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Que lire après « Adabana » de NON ?

Que lire après « Adabana » de NON ?

Adabana est un seinen manga écrit et dessiné par la mangaka japonaise NON, prépublié dans le Grand Jump de Shūeisha entre mars 2020 et juin 2021, puis édité en France par Kana en trois tomes à partir d’avril 2022.

Le récit met en scène Mizuki Aikawa, une lycéenne qui se rend à la police pour avouer le meurtre de sa meilleure amie, Mako Igarashi, dans une petite ville japonaise. Ses avocats, convaincus qu’elle dissimule la vérité, s’efforcent de démêler les zones d’ombre d’une affaire où se croisent violence, emprise et défaillance du système judiciaire.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Confession (Nobuyuki Fukumoto & Kaiji Kawaguchi, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Deux anciens camarades d’alpinisme, Asai et Ishikura, se retrouvent bloqués à 3 200 mètres d’altitude sur le mont Owari. Grièvement blessé et persuadé qu’il va mourir, Ishikura avoue à son compagnon un meurtre commis des années plus tôt. Mais lorsqu’Asai découvre un refuge à proximité, la survie redevient possible — et la confession prend une tout autre dimension.

En un seul volume, Fukumoto (connu pour Kaiji) et Kawaguchi (auteur de The Silent Service) bâtissent un huis clos d’une tension psychologique redoutable. Chaque regard, chaque geste devient suspect dans cet espace confiné où la paranoïa se substitue à la confiance. Comme dans Adabana, un aveu déclenche une mécanique implacable : une fois la vérité énoncée, plus rien ne peut revenir en arrière.


2. Gannibal (Masaaki Ninomiya, 2018)

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Daigo Agawa, policier fraîchement muté dans le village reculé de Kuge, découvre le cadavre d’une vieille femme portant des traces de morsure humaine. Les habitants évoquent une attaque d’ours, mais rien ne colle. Une rumeur persistante plane sur le clan Goto, famille la plus influente du village : ses membres seraient anthropophages.

En treize tomes, Ninomiya déploie un thriller rural où l’isolement géographique et la loi du silence étouffent toute tentative de vérité. Le trait nerveux et l’atmosphère poisseuse rappellent The Shining, référence revendiquée par l’auteur. On retrouve ici ce qui fait la force d’Adabana : un cadre provincial en apparence paisible, des secrets enfouis sous des décennies de non-dits, et un protagoniste qui met sa famille en péril parce qu’il refuse de détourner le regard.


3. Boy’s Abyss (Ryô Minenami, 2020)

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Reiji Kurose végète dans une bourgade rurale sans horizon. Sa mère est absente, son frère violent, et il s’occupe seul de sa grand-mère sénile. Un soir, il croise Nagi Aoe, idole en vogue, qui travaille dans la supérette locale. Elle l’emmène au « pont des amoureux », lieu tristement célèbre pour ses doubles suicides, et lui propose de mourir avec elle.

Ce seinen psychologique dépeint avec une acuité glaçante l’emprise des relations toxiques et le poids de l’inertie sociale. Chaque personnage — la professeure ambiguë, l’amie d’enfance possessive, la mère manipulatrice — enferme Reiji un peu plus dans une spirale de dépendance. Ce piège affectif et géographique fait directement écho à Adabana, où les jeunes protagonistes se débattent elles aussi contre un environnement qui les broie, dans une ville dont personne ne semble vouloir les arracher.


4. Les Liens du sang (Shûzô Oshimi, 2017)

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Seiichi mène la vie ordinaire d’un collégien de province : l’école, les amis, un début de trouble amoureux. Pourtant, sa mère Seiko le couve avec une intensité anormale. Derrière ses sourires et ses gestes tendres se dissimule une emprise psychologique totale, que le garçon — trop jeune pour la percevoir — ne parvient pas à identifier.

Oshimi, déjà salué pour Les Fleurs du mal, compose ici un récit d’une lenteur délibérée et suffocante sur dix-sept tomes. La mise en scène épurée, les silences prolongés et les gros plans sur les visages génèrent un malaise qui s’intensifie page après page. Aucune scène spectaculaire n’est nécessaire : l’horreur naît du quotidien lui-même.

Ce traitement de la violence intrafamiliale, insidieuse et invisible aux yeux du monde extérieur, résonne fortement avec Adabana, où NON dissèque elle aussi la manière dont les adultes défaillants condamnent les plus jeunes au silence.


5. En proie au silence (Akane Torikai, 2013)

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Misuzu Hara est professeure de lycée. Sous son apparente froideur, elle porte la blessure d’un viol commis quatre ans plus tôt par Hayafuji, qui s’apprête à épouser sa meilleure amie. Incapable de mettre des mots sur ce qu’elle a subi, Misuzu survit dans un quotidien où chaque interaction avec les hommes ravive le traumatisme. L’irruption d’un élève, Nizuma, va fissurer l’armure qu’elle s’est construite.

En huit tomes, Torikai ausculte sans concession le sexisme structurel et ses effets sur les victimes de violences sexuelles. Le récit ne verse jamais dans le sensationnalisme : il restitue la chape de plomb du silence imposé. Cette dissection froide des mécanismes de domination fait d’En proie au silence un prolongement naturel d’Adabana, dont le cœur battait lui aussi autour de la violence faite aux femmes et de l’incapacité du système à les protéger.


6. The Killer Inside (Hajime Inoryu & Shota Ito, 2018)

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Eiji est un étudiant discret et maladroit. Personne ne soupçonne que son père défunt n’était autre que LL, un tueur en série connu pour ses tortures. Après des années de fuite médiatique, Eiji tente de mener une existence normale — jusqu’au matin où il se réveille sans aucun souvenir de la nuit précédente et découvre qu’une jeune femme a été assassinée.

Ce seinen en onze tomes joue sur la dualité identitaire de son protagoniste, possiblement habité par un alter ego meurtrier. Le scénariste Inoryu, nourri de True Detective et des films de David Fincher, sème des indices discrets tout au long du récit. On retrouve la mécanique narrative d’Adabana : un personnage central dont la culpabilité reste ambiguë, un passé familial gangrené par la violence, et un scénario qui ne cesse de redistribuer les cartes.


7. My Home Hero (Naoki Yamakawa & Masashi Asaki, 2017)

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Tetsuo Tosu a quarante-sept ans. Il est commercial et passionné de romans policiers. Le jour où il découvre des traces de coups sur le visage de sa fille Reika, il identifie le coupable : son petit ami, un yakuza au passé violent. Pour la protéger, Tetsuo commet l’irréparable — et doit désormais dissimuler un meurtre tout en tenant tête au clan mafieux qui cherche son membre disparu.

En vingt-six tomes, Yamakawa et Asaki orchestrent un jeu du chat et de la souris entre un père ordinaire et la pègre japonaise. L’intelligence du récit tient à la tension permanente des dialogues, où un mot de trop peut tout faire basculer. Comme dans Adabana, un acte de violence commis au nom de l’amour familial engendre une spirale de conséquences, et la question centrale reste la même : jusqu’où est-on prêt·e à aller pour protéger les siens ?


8. Le Bateau de Thésée (Toshiya Higashimoto, 2017)

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En 1989, vingt et une personnes sont empoisonnées au cyanure dans l’école primaire du village d’Oto Usu, à Hokkaido. Le policier Bungo Sano est condamné à mort. Vingt-huit ans plus tard, son fils Shin, qui n’a jamais connu son père, se rend sur les lieux du drame. Un brouillard épais l’enveloppe — et il se retrouve propulsé en 1989, six mois avant le massacre.

Ce thriller en dix tomes mêle enquête criminelle et paradoxe temporel avec une maîtrise narrative remarquable. Higashimoto excelle dans la caractérisation de ses personnages : chaque expression traduit une émotion juste. Le poids du stigmate familial — être le fils d’un criminel — constitue le fil conducteur du récit, tout comme dans Adabana, où la filiation et les traumatismes hérités conditionnent le destin des protagonistes. Les deux séries partagent cette même conviction : la vérité, aussi douloureuse soit-elle, mérite d’être rétablie.

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