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Que lire sur les Templiers ?

Que lire sur les Templiers ?

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Aux alentours de 1119, dans une Jérusalem à peine arrachée aux musulmans par la première croisade, une poignée de chevaliers français menés par Hugues de Payns fonde un ordre d’un genre inédit. Ces hommes prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance — comme des moines — mais se consacrent à la protection armée des pèlerins chrétiens en Terre sainte. Ils s’installent sur l’esplanade du mont du Temple, à Jérusalem, d’où leur nom : les « Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon », bientôt abrégé en « Templiers ». Ce qui n’est au départ qu’une confrérie modeste va croître à une vitesse spectaculaire.

En 1129, le concile de Troyes reconnaît officiellement l’ordre et lui attribue une règle, avec le soutien décisif de Bernard de Clairvaux — abbé cistercien et l’une des voix les plus influentes de la chrétienté —, qui rédige pour eux l’Éloge de la nouvelle chevalerie. L’idée d’un ordre religieux-militaire est révolutionnaire pour l’époque. La société médiévale se pense en trois ordres séparés : ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent. Verser le sang constituait une source majeure d’impureté aux yeux de l’Église ; un moine ne pouvait pas être soldat, un soldat ne pouvait pas être moine. Le Temple abolit cette séparation : le combat devient une forme de prière.

Durant près de deux siècles, les Templiers se déploient sur trois fronts — la Terre sainte, la péninsule Ibérique (où chrétiens et musulmans se disputent le territoire dans ce qu’on appelle la Reconquista) et, plus marginalement, les rivages de la Baltique. Ils bâtissent un réseau considérable de commanderies à travers l’Europe (des domaines agricoles et administratifs qui financent l’effort de guerre en Orient), accumulent terres, donations et privilèges pontificaux, et développent des activités financières sophistiquées — transferts de fonds entre l’Europe et la Terre sainte, gestion de dépôts pour les rois et les particuliers — qui en font les interlocuteurs des puissants.

Mais cette puissance finit par devenir un problème. Après la chute d’Acre en 1291 — la dernière place forte chrétienne au Levant —, l’ordre perd sa raison d’être militaire originelle, mais conserve intactes ses richesses et ses privilèges. Empêtré dans des conflits avec la papauté et soucieux d’affirmer son autorité sur toute institution présente dans son royaume, le roi de France Philippe le Bel saisit l’occasion. Le 13 octobre 1307, il ordonne l’arrestation simultanée de tous les Templiers de France. Accusés d’hérésie, de reniement du Christ et de pratiques obscènes, les frères sont interrogés, torturés, et certains brûlés vifs — dont le dernier grand-maître, Jacques de Molay, en mars 1314.

Le pape Clément V finit par supprimer l’ordre en 1312, au concile de Vienne — non pas en le condamnant pour hérésie (les preuves sont trop fragiles), mais par simple décision administrative. Autrement dit : l’ordre est dissous, pas jugé coupable. Depuis, les Templiers n’ont cessé d’alimenter les fantasmes : trésor caché, filiation maçonnique, gardiens du Graal… La fiction — de Maurice Druon à Assassin’s Creed, sans oublier Dan Brown — a achevé de transformer ces moines-soldats en figures mythiques, au point de faire parfois oublier la réalité historique — qui n’a pourtant rien à lui envier.

Les sept ouvrages réunis ici permettent de saisir cette réalité dans toute sa complexité. Ils sont classés selon une logique de lecture progressive : on commence par déblayer le terrain des idées reçues, avant de plonger dans un récit narratif accessible ; on remonte ensuite aux origines spirituelles de l’ordre, puis on aborde la grande synthèse de référence ; vient le portrait du dernier grand-maître et la chronique de son procès ; on termine enfin par une vue d’ensemble sur les ordres religieux-militaires du Moyen Âge, dont le Temple n’est que le représentant le plus célèbre.


1. Mystérieux Templiers : idées reçues sur l’ordre du Temple (Jean-Vincent Bacquart, 2019)

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Avant de se lancer dans l’histoire du Temple, il est sage de faire le ménage. C’est précisément la mission que s’est donnée Jean-Vincent Bacquart, médiéviste et éditeur spécialisé en histoire, dans ce livre qui s’attaque de front à dix-sept idées reçues sur les Templiers. Non, ils n’étaient pas les « banquiers de l’Occident ». Non, ils ne possédaient pas neuf mille commanderies. Non, ils n’ont pas été reconnus coupables d’hérésie — l’ordre a été supprimé sans condamnation, nuance capitale que l’on oublie presque toujours. Non, Jacques de Molay n’a probablement jamais maudit Philippe le Bel et le pape depuis son bûcher — cette scène immortelle, on la doit surtout à Maurice Druon et à ses Rois maudits. Quant au fabuleux trésor caché et à la filiation avec la franc-maçonnerie, on est là en pleine fiction.

Chaque chapitre isole un cliché, le confronte aux sources disponibles et le démonte avec méthode. Mais Bacquart ne s’en tient pas à la seule réfutation : il profite de chaque idée reçue pour reconstituer le contexte historique et offrir une remise à plat des connaissances sur l’ordre. Le format — chapitres courts, vocabulaire accessible — rend la lecture fluide et adaptée à qui souhaite acquérir des bases solides avant de s’aventurer dans des ouvrages plus épais. Dans un domaine éditorial où les publications fantaisistes sur le Temple prolifèrent à une vitesse qui rend Bacquart (on le sent) passablement furieux, ce livre est un antidote efficace.


2. Templiers (Dan Jones, 2024)

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Déjà connu pour Les Plantagenêts et Croisés, l’historien britannique Dan Jones prend ici en charge l’histoire du Temple avec l’intention de la raconter comme une épopée — sans sacrifier la rigueur scientifique. Le résultat, traduit en français par Laurent Barucq, est un récit de plus de 500 pages qui couvre l’intégralité de la trajectoire de l’ordre, de sa fondation en 1119 à sa dissolution en 1312, et un peu après. Jones puise dans un éventail large de sources primaires chrétiennes et musulmanes ; ses notes de fin de volume révèlent un appareil critique plus solide que ce que le ton enlevé du texte pourrait laisser croire.

Le livre suit un fil chronologique serré. On assiste à la fondation de l’ordre, aux premières batailles en Terre sainte, à la montée en puissance économique et militaire, aux affrontements avec Saladin puis avec les sultans mamelouks (Baybars, notamment, qui reprend une à une les forteresses croisées au XIIIe siècle), et enfin au désastre du procès. Jones élargit aussi le cadre géographique — Espagne, Chypre, États baltes — et accorde une place sérieuse aux sources arabes, ce qui permet de voir les croisades depuis l’autre camp.

Ce qui rend ce livre précieux, c’est qu’il parvient à rendre l’histoire du Temple intelligible sans la simplifier. Jones n’esquive ni les zones d’ombre ni les débats entre spécialistes, et il consacre son épilogue à la postérité culturelle de l’ordre — avec un rappel qui donne à réfléchir : le symbolisme templier continue d’être récupéré par des mouvances suprémacistes et islamophobes. Pour qui veut un panorama complet du sujet avant de creuser tel ou tel aspect, c’est le livre à ouvrir en premier (après Bacquart, qui aura fait le ménage).


3. La révolution des Templiers : une histoire perdue du XIIe siècle (Simonetta Cerrini, 2007)

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Historienne italienne et spécialiste de la spiritualité du Temple, Simonetta Cerrini propose ici un ouvrage d’une nature très différente des récits chronologiques habituels. De toute l’histoire des Templiers, seuls neuf manuscrits médiévaux relatifs à la genèse de l’ordre subsistent aujourd’hui. Cerrini les a traqués un à un — à Rome, à Bruges, à Prague, à Dijon, jusqu’à Baltimore — dans une quête qui tient du jeu de piste érudit. Chaque manuscrit retrouvé forme un chapitre du livre et sert de fil conducteur pour reconstituer les fondements de l’institution.

Le livre veut montrer en quoi la création du Temple a constitué une véritable révolution dans la chrétienté du XIIe siècle. Pour cela, Cerrini s’appuie sur une étude critique de la Règle du Temple — le texte qui régissait la vie quotidienne des frères — dans ses versions latine et française. Le fait que la Règle ait aussi été rédigée en français vernaculaire, et non en latin seul (la langue des clercs), n’est pas anodin : l’ordre voulait être compris par des chevaliers qui ne lisaient pas le latin — un geste d’ouverture délibéré. Le livre met aussi en lumière la dimension spirituelle de l’ordre, un aspect souvent éclipsé par le récit militaire. On y découvre un Temple plus curieux des autres traditions religieuses qu’on ne le croit d’ordinaire : Cerrini s’arrête notamment sur les liens d’amitié entre les premiers Templiers et l’émir syrien Ousama ibn Mounqidh, un cas concret de dialogue entre chrétiens et musulmans à une époque que l’on réduit trop vite à un choc frontal.

Le livre est issu de la thèse de doctorat de l’autrice, soutenue en 1998, et il en conserve la rigueur documentaire. Avertissement honnête : le lecteur·ice peu familier·ère de l’histoire religieuse du XIIe siècle — notamment la grande réforme de l’Église engagée par les papes à partir du milieu du XIe siècle, qui visait à séparer nettement le clergé du monde laïc (et qui rend d’autant plus radical le projet du Temple : brouiller à nouveau cette frontière) — gagnera à se documenter un peu avant d’aborder certains passages. Mais l’effort est récompensé : on en ressort avec une tout autre idée de ce que le Temple a représenté sur le plan intellectuel et religieux, loin des clichés guerriers.


4. Les Templiers : une chevalerie chrétienne au Moyen Âge (Alain Demurger, 2005)

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S’il ne fallait recommander qu’un seul livre sur les Templiers, ce serait celui-ci. Alain Demurger, maître de conférences honoraire en histoire médiévale à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, a consacré une grande partie de sa carrière à l’ordre du Temple. Cet ouvrage, version profondément remaniée de son Vie et mort de l’ordre du Temple paru en 1989 (avec 150 pages supplémentaires et l’intégration des travaux les plus récents), constitue la synthèse de référence en langue française sur le sujet.

Le livre s’organise en six grandes sections qui couvrent la genèse de l’ordre, ses dimensions religieuse, militaire, économique et politique, puis sa disparition. Demurger refuse la lecture téléologique — c’est-à-dire qu’il ne relit pas toute l’histoire du Temple à la lumière de sa chute, comme si chaque épisode devait « annoncer » le procès final — et accorde une attention soutenue à des aspects souvent négligés. On apprend comment les commanderies fonctionnaient au quotidien (ce n’étaient pas des forteresses, mais le plus souvent des exploitations agricoles dont les revenus filaient vers la Terre sainte), comment les frères géraient les dépôts d’argent qui leur étaient confiés (l’occasion de tordre le cou au mythe des Templiers « inventeurs de la lettre de change » — celle-ci n’apparaît qu’à la toute fin du XIIIe siècle, et pas chez eux), ou encore comment l’ordre menait sa diplomatie en Orient comme en Occident.

Demurger ne verse jamais dans le pseudo-ésotérisme ni dans le sensationnalisme — ce qui, dans un domaine aussi miné par la fantaisie, mérite d’être signalé. La densité du propos exige une lecture attentive (on parle tout de même de près de 670 pages), mais la structuration rigoureuse permet de s’y repérer sans difficulté et d’y revenir comme à un ouvrage de consultation. On se dit parfois, au fil des pages, que ce livre rend tous les autres un peu superflus — ce qui n’est pas tout à fait vrai, car chacun des ouvrages de cette sélection apporte un éclairage que cette somme, malgré son ampleur, ne peut pas fournir seule.


5. Jacques de Molay : le dernier grand-maître des Templiers (Philippe Josserand, 2019)

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Jacques de Molay est sans doute le seul des vingt-trois grands-maîtres du Temple dont le grand public retient le nom. Les Rois maudits de Druon l’ont immortalisé (c’est lui qui, dans le roman, maudit le roi et le pape depuis son bûcher), Da Vinci Code et Assassin’s Creed ont répandu sa légende aux quatre coins du monde. Pourtant, jusqu’à la parution de ce livre, aucune biographie scientifique d’envergure ne lui avait été consacrée. Maître de conférences en histoire médiévale à Nantes Université et spécialiste reconnu des ordres militaires, Philippe Josserand a pris en charge ce chantier. Couronné par le prix d’histoire Daniel Ligou, l’ouvrage est le fruit de plusieurs décennies de recherche.

Le livre s’organise en trois parties. La première démonte l’image du héros tragique qui s’est progressivement construite autour de Molay — non pas au Moyen Âge (où il tombe vite dans l’oubli : au XVe siècle, certaines chroniques se trompent même sur son nom), mais à partir du XVIIIe siècle, quand la franc-maçonnerie l’adopte comme figure tutélaire, puis au XIXe siècle, quand les peintres des grandes expositions officielles parisiennes en font un sujet de tableaux grandioses. La deuxième partie retrace le parcours de l’homme réel : fils de petite noblesse de Franche-Comté, entré jeune dans l’ordre, il reste dans l’ombre pendant un quart de siècle avant de gravir les échelons jusqu’au poste suprême. La troisième analyse ses engagements : son obstination à soutenir les dernières positions chrétiennes au Proche-Orient (ce qu’on appelle l’« Orient latin », c’est-à-dire les territoires fondés par les croisés) et à adapter le Temple à une conjoncture périlleuse — une obstination que l’historiographie a trop souvent confondue avec de l’incompétence.

Car c’est là l’un des apports majeurs du livre : Molay n’a pas été le dirigeant médiocre et dépassé que les historiens ont longtemps décrit. Josserand, à partir des trente lettres et mémoires du grand-maître ainsi que des procès-verbaux de ses cinq dépositions lors du procès, dessine le portrait d’un homme ferme, pieux et résolu, qui a cherché jusqu’au bout à sauvegarder son ordre — quitte à y laisser sa vie. L’entreprise biographique était d’autant plus ardue que les sources directes se font rares : on ignore encore la date exacte de sa naissance, de son élection et même, à quelques semaines près, de sa mort. La biographie de Molay se construit donc par inférence, à partir de fragments qu’il faut patiemment recouper — ce que Josserand fait avec une rigueur sans faille.


6. La persécution des Templiers : Journal, 1307-1314 (Alain Demurger, 2015)

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L’« Affaire du Temple » est l’un des procès les plus sidérants de l’histoire européenne. Un roi de France qui fait arrêter simultanément les membres d’un ordre religieux international, les fait torturer pour obtenir des aveux d’hérésie, puis contraint un pape à supprimer l’institution — le tout en moins de cinq ans. Alain Demurger choisit de raconter cet épisode sous une forme singulière : le journal, au jour le jour, du 13 octobre 1307 au bûcher de Jacques de Molay en mars 1314.

La méthode est redoutablement efficace. À partir des procès-verbaux d’interrogatoire et des dépositions de 231 Templiers français, Demurger nous fait entrer dans la mécanique de la persécution vue depuis les accusés eux-mêmes. On y découvre les conditions de détention, l’usage systématique de la torture, le fonctionnement de la procédure — mais aussi, et c’est l’un des grands mérites du livre, la résistance des frères. Contrairement à la légende qui veut que les Templiers se soient effondrés sous la pression, bon nombre d’entre eux ont nié les accusations, se sont rétractés après des aveux extorqués sous la contrainte, et certains ont même tenté de défendre collectivement leur ordre devant la commission pontificale. En 1310, plus de 500 frères se portent volontaires pour prendre la défense du Temple ; allié du roi, l’archevêque de Sens fait alors brûler 54 d’entre eux comme « relaps » (c’est-à-dire retombés dans l’hérésie après l’avoir abjurée), ce qui suffit à terroriser les autres. Les historiens avaient jusqu’ici sous-estimé cette résistance ; Demurger la remet au centre du récit.

Le livre éclaire aussi les motivations profondes de Philippe le Bel. Demurger écarte définitivement les anciennes explications « financières » (le roi n’aurait agi que pour s’emparer du trésor du Temple) au profit d’une lecture politique et idéologique. Philippe le Bel se conçoit comme un roi quasi sacerdotal, investi d’une mission divine de purification de son royaume — la même logique qui le pousse à persécuter les juifs et les lépreux. L’attaque contre le Temple est aussi un bras de fer avec la papauté : en forçant Clément V à supprimer un ordre qui ne relevait que de l’autorité pontificale, le roi démontre que son pouvoir prime celui du pape. Le format chronologique du journal, loin d’aplatir le propos, lui confère une tension presque dramatique — celle d’un récit dont on connaît l’issue, mais dont on découvre, jour après jour, les mécanismes.


7. Moines et guerriers : les ordres religieux-militaires au Moyen Âge (Alain Demurger, 2010)

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Il serait dommage de refermer un parcours de lecture sur les Templiers sans prendre la mesure du phénomène plus large auquel ils appartiennent. L’ordre du Temple n’est pas un cas isolé : il est le premier — et le plus célèbre — d’une famille d’institutions que le Moyen Âge a inventées pour répondre à une question théologique redoutable : comment christianiser la guerre ? C’est à l’ensemble de ces ordres religieux-militaires qu’Alain Demurger consacre cette vaste synthèse, parue initialement sous le titre Chevaliers du Christ en 2002, puis remaniée et rééditée en 2010.

Des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (voués à l’origine au soin des pèlerins malades, puis progressivement militarisés) aux chevaliers Teutoniques (qui se taillent un véritable État en Prusse et en Livonie), des ordres ibériques nés de la Reconquista (Calatrava, Santiago, Alcántara) aux ordres plus méconnus de Terre sainte et d’Italie, Demurger retrace la naissance, l’essor et le déclin de ces « monstres » — selon le mot d’Isaac de l’Étoile, un abbé cistercien du XIIe siècle, scandalisé par l’idée même de moines armés. Le livre couvre une période qui va du XIe au XVIe siècle et s’intéresse à tout ce qui fait la vie de ces ordres : qui y entre et pourquoi, comment on y vit au quotidien, quelles règles on y observe, comment on s’y bat, comment on gère un patrimoine foncier considérable, et ce que signifie la charité pour des hommes qui ont fait vœu de pauvreté.

L’intérêt de terminer par ce livre est double. D’une part, il permet de comprendre ce que l’histoire du Temple a de commun — et de singulier — par rapport aux ordres frères. D’autre part, il éclaire ce qui arrive à ces organisations quand les croisades prennent fin. Privés de leur mission guerrière d’origine, certains ordres se reconvertissent dans l’action caritative ou missionnaire ; d’autres se retrouvent face à des monarchies qui les voient désormais comme des rivaux plutôt que comme des alliés. Le Temple a été détruit. Les Hospitaliers, eux, se sont repliés à Rhodes puis à Malte, où ils ont tenu bon pendant des siècles — et ils existent toujours, sous le nom d’Ordre de Malte.