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Que lire après « Black Lagoon » de Rei Hiroe ?

Que lire après « Black Lagoon » de Rei Hiroe ?

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Black Lagoon est un seinen manga de Rei Hiroe, prépublié depuis 2002 dans le magazine Monthly Sunday Gene-X de Shōgakukan. On y suit Rokurō Okajima, un salaryman japonais pris en otage par l’équipage du torpilleur Black Lagoon, qui finit par rejoindre ce groupe de mercenaires dans la ville fictive de Roanapur, en Asie du Sud-Est. Mafia russe, triades chinoises, cartels colombiens et tueurs à gages s’y disputent le contrôle d’une cité portuaire où la loi n’a plus cours.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Jormungand (Keitarō Takahashi, 2006)

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Jonah est un enfant soldat qui voue une haine féroce aux armes à feu depuis la mort de ses parents sous un bombardement. Il intègre pourtant l’équipe de Koko Hekmatyar, une jeune trafiquante d’armes excentrique à la tête de la société H&C Logistic Incorporated. Accompagnée de huit mercenaires aguerris — anciens des forces spéciales, ex-agents de renseignement, vétérans de conflits oubliés —, Koko parcourt le globe pour conclure des contrats avec des gouvernements, des milices et des organisations clandestines.

Ce paradoxe — un enfant qui déteste les armes au service d’une marchande de mort — est le fil conducteur des onze tomes de la série. Chaque arc aborde un aspect concret du commerce international de l’armement : négociations avec des États faillis, rivalités entre agences de renseignement, logistique de livraisons sous embargo. Takahashi glisse entre les fusillades des moments d’humour acide, portés par les frictions au sein d’un groupe de mercenaires que seule la loyauté envers Koko maintient soudé.


2. Gangsta. (Kohske, 2011)

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Dans la ville fictive d’Ergastulum, contrôlée par quatre grandes familles mafieuses, deux hommes de main acceptent les missions que personne d’autre ne veut toucher. Worick Arcangelo, gigolo et tireur d’élite, et Nicolas Brown, sourd de naissance et épéiste redoutable, se connaissent depuis l’enfance — une enfance dont les circonstances exactes se dévoilent par fragments au fil de la série. Un élément de science-fiction s’ajoute à ce cadre noir : les « Crépusculaires », des individus surhumains dopés à une drogue qui réduit leur espérance de vie, sont parqués à Ergastulum et portent des plaques d’identification obligatoires, comme du bétail marqué.

C’est la première série de Kohske, et elle n’a rien d’un galop d’essai. La surdité de Nicolas conditionne concrètement le déroulement des scènes : il lit sur les lèvres pour comprendre ses interlocuteurs, communique en langue des signes avec Worick, et compense en combat par une perception aiguë des vibrations et des mouvements. Le statut de paria des Crépusculaires, les hiérarchies de violence entre familles, les alliances de circonstance entre bourreaux et protecteurs — tout cela s’imbrique dans un univers sombre, porté par un dessin anguleux et sans fioritures. La série, en pause prolongée en raison de problèmes de santé de l’autrice, compte huit tomes à ce jour.


3. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Un tueur à gages légendaire, connu du milieu criminel japonais sous le nom de code « Fable », reçoit de son patron un ordre inattendu : cesser de tuer pendant un an et vivre en citoyen ordinaire à Osaka. Sous le pseudonyme d’Akira Satō, il s’installe avec sa partenaire Yōko dans le quartier d’un clan yakuza local. Le problème, c’est que Fable est un génie de l’assassinat mais un inadapté social total — le genre d’homme à rester éveillé toute la nuit pour regarder de mauvaises émissions de télévision et à raconter des blagues qui ne font rire que lui.

Mais le milieu yakuza d’Osaka, lui, ne reste pas inactif. Des membres du clan cherchent à vérifier si la légende est réelle, d’anciens rivaux refont surface, et Fable doit neutraliser les menaces sans enfreindre l’ordre de son patron. La série a remporté le 41ᵉ Prix Kōdansha du manga (catégorie « Général ») en 2017. Les vingt-deux tomes du premier volet ont été prolongés par The Fable: The Second Contact et une adaptation en anime diffusée en 2024.


4. Gunsmith Cats (Ken’ichi Sonoda, 1991)

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Rally Vincent et Minnie-May Hopkins tiennent une armurerie à Chicago, mais leur véritable activité est la chasse aux primes. Rally, tireuse d’élite au CZ 75 et propriétaire d’une Shelby GT 500, et Minnie-May, spécialiste des explosifs malgré son physique d’adolescente, sillonnent les rues et les autoroutes de l’agglomération de Chicago à la poursuite de fugitifs, de trafiquants de cocaïne et de flics corrompus.

Ken’ichi Sonoda, déjà connu comme character designer de Bubblegum Crisis, a injecté dans cette série une connaissance encyclopédique des armes à feu, des véhicules américains et du cinéma d’action hollywoodien des années 1980. Chaque modèle d’arme, chaque muscle car est reproduit avec une exactitude maniaque — on est plus près du manuel technique illustré que du dessin de convention. Ce degré de précision ancre les courses-poursuites et les fusillades dans un Chicago tangible, loin des décors interchangeables du manga d’action standard. La série principale compte huit tomes (1991-1997), prolongés par cinq tomes de Gunsmith Cats Burst (2004-2008).


5. Hellsing (Kōta Hirano, 1997)

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En Angleterre, l’organisation secrète Hellsing, rattachée à la Couronne, a pour mission d’éradiquer les vampires et autres créatures surnaturelles. Son arme principale est Alucard — anagramme de Dracula —, un vampire surpuissant au service de Sir Integra Hellsing, héritière de la lignée d’Abraham Van Helsing. L’intrigue bascule avec l’apparition de Millennium, un bataillon nazi survivant qui a passé des décennies à constituer en secret une armée de vampires artificiels pour lancer un assaut total sur Londres.

Les dix tomes, publiés entre 1997 et 2008, obéissent à une logique d’escalade : chaque arc surenchérit sur le précédent en termes de violence et d’enjeux, jusqu’à un siège de Londres qui vire au carnage à grande échelle. Trois factions s’affrontent — Hellsing, la Section XIII Iscariote du Vatican et Millennium — et aucune ne s’embarrasse de retenue. L’horreur gore, l’imagerie militaire et l’iconographie religieuse cohabitent ici dans un excès assumé et constant. La série d’OAV Hellsing Ultimate (2006-2012) en propose une adaptation fidèle.


6. Sun-Ken Rock (Boichi, 2006)

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Ken Kitano, un jeune Japonais sans avenir, quitte son pays pour Séoul afin de suivre Yumin, la femme qu’il aime, devenue policière en Corée du Sud. Après une année de misère, il attire l’attention de Tae-Soo, le chef d’un gang de quartier, qui lui propose de prendre la tête de sa bande. Ken accepte à contrecœur et se retrouve à diriger une organisation criminelle en pleine ascension, tout en cachant cette double vie à Yumin — qui, en tant que policière, traque précisément ce type de réseau.

Boichi — artiste sud-coréen installé au Japon, connu ensuite pour le dessin de Dr. Stone — signe avec cette série de vingt-cinq tomes un manga d’action où le dessin vole souvent la vedette au scénario. Les corps sont rendus avec une précision anatomique obsessionnelle, les scènes de combat sont découpées comme des chorégraphies, et le passage d’une planche réaliste à une vignette comique en super-deformed se fait sans transition ni avertissement. Le cadre coréen permet aussi au manga d’aborder les tensions historiques entre le Japon et la Corée, la corruption politique et les zones grises entre appareil d’État et crime organisé.


7. Crying Freeman (Kazuo Koike & Ryōichi Ikegami, 1986)

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Yō Hinomura est un céramiste japonais enlevé et conditionné par hypnose pour devenir le tueur le plus efficace des 108 Dragons, une organisation de la mafia chinoise. Après chaque assassinat, il verse des larmes — d’où son nom de code, « Freeman ». Sa rencontre avec Emu Hino, une artiste peintre qui l’a vu tuer et qui devrait logiquement être sa prochaine cible, va tout faire basculer : de tueur obéissant, Freeman devient un homme pris entre sa loyauté forcée envers les 108 Dragons et une guerre de succession entre syndicats du crime à l’échelle internationale.

Kazuo Koike — le créateur de Lone Wolf and Cub — signe un scénario qui fait cohabiter romance tragique et intrigue mafieuse, avec des incursions du côté des yakuzas, de la mafia sicilienne et des triades. Le dessin de Ryōichi Ikegami, au réalisme quasi photographique, donne aux personnages une élégance froide, très influencée par le cinéma de Jean-Pierre Melville et par le polar hongkongais des années 1980. La série, adaptée en film par Christophe Gans en 1995, a été rééditée en France en Perfect Edition par Glénat fin 2023.


8. Sanctuary (Shō Fumimura & Ryōichi Ikegami, 1990)

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Akira Hōjō et Chiaki Asami ont grandi ensemble au Cambodge, enfants d’expatriés japonais piégés par la prise de pouvoir des Khmers rouges en 1975. Survivants des champs de la mort, ils rentrent au Japon avec une conviction forgée dans l’horreur : ce pays a besoin d’être secoué de fond en comble. Pour y parvenir, ils se répartissent les rôles — Hōjō gravit les échelons du milieu yakuza tandis qu’Asami entre en politique et vise la Diète nationale.

Shō Fumimura (alias Buronson, le scénariste de Hokuto no Ken) et Ryōichi Ikegami déroulent en douze tomes un thriller à deux faces, l’une criminelle, l’autre parlementaire. Le récit dresse un portrait acide du Japon de la fin du XXe siècle : politiciens vieillissants accrochés à leurs sièges, factions yakuzas engluées dans des traditions qui ne servent plus que leurs dirigeants, jeunesse résignée à l’inertie. L’ambition démesurée des deux protagonistes, et le prix qu’ils acceptent de payer — trahisons, morts, compromis moraux —, empêchent la série de jamais se replier sur une routine.


9. Banana Fish (Akimi Yoshida, 1985)

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New York, années 1980. Ash Lynx, jeune chef de gang au QI de 180, tente de percer le mystère d’une drogue appelée « Banana Fish » — les mêmes mots prononcés par son frère aîné Griffin avant de sombrer dans la folie durant la guerre du Viêt Nam. Sa quête l’oppose à Dino Golzine, parrain corse de la côte Est qui l’a recueilli enfant pour en faire son héritier et son jouet. L’arrivée d’Eiji Okumura, un jeune photographe japonais venu à New York pour un reportage, introduit dans la vie d’Ash quelque chose qu’il n’a jamais connu : une relation fondée sur la confiance et non sur la domination.

Prépublié dans le magazine Bessatsu Shōjo Comic entre 1985 et 1994, Banana Fish est un shōjo par sa revue de publication, mais un thriller pur par sa construction — rythme sec, montée en puissance continue, aucun répit pour ses personnages. Akimi Yoshida s’est nourrie du cinéma américain des années 1970-1980 et de la littérature de la Génération perdue ; le titre fait d’ailleurs référence à une nouvelle de J.D. Salinger. La série s’est écoulée à plus de douze millions d’exemplaires au Japon et a été adaptée en anime par le studio MAPPA en 2018.