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Que lire après « Vendredi ou la Vie sauvage » de Michel Tournier ?

Que lire après « Vendredi ou la Vie sauvage » de Michel Tournier ?

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Vendredi ou la Vie sauvage est un roman de Michel Tournier paru en 1971 chez Gallimard. Réécriture de Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1967) à destination d’un public plus jeune, le récit revisite le mythe de Robinson Crusoé et renverse les rapports entre le naufragé et le « sauvage » Vendredi, qui devient peu à peu le véritable guide de l’île.

Si vous à la recherche de lectures dans la même veine, voici quelques pistes.


1. Robinson Crusoé (Daniel Defoe, 1719)

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Le roman fondateur des robinsonnades, dont Vendredi ou la Vie sauvage est une réécriture. Inspiré de l’histoire vraie du marin écossais Alexander Selkirk, le récit suit Robinson, naufragé sur une île déserte au large de l’Orénoque, où il survit vingt-huit ans avant d’être secouru. Il y construit un abri, domestique des animaux, cultive la terre et finit par recueillir un indigène qu’il nomme Vendredi.

Le rapport entre les deux personnages est celui du maître et du serviteur : Vendredi, docile et dévoué, incarne la figure du « bon sauvage » telle que le XVIIIᵉ siècle la concevait. C’est précisément cette hiérarchie que Tournier a voulu renverser dans sa propre version. Lire Defoe après Tournier, c’est voir à quel point le même canevas peut produire deux visions opposées de la rencontre avec l’autre.


2. Le Royaume de Kensuké (Michael Morpurgo, 1999)

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Michael, un jeune Anglais de onze ans, tombe du voilier familial lors d’un tour du monde et échoue sur une île du Pacifique en compagnie de sa chienne Stella. Il y découvre la présence de Kensuké, un vieux médecin japonais qui vit seul sur l’île depuis plus de quarante ans — convaincu que sa famille a péri lors du bombardement de Nagasaki en 1945.

D’abord méfiants l’un envers l’autre, l’enfant et le vieil homme finissent par s’apprivoiser mutuellement. Kensuké lui apprend à pêcher et à peindre ; Michael lui transmet des rudiments d’anglais. Le cœur du livre tient dans cette alliance improbable : un gamin anglais et un ancien médecin japonais que ni l’âge, ni la langue, ni l’histoire ne prédisposaient à se comprendre.


3. Sa Majesté des mouches (William Golding, 1954)

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Un groupe d’écoliers britanniques, âgés de six à douze ans, se retrouve livré à lui-même sur une île déserte du Pacifique après un accident d’avion. Ils élisent Ralph comme chef et tentent de s’organiser selon les règles apprises à l’école. Mais très vite, un rival, Jack, entraîne une partie du groupe vers la chasse, la violence et la superstition autour d’une « bête » imaginaire.

Ce qui commence comme une aventure dégénère en guerre tribale. Simon et Piggy, les voix de la raison, sont tués. William Golding, qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1983, livre ici une fable pessimiste sur la nature humaine : il suffit que les règles sautent pour que la cruauté s’installe, même chez des enfants. L’île paradisiaque ne protège de rien.


4. L’Île mystérieuse (Jules Verne, 1875)

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Cinq personnages — l’ingénieur Cyrus Smith, son domestique Nab, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff et l’adolescent Harbert — fuient le siège de Richmond pendant la guerre de Sécession à bord d’un ballon. Pris dans un ouragan, ils échouent sur une île déserte qu’ils baptisent l’île Lincoln, en hommage au président américain.

Grâce aux connaissances encyclopédiques de Cyrus Smith, la petite colonie reconstruit méthodiquement une civilisation : briques, fer, nitroglycérine, télégraphe. Jules Verne fait de cette île un laboratoire où le savoir scientifique du XIXᵉ siècle se traduit en gestes concrets de survie.

Mais une présence mystérieuse veille sur les naufragés dans l’ombre. Le lecteur·ice découvrira qu’il s’agit du capitaine Nemo, personnage central de Vingt mille lieues sous les mers, dont L’Île mystérieuse constitue la suite. Un roman qui fait le pari que l’intelligence et l’entraide suffisent à reconstruire un monde.


5. Deux ans de vacances (Jules Verne, 1888)

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Quinze garçons âgés de huit à quatorze ans, pensionnaires d’un collège de Nouvelle-Zélande, se retrouvent à la dérive sur le yacht Sloughi après que celui-ci a rompu ses amarres. La tempête les jette sur une île déserte du Pacifique. Sans adulte pour les guider, ils doivent chasser, pêcher, construire des abris et — surtout — s’organiser en société.

Jules Verne voulait à travers ce roman « parfaire le cycle » des robinsonnades par l’ajout d’une dimension collective. Les rivalités entre Briant, le Français élu chef, et Doniphan, l’Anglais orgueilleux, menacent la cohésion du groupe. Lorsque des bandits débarquent sur l’île, seule l’union permettra aux enfants de leur tenir tête. La survie, ici, passe moins par la débrouillardise individuelle que par la capacité à trancher ensemble, à obéir ou à s’opposer — bref, à faire fonctionner un groupe.


6. L’Île des dauphins bleus (Scott O’Dell, 1960)

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Sur l’île de San Nicolas, au large de la Californie, Karana, une jeune Amérindienne, se retrouve seule pendant dix-huit ans après le départ forcé de sa tribu et la mort de son frère cadet, tué par une meute de chiens sauvages. Pour survivre, elle fabrique des armes, construit un abri et apprend à cohabiter avec la faune de l’île — y compris le chien sauvage qu’elle finit par apprivoiser.

Le roman s’inspire de l’histoire vraie de Juana Maria, dernière habitante de l’île de San Nicolas, retrouvée en 1853. Récompensé par la médaille Newbery en 1961, ce livre se démarque des robinsonnades classiques par sa protagoniste féminine et par le lien qu’elle tisse avec son environnement : Karana n’asservit pas l’île, elle apprend à y trouver sa place.


7. Crash en forêt (Gary Paulsen, 1987)

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Brian, treize ans, est en route vers le nord du Canada pour passer l’été chez son père lorsque le pilote du petit avion meurt d’une crise cardiaque en plein vol. Le garçon parvient à poser l’appareil sur un lac, mais se retrouve seul en pleine forêt, avec pour tout équipement une hachette offerte par sa mère. Le titre original du roman, Hatchet, fait référence à cet objet devenu vital.

Pendant cinquante-quatre jours, Brian apprend à allumer un feu, à se nourrir de baies et de poisson, à se protéger des ours et des moustiques. Gary Paulsen, lui-même grand connaisseur des forêts du Minnesota et de l’Alaska, signe un récit de survie brut et précis, récompensé par une Newbery Honor en 1988. Le divorce des parents de Brian court en arrière-plan, et c’est cette blessure muette, autant que la faim ou le froid, qui donne au roman sa profondeur.


8. Ce qu’il advint du sauvage blanc (François Garde, 2012)

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Au milieu du XIXᵉ siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot vendéen de dix-huit ans, est abandonné par son équipage sur une côte déserte du nord de l’Australie. Recueilli par une tribu aborigène, il vit parmi eux pendant dix-sept ans, au point de perdre l’usage du français et d’oublier son propre nom. Quand un navire anglais le retrouve, nu et tatoué, c’est un homme entre deux mondes.

Le roman alterne entre le récit de la survie de Narcisse et les lettres d’Octave de Vallombrun, un géographe qui tente de « re-civiliser » ce « sauvage blanc ». François Garde s’inspire librement d’une histoire vraie pour poser une question qui dérange : si un Européen peut devenir aborigène en dix-sept ans, que reste-t-il de l’identité qu’on croyait fixe — la langue, la culture, le nom ? Récompensé par le prix Goncourt du premier roman et sept autres prix littéraires.


9. L’Île (Robert Merle, 1962)

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Robert Merle puise dans l’histoire vraie des mutins du Bounty pour bâtir ce roman. Après avoir tué leur tyrannique capitaine Burt, une poignée de marins britanniques s’enfuit avec des Tahitiens et des Tahitiennes vers une île isolée du Pacifique. L’idée est de fonder une communauté libre, à l’abri de la justice anglaise. Mais les préjugés raciaux, les rapports de domination et la question du partage des terres ne tardent pas à resurgir.

Une terre vierge ne produit pas des hommes neufs. À travers le personnage du lieutenant Purcell, idéaliste confronté à la montée de la violence, Merle interroge notre capacité à fonder une société juste. Les tensions s’aggravent jusqu’à la guerre civile. Publié en pleine guerre d’Algérie, le roman porte une réflexion sourde sur le colonialisme : même loin de la métropole, les rapports de pouvoir entre peuples se reproduisent intacts.


10. L’Appel de la forêt (Jack London, 1903)

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Buck, un puissant chien croisé saint-bernard et berger écossais, vit paisiblement en Californie chez le juge Miller. Volé par un domestique cupide, il est vendu comme chien de traîneau et expédié dans le Grand Nord canadien en pleine ruée vers l’or du Klondike. Il y découvre la brutalité des hommes, le froid, la faim et la loi du plus fort.

De maître en maître, Buck s’endurcit. Il tue son rival Spitz, devient chef d’attelage, puis rencontre John Thornton, le seul homme à lui témoigner de l’affection. Mais un appel primitif résonne en lui, de plus en plus fort. Après la mort de Thornton, Buck rejoint une meute de loups et redevient une créature sauvage. Jack London, qui s’était lui-même rendu au Klondike en 1897, livre ici un roman sur le retour aux instincts — parcours inverse de toute domestication.


11. Croc-Blanc (Jack London, 1906)

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Conçu comme le pendant symétrique de L’Appel de la forêt, Croc-Blanc suit le parcours inverse : celui d’un louveteau né dans les étendues glacées du Yukon qui, de la vie sauvage, va progressivement rejoindre le monde des hommes. Fils d’une louve et d’un chien-loup, Croc-Blanc est d’abord recueilli par l’Indien Castor Gris, puis vendu au cruel Beauty Smith, qui l’utilise dans des combats de chiens.

Sauvé par Weedon Scott, un ingénieur des mines bienveillant et patient, Croc-Blanc découvre un sentiment qu’il ignorait : l’attachement. Il suit son nouveau maître en Californie et finit par s’intégrer à une vie domestique. Lus ensemble, L’Appel de la forêt et Croc-Blanc posent la même question par deux chemins opposés : ce qu’un être vivant devient dépend-il de ce qu’il est au départ ou de ce qu’il traverse ?


12. Le Robinson suisse (Johann David Wyss, 1812)

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Un pasteur suisse, sa femme et leurs quatre fils — Fritz, Ernst, Jack et Franz — font naufrage sur une île indonésienne alors qu’ils se rendent en Australie. Seuls survivants, ils parviennent à récupérer de l’épave une quantité considérable de matériel et d’animaux domestiques, puis entreprennent de reconstruire une vie civilisée au cœur de la nature tropicale.

Johann David Wyss, lui-même pasteur bernois, a rédigé cette histoire entre 1794 et 1798 pour ses propres enfants, sans intention de la publier. Le livre ne paraît qu’en 1812, édité par son fils. Le père du récit, intarissable sur la botanique, la zoologie et la morale, transforme chaque épreuve en leçon de choses. Là où Defoe isolait un homme seul, Wyss place la cellule familiale au centre de la robinsonnade — une différence qui a fait le succès durable de l’ouvrage.


13. L’Enfant et la rivière (Henri Bosco, 1945)

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Pascalet grandit dans une métairie de Provence, non loin d’une rivière qui lui est formellement interdite. Les récits des grandes personnes — crues, trous d’eau, bohémiens — nourrissent sa fascination. Un jour, il brave l’interdit, monte dans une vieille barque sans rames et se laisse porter par le courant. Il échoue sur une île sauvage où des bohémiens retiennent prisonnier un garçon de son âge, Gatzo, qu’il parvient à libérer.

Les deux enfants fuient ensemble sur la rivière et s’initient à la pêche, au feu de camp, à la vie en plein air. Henri Bosco, écrivain provençal qui a reçu le prix Renaudot en 1945 pour Le Mas Théotime, signe ici un récit initiatique d’une grande délicatesse. La rivière n’est pas un simple décor : elle marque la frontière entre l’enfance protégée et un monde plus vaste, plus libre, dont on ne revient pas tout à fait le même.


14. L’Histoire de Pi (Yann Martel, 2001)

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Piscine Molitor Patel, dit Pi, est le fils du directeur du zoo de Pondichéry. Lorsque sa famille émigre au Canada par cargo, le navire Tsimtsum fait naufrage. Pi se retrouve seul sur un canot de sauvetage en compagnie d’un tigre du Bengale de deux cents kilos nommé Richard Parker. Pendant 227 jours, le garçon de seize ans devra pêcher, recueillir l’eau de pluie et maintenir un fragile équilibre avec le fauve pour rester en vie.

Récompensé par le Man Booker Prize en 2002, le roman mêle aventure maritime et réflexion sur la foi — Pi pratique à la fois l’hindouisme, le christianisme et l’islam — et, surtout, sur la nature même du récit. Dans les dernières pages, Pi propose une seconde version de son histoire, sans animaux, bien plus cruelle. Laquelle est la vraie ? Yann Martel laisse le choix au lecteur·ice.