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Que lire sur Donald Trump ?

Que lire sur Donald Trump ?

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Donald John Trump naît le 14 juin 1946 dans le Queens, à New York, au sein d’une famille d’entrepreneurs immobiliers. Son père, Fred Trump Sr., a bâti un empire dans le logement social à Brooklyn et dans le Queens — des milliers d’appartements destinés aux classes moyennes, construits avec l’aide de subventions fédérales. Après deux années à l’université de Fordham, dans le Bronx, il obtient un transfert à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie, dont il sort diplômé en économie en 1968. Il rejoint alors l’entreprise paternelle, qu’il rebaptisera The Trump Organization, et réoriente les affaires vers le luxe tape-à-l’œil de Manhattan : immeubles de prestige, hôtels, casinos. La Trump Tower, gratte-ciel de verre teinté de 58 étages inauguré en 1983 sur la Cinquième Avenue, devient l’emblème de cette ambition.

Les années 1980 sont celles de l’ascension et de la démesure. Trump publie en 1987 The Art of the Deal, autobiographie à succès qui installe son personnage de négociateur infaillible dans l’imaginaire américain. Il multiplie les acquisitions — casinos à Atlantic City, compagnie aérienne (le Trump Shuttle), yacht le plus cher du monde, terrains de golf — et étale sa vie privée dans les tabloïds new-yorkais : son mariage avec Ivana (1977-1992), sa liaison avec Marla Maples, son divorce fracassant. Mais l’édifice financier repose sur un endettement colossal, et au tournant des années 1990, les faillites s’enchaînent. Le Taj Mahal, casino pharaonique d’Atlantic City construit pour 1,2 milliard de dollars, fait banqueroute dès sa première année. Trump doit des centaines de millions à soixante-dix banques, qui restructurent sa dette et le placent sous tutelle financière — avec une allocation mensuelle plafonnée. Il se remarie avec Maples en 1993, divorce en 1999, puis épouse en 2005 le mannequin slovène Melania Knauss, avec qui il aura un fils, Barron. Sa réhabilitation publique passe par la télévision : à partir de 2004, l’émission de téléréalité The Apprentice le remet au centre de l’attention. Son « You’re fired! » entre dans le vocabulaire courant et reconstruira, auprès de millions de téléspectateur·ice·s, l’image d’un décideur impitoyable que les faits avaient pourtant sérieusement écornée.

Candidat inattendu à la présidence en 2015 — il descend l’escalator de la Trump Tower le 16 juin pour annoncer sa candidature —, il remporte l’élection de novembre 2016 contre Hillary Clinton, un résultat que la quasi-totalité des sondages et des commentateur·ice·s jugeaient impossible. Son premier mandat (2017-2021) se caractérise par une politique protectionniste (guerre commerciale avec la Chine, retrait de l’accord de Paris sur le climat, renégociation de l’ALENA), un affrontement permanent avec la presse qu’il qualifie d’« ennemie du peuple », une gestion chaotique du Covid-19, et une relation ambiguë avec Vladimir Poutine. Après sa défaite face à Joe Biden en 2020, qu’il refuse de reconnaître, des centaines de ses partisan·e·s envahissent le Capitole le 6 janvier 2021 pour tenter d’empêcher la certification des résultats — une insurrection sans précédent dans l’histoire des États-Unis. Inculpé à plusieurs reprises par la justice fédérale et celle de l’État de Géorgie, reconnu coupable dans l’affaire des paiements dissimulés à l’actrice pornographique Stormy Daniels, il n’en remporte pas moins un second mandat en novembre 2024, et réintègre la Maison-Blanche en janvier 2025 avec un programme de revanche assumé — contre les institutions, contre les médias, contre les alliés traditionnels des États-Unis.

Voici les principaux ouvrages disponibles en français qui lui sont consacrés.


1. Peur : Trump à la Maison Blanche (Bob Woodward, 2018)

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Peu de journalistes d’investigation jouissent aux États-Unis d’une réputation comparable à celle de Bob Woodward. C’est lui qui, avec Carl Bernstein, avait révélé en 1972 le scandale du Watergate — une affaire d’espionnage politique commanditée par l’entourage de Richard Nixon, qui avait conduit à la démission du président en 1974. Pour Peur, Woodward a conduit des centaines d’heures d’entretiens avec des membres de l’administration Trump et rassemblé notes internes, mémos et documents confidentiels. Le résultat est un récit au jour le jour du fonctionnement d’une Maison-Blanche en état de crise permanente, où l’entourage du président passe l’essentiel de son temps à limiter les dégâts de ses décisions impulsives. Le titre provient d’une confidence de Trump lui-même : « Le vrai pouvoir, c’est — je ne veux même pas prononcer le mot — la peur. »

Woodward décrit un président qui gouverne par tweets et réactions émotionnelles, sans lire les notes préparées par ses équipes. Premier conseiller économique du président, Gary Cohn fait disparaître de son bureau un décret qui aurait retiré les États-Unis de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud — « au nom de la sécurité nationale », dira-t-il ensuite — sans que Trump s’en aperçoive. Général quatre étoiles, le secrétaire à la Défense James Mattis confie à ses proches que le président raisonne « comme un élève de CM2 ou de sixième ». Woodward ne verse ni dans le pamphlet ni dans la complaisance : il laisse les faits et les dialogues reconstitués parler d’eux-mêmes. Le portrait qui en ressort est celui d’un homme dépassé par la fonction qu’il occupe, mais qu’aucun contre-pouvoir ne parvient à contenir.

La crédibilité de Woodward, adossée à ses deux prix Pulitzer et à ses enquêtes sur neuf présidences successives, confère à ce témoignage une autorité difficile à contester. Certains lecteur·ice·s ont regretté un défaut de structure ou une traduction parfois approximative de l’édition française, mais ces réserves ne remettent pas en cause l’essentiel : ce que Woodward documente, c’est une administration où les collaborateurs du président passent plus de temps à empêcher les catastrophes qu’à gouverner.


2. Trop et jamais assez : Comment ma famille a fabriqué l’homme le plus dangereux du monde (Mary L. Trump, 2020)

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Mary L. Trump est la nièce de Donald Trump et la fille de Fred Trump Jr., frère aîné du président, mort en 1981 à l’âge de 42 ans des suites de son alcoolisme. Titulaire d’un doctorat en psychologie clinique, elle porte sur le clan Trump un regard à la fois intime et clinique : celui de quelqu’un qui a grandi dans l’orbite d’une famille qu’elle qualifie de profondément dysfonctionnelle. La famille Trump a tenté d’empêcher la publication par voie judiciaire, sans succès : le livre s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en quarante-huit heures aux États-Unis.

Au centre du récit se trouve la figure de Fred Trump Sr., patriarche que sa petite-fille qualifie de sociopathe, dont le rapport pathologique à l’argent et à la domination a structuré la personnalité de chacun de ses enfants. Le jeune Donald a vu ce frère aîné — trop sensible, trop honnête, trop vulnérable — se faire humilier par leur père pour avoir choisi de devenir pilote de ligne plutôt que promoteur immobilier, puis sombrer et mourir loin des siens. Donald en aurait tiré une leçon radicale : ne jamais montrer de faiblesse, ne jamais reconnaître une erreur, ne jamais éprouver de compassion. Mary L. Trump écrit : « Au bout du compte, il n’y aurait pas d’amour du tout pour Donald, rien que cette soif atroce. »

Le témoignage tire sa force de la double compétence de son autrice : témoin directe des dynamiques familiales, et professionnelle formée au diagnostic psychologique. Cela soulève évidemment une question légitime — peut-on dresser un portrait psychologique fiable d’un membre de sa propre famille, surtout quand les contentieux personnels sont aussi lourds ? Mais la cohérence du récit, la précision des anecdotes et la convergence avec d’autres sources rendent la démonstration difficilement contestable. C’est aussi Mary L. Trump qui, de façon anonyme, avait fourni au New York Times les documents fiscaux de la famille, des cartons entiers de relevés et de déclarations. L’enquête que ces documents ont rendue possible — une reconstitution des montages fiscaux frauduleux de Fred Trump Sr. — a valu un prix Pulitzer aux trois journalistes qui l’ont menée.


3. Le cas Trump : Portrait d’un imposteur (Alain Roy, 2025)

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L’essayiste québécois Alain Roy, directeur de la revue L’Inconvénient, est aussi le corédacteur du rapport final de la commission Charbonneau — une vaste enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction au Québec, achevée en 2015. Pour Le cas Trump, il a épluché une quarantaine d’ouvrages, des centaines d’articles et les principales enquêtes consacrées à Donald Trump afin d’en livrer une synthèse organisée en trois temps — le mensonge, le narcissisme, la destructivité. Roy a aussi fait le travail de terrain : il s’est rendu à un rassemblement trumpiste pour observer de l’intérieur la dynamique qui lie le tribun à sa base.

Le fil conducteur est la notion d’imposture. Le Washington Post avait recensé plus de 35 000 déclarations fausses ou trompeuses durant le premier mandat. Mais Roy va plus loin en identifiant ce qu’il appelle un « super mensonge » : la fabrication, patiemment entretenue pendant des décennies, d’une image de self-made man milliardaire. En réalité, Trump a hérité d’une fortune colossale de son père — et l’a en grande partie dilapidée dans des faillites successives (casinos d’Atlantic City, compagnie aérienne Trump Shuttle, cycles d’emprunts insoutenables). Les élites financières de Manhattan le considèrent depuis longtemps comme un objet de moquerie. C’est l’émission The Apprentice, à partir de 2004, qui a permis de masquer ces échecs derrière l’image fictive d’un décideur infaillible — une image que des millions de téléspectateur·ice·s ont prise pour argent comptant.

Roy interroge ensuite ce qui se passe lorsque la réalité vient contredire cette fiction. Chez un homme dont toute l’identité repose sur l’image du « gagnant », la moindre remise en cause déclenche la rage, le désir de vengeance, la propension à l’escalade. C’est la défaite de 2020 — insupportable précisément parce qu’elle pulvérise le mythe — qui conduit à l’assaut du Capitole. Roy résume ainsi son propre projet : « Si Donald Trump peut nous paraître imprévisible, c’est parce que nous ne cernons pas assez clairement d’où il vient et ce qui le motive. »


4. Notre homme à Washington : Trump dans la main des Russes (Régis Genté, 2024)

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Régis Genté est correspondant pour RFI, France 24 et Le Figaro dans l’ancien espace soviétique, basé à Tbilissi (Géorgie) depuis plus de vingt ans. Il écrit également pour l’Institut français des relations internationales. Son enquête retrace quatre décennies de liens entre Donald Trump et les cercles du pouvoir russe — espions, diplomates, oligarques, mafieux — et pose une question que les services de renseignement américains n’ont jamais cessé de se poser : Trump est-il, au sens technique du terme, un « contact confidentiel » des services de sécurité russes ? Dans le jargon du renseignement, cela désigne non pas un espion à proprement parler, mais une personne que les services ont identifiée, approchée et cultivée sur la durée, et qui — sciemment ou non — sert leurs intérêts.

L’enquête remonte au milieu des années 1970, lorsque le KGB (le service de renseignement soviétique) commence à s’intéresser au jeune promoteur immobilier new-yorkais, avant de l’inviter à Moscou en juillet 1987 — une visite que plusieurs spécialistes du renseignement considèrent comme une opération de recrutement. À son retour, Trump prend publiquement position contre l’OTAN, dans une ligne conforme aux intérêts du Kremlin. S’ensuit un réseau de soutiens financiers discrets mais décisifs, où se croisent mafieux post-soviétiques, oligarques et intermédiaires bancaires — avec un rôle central joué par la Deutsche Bank, qui accorde à Trump des prêts colossaux que d’autres établissements lui refusent. La campagne de 2016, les piratages de serveurs démocrates, les contacts entre l’entourage de Trump et des agents russes, la revente suspecte de sa propriété de Palm Beach à l’oligarque Dmitry Rybolovlev avec une plus-value de 56 millions de dollars — en pleine crise immobilière de 2008, alors que les prix s’effondraient : Genté passe au crible chacun de ces épisodes.

La force de cette enquête tient à la profondeur du terrain — Genté connaît le monde post-soviétique de l’intérieur — et à la précision de la documentation. Publié avant la victoire de Trump en 2024, le travail de Genté a pris après coup une dimension presque prophétique : les pistes qu’il identifie éclairent directement la complaisance du second mandat à l’égard de Moscou. Relevons toutefois que plusieurs de ces pistes restent, par nature, impossibles à trancher définitivement — ce qui est le propre des affaires de renseignement.


5. Le Trump de A à Z : Un premier dictionnaire (Christine Ockrent, 2025)

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Christine Ockrent, figure du journalisme français et fine connaisseuse de la politique américaine — elle a interviewé plusieurs présidents, de Ronald Reagan à Barack Obama —, propose ici un dictionnaire thématique du trumpisme, de « America » à « Zelensky ». L’idée n’est pas de résumer ou de synthétiser, mais de fixer noir sur blanc, entrée après entrée, les déclarations, les obsessions, les provocations et les dénégations d’un président qui se raconte, jour après jour, en héros de sa propre histoire.

Ockrent relève avec minutie les « trumpismes » — ces formules qui défient toute traduction, ces slogans qui passent de la parodie à la conversation ordinaire jusqu’à s’imposer comme un langage politique à part entière. Elle met en lumière les contradictions entre les discours et les actes — les reculs discrets après les annonces fracassantes —, les conflits d’intérêts permanents entre la fonction présidentielle et les affaires privées de Trump, son rapport aux femmes, sa fascination pour les autocrates. Elle analyse également la politique étrangère transactionnelle de Trump — c’est-à-dire une diplomatie réduite à des rapports de force bilatéraux et à des marchandages —, son mépris affiché pour Volodymyr Zelensky, sa complaisance envers Vladimir Poutine et la purge systématique des contre-pouvoirs au sein de l’administration.

Le format du dictionnaire a l’avantage de la souplesse : on peut le lire en continu ou le consulter par entrées, selon les besoins. C’est le quatrième essai qu’Ockrent consacre à la politique américaine — et le premier à prendre pour objet non pas un président, mais le langage même d’une présidence qui ne prétend rendre de comptes à personne.


6. Les mots de Trump : Une rhétorique de rupture (Jérôme Viala-Gaudefroy, 2024)

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Docteur en civilisation américaine et spécialiste des discours présidentiels, Jérôme Viala-Gaudefroy adopte une approche strictement universitaire : il passe au crible les stratégies linguistiques de Trump — discours de campagne, tweets, conférences de presse, apparitions télévisées — pour en dégager les mécanismes rhétoriques.

Du slogan « Make America Great Again » à la diatribe inaugurale sur le « carnage américain » — l’expression qu’il emploie lors de son discours d’investiture en janvier 2017 pour décrire l’état du pays —, Viala-Gaudefroy décrypte chapitre après chapitre comment le langage trumpien transgresse les normes de la communication politique traditionnelle : phrases atrophiées, vocabulaire volontairement réduit, recours systématique à l’ellipse, usage de la vulgarité comme marqueur d’authenticité. Trump qualifie les joueurs de football qui s’agenouillent pendant l’hymne national de « fils de pute », accuse Joe Biden d’avoir « léché le cul de Barack Obama », promet de « défoncer la gueule » de l’État islamique. Chaque provocation est calculée : elle polarise l’espace public, galvanise la base électorale, et place adversaires et journalistes dans une position défensive permanente.

La rigueur de l’analyse académique permet ici de ne pas en rester à l’impression d’improvisation grossière. Viala-Gaudefroy démontre au contraire que chaque outrance obéit à une logique précise : redéfinir les frontières de ce qu’il est acceptable de dire en politique, déplacer le centre de gravité du débat, et contraindre les adversaires à réagir sur le terrain choisi par Trump. La vulgarité n’est pas un dérapage ; c’est une arme.