Another est un manga d’horreur en quatre tomes, adapté du roman éponyme de Yukito Ayatsuji et mis en images par Hiro Kiyohara.
Prépublié entre 2010 et 2012 dans le magazine Young Ace de Kadokawa Shoten, le récit suit Kōichi Sakakibara, un collégien transféré dans la classe 3-3 du collège Yomiyama Nord. Il y découvre l’existence d’une malédiction liée à la mort d’une élève survenue vingt-six ans plus tôt, et se rapproche de la mystérieuse Mei Misaki tandis que ses camarades succombent les un·e·s après les autres dans des circonstances macabres.
À la croisée de l’enquête, du surnaturel et d’une atmosphère oppressante, Another reste une référence du manga horrifique à huis clos. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Malédiction finale (Jun Watanabe, 2015)

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Sept étudiant·e·s fraîchement diplômé·e·s percutent en pleine nuit une créature au corps de bovin et au visage humain : un kudan, figure prophétique du folklore japonais. Pris·es de panique, ils achèvent la bête et reprennent la route.
Mais la créature resurgit dans leurs rêves pour leur annoncer qu’il ne leur reste que sept jours à vivre. Lorsque le premier décès survient, dans des circonstances aussi brutales qu’inexplicables, le groupe comprend que la sentence est bien réelle.
Comme dans Another, un compte à rebours mortel s’abat sur un cercle restreint de personnages, et l’enjeu consiste à démêler les règles de la malédiction avant qu’elle ne les emporte tous. Sur six tomes au rythme implacable, Jun Watanabe — déjà connu pour Montage — distille un suspense étouffant, nourri par le bestiaire mythologique nippon et par une mise en scène graphique qui ne laisse aucun répit.
2. Dark Gathering (Kenichi Kondo, 2019)

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Keitarō Gentōga attire les esprits depuis sa naissance. Après un incident traumatique qui a blessé son amie d’enfance Eiko, il s’est replié sur lui-même pendant des années.
Sa tentative de réinsertion sociale — un emploi de tuteur privé — tourne court lorsqu’il découvre que son élève, Yayoi, est une fillette au QI supérieur à 160, obsédée par l’occultisme et déterminée à retrouver le spectre qui a emporté sa mère. Ensemble, ils arpentent les lieux hantés les plus dangereux du Japon pour y capturer des entités redoutables.
Si Another séduisait par son mystère scolaire et ses morts en cascade, Dark Gathering repose sur un trio aux dynamiques décalées, où l’horreur viscérale côtoie un humour noir grinçant. Prépublié dans le Jump Square de Shueisha, le manga de Kenichi Kondo — ancien assistant de Katsura Hoshino sur D.Gray-man — tisse un récit dense, ancré dans les légendes urbaines japonaises.
3. The Summer Hikaru Died (Mokumokuren, 2021)

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Dans un village rural isolé, deux adolescents, Yoshiki et Hikaru, partagent une amitié étroite malgré des personnalités opposées. Un hiver, Hikaru disparaît dans la montagne. Il revient une semaine plus tard — mais Yoshiki perçoit aussitôt que quelque chose a changé. Celui qui se tient devant lui possède le visage, la voix et les souvenirs de son ami, sans toutefois être lui. Tiraillé entre la terreur et l’attachement, Yoshiki choisit de garder le secret.
Là où Another dissimulait un mort parmi les vivants, The Summer Hikaru Died interroge l’identité même de l’être aimé. Classé premier du palmarès Kono Manga ga Sugoi! 2023, ce seinen signé Mokumokuren déploie une horreur lovecraftienne à combustion lente, portée par un dessin atmosphérique où les déformations corporelles surgissent au cœur de scènes d’une tendresse désarmante.
4. Gannibal (Masaaki Ninomiya, 2018)

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Daigo Agawa, policier au passé trouble, est muté avec sa femme et sa fille à Kuge, un village de montagne coupé du monde. L’accueil est chaleureux, mais la mort d’une vieille habitante — dont le cadavre porte des marques de morsure humaine — éveille ses soupçons. Une rumeur persistante circule : les membres du clan Gotō, famille dominante du village, seraient anthropophages.
Comme dans Another, l’horreur naît d’une communauté en apparence ordinaire dont les secrets se fissurent lentement sous le regard d’un protagoniste étranger au groupe. Sur treize tomes parus chez Nihon Bungeisha, Masaaki Ninomiya construit un thriller suffocant où le cannibalisme est traité sous un angle ethnographique et psychologique, loin du simple effet gore. Le dessin nerveux et les cadrages serrés renforcent un climat de paranoïa permanente.
5. PTSD Radio (Masaaki Nakayama, 2010)

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Structuré comme un signal radio parasité, PTSD Radio enchaîne de courtes vignettes horrifiques qui semblent d’abord sans lien entre elles. Chaque chapitre porte une fréquence et s’interrompt abruptement, avant de ressurgir des volumes plus tard pour compléter le récit.
Au fil des épisodes, une mythologie cohérente se dessine autour d’Ogushi, une divinité capillaire oubliée dont le culte, perturbé durant la Seconde Guerre mondiale, contamine le quotidien contemporain. Là où Another concentrait sa malédiction sur une classe, PTSD Radio la diffuse dans l’ordinaire : lampadaires, miroirs, baignoires deviennent vecteurs d’épouvante.
Nommé aux Eisner Awards, ce manga de Masaaki Nakayama — également auteur de Fuan no Tane — se distingue par un trait d’un réalisme méticuleux, dont les visages à peine altérés provoquent un malaise durable, comparable aux meilleures pages de Junji Ito.
6. Mieruko-chan (Tomoki Izumi, 2018)

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Miko Yotsuya menait une vie de lycéenne tout à fait banale jusqu’au jour où elle a commencé à percevoir des entités grotesques, invisibles pour le commun des mortels. Sa stratégie de survie : feindre de ne rien voir, quoi qu’il arrive. Car la moindre réaction pourrait attirer l’attention de créatures bien plus dangereuses que celles qui rôdent déjà autour d’elle et de sa meilleure amie Hana.
Si Another instaurait la peur par un danger collectif et identifiable, Mieruko-chan fonde son angoisse sur l’impuissance solitaire — celle d’une jeune fille qui doit composer avec l’horreur sans jamais la reconnaître. Publié sur le site Comic Walker de Kadokawa, le manga de Tomoki Izumi joue sur un contraste saisissant entre un trait doux et rond pour les personnages humains et un rendu monstrueux d’une noirceur écrasante pour les spectres.
7. Happiness (Shūzō Oshimi, 2015)

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Makoto Okazaki, lycéen effacé et brimé par ses camarades, voit son existence basculer la nuit où une jeune femme spectrale le mord au cou dans une ruelle. Il devient alors un vampire — non pas la figure séduisante de la fiction populaire, mais un être condamné à la soif, à l’isolement et à la lumière devenue insoutenable.
Comme Another faisait du cadre scolaire un terreau d’angoisse, Happiness transforme l’adolescence en une métaphore de l’altérité radicale. Shūzō Oshimi, déjà salué pour Les Fleurs du mal et Dans l’intimité de Marie, délaisse ici le réalisme psychologique pur au profit d’un récit surnaturel où les nuits prennent des allures post-impressionnistes — ciels tourbillonnants, contrastes exacerbés.
Sur dix tomes parus au Bessatsu Shōnen Magazine de Kodansha, le mangaka livre une relecture mélancolique et brutale du mythe vampirique.
8. L’Enfant et le Maudit (Nagabe, 2015)

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Deux royaumes coexistent dans un monde de conte ancien : l’Intérieur, refuge des humains, et l’Extérieur, territoire de créatures maudites dont le simple contact transmet la malédiction. C’est pourtant dans cet espace hostile que vit Sheeva, une petite fille recueillie par un être cornu et bienveillant qu’elle appelle « le Professeur ». Il veille sur elle sans jamais la toucher et lui cache la vérité sur son abandon.
Là où Another articulait sa malédiction autour de la mort, celle de L’Enfant et le Maudit repose sur le contact interdit — un ressort narratif d’une tension constante. Publié dans le Monthly Comic Garden de Mag Garden et achevé en onze tomes, ce manga de Nagabe se distingue par un style graphique inspiré des gravures occidentales et des Moumines de Tove Jansson, au service d’une fable sombre et mélancolique sur l’altérité et le rejet.