propre anime. Midori Asakusa, conceptrice de décors débordante d’imagination ; Tsubame Mizusaki, mannequin malgré elle qui rêve de donner du mouvement aux personnages ; et Sayaka Kanamori, gestionnaire pragmatique, seul rempart contre les envolées budgétaires du duo.
Sumito Owara, lui-même diplômé des beaux-arts, décompose chaque étape de la fabrication d’un film d’animation — concept art, intervalles, bruitage — avec une énergie communicative. Le trait, volontairement brut et dense, traduit à merveille la frénésie créatrice du trio.
Comme Blue Period, Eizôken ! montre que la création est un travail collectif autant qu’individuel, soumis à des contraintes matérielles et des délais. L’enthousiasme contagieux des trois héroïnes rappelle la fièvre de Yatora lorsqu’il découvre que peindre donne enfin un sens à son quotidien.
6. Akane-banashi (Yuki Suenaga & Takamasa Moue, 2022)

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Akane Osaki, lycéenne de 17 ans, grandit bercée par le rakugo de son père, Shinta, conteur dont le rêve d’atteindre le rang suprême de shin’uchi est brisé par l’expulsion arbitraire du maître Issho Arakawa. Déterminée à réhabiliter l’honneur paternel, Akane entre en apprentissage et gravit un à un les échelons de cet art oratoire traditionnel, où tout repose sur la voix, le corps et la justesse du récit.
Publié dans le Weekly Shōnen Jump, le manga parvient à retranscrire sur papier l’évolution du jeu scénique d’Akane grâce au dessin expressif de Takamasa Moue.
Le parallèle avec Blue Period est net : même structure d’ascension par paliers, même importance du mentor, et surtout même conviction que la maîtrise d’un art exige bien plus que du talent — elle réclame du sacrifice et de la constance.
7. Blue Giant (Shinichi Ishizuka, 2013)

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Dai Miyamoto, lycéen de Sendai, fait le serment de devenir le plus grand saxophoniste de jazz au monde. Sans formation musicale, il s’entraîne seul au bord d’une rivière, par tous les temps, avec une ténacité qui confine à l’obsession.
Shinichi Ishizuka, déjà reconnu pour sa série Vertical consacrée à l’alpinisme, réussit le pari de faire ressentir la musique à travers un médium silencieux : ses planches, en noir et blanc, traduisent la puissance du souffle, la tension d’un solo, l’émotion d’un public conquis.
Blue Giant est le pendant musical de Blue Period : même trajectoire d’un jeune homme ordinaire qui se consume pour un art jugé peu rentable, même confrontation entre instinct brut et nécessité de la technique. Quatre séries prolongent le parcours de Dai à travers l’Europe et les États-Unis, dont Blue Giant Supreme et Blue Giant Momentum.
8. L’Atelier des Sorciers (Kamome Shirahama, 2016)

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Dans un monde où la magie ne s’invoque pas par des formules mais se dessine à la plume et à l’encre, Coco, fille d’artisane, découvre par accident ce secret jalousement gardé par les sorciers. Prise en apprentissage par le mystérieux Kieffrey, elle rejoint trois autres disciples et apprend à tracer des pentacles avec précision — car le moindre trait erroné peut se révéler dévastateur.
Kamome Shirahama, diplômée de l’Université des arts de Tokyo et illustratrice pour Marvel et DC Comics, construit un univers de fantasy dont les fondements reposent sur la rigueur graphique et l’apprentissage patient. La métaphore est limpide : la sorcellerie, ici, n’est autre que l’art du dessin.
Ce lien entre geste artistique et pouvoir créateur fait de L’Atelier des Sorciers un écho inattendu mais cohérent à Blue Period, transposé dans un écrin de fantasy aux accents de conte européen.