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Que lire après « Banana Fish » d'Akimi Yoshida ?

Que lire après « Banana Fish » d’Akimi Yoshida ?

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Banana Fish est un manga écrit et dessiné par Akimi Yoshida, prépublié entre 1985 et 1994 dans le magazine Bessatsu Shōjo Comic de l’éditeur Shōgakukan. On y suit Ash Lynx, jeune chef de gang au QI hors norme, et Eiji Okumura, photographe japonais débarqué à New York, pris dans une conspiration autour d’une drogue mystérieuse sur fond de crime organisé et de violence institutionnelle.

Mais ce qui a rendu la série inoubliable pour beaucoup, c’est le lien entre Ash et Eiji — un attachement radical, né dans la peur et la cavale. Adaptée en anime par le studio MAPPA en 2018, elle s’est écoulée à plus de 11 millions d’exemplaires.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Yasha (Akimi Yoshida, 1996)

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Après Banana Fish, Akimi Yoshida a poursuivi dans le registre du thriller avec Yasha, prépublié de 1996 à 2002. L’histoire suit Sei Arisue, un garçon à l’intelligence surdéveloppée, arraché à sa vie tranquille sur une île d’Okinawa par l’organisation Neo Genesis. Devenu chercheur en biochimie, Sei découvre qu’il a un frère jumeau, Rin, élevé par les yakuzas et doté d’une personnalité opposée.

Le manga bifurque vers le bio-thriller — épidémies, eugénisme, armes bactériologiques — sans rien perdre de la mécanique implacable de Banana Fish : un héros acculé, des enjeux mondiaux, des liens affectifs qui craquent sous la pression. Comme Ash, Sei est un génie qui n’a pas choisi de l’être et que tout le monde veut instrumentaliser. Récompensé par le prix Shōgakukan en 2002, Yasha est la suite logique — la seule signée de la même main.


2. N°6 (Atsuko Asano & Hinoki Kino, 2011)

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Adapté d’une série de romans d’Atsuko Asano (2003-2011, Kōdansha), N°6, dessiné par Hinoki Kino, se situe dans une cité utopique où la population vit sous contrôle permanent. Shion, étudiant d’élite, voit sa vie basculer le jour où il recueille Nezumi, un fugitif recherché par les autorités. Ce geste lui coûte ses privilèges et le projette dans les marges violentes de la société.

La relation entre Shion et Nezumi — un garçon protégé face à un survivant endurci — reproduit une dynamique familière : l’un apporte la douceur, l’autre le tranchant, et leur rencontre les transforme tous les deux. Atsuko Asano a d’ailleurs cité Banana Fish comme source d’inspiration directe, notamment pour la façon dont le lien entre ses deux personnages refuse de se laisser enfermer dans une catégorie. Derrière le cadre de science-fiction, N°6 raconte deux garçons qui désertent chacun leur monde — le confort pour l’un, la survie pour l’autre — et ce que cette désertion leur coûte.


3. Gangsta. (Kohske, 2011)

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Depuis 2011 dans le Monthly Comic @Bunch (Shinchōsha), Gangsta. plante son décor à Ergastulum, une ville fictive où la mafia tient lieu de gouvernement et où la police fait partie du problème. On y suit Nicolas Brown, un mercenaire sourd, et Worick Arcangelo, gigolo et homme de main, deux « hommes à tout faire » soudés par un traumatisme d’enfance commun. Leur quotidien bascule quand ils croisent Alex, une prostituée à la dérive.

Le manga se singularise par les « Crépusculaires », des êtres surhumains fichés comme du bétail, victimes d’une ségrégation institutionnalisée. Comme dans Banana Fish, la violence n’est pas un décor : elle structure les interactions, et c’est dans ses interstices que naît la complicité entre Nicolas et Worick — deux hommes abîmés qui ne fonctionnent qu’ensemble. Mise en pause en 2015 pour raisons de santé de l’autrice, la publication a repris en 2017 à un rythme irrégulier.


4. Rainbow (George Abe & Masasumi Kakizaki, 2002)

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Prépublié entre 2002 et 2010 chez Shōgakukan, Rainbow plonge dans le Japon de l’après-guerre, en 1955. Sept adolescents se retrouvent enfermés dans la même cellule d’une maison de redressement. Face aux gardiens sadiques, aux privations et aux abus, ils se serrent les coudes — et cette solidarité, née de la nécessité, finit par devenir la seule chose que personne ne peut leur enlever.

George Abe, qui a puisé dans son propre vécu carcéral, livre un récit d’une brutalité frontale. La seconde moitié suit les sept compagnons après leur libération. Lauréat du prix Shōgakukan 2006 (catégorie « Général »), Rainbow repose sur le même pari que Banana Fish : montrer que des liens nés dans la violence et l’humiliation peuvent devenir la chose la plus solide au monde.


5. Green Blood (Masasumi Kakizaki, 2011)

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Publié de 2011 à 2013 dans le Weekly Young Magazine (Kōdansha) en cinq volumes, Green Blood transporte le lecteur dans le quartier de Five Points à Manhattan, à la fin du XIXᵉ siècle. Dans ce ghetto où les immigrants irlandais côtoient la misère et la corruption, le jeune Luke Burns tente de rester honnête comme docker. Ce qu’il ignore, c’est que son frère aîné Brad est le « Grim Reaper », tueur le plus redouté du gang des Grave Diggers.

L’opposition entre les deux frères — l’un idéaliste, l’autre enfoncé dans la violence — structure un récit tendu où la loyauté familiale se heurte à la loi de la rue. Masasumi Kakizaki, déjà dessinateur de Rainbow, ancre son manga dans un cadre qui évoque Gangs of New York de Scorsese. En cinq tomes, Green Blood condense ce que Banana Fish déployait sur dix-neuf : un frère qu’on ne peut ni sauver ni abandonner, et un monde qui ne laisse personne intact.


6. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Tout commence quand Ritsuka Uenoyama, guitariste en perte de motivation, croise Mafuyu Sato, un garçon taciturne qui serre contre lui une Gibson dont il ne sait pas jouer. Ritsuka découvre en Mafuyu un chanteur d’une intensité rare — et un lourd passé. Publié de 2013 à 2023 dans le magazine Cheri+ (Shinshokan, neuf volumes), Given raconte la formation du groupe de rock amateur qui naît de cette rencontre.

Given est d’abord un manga sur le deuil. Mafuyu porte la perte de Yuki, son petit ami décédé, et la musique devient le seul moyen de libérer ce qu’il ne parvient pas à dire avec des mots. Adapté en anime par le studio Lerche en 2019 — une première pour un BL sur le créneau noitaminA —, Given ne ressemble à Banana Fish ni par le cadre ni par le genre, mais par ce qui les rend l’un et l’autre si difficiles à oublier : un amour qui se construit sur une blessure, et qui n’en est que plus fragile.


7. The Summer Hikaru Died (Mokumoku Ren, 2021)

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Prépublié depuis 2021 dans le magazine en ligne Young Ace Up (Kadokawa Shoten), ce seinen suit Yoshiki et Hikaru, deux amis d’enfance dans un hameau rural japonais. Six mois après une disparition en montagne, Hikaru est revenu — mais Yoshiki sait que ce n’est plus lui. L’être qui occupe son corps possède ses souvenirs et ses traits, tout en étant fondamentalement autre chose. Malgré cette certitude, Yoshiki refuse de le laisser partir.

The Summer Hikaru Died tient à la fois de l’horreur folklorique et du drame intime. Mokumoku Ren travaille l’angoisse par petites touches — onomatopées inhabituelles, visages qui se déforment — et la noue à un dilemme que connaissent bien les lecteur·ices de Banana Fish : rester auprès de quelqu’un dont on sait qu’il est dangereux, parce que le perdre serait pire. Classé premier du Kono Manga ga Sugoi! 2023, le manga a été adapté en anime en 2025.


8. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Publié de 2014 à 2019 dans le Weekly Young Magazine (Kōdansha, 22 volumes), The Fable met en scène un tueur à gages légendaire du monde yakuza. Capable d’éliminer n’importe quelle cible en six secondes, il reçoit un ordre inédit : tout arrêter pendant un an et vivre comme un citoyen ordinaire à Osaka. Sous le nom d’Akira Satō, flanqué de sa « sœur » Yōko, il tente de s’intégrer dans un monde dont il ignore les codes.

Tout le talent de Katsuhisa Minami est dans le dosage : le manga oscille entre comédie décalée — Fable collectionne les blagues ratées et adore la télé poubelle — et séquences d’action redoutables. Lauréat du prix Kōdansha 2017 et nommé au festival d’Angoulême 2024, The Fable touche au même nerf que Banana Fish : un homme façonné pour tuer, qui découvre confusément qu’il voudrait peut-être vivre autrement.


9. Tokyo Babylon (CLAMP, 1990)

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Publié de 1990 à 1993 en sept volumes chez Shinshokan, Tokyo Babylon est l’un des premiers grands succès du collectif CLAMP. On y suit Subaru Sumeragi, 16 ans, treizième chef du clan Sumeragi et onmyôji (maître du Yin et du Yang), qui résout des affaires occultes dans la capitale. Il est accompagné de sa sœur jumelle Hokuto et de Seishirô Sakurazuka, vétérinaire affable dont les intentions véritables se révèlent peu à peu.

Derrière les enquêtes surnaturelles, Tokyo Babylon dresse le portrait d’un Tokyo malade de sa propre prospérité : solitude urbaine, pression sociale, indifférence collective. La relation entre Subaru et Seishirô — un jeune homme naïf face à un homme séduisant au double visage — rappelle la dynamique trouble entre Ash et Dino Golzine. Réédité en 2025 chez Pika Édition, le manga se prolonge dans X, où les deux personnages se retrouvent dans des camps opposés.


10. Moriarty (Ryōsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi, 2016)

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Prépublié depuis 2016 dans le Jump Square (Shūeisha), Moriarty the Patriot revisite l’univers de Sherlock Holmes par l’autre bout : le personnage principal est l’ennemi juré du détective, William James Moriarty. Orphelin adopté par une famille aristocratique, William constate la cruauté du système de classes victorien et décide d’y remédier par des moyens radicaux : faire tomber les nobles corrompus, un crime à la fois.

Le manga fait de Moriarty un anti-héros calculateur dont chaque opération est un coup d’échecs social. La confrontation avec Holmes n’oppose pas un méchant à un héros, mais deux esprits brillants qui se reconnaissent. On retrouve ici quelque chose de Banana Fish : l’ambiguïté morale d’un personnage qui fait le mal au nom d’un idéal, et la question, jamais tranchée, de savoir si la fin justifie les moyens. Adapté en anime par Production I.G en 2020-2021.


11. My Home Hero (Naoki Yamakawa & Masashi Asaki, 2017)

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Le postulat est simple : que ferait un père ordinaire pour protéger sa fille ? Tetsuo Tosu, commercial sans éclat mais féru de romans policiers, découvre que le petit ami de sa fille est un yakuza violent. Quand la situation dégénère, Tetsuo commet l’irréparable — et doit ensuite dissimuler son acte face à un clan mafieux lancé à ses trousses. Publié de 2017 à 2024 dans le Weekly Young Magazine (Kōdansha, 26 volumes), My Home Hero fait de ce scénario un engrenage de vingt-six tomes.

Ce qui fait tenir le manga, c’est le décalage entre la banalité de Tetsuo et la spirale criminelle qui l’aspire. Souvent comparé à Breaking Bad pour sa montée en tension, My Home Hero est un thriller familial où un homme sans qualités particulières se révèle redoutable quand il n’a plus rien à perdre. Ash Lynx aussi devenait le plus dangereux le dos au mur — mais là où Ash se battait pour survivre, Tetsuo se bat pour que sa fille n’ait jamais à savoir ce qu’il a fait.


12. The Killer Inside (Hajime Inoryu & Shota Ito, 2018)

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Eiji Urashima est un étudiant effacé dont le père défunt était LL, un tueur en série célèbre. Après des années à fuir les médias, Eiji semble avoir trouvé une vie stable — jusqu’au jour où il se réveille sans aucun souvenir des trois jours précédents, tandis qu’un cadavre mutilé apparaît dans le quartier. Prépublié à partir de 2018 dans le Weekly Young Magazine puis sur Comic Days (Kōdansha), The Killer Inside s’achève en 2020 en onze volumes.

Le manga joue sur le trouble dissociatif de l’identité d’Eiji, dont l’alter ego « B1 » prend le contrôle à son insu. Le scénariste, nourri de True Detective et de David Fincher, sème des indices visuels que le lecteur doit assembler. Comme Banana Fish, The Killer Inside s’intéresse à ce que produit un héritage paternel toxique : la certitude, chevillée au corps, qu’on porte en soi quelque chose de monstrueux — et la peur de découvrir que c’est vrai.


13. Kujô l’implacable (Shôhei Manabe, 2020)

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Taiza Kujô est un avocat divorcé et fauché qui vit sous une tente sur le toit d’un immeuble. Sa spécialité : défendre les clients que personne ne veut défendre — yakuzas, escrocs, récidivistes. Pour lui, la loi et la morale sont deux choses distinctes, et tout accusé mérite une défense rigoureuse. Son histoire est prépubliée depuis octobre 2020 dans le Big Comic Spirits (Shōgakukan).

Shôhei Manabe, déjà connu pour Ushijima, l’usurier de l’ombre (46 tomes), poursuit ici sa radiographie des bas-fonds japonais. Chaque affaire met en lumière les failles du système judiciaire et les compromissions. Le dessin, hyperréaliste et souvent photographique, renforce l’impression de documentaire. Nommé au festival d’Angoulême 2024, Kujô l’implacable s’adresse à celles et ceux qui, dans Banana Fish, ont aimé ce regard froid sur un monde où la loi protège rarement ceux qui en auraient le plus besoin.