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Que lire après « Adabana » de NON ?

Que lire après « Adabana » de NON ?

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Adabana est un seinen manga écrit et dessiné par NON, prépublié dans le Grand Jump de Shūeisha entre 2020 et 2021, puis édité en France par Kana en trois volumes à partir d’avril 2022. Le récit s’ouvre sur le meurtre d’une lycéenne, Mako Igarashi, dont le corps démembré est retrouvé près d’un lac. Son amie Mizuki Aikawa se présente à la police pour revendiquer le crime — mais ses avocats commis d’office perçoivent rapidement des incohérences dans ses aveux. La série ne cherche pas tant à résoudre une énigme policière qu’à comprendre ce qui a pu pousser une adolescente à endosser un tel acte.

Si vous avez refermé le troisième tome avec l’envie d’une lecture similaire, voici quelques pistes.


1. My Broken Mariko (Waka Hirako, 2019)

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Tomoyo Shiino apprend par le journal télévisé que sa meilleure amie, Mariko, s’est suicidée. Mariko avait subi pendant des années les violences de son père, et Tomoyo n’a jamais réussi à l’arracher à cet enfer. Incapable de laisser les cendres de la défunte entre les mains de son bourreau, elle les dérobe et entame un dernier voyage avec celle qu’elle n’a pas su sauver.

En un seul volume, Waka Hirako concentre la rage, le sentiment d’avoir failli, l’impossibilité de faire la paix avec une mort que rien n’excuse. Le ton est abrupt, parfois drôle au milieu du pire — Tomoyo hurle, se bat, vole une urne funéraire — et c’est cette énergie rageuse qui empêche le récit de glisser vers le mélodrame. Premier manga publié de l’autrice, My Broken Mariko a remporté le Prix TV Bros 2020 et s’est classé dans le top 5 du Kono Manga ga Sugoi! 2021.


2. The Killer Inside (Hajime Inoryū et Shōta Itō, 2018)

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Eiji Urashima est un étudiant effacé qui traîne un passé empoisonné : son père défunt n’était autre que LL, un tueur en série notoire, coupable de tortures et de meurtres de jeunes femmes. Un matin, Eiji se réveille sans aucun souvenir des jours précédents, avec une petite amie qu’il ne connaît pas, une liasse de billets et une batte de baseball ensanglantée cachée dans son placard.

Onze volumes, prépubliés dans le Weekly Young Magazine puis achevés sur Comic Days. Deux questions structurent le récit : l’hérédité du mal (peut-on naître prédisposé à tuer ?) et le dédoublement de personnalité d’Eiji, qui découvre ses propres actes en même temps que le lecteur·ice. Le scénariste Hajime Inoryū cite True Detective et David Fincher parmi ses influences — et de fait, les fausses pistes sont nombreuses, les retournements enfouis dès les premiers chapitres dans des détails qu’on ne remarque qu’à la relecture.


3. Lost Lad London (Shima Shinya, 2019)

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Al, étudiant londonien d’origine asiatique adopté par une famille britannique, mène une existence discrète. Tout se complique le soir où le maire de Londres est retrouvé poignardé dans la rame de métro qu’il vient d’emprunter. Quand Al découvre un couteau ensanglanté dans la poche de son manteau, l’inspecteur Ellis — un policier marqué par une erreur judiciaire passée — frappe à sa porte. Les deux hommes, qui auraient dû se retrouver de part et d’autre d’un interrogatoire, décident de collaborer en secret.

Série en trois tomes publiée chez Ki-oon, Lost Lad London tient à la fois du polar britannique et du manga indépendant. Shima Shinya, formée au dessin et à l’animation en Angleterre, a développé un trait dépouillé, presque graphique, qui tranche avec les codes habituels du seinen — et un découpage hérité du cinéma plutôt que de la bande dessinée japonaise classique. Les enjeux raciaux et identitaires sont présents, traités avec justesse, mais ne prennent jamais le pas sur l’enquête. Le manga a été sélectionné pour le Fauve Polar 2023 au Festival d’Angoulême.


4. Utsubora (Asumiko Nakamura, 2008)

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Une jeune femme, Aki Fujino, se jette du haut d’un immeuble. L’écrivain Shun Mizorogi, contacté par la police pour identifier le corps, a de bonnes raisons de s’inquiéter : son dernier roman à succès pourrait être un plagiat du manuscrit de la défunte. L’apparition de Sakura, qui prétend être la sœur jumelle d’Aki, rend la situation plus opaque encore — car dans Utsubora, rien ne permet de séparer le vrai du faux, ni les vivants de leurs doubles.

Sérialisé dans Manga Erotics F et rassemblé en deux volumes (édité en France par Pika), Utsubora est un polar psychologique et sensuel où mensonges, désir et plagiat se confondent. Asumiko Nakamura, surtout connue pour Dōkyūsei, choisit une narration non linéaire qui désoriente volontairement : les chronologies se chevauchent, les identités se dédoublent, et aucun personnage ne dit la vérité. Nommé à l’Eisner Award en 2014, le manga exige du lecteur·ice qu’il reconstitue lui-même la trame — quitte à admettre que certains fils resteront lâches.


5. Noise (Tetsuya Tsutsui, 2018)

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Dans le village isolé de Shishikari, en pleine campagne japonaise, l’agriculteur Keita Izumi a créé une variété de figue noire qui a relancé l’économie locale et redonné espoir à une bourgade condamnée par l’exode rural. Mais l’arrivée d’un inconnu à la mine patibulaire — un criminel fraîchement sorti de prison — met en péril tout ce qui a été construit. Face au danger, Keita, son ami Jun et un policier local prennent une décision aux conséquences irréversibles.

En trois volumes publiés chez Ki-oon, Tetsuya Tsutsui (auteur de Prophecy, Manhole et Poison City) quitte pour la première fois le cadre urbain de ses récits précédents. L’isolement géographique du village, loin de protéger ses habitants, les enferme : la solidarité entre voisins se retourne en piège quand il faut couvrir l’inavouable. Où s’arrête la légitime défense ? Où commence le crime ? Le récit refuse de trancher, et c’est au lecteur·ice de se positionner.


6. Jusqu’à ce que nos os pourrissent (Yae Utsumi, 2016)

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L’été de leurs onze ans, cinq amis d’enfance commettent un meurtre et enterrent le corps au fond d’une grotte. Chaque année, ils se retrouvent pour déterrer les restes et renouveler leur serment de silence. Mais à seize ans, tout déraille : le squelette a disparu, et un maître-chanteur anonyme exige d’eux des actes toujours plus sordides.

Première série de Yae Utsumi, publiée en sept volumes chez Pika, ce thriller adolescent fonctionne comme un test de résistance morale : à chaque ordre du maître-chanteur, le groupe se fissure un peu plus, et chacun révèle ce qu’il est prêt à faire — ou à sacrifier — pour se protéger. L’ambiance est poisseuse, la violence crue, mais le récit ne se réduit pas à ses scènes gore. Le vrai sujet, c’est la dislocation d’un groupe d’amis qui pensait son secret éternel, et la vitesse avec laquelle la confiance s’effondre quand la peur prend le dessus.


7. Route End (Kaiji Nakagawa, 2017)

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Taji Haruno travaille pour une entreprise de nettoyage spécialisée dans les scènes de décès : suicides, meurtres, corps en décomposition. Un métier qu’il a choisi après avoir découvert, enfant, le cadavre de sa mère pendue dans leur maison. Puis un tueur en série surnommé « End » commence à sévir, disposant les morceaux de ses victimes de façon à former ce mot — et c’est l’équipe de Taji qui nettoie les scènes de crime.

Huit volumes chez Ki-oon. Le métier de Taji impose au récit un rapport frontal à la mort et au deuil, et donne au héros une familiarité morbide avec les cadavres qui le rend à la fois utile à l’enquête et suspect aux yeux de tous. L’inspectrice Igarashi, chargée de l’affaire, est elle aussi hantée par une enquête ancienne qui a mal tourné. Les révélations s’emboîtent avec rigueur, et le dénouement — une dernière bascule que rien ne laissait prévoir — oblige à reconsidérer l’ensemble du récit.


8. My Home Hero (Naoki Yamakawa et Masashi Asaki, 2017)

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Tetsuo Tosu est un père de famille ordinaire, commercial de métier et passionné de romans policiers. Un jour, il remarque des traces de coups sur le visage de sa fille Reika. Il remonte jusqu’au petit ami de celle-ci : un yakuza violent, déjà responsable de la mort d’une ancienne compagne. Pour protéger Reika, Tetsuo commet l’impensable — et doit ensuite dissimuler son acte face au clan mafieux lancé à ses trousses.

Sérialisé dans le Weekly Young Magazine de 2017 à 2024 et publié en vingt-six volumes (édités par Kurokawa en France), My Home Hero repose sur une idée simple et terrifiante : un homme sans compétence particulière, armé de ses seules lectures policières, se retrouve à affronter une organisation criminelle. Adapté en anime en 2023 et en film live, le manga tire toute sa tension du gouffre entre la banalité de Tetsuo et la spirale dans laquelle chaque décision l’enfonce un peu plus, sans possibilité de retour.


9. Boy’s Abyss (Ryō Minenami, 2020)

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Reiji Kurose est un lycéen piégé dans une petite ville rurale rongée par l’ennui et le déclin. Sa mère, épuisée, l’enchaîne à un quotidien de corvées domestiques auprès d’une grand-mère sénile, tandis que son frère aîné fait régner la violence au foyer. Le seul fait notable de cette bourgade est « l’abysse des amoureux », un lieu rendu célèbre par le double suicide fictif d’un roman local. Quand Reiji croise par hasard Nagi Aoe, une idole de Tokyo reconvertie en caissière de supérette, celle-ci lui propose un pacte radical.

Publié chez Kana (collection Big Kana), Boy’s Abyss est un drame où chaque personnage — la mère possessive, l’amie d’enfance amoureuse, le professeur ambigu, l’écrivain fantôme — entretient avec Reiji une relation de dépendance toxique. Personne ne veut le sauver : chacun veut le posséder, ou disparaître avec lui. Ryō Minenami aborde de front l’idéation suicidaire, l’emprise et la manipulation affective, avec une crudité qui peut dérouter mais qui interdit au lecteur·ice de détourner le regard.


10. Les Liens du sang (Shūzō Oshimi, 2017)

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Vue de l’extérieur, la famille du jeune Seiichi est d’une banalité absolue : un père salarié souvent absent, une mère au foyer souriante, un pavillon de province. L’adolescent va à l’école, joue avec ses camarades, rougit devant la fille qui lui plaît. Tout semble normal — jusqu’à ce qu’un incident lors d’une sortie familiale révèle la nature véritable de l’amour que Seiko, sa mère, lui porte.

Dix-sept volumes chez Ki-oon, sérialisés dans Big Comic Superior de 2017 à 2023. Shūzō Oshimi, déjà auteur de Les Fleurs du mal, consacre ici des pages entières à un sourire, un regard, un geste maternel à peine trop appuyé. L’horreur ne vient pas d’un événement spectaculaire : elle naît de la répétition, de l’accumulation de signaux que Seiichi — et le lecteur·ice avec lui — met trop longtemps à décoder. Quand la vérité éclate, il est déjà trop tard, et c’est précisément ce retard qui rend le récit aussi difficile à lâcher qu’à supporter.


11. Confession (Nobuyuki Fukumoto & Kaiji Kawaguchi, 1998)

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Deux anciens camarades d’alpinisme, Asai et Ishikura, se retrouvent bloqués à 3 200 mètres d’altitude sur le mont Owari. Grièvement blessé et persuadé qu’il va mourir, Ishikura avoue à son compagnon un meurtre commis des années plus tôt. Mais lorsqu’Asai découvre un refuge à proximité, la survie redevient possible — et la confession prend une tout autre dimension.

En un seul volume, Fukumoto (connu pour Kaiji) et Kawaguchi (auteur de The Silent Service) bâtissent un huis clos d’une tension psychologique redoutable. Comme dans Adabana, un aveu déclenche une mécanique implacable : une fois la vérité énoncée, plus rien ne peut revenir en arrière. Ici dans un espace confiné où la paranoïa se substitue à la confiance.