Beck est un shōnen manga écrit et dessiné par Harold Sakuishi, prépublié dans le magazine Monthly Shōnen Magazine de Kōdansha entre 1999 et 2008, puis compilé en 34 tomes.
La série suit Yukio « Koyuki » Tanaka, un adolescent ordinaire de 14 ans dont l’existence bascule lorsqu’il rencontre Ryūsuke Minami, guitariste charismatique accompagné de son chien au physique improbable. Ils fondent ensemble le groupe BECK et entament une ascension semée d’embûches dans le milieu du rock underground japonais.
Si vous avez achevé cette fresque et que vous cherchez des titres du même acabit, voici quelques suggestions.
1. Blue Giant (Shinichi Ishizuka, 2013)

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Là où Beck célèbre le rock, Blue Giant rend hommage au jazz avec la même ferveur. Le manga suit Dai Miyamoto, lycéen de Sendai déterminé à devenir le plus grand saxophoniste ténor du monde. Comme Koyuki, Dai part de zéro : il s’entraîne seul sur les berges d’une rivière, bravant intempéries et moqueries. Shinichi Ishizuka parvient à transmettre l’intensité des performances musicales par son découpage dynamique et ses planches explosives.
On retrouve ici la même philosophie que dans Beck : le talent brut ne suffit pas, seul un travail acharné permet d’atteindre les sommets. La série se prolonge avec Blue Giant Supreme (en Europe) et Blue Giant Explorer (aux États-Unis), formant une saga au souffle épique.
Récompensé par le prix Shōgakukan en 2016 et adapté en film d’animation en 2023, ce titre séduira quiconque souhaite retrouver cette sensation de communion entre musiciens et public que Sakuishi avait si bien su retranscrire.
2. Kids on the Slope (Yūki Kodama, 2007)

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Situé dans le Japon des années 1960, Kids on the Slope raconte l’amitié improbable entre Kaoru, pianiste classique introverti, et Sentarō, batteur au tempérament fougueux. Dans la cave d’un disquaire de Kyūshū, ils découvrent ensemble le jazz et s’émancipent de leurs chaînes respectives.
Ce josei de Yūki Kodama partage avec Beck le thème de la rencontre transformatrice : deux personnalités opposées qui se trouvent grâce à la musique. Le contexte historique ajoute une dimension mélancolique, entre mouvements étudiants et tensions sociales de l’époque.
L’adaptation animée réalisée par Shinichirō Watanabe (Cowboy Bebop) avec la musique de Yōko Kanno a contribué à faire connaître ce titre à l’international. Récompensé par le prix Shōgakukan en 2012, ce manga en 9 tomes touche par sa sincérité émotionnelle et sa représentation authentique des sessions d’improvisation entre amis.
3. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Given suit quatre étudiants réunis au sein d’un groupe de rock amateur : Ritsuka, guitariste blasé, et Mafuyu, garçon mutique qui porte toujours une vieille Gibson. Derrière cette prémisse simple se cache un récit poignant sur le deuil et la reconstruction par la musique.
Comme Beck, ce boys’ love (accessible à tous) sait retranscrire l’intensité d’une prestation scénique, notamment lors d’une scène de concert devenue culte dans l’anime. Natsuki Kizu y aborde la difficulté de mettre des mots sur sa douleur, thème universel qui résonne avec les tourments intérieurs de Koyuki face à son propre talent.
La composition des chansons devient un exutoire, un moyen de transformer le chagrin en art. Prépublié dans le magazine Cheri+, le manga a été adapté en série animée (2019) et en film (2020), tous deux salués pour leur justesse émotionnelle.
4. Nana (Ai Yazawa, 2000)

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Deux jeunes femmes prénommées Nana se rencontrent par hasard dans un train pour Tokyo et décident de partager un appartement numéroté 707. L’une est une chanteuse punk du groupe Blast, fan des Sex Pistols et de Vivienne Westwood ; l’autre, surnommée Hachi, est une romantique invétérée à la recherche du grand amour.
Ce shōjo culte d’Ai Yazawa partage avec Beck une représentation réaliste de l’industrie musicale japonaise : contrats douteux, rivalités entre labels, pression médiatique. La mode punk et l’esthétique Shibuya imprègnent chaque planche, tandis que les deux groupes rivaux, Blast et Trapnest, incarnent des visions opposées du succès.
Le manga, malheureusement suspendu depuis 2009 en raison de problèmes de santé de l’autrice, compte 21 tomes et reste une référence incontournable pour quiconque s’intéresse au rock japonais mis en images.
5. Bocchi the Rock! (Aki Hamaji, 2017)

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Hitori Gotō, surnommée « Bocchi », souffre d’anxiété sociale sévère mais rêve de jouer dans un groupe. Elle s’est entraînée seule pendant des années, postant des vidéos anonymes sur Internet sous le pseudonyme « guitarhero ». Sa vie change lorsque Nijika Ijichi l’intègre au Kessoku Band.
Ce manga 4-cases (yonkoma) d’Aki Hamaji aborde avec humour et tendresse les difficultés relationnelles que peut engendrer une passion musicale. Contrairement au sérieux de Beck, le ton est plus léger, ponctué de gags visuels inventifs. Pourtant, le fond reste similaire : la musique comme vecteur de lien social et moyen de surmonter ses peurs.
L’adaptation animée par le studio CloverWorks (2022) a connu un succès retentissant, propulsant les ventes du manga au-delà des 3 millions d’exemplaires. La scène rock underground de Tokyo y est dépeinte avec authenticité.
6. Fūka (Kōji Seo, 2014)

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Yū Haruna, adolescent accro à Twitter, emménage à Tokyo et croise Fūka Akitsuki, une jeune fille passionnée de musique qui refuse de posséder un téléphone. Suite spirituelle de Suzuka (Fūka est la fille des protagonistes), ce shōnen de Kōji Seo met en scène la formation d’un groupe de rock amateur et les tribulations sentimentales de ses membres.
Comme Beck, le manga dépeint les galères des débuts : répétitions dans des locaux de fortune, concerts devant des salles vides, conflits créatifs. Le mangaka réussit à insuffler une énergie particulière aux passages musicaux, donnant presque l’illusion d’entendre les morceaux.
La dimension romantique occupe une place plus importante que chez Sakuishi, mais les enjeux liés à la réussite du groupe restent centraux. Publié en 20 tomes et adapté en anime en 2017, Fūka saura séduire les amateur·ice·s de romances teintées de rock.
7. Masked Noise (Ryōko Fukuyama, 2012)

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Nino Arisugawa chante pour retrouver Momo et Yuzu, deux amis d’enfance disparus qui lui avaient promis de la reconnaître grâce à sa voix. Des années plus tard, leurs chemins se croisent de nouveau au lycée, au sein d’un groupe de rock alternatif.
Ce shōjo de Ryōko Fukuyama (publié sous le titre Fukumenkei Noise au Japon) repose sur un triangle amoureux porté par la musique. Le trait expressif de l’autrice parvient à suggérer la puissance vocale de Nino, personnage excessif qui ne sait s’exprimer qu’en criant ou en chantant.
On retrouve ici l’idée chère à Beck que la musique permet de dire l’indicible, de transcender les mots. La série, achevée en 18 tomes, a été adaptée en anime (2017) et en film live. Son mélange d’émotions à fleur de peau et de scènes de concert électrisantes en fait une lecture recommandée.
8. Your Lie in April (Naoshi Arakawa, 2011)

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Kōsei Arima, ancien prodige du piano surnommé le « métronome humain », a perdu la capacité d’entendre les notes de son instrument après le décès de sa mère. Sa rencontre avec Kaori Miyazono, violoniste au jeu libre et imprévisible, va bouleverser son existence.
Ce shōnen de Naoshi Arakawa traite de musique classique plutôt que de rock, mais partage avec Beck une réflexion sur le rapport entre technique et émotion. Faut-il respecter la partition à la lettre ou s’en affranchir pour transmettre quelque chose de personnel ? Kōsei et Kaori incarnent ces deux visions, tout comme Koyuki devait trouver sa propre voix au sein de BECK.
Les scènes de concours, portées par un découpage dynamique, parviennent à faire ressentir la musique sans son. Lauréat du prix Kōdansha en 2013 et adapté en anime acclamé (2014-2015), ce manga en 11 tomes constitue une lecture incontournable.