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Que lire après « Tobie Lolness » de Timothée de Fombelle ?

Que lire après « Tobie Lolness » de Timothée de Fombelle ?

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Tobie Lolness est une série de deux romans de Timothée de Fombelle, publiée chez Gallimard Jeunesse en 2006 et 2007, avec des illustrations de François Place. On y suit Tobie, un garçon d’un millimètre et demi qui vit dans un grand chêne avec tout son peuple. Lorsque son père, le Professeur Sim Lolness, refuse de livrer le secret de la sève de l’Arbre, la famille est exilée dans les Basses-Branches, puis traquée par l’industriel Jo Mitch.

Couronnée de nombreux prix — dont le prix Sorcières et le Grand prix de l’Imaginaire — et traduite dans plus d’une trentaine de langues, la série s’est vendue à plus de 1,6 million d’exemplaires dans le monde. Elle est recommandée par le ministère de l’Éducation nationale en classes de CM1 à 4e, et Gallimard Jeunesse la conseille aux lecteur·ice·s de 9 à 12 ans (la tranche varie selon les éditions : certaines indiquent « à partir de 11 ans », d’autres « 10 à 18 ans »).

Si vous venez de refermer Les Yeux d’Elisha et que vous ne savez plus quoi lire, voici des suggestions dans la même veine : des récits d’aventure et d’imaginaire où l’on retrouve ce qui fait la force de Tobie Lolness — des mondes inventés avec soin, des héros et héroïnes qui tiennent tête à plus grand qu’eux, et cette manière de parler du réel par le détour de la fiction. Tous ces titres s’adressent à une tranche d’âge comparable, globalement de 9 à 15 ans selon les ouvrages.


1. Vango – Tome 1 : Entre ciel et terre (Timothée de Fombelle, 2010)

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Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, un jeune homme de dix-neuf ans s’apprête à prononcer ses vœux. Mais au lieu de l’ordination, c’est une course-poursuite qui s’engage : Vango Romano doit fuir la police, un mystérieux tireur et des forces qu’il ne comprend pas encore. Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, il n’a d’autre choix que de disparaître — sur les toits, à bord d’un zeppelin, entre les îles Éoliennes et les brouillards de l’Écosse. Le problème, c’est que Vango ne sait pas qui il est, et que les réponses se cachent dans un passé qu’il n’a jamais pu atteindre.

Sur fond de montée du nazisme et de tensions internationales, Fombelle fait tenir ensemble une dizaine de fils narratifs entre passé et présent, avec une précision d’horloger. L’intrépide Ethel, le commissaire Boulard, le père Zefiro et son monastère invisible : chaque personnage a sa propre trajectoire, son propre mystère, et tous convergent vers Vango sans qu’on sache jamais tout à fait pourquoi — du moins pas avant le second tome, Un prince sans royaume. On retrouve ici le même moteur que dans Tobie Lolness : un héros en fuite, un monde vaste à parcourir et une liberté à conquérir, cette fois ancré dans l’Europe de l’entre-deux-guerres.

Âge conseillé : à partir de 12 ans (Gallimard Jeunesse indique 12-18 ans).


2. Alma – Tome 1 : Le vent se lève (Timothée de Fombelle, 2020)

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1786. Alma, treize ans, vit avec sa famille dans une vallée isolée d’Afrique, à l’abri du monde. Quand son petit frère Lam disparaît, elle quitte ce refuge pour le retrouver — et découvre l’horreur de la traite négrière. Au même moment, à Lisbonne, un garçon nommé Joseph Mars se glisse clandestinement à bord de La Douce Amélie, un navire négrier, à la recherche d’un trésor légendaire. Entre l’Afrique, l’Europe et les Caraïbes, les trajectoires d’Alma et de Joseph se rapprochent à travers l’Atlantique.

Premier volet d’une trilogie sur l’esclavage et le combat pour l’abolition, Alma a été récompensé par le prix Sorcières 2021, le prix Gulli du Roman 2020 et le prix France Télévisions. Fombelle s’appuie sur un travail de documentation solide pour ancrer son récit dans le XVIIIe siècle, tout en gardant le rythme d’un roman de piraterie et de chasse au trésor. Les chapitres alternent les points de vue autour des Okos — le peuple d’Alma, dont le nom signifie « libre » — et croisent secrets de famille, complots de marchands et quêtes impossibles. On est loin du grand chêne, mais l’ambition n’a pas changé : raconter la résistance face à la brutalité du monde, à hauteur d’enfant. François Place, complice de longue date de Fombelle, signe les illustrations de chaque partie.

Âge conseillé : à partir de 12 ans.


3. Violette Hurlevent et le jardin sauvage (Paul Martin, 2019)

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Violette a dix ans, un petit frère, un chien nommé Pavel et un père violent que sa mère vient de quitter. Le jour où elle doit fuir la maison en urgence, elle se réfugie dans le jardin de sa nouvelle demeure — et bascule dans un univers immense, régi par ses propres lois. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent, le temps s’écoule autrement, et Violette se retrouve investie du rôle de « Protectrice ». Sa mission : empêcher la Grande Tempête et tenir tête au redoutable Kaliban, avec l’aide de Pavel (désormais doué de parole et toujours aussi gourmand), de la mystérieuse Lewice et de créatures aussi variées qu’imprévisibles — trolls de pierre, jardiniens minuscules, Horde verte.

Le roman de Paul Martin, illustré par Jean-Baptiste Bourgois dans un style onirique qui évoque Sempé, rappellera aux amateur·ice·s de Tobie Lolness ce plaisir de voir un monde entier surgir d’un espace familier — ici un jardin au lieu d’un arbre. C’est un récit initiatique où Violette apprend à négocier des alliances, à dépasser ses peurs et à trouver des compromis entre des forces qui ne demandent qu’à s’affronter. Le livre a reçu le Grand Prix des lecteurs du Journal de Mickey en 2019. Comme quoi, on n’a pas besoin de faire un millimètre et demi pour vivre de grandes aventures.

Âge conseillé : à partir de 9-10 ans (Sarbacane indique « dès 10 ans » ; la Fnac « dès 9 ans »).


4. La Rivière à l’envers – Tome 1 : Tomek (Jean-Claude Mourlevat, 2000)

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Tomek a treize ans et tient seul l’épicerie de son village — une boutique où l’on trouve de tout, enfin presque. Un soir, une jeune fille nommée Hannah lui demande s’il aurait de l’eau de la rivière Qjar, celle qui coule à l’envers et dont l’eau empêche de mourir. Tomek n’en a pas. Mais la question, et surtout les yeux d’Hannah, ne le lâchent plus. Alors il ferme boutique et part.

Son périple le conduira à travers des contrées extraordinaires : la Forêt de l’Oubli (où l’on perd son nom si l’on n’y prend garde), le village des Parfumeurs, l’île Inexistante… Chaque étape est une rencontre — Marie et son âne Cadichon, le capitaine Bastibalagom, l’immense panda Podcol — et chaque rencontre transforme un peu le garçon. Jean-Claude Mourlevat, lauréat du prix Astrid Lindgren 2021 (le premier Français à recevoir cette distinction), a écrit avec La Rivière à l’envers l’un de ces livres que l’on étudie en classe sans que cela suffise à le rendre ennuyeux — ce qui n’est pas rien. Le second tome, Hannah, raconte la même aventure du point de vue de la jeune fille : deux regards sur un même voyage, deux manières d’arriver l’un à l’autre.

Âge conseillé : à partir de 9 ans (classé 9-12 ans par l’éditeur ; recommandé par l’Éducation nationale en CM1-CM2 et 6e).


5. Le Combat d’hiver (Jean-Claude Mourlevat, 2006)

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Dans un pays imaginaire soumis à la dictature de la Phalange depuis quinze ans, quatre adolescents — Helen, Milena, Milos et Bartolomeo — croupissent dans des internats qui ressemblent davantage à des prisons qu’à des écoles. Tous sont orphelins. Tous ignorent que leurs parents étaient des résistants, éliminés par le régime. Le jour où une lettre mystérieuse leur révèle la vérité, ils décident de s’évader et de reprendre le combat. Mais la Phalange ne laisse personne s’enfuir : les terrifiants hommes-chiens sont lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées.

Mourlevat invente ici un univers où coexistent hommes-chiens, hommes-chevaux et de fragiles humains pris au piège d’un régime totalitaire — une fable sur le combat de la culture contre la barbarie, pour reprendre les mots de l’auteur lui-même. Milena, héritière de la voix de soprano de sa mère, deviendra le point de ralliement de l’insurrection ; Helen et Milos vivront un amour dont on ne sort pas indemne. Mourlevat ne protège pas ses personnages, et c’est ce qui donne au roman sa force. Récompensé une vingtaine de fois (prix France Télévision 2006, prix Sorcières 2008, prix des Incorruptibles 2008), Le Combat d’hiver est recommandé par l’Éducation nationale en classe de 4e. C’est aussi un roman autonome — pas de suite à attendre — ce qui, dans le paysage des sagas jeunesse, relève presque de l’exploit.

Âge conseillé : à partir de 12-13 ans (Gallimard Jeunesse indique 13-18 ans).


6. La Passe-miroir – Tome 1 : Les Fiancés de l’Hiver (Christelle Dabos, 2013)

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Derrière ses lunettes de myope et son écharpe élimée, Ophélie dissimule deux dons singuliers : elle peut lire le passé des objets en les touchant et traverser les miroirs pour se déplacer. Elle vit tranquillement sur l’Arche d’Anima — l’une des vingt et une îles flottantes qui composent ce qui reste de la Terre, fracturée depuis un cataclysme appelé « la Déchirure ». Mais quand les doyennes de sa famille la fiancent de force à Thorn, un homme austère du puissant clan des Dragons, Ophélie doit quitter les siens et gagner la Citacielle, capitale flottante de l’Arche du Pôle. Là-bas, sous de faux noms et au milieu d’intrigues de cour redoutables, elle découvre qu’elle est devenue le jouet d’un complot mortel.

Christelle Dabos a remporté le concours du Premier Roman Gallimard Jeunesse avec ce texte, et la raison saute aux yeux : l’univers fourmille d’idées neuves. Chaque Arche a ses propres pouvoirs — les animistes d’Anima font bouger les objets, les Mirages du Pôle créent des illusions, les Dragons griffent mentalement leurs adversaires. Ophélie, héroïne maladroite mais tenace, tranche avec les figures habituelles de la fantasy : elle trébuche, se cogne, ne comprend pas toujours ce qui se joue autour d’elle — et on s’y attache d’autant plus. La tétralogie complète (Les Disparus du Clairdelune, La Mémoire de Babel, La Tempête des échos) maintient cette qualité de bout en bout — quatre tomes sans fléchir, c’est suffisamment rare pour être signalé. Le titre est recommandé par l’Éducation nationale en classe de 3e.

Âge conseillé : à partir de 12-13 ans.


7. Le Livre des Étoiles – Tome 1 : Qadehar le Sorcier (Erik L’Homme, 2001)

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Guillemot de Troïl est un garçon timide et rêveur du Pays d’Ys, une terre à mi-chemin entre le Monde Certain (le nôtre) et le Monde Incertain (celui des monstres et des tribus étranges). Ys ressemble à notre monde sous bien des aspects — on y trouve des ordinateurs et des salles de cinéma — mais on y croise aussi des chevaliers en armure et des sorciers. Lorsqu’un épisode magique révèle que Guillemot a des aptitudes hors du commun pour la sorcellerie, le puissant sorcier Qadehar le prend comme apprenti et lui enseigne l’art des Graphèmes, un alphabet de vingt-quatre lettres magiques issues des étoiles, inspiré du futhark nordique. Mais qui a volé le mystérieux Livre des Étoiles, et pourquoi Agathe de Balangru, la pire ennemie de Guillemot, a-t-elle été enlevée par des Gommons ?

Avec ses amis Ambre, Coralie, Gontrand et Romaric (devise du groupe : « Tous pour un et un pour tous »), Guillemot franchira la Porte du Monde Incertain pour affronter ce qui s’y cache. Erik L’Homme, né en 1967 à Grenoble et grand voyageur (il a vécu au Pakistan pour étudier la culture orale du Chitral), a eu l’intelligence de fonder son système de magie sur les runes nordiques — Galdr, Önd, Stadha — plutôt que de recycler les formules latines habituelles. Résultat : la trilogie possède une identité propre dans un genre — la fantasy jeunesse — où la tentation du copier-coller est permanente. Recommandé par l’Éducation nationale en CM1-CM2 et 6e, le roman s’adresse aussi bien aux lecteur·ice·s débutant·e·s en fantasy qu’à celles et ceux qui ont déjà dévoré Harry Potter et cherchent autre chose.

Âge conseillé : à partir de 9 ans (Fnac).


8. À la Croisée des mondes – Tome 1 : Les Royaumes du Nord (Philip Pullman, 1995)

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Lyra Belacqua grandit entre les murs du très austère Jordan College, à Oxford, sous l’œil de vieux érudits qui ne savent pas trop quoi faire d’une gamine aussi débrouillarde. Son fidèle compagnon, le dæmon Pantalaimon — manifestation physique de son âme, capable de changer de forme animale à volonté tant que Lyra est enfant —, ne la quitte jamais. Le jour où son ami Roger disparaît, enlevé par les mystérieux « Enfourneurs », Lyra part à sa recherche, armée d’un aléthiomètre (une sorte de boussole de vérité) et d’un culot considérable. Son voyage la mènera chez les Gitans, dans les royaumes du Grand Nord, auprès de l’ours en armure Iorek Byrnison et de la sorcière Serafina Pekkala, jusqu’aux confins d’un autre monde.

Publiée en 1995 au Royaume-Uni et traduite en français par Jean Esch chez Gallimard Jeunesse en 1998, cette trilogie (complétée par La Tour des anges et Le Miroir d’ambre) est l’une des rares séries jeunesse à aborder de front la religion institutionnelle, la conscience et le passage à l’âge adulte — sans jamais simplifier ces sujets sous prétexte que le public est jeune. Le concept des dæmons, à lui seul, justifie la lecture : imaginez que votre âme prenne la forme d’un animal visible par tous, et que quiconque tente de vous en séparer commette l’acte le plus cruel qui soit. C’est le genre de trouvaille qui ne s’oublie pas.

Âge conseillé : à partir de 11-12 ans (Gallimard Jeunesse recommande 10-18 ans selon les éditions ; Cultura indique « dès 11 ans »).