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Que lire après « Banana Fish » d'Akimi Yoshida ?

Que lire après « Banana Fish » d’Akimi Yoshida ?

Banana Fish est un manga écrit et dessiné par Akimi Yoshida, prépublié entre 1985 et 1994 dans le magazine Bessatsu Shōjo Comic (Shōgakukan). Situé dans le New York des années 1980, le récit suit Ash Lynx, jeune chef de gang entraîné dans un engrenage mêlant drogue expérimentale, crime organisé et conspiration politique, aux côtés d’Eiji Okamura, photographe japonais.

Thriller nerveux aux accents de film noir américain, la série a marqué des générations de lecteur·ices par sa tension narrative, ses personnages tourmentés et son dénouement dévastateur. Une adaptation animée produite par le studio MAPPA a été diffusée en 2018. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques mangas du même acabit.


1. Green Blood (Masasumi Kakizaki, 2011)

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Manhattan, fin du XIX siècle. Dans le quartier de Five Points, ghetto où s’entassent les immigrants irlandais, deux frères au destin opposé tentent de survivre. Luke Burns, jeune docker idéaliste, ignore que son aîné Brad n’est autre que le Grim Reaper, tueur à gages au service du gang des Grave Diggers.

Masasumi Kakizaki — déjà salué pour Rainbow — signe ici un western sombre et brutal, nourri de références au film Gangs of New York de Martin Scorsese. Le trait, sec et chargé d’encre noire, restitue avec âpreté la violence de l’époque : racisme, corruption, misère sociale.

Le lien fraternel qui unit Brad et Luke, tendu entre protection et incompréhension, rappelle la dynamique entre Ash et Eiji dans Banana Fish — deux êtres que tout sépare, soudés par une loyauté indéfectible au milieu d’un monde qui broie les plus vulnérables. Cinq tomes suffisent à boucler ce récit sec et efficace.


2. Gangsta. (Kohske, 2011)

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Dans la ville fictive d’Ergastulum, où règnent mafieux, prostituées et policiers corrompus, deux hommes à tout faire — Nicolas Brown, mercenaire sourd, et Worick Arcangelo, gigolo au passé trouble — acceptent les sales besognes que personne d’autre ne veut assumer. Leur quotidien bascule lorsqu’ils recueillent Alex, une jeune femme en fuite.

Kohske construit un univers ancré dans la violence, irrigué par un système de castes qui marginalise les « Crépusculaires », des êtres surhumains traités en parias.

Ce mélange de thriller mafieux et de drame social n’est pas sans évoquer Banana Fish : mêmes protagonistes abîmés par la vie, même fraternité forgée dans la douleur, même atmosphère poisseuse où les alliances se nouent et se défont au rythme des trahisons. Le dessin nerveux de Kohske, proche de celui de Shirow Miwa (Dogs: Bullets & Carnage), sert un récit dense — à noter cependant que la série, interrompue pour raisons de santé de l’autrice, reste inachevée.


3. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Akira Satō, dit « Fable », est le tueur à gages le plus redouté de la pègre japonaise : six secondes lui suffisent pour éliminer sa cible. Un jour, son patron lui ordonne de se mettre au vert pendant un an, sans tuer ni se battre. Installé à Osaka sous une fausse identité, ce génie de l’assassinat doit apprendre à vivre en citoyen ordinaire — acheter des courses, socialiser, réprimer ses réflexes meurtriers.

Katsuhisa Minami tire de cette prémisse un mélange d’humour pince-sans-rire et de tension latente, où chaque gag peut déraper en fusillade. Le ton oscille entre le burlesque de La Voie du tablier et la sécheresse des films de Takeshi Kitano. Comme Ash Lynx, Fable est une arme humaine en quête de normalité, un tueur que ses compétences condamnent à ne jamais connaître la paix. Lauréat du Prix Kōdansha 2017, le manga compte 22 tomes.


4. Golden Guy (Jun Watanabe, 2020)

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Gai Sakurai dirige le clan Osaragi, petite faction rattachée à la puissante famille Kikaku de Yokohama. Le meurtre d’un de ses hommes déclenche un conflit avec le clan rival Akane, qui semble moins motivé par une querelle territoriale que par la recherche du légendaire trésor caché des Tokugawa, supposément dissimulé chez les Osaragi.

Entre règlements de comptes, trahisons internes et chasse au trésor, Jun Watanabe — auteur de Montage et Malédiction finale — tisse un thriller mafieux au rythme soutenu. Le récit rappelle Banana Fish par son sens de la mise en scène cinématographique et ses personnages pris dans un engrenage qui les dépasse.

Gai, voyou loyal au grand cœur, porte le récit avec un charisme brut, tempéré par des touches de légèreté qui empêchent le manga de sombrer dans la noirceur pure. Un seinen nerveux, porté par un dessin réaliste et des retournements constants.


5. My Home Hero (Naoki Yamakawa & Masashi Asaki, 2017)

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Tetsuo Tosu est un modeste père de famille passionné de romans policiers. Lorsqu’il découvre que le petit ami de sa fille Reika est un yakuza violent, il commet l’irréparable : il le tue. Commence alors un jeu du chat et de la souris entre cet homme ordinaire et l’organisation criminelle à laquelle appartenait la victime.

Le duo Yamakawa-Asaki bâtit un thriller domestique où la tension naît du décalage entre la banalité du protagoniste et la gravité de ses actes — une mécanique qui rappelle Breaking Bad. Comme dans Banana Fish, la volonté de protéger un être cher pousse un individu à franchir des lignes morales irréversibles.

Tetsuo, armé de sa seule culture littéraire et de son ingéniosité, doit composer avec sa femme Kasen, qui décide sans hésiter de l’aider. Le manga a été salué par l’écrivain Maxime Chattam pour sa mécanique implacable. Vingt-six tomes au compteur.


6. Moriarty (Ryosuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi, 2016)

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Fin du XIX siècle, Angleterre victorienne. William James Moriarty, orphelin adopté par une famille de la noblesse, met son intelligence exceptionnelle au service d’un projet radical : abolir le système de classes qui écrase le peuple. Pour y parvenir, il orchestre des crimes parfaits contre les aristocrates corrompus et tyranniques, s’imposant peu à peu comme le « Prince du crime » — avant de croiser la route de Sherlock Holmes.

Librement inspiré des romans d’Arthur Conan Doyle, ce manga renverse la perspective en faisant de l’antagoniste un antihéros méthodique et idéaliste. L’écho avec Banana Fish réside dans la figure du protagoniste surdoué, contraint de recourir à la violence pour ébranler un ordre social injuste. Le dessin élégant d’Hikaru Miyoshi restitue avec soin l’atmosphère londonienne, et la confrontation intellectuelle entre Moriarty et Holmes structure un récit mené sur vingt tomes.


7. Kujô l’implacable (Shôhei Manabe, 2020)

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Taiza Kujô est avocat. Divorcé, sans le sou, il vit dans une tente sur le toit d’un immeuble. Pourtant, il est l’un des meilleurs pénalistes du Japon — mais il ne met son talent ni au service de la morale ni au service de l’argent. Il défend des yakuzas, des chauffards ivres, des criminels endurcis, en s’appuyant sur les failles du système judiciaire nippon. Sa devise : « Un avocat agit sans principes et sans idéologie. »

Shôhei Manabe, déjà connu pour Ushijima, l’usurier de l’ombre, dépeint ici un Japon souterrain avec un réalisme cru et documenté. Chaque affaire traitée par Kujô pose la même question morale que Banana Fish formule à sa manière : où se situe la frontière entre la loi et la justice ? Le trait photographique de Manabe, à la fois brut et précis, accentue le malaise face à des situations où aucune réponse n’est satisfaisante. Un seinen abrasif, sans concession.


8. The Killer Inside (Hajime Inoryu & Shota Ito, 2017)

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Eiji Hachinoi est un étudiant discret et maladroit. Il dissimule cependant un lourd passé : son père défunt était le tueur en série LL, tristement connu pour les tortures infligées à ses victimes. Après des années à fuir la presse, Eiji semble avoir trouvé un semblant de stabilité — jusqu’à ce que des trous de mémoire révèlent l’existence d’une seconde personnalité, bien plus inquiétante.

Hajime Inoryu, nourri de True Detective et des films de David Fincher, bâtit un thriller psychologique où le lecteur·ice ne sait jamais sur quel pied danser : faut-il plaindre Eiji ou le redouter ? Comme Banana Fish, le manga interroge l’héritage de la violence et ses séquelles psychiques sur ceux qui en héritent malgré eux. Le dessin réaliste de Shota Ito excelle à transcrire les expressions ambiguës et les silences lourds de sens. Onze tomes, série terminée.

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