Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Vendredi ou la Vie sauvage » de Michel Tournier ?

Que lire après « Vendredi ou la Vie sauvage » de Michel Tournier ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Vendredi ou la Vie sauvage est un roman de Michel Tournier paru en 1971 aux éditions Gallimard. Il s’agit d’une réécriture, à destination d’un public jeune, de son propre roman Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1967). Il raconte l’histoire de Robinson Crusoé, naufragé sur une île qu’il baptise Speranza, et sa rencontre avec un jeune homme qu’il baptise Vendredi. Au début, Robinson tente de reproduire sur l’île le mode de vie européen et impose à Vendredi le rôle de serviteur. Mais peu à peu, c’est Vendredi qui lui apprend à vivre autrement — en accord avec la nature plutôt que contre elle. Recommandé par l’Éducation nationale en classes de 6e et de 5e, ce court roman figure parmi les titres les plus lus au collège depuis des décennies. Selon les éditions et les libraires, il est conseillé à partir de 10-11 ans (Flammarion Jeunesse, Gallimard Jeunesse, Folio Junior, Gibert).

Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici quelques suggestions : des histoires de naufrages, de survie et d’amitiés nouées loin de tout — ce qu’on appelle des robinsonnades, c’est-à-dire des récits inspirés, de près ou de loin, du Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Les titres qui suivent s’adressent à une tranche d’âge comparable — globalement de 9 à 14 ans —, même si rien n’interdit aux adultes de s’y aventurer.


1. Le Royaume de Kensuké (Michael Morpurgo, 1999)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Michael, onze ans, embarque sur le voilier Peggy Sue avec ses parents et sa chienne Stella pour un tour du monde. Une nuit, il tombe par-dessus bord et se réveille échoué sur une île du Pacifique, apparemment déserte. Apparemment seulement : quelqu’un dépose de l’eau et de la nourriture à son intention. Ce mystérieux bienfaiteur, c’est Kensuké, un vieil homme japonais qui vit là depuis des décennies, entouré d’orang-outans qu’il protège de braconniers. D’abord méfiant et quasi muet, le vieil homme finit par s’ouvrir à l’enfant. Kensuké lui apprend à pêcher et à peindre sur des coquillages ; Michael, en retour, lui enseigne des rudiments d’anglais.

Un soir, Kensuké raconte son histoire : ancien médecin militaire japonais, il a appris en 1945 que sa ville, Nagasaki, avait été anéantie par la bombe atomique américaine — l’une des deux bombes nucléaires larguées sur le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Persuadé que sa femme et son fils étaient morts, il n’a plus jamais voulu quitter l’île. Le dénouement oblige chacun des deux personnages à un choix déchirant : Michael veut retrouver ses parents ; Kensuké refuse de quitter le seul monde qu’il lui reste.

Âge conseillé : à partir de 9-10 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior, collection 10-14 ans) ; classé « dès 12 ans » chez Cultura ; « 8-12 ans » chez Livres en famille. Souvent étudié en classe de 6e et 5e.


2. Robinson Crusoé (Daniel Defoe, 1719)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Impossible de parler de robinsonnades sans remonter à la source. En 1719, Daniel Defoe publie le récit d’un marin anglais naufragé sur une île déserte proche de l’embouchure de l’Orénoque (fleuve d’Amérique du Sud), où il passe vingt-huit ans — de quoi relativiser nos propres soucis d’organisation. Robinson y bâtit une maison, cultive du blé, domestique des chèvres et tient un journal scrupuleux, avant de rencontrer Vendredi, un jeune autochtone qu’il arrache à des cannibales. Chez Defoe, la relation est claire : Robinson se considère comme le maître, Vendredi comme le serviteur. Il lui impose sa langue, ses coutumes et sa religion. Le roman, inspiré de l’histoire vraie du marin écossais Alexander Selkirk, a connu un succès immédiat et n’a jamais quitté les bibliothèques depuis trois siècles.

C’est précisément cette histoire que Michel Tournier a réinventée dans Vendredi ou la Vie sauvage, avec une perspective inversée : chez Tournier, c’est Vendredi qui a raison et Robinson qui apprend. Lire le texte de Defoe après celui de Tournier permet donc de mesurer l’écart entre deux époques — le XVIIIe siècle colonial et les années 1970 — et de voir comment le même récit peut servir à justifier la domination d’un homme sur un autre ou, au contraire, à la remettre en question. Plusieurs éditions abrégées existent pour les jeunes lecteur·ice·s, notamment chez Gallimard Jeunesse (Folio Junior) et Flammarion Jeunesse.

Âge conseillé : à partir de 11 ans en version abrégée (Gallimard Jeunesse, Folio Junior Textes classiques). Recommandé par le ministère de l’Éducation nationale pour le cycle 3 (CM1-CM2) et la classe de 5e.


3. Deux ans de vacances (Jules Verne, 1888)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Le titre a de quoi faire rêver — et il ne ment qu’à moitié. En mars 1860, quinze garçons âgés de huit à quatorze ans, tous pensionnaires du collège Chairman à Auckland, en Nouvelle-Zélande, se retrouvent à bord de la goélette Sloughi en pleine dérive. Naufrage, île déserte du Pacifique, pas un seul adulte à l’horizon (à l’exception du mousse Moko) : il va falloir se débrouiller seuls. Deux meneurs émergent vite : le Français Briant, pragmatique et fédérateur, et l’Anglais Doniphan, orgueilleux et sûr de son bon droit. Leur rivalité menace de scinder le groupe en deux camps irréconciliables.

Jules Verne, qui l’affirme lui-même, entendait « parfaire le cycle des robinsonnades » grâce à un ingrédient inédit : les rivalités entre enfants de nationalités différentes. Le roman pose une question simple mais efficace : comment fonder une société quand on a entre huit et quatorze ans et qu’aucun adulte n’est là pour arbitrer ? L’irruption de bandits sur l’île, dans le dernier tiers, oblige les garçons à mettre leurs querelles de côté — ou à périr chacun dans son coin.

Âge conseillé : à partir de 10 ans (Gallimard Jeunesse, Folio Junior Textes classiques, collection 10-18 ans). Existe aussi en version abrégée. Classé « 12-14 ans » chez Livres en famille.


4. L’Île mystérieuse (Jules Verne, 1875)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Nous sommes en 1865, en pleine guerre de Sécession — la guerre civile qui oppose, aux États-Unis, les États du Nord (anti-esclavagistes) à ceux du Sud (esclavagistes). Cinq prisonniers de guerre nordistes s’évadent de la ville assiégée de Richmond en ballon : l’ingénieur Cyrus Smith, Nab (un ancien esclave que Cyrus Smith a affranchi et qui lui est resté fidèle), le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff, le jeune orphelin Harbert (quinze ans) et le chien Top. Un ouragan les projette sur une île inconnue du Pacifique qu’ils baptisent l’île Lincoln, en hommage au président Abraham Lincoln. Là, sous la houlette de Cyrus Smith — qui semble capable de fabriquer un haut-fourneau à partir de trois cailloux —, le groupe reconstruit patiemment une civilisation entière, de la métallurgie à la télégraphie.

Mais l’île cache un secret : une présence invisible veille sur les naufragés et intervient à chaque moment critique. Qui les aide, et pourquoi ? Ce roman constitue le dernier volet d’une trilogie qui comprend aussi Les Enfants du capitaine Grant et Vingt Mille Lieues sous les mers : celles et ceux qui ont lu ces deux titres reconnaîtront des visages familiers. Ce n’est pas indispensable pour apprécier le livre, mais c’est un plaisir supplémentaire. On y apprend aussi, entre deux rebondissements, à allumer un feu sans allumettes ou à fabriquer de la nitroglycérine — compétences dont l’utilité au quotidien reste, il faut l’admettre, variable.

Âge conseillé : à partir de 10-11 ans en version abrégée (Folio Junior, Le Livre de Poche Jeunesse, L’école des loisirs). Recommandé en classe de 5e dans le cadre du thème « Le voyage et l’aventure ».


5. L’Île des dauphins bleus (Scott O’Dell, 1960)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Sur une petite île du Pacifique, au large de la Californie, Karana et sa tribu vivent de pêche et de cueillette. Leur existence bascule le jour où des chasseurs aléoutes — un peuple autochtone des îles de l’Alaska, alors au service de marchands russes — débarquent pour traquer les loutres de mer et finissent par massacrer les guerriers du village. Les survivants décident de fuir à bord d’un navire. Mais le jour du départ, le bateau lève l’ancre sans Karana ni son petit frère Ramo, restés à terre. Ramo meurt peu après, tué par des chiens sauvages. Karana se retrouve seule et devra survivre dix-huit ans sur cette île battue par les vents.

Le roman, inspiré de l’histoire vraie de la « femme solitaire de l’île San Nicolas » (une Amérindienne qui vécut isolée sur cette île californienne de 1835 à 1853), a reçu la médaille Newbery en 1961, la plus haute distinction de la littérature jeunesse aux États-Unis. Ce qui le rend singulier parmi les récits de naufrage, c’est son héroïne : une jeune fille autochtone, confrontée aux interdits de sa propre culture — certaines armes et certains outils sont réservés aux hommes — et obligée de les transgresser pour rester en vie. Karana ne se contente pas de survivre : elle apprivoise le chef de la meute de chiens sauvages, fabrique ses propres armes et finit par trouver, dans sa solitude, une forme d’équilibre avec l’île et ses animaux.

Âge conseillé : à partir de 9 ans (Fnac, Pocket Jeunesse). Prix UNICEF de littérature jeunesse.


6. Le Robinson suisse (Johann David Wyss, 1812)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Voici la toute première robinsonnade « familiale ». Un couple suisse et leurs quatre fils — Fritz, Ernst, Jack et Franz — font naufrage sur une île indonésienne alors qu’ils voguent vers l’Australie. Pas de solitude ici : c’est en famille qu’on s’organise, qu’on bâtit une maison dans un arbre (idée reprise plus tard par à peu près tout le monde, y compris Disney), qu’on apprivoise des flamants roses et qu’on affronte des boas constricteurs.

Le pasteur bernois Johann David Wyss avait rédigé ce récit entre 1794 et 1798 pour ses propres enfants, sans songer à le publier. C’est son fils Johann Rudolf qui s’en chargera en 1812. Le livre porte la marque de son époque : les leçons de morale chrétienne ponctuent chaque chapitre, le père sait tout faire et tout expliquer, et la famille semble dotée d’un stock de compétences et de provisions qui défie toute vraisemblance (on trouve sur l’épave des animaux vivants, des arbres entiers et des outils pour chaque situation). Mais cette profusion un peu absurde — où chaque problème trouve sa solution dans un nouveau colis providentiel — fait aussi partie du plaisir de lecture. Jules Verne, grand admirateur du roman, lui donnera même une suite en 1900 avec Seconde Patrie. Pour les lecteur·ice·s d’aujourd’hui, il existe des adaptations modernisées, comme celle de Peter Stamm aux éditions La Joie de lire, qui allège le texte et atténue la dimension moralisatrice.

Âge conseillé : variable selon les éditions. L’adaptation de Peter Stamm vise les 10-14 ans. Les éditions intégrales s’adressent à un lectorat plus aguerri (dès 12-13 ans), en raison d’un style qui a vieilli.


7. Les Robinsons de l’île Tromelin (Alexandrine Civard-Racinais, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Le 31 juillet 1761, la jeune Tsimiavo est enfermée dans les cales de l’Utile, un navire de commerce français, avec 159 autres esclaves malgaches. Quand le bateau heurte un récif de corail et fait naufrage, rescapés blancs et esclaves échouent ensemble sur un îlot de sable et de cailloux perdu dans l’océan Indien — l’île Tromelin, un bout de terre d’à peine un kilomètre carré. L’équipage français construit une embarcation de fortune et prend le large, avec la promesse de revenir chercher les esclaves. Personne ne reviendra — pas avant quinze ans. Sur 80 esclaves abandonnés, seuls 7 femmes et un bébé de huit mois seront retrouvés en vie en 1776.

Ce récit, qui donne la parole à Tsimiavo, est fondé sur une histoire vraie reconstituée grâce aux fouilles archéologiques menées par Max Guérout sur l’île Tromelin à partir de 2006. L’ouvrage se double d’un dossier documentaire sur ces missions. Là où les récits de naufrage classiques mettent en scène des Européens ingénieux qui reconstruisent leur civilisation, ce livre raconte l’histoire de personnes réduites en esclavage, privées de tout et oubliées de tous — et qui ont pourtant réussi à survivre pendant quinze ans sur un îlot sans arbre et sans eau douce. C’est une robinsonnade, oui, mais aussi un témoignage sur l’esclavage colonial français du XVIIIe siècle. Prix UNICEF 2017 de littérature jeunesse (catégorie 9-13 ans), prix Philéas Fogg, prix du roman historique jeunesse de Blois.

Âge conseillé : à partir de 8-9 ans (collection Boussole, Belin Éducation, cycle 3). Existe aussi en édition pour le cycle 4 (collection Déclic, dès la 5e). Album grand format disponible pour tous publics.


8. L’Explorateur (Katherine Rundell, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Quatre enfants londoniens — Fred, Connie, Max et sa petite sœur Lila — survolent la forêt amazonienne quand le pilote de leur petit avion meurt d’une crise cardiaque. L’appareil s’écrase au cœur de la jungle. Pas de balise de détresse, pas de réseau, pas de secours en vue. Il va falloir se débrouiller : trouver de l’eau, de la nourriture (les tarentules grillées, paraît-il, ont un goût de poisson — à confirmer), un abri, et surtout un moyen de signaler sa présence au monde. Mais les quatre naufragés ne sont pas tout à fait seuls : des objets éparpillés, une cabane, une carte griffonnée — quelqu’un a vécu ici avant eux, et ce quelqu’un a laissé des traces qui vont entraîner les enfants bien plus loin qu’ils ne l’avaient prévu.

Katherine Rundell, qui s’est elle-même rendue en Amazonie en 2015, a nourri son récit de détails concrets : quels fruits on peut manger sans s’empoisonner, quels animaux éviter, comment l’humidité permanente transforme le moindre geste en épreuve. Le roman porte aussi un regard critique sur l’histoire des grandes expéditions européennes en Amazonie, qui ont souvent causé autant de dégâts qu’elles ont produit de découvertes. Couronné par le Costa Book Award 2017 et le Children’s Book Award 2018, le livre a reçu en France le prix Sorcières.

Âge conseillé : à partir de 9-10 ans (Gallimard Jeunesse, collection Grand format littérature, 9-13 ans ; Folio Junior, 10-12 ans). Classé « dès 12 ans » chez Cultura.


9. L’Enfant et la rivière (Henri Bosco, 1945)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Pas d’île ici, pas de naufrage spectaculaire ni de forêt tropicale. Juste une rivière en Provence, un garçon nommé Pascalet, et une interdiction formelle d’y mettre les pieds. Sa mère l’a prévenu : il y a là-bas des trous d’eau où l’on se noie, des serpents et des bohémiens. Autant dire que Pascalet finira dans une barque, emporté par le courant, et que c’est là que tout commence. Sur une île sauvage, il découvre des bohémiens qui retiennent prisonnier un garçon de son âge, Gatzo. Après l’avoir libéré, les deux enfants s’enfuient ensemble et vivent pendant une dizaine de jours au fil de l’eau, se nourrissent de poissons pêchés à la main et dorment à la belle étoile dans les bras morts de la rivière.

Ce roman est le plus « terrestre » de cette liste, et aussi le plus contemplatif. Ici, les descriptions de la nature provençale — l’odeur de l’herbe mouillée, la lumière de la lune sur les eaux calmes, le bruissement des roseaux — occupent autant de place que l’intrigue elle-même, et c’est précisément ce qui donne au texte sa tonalité à part. Ce n’est pas un récit de survie au sens classique du terme, mais un récit d’initiation : Pascalet part enfant et revient grandi, transformé par la rivière, par l’amitié de Gatzo et par une liberté qu’il n’avait jamais connue. La preuve qu’on n’a pas besoin de traverser un océan pour vivre une aventure mémorable.

Âge conseillé : à partir de 9 ans (Fnac, « Roman junior dès 9 ans ») ; recommandé pour les 11-13 ans par Gallimard Jeunesse (Folio Junior Textes classiques). Souvent étudié en classe de 6e.