Paru en 2021 en version originale puis traduit en français chez J’ai Lu en 2023, The Spanish Love Deception est le premier roman d’Elena Armas, autrice espagnole révélée sur BookTok et Bookstagram. On y suit Catalina Martín, ingénieure espagnole installée à New York, qui assure à sa famille qu’elle viendra accompagnée de son petit ami américain au mariage de sa sœur en Espagne. Le problème : ce petit ami n’existe pas, et le mariage approche à grands pas — avec, parmi les invités, son ex et la nouvelle fiancée de celui-ci. Quand Aaron Blackford, collègue aussi séduisant qu’exaspérant, se propose pour jouer le rôle du compagnon fictif, Catalina accepte à contrecœur. Le roman repose sur un cocktail de ressorts très prisés en romance contemporaine : le faux couple, la rivalité amoureuse et la proximité forcée. Le tout baigne dans un humour généreux et un cadre familial espagnol.
Si vous êtes à la recherche de lectures dans la même veine, voici quelques recommandations.
1. The Love Hypothesis (Ali Hazelwood, 2021)

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Olive Smith, doctorante en biologie à Stanford, ne croit guère aux relations durables. Sa meilleure amie Anh, elle, y croit — et c’est précisément le problème. Anh a des vues sur l’ex d’Olive, mais refuse de tenter quoi que ce soit tant qu’elle pense qu’Olive est encore célibataire et blessée. Pour la libérer de cette culpabilité, Olive décide de lui prouver qu’elle a tourné la page — et, dans un moment de panique, embrasse le premier homme à portée de lèvres. Il s’agit d’Adam Carlsen, jeune professeur que les étudiants de Stanford fuient pour sa froideur et son intransigeance. Contre toute attente, Adam accepte de se faire passer pour son petit ami. Ce qui ne devait être qu’un arrangement temporaire se complique quand Olive réalise qu’Adam n’est peut-être pas l’homme froid et distant que tout le monde décrit — et qu’elle n’est peut-être pas aussi indifférente qu’elle le prétend.
Ce qui donne à The Love Hypothesis son identité propre, c’est son ancrage dans le milieu universitaire et scientifique — un décor rarement exploité en romance. Elle-même docteure en neurosciences, Ali Hazelwood restitue avec précision les hiérarchies du monde académique, la pression des financements de recherche et les obstacles spécifiques que rencontrent les femmes dans les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). Le roman aborde aussi le harcèlement en milieu professionnel, un sujet traité avec justesse et non comme un simple rebondissement commode. Les dialogues sont vifs, souvent drôles, et Adam Carlsen — derrière sa réputation de tyran — se révèle peu à peu attentionné, patient, d’une douceur que personne sur le campus ne lui soupçonnait. Le livre est resté longtemps dans les meilleures ventes du New York Times et une adaptation cinématographique est en cours de tournage, avec Lili Reinhart et Tom Bateman dans les rôles principaux.
2. Love on the Brain (Ali Hazelwood, 2022)

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Neuroscientifique aux cheveux violets et fan inconditionnelle de Marie Curie, Bee Königswasser reçoit la proposition de sa vie : diriger un projet de la NASA visant à développer un casque de neuro-ingénierie pour les astronautes. Elle accepte sans hésiter. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’elle devra codiriger ce projet avec Levi Ward, un ancien camarade de fac qui, d’après ses souvenirs, la méprise ouvertement depuis leurs années d’études. Leur collaboration forcée commence dans une franche hostilité — du moins du côté de Bee. Car plus le projet avance, plus Levi se montre étrangement solidaire : il prend sa défense face à des collègues condescendants, appuie ses propositions en réunion, et la regarde d’une façon qui ne colle pas du tout avec l’image de l’ennemi juré.
Ali Hazelwood reprend ici la structure qui a fait le succès de The Love Hypothesis — héroïne brillante en milieu scientifique, héros taciturne dont la froideur apparente masque des sentiments inavoués, sexisme institutionnel en toile de fond — mais y ajoute des éléments qui lui sont propres. Bee tient un compte Twitter anonyme baptisé « Que ferait Marie Curie », sur lequel elle échange avec un mystérieux interlocuteur : ce fil épistolaire numérique, dont l’identité de l’autre partie se devine (ou pas), ajoute un ressort de curiosité qui dépasse la seule romance. Le récit est aussi ponctué d’anecdotes sur Marie Curie — sa vie, ses travaux, les discriminations qu’elle a subies — qui font écho aux combats de Bee. Côté personnages secondaires, Rocío, assistante de recherche au sens de l’humour d’une noirceur réjouissante, vole régulièrement la vedette. Un roman taillé pour qui aime les histoires où c’est l’homme qui tombe amoureux en premier, longtemps avant de l’avouer.
3. Meilleurs ennemis (Sally Thorne, 2016)

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Lucy Hutton et Joshua Templeman se détestent. Pas une simple antipathie polie : une hostilité franche, quotidienne, ritualisée. Tous deux sont assistants de direction dans une maison d’édition new-yorkaise née de la fusion de deux entreprises rivales, Bexley Books et Gamin Publishing. Assis face à face dans le même bureau, chacun défend les intérêts de son camp : Lucy travaille pour le co-PDG issu de Bexley, Josh pour celui de Gamin. Leurs journées sont une succession de regards assassins, de jeux de miroir et de piques millimétrées. Quand une promotion unique se profile — un poste de directeur adjoint pour lequel leurs deux patrons les mettent en concurrence — la rivalité atteint un point de non-retour. Lucy sait que si elle perd, elle devra démissionner. Puis, un soir, dans l’ascenseur, Josh l’embrasse. Et tout ce qu’elle croyait savoir sur lui vacille.
Meilleurs ennemis (titré The Hating Game en VO) est l’un des romans qui ont relancé la romance contemporaine de bureau. Sally Thorne construit la tension entre Lucy et Josh avec une précision redoutable : chaque joute verbale, chaque regard appuyé, chaque geste involontaire fait monter la pression d’un cran. Le roman est entièrement raconté du point de vue de Lucy, qui perçoit Josh comme un adversaire impénétrable — ce qui rend d’autant plus jubilatoire le moment où l’on comprend, avant elle, que la réalité est bien différente de ce qu’elle imagine. Les dialogues sont acérés, le rythme soutenu, et la romance prend son temps : les sentiments se construisent sur près de 500 pages avant d’aboutir. Le livre a été adapté au cinéma en 2021, avec Lucy Hale et Austin Stowell.
4. L’anti-lune de miel (Christina Lauren, 2019)

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Olive Torres est la malchance incarnée. Le jour du mariage de sa sœur jumelle Ami, une intoxication alimentaire causée par le buffet de fruits de mer fauche l’ensemble des invités — mariés compris. Les deux seules personnes épargnées : Olive, qui n’a pas touché aux crevettes, et Ethan, frère du marié, qu’elle ne peut pas supporter (et c’est réciproque, du moins le croit-elle). Problème : la lune de miel à Hawaï est déjà payée, non remboursable et non reportable. Les deux rescapés du banquet maudit décident donc de partir à Maui à la place des mariés. Il faudra, bien sûr, jouer les jeunes époux amoureux devant le personnel de l’hôtel. Rien de bien compliqué pour deux personnes qui se vouent une détestation cordiale — jusqu’à ce qu’Olive croise son patron sur place et fasse impulsivement passer Ethan pour son mari, ce qui rend la comédie impossible à abandonner.
Derrière le pseudonyme Christina Lauren se cache un duo d’autrices — Christina Hobbs et Lauren Billings — habituées de la comédie romantique. L’anti-lune de miel tire sa force d’un pitch volontairement absurde : deux ennemis coincés au paradis, contraints de feindre le bonheur conjugal. Loin de New York et de leurs préjugés mutuels, Olive et Ethan finissent par se parler — vraiment — et découvrent que le type insupportable et la fille malchanceuse ne correspondent pas du tout à la caricature que chacun s’était construite de l’autre. Le roman aborde aussi, sans lourdeur, la relation entre les deux sœurs jumelles — Ami la perfectionniste et Olive l’éternelle seconde — et les non-dits familiaux qui en découlent. Une lecture idéale pour s’évader, avec ou sans intoxication alimentaire au menu.
5. Ennemis (et plus si affinités) (Mia Sosa, 2020)

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Quel est le comble pour une organisatrice de mariages ? Se faire planter devant l’autel. C’est pourtant ce qui est arrivé à Carolina « Lina » Santos. La veille de la cérémonie, Max Hartley — frère cadet du marié — a tenu un discours anti-mariage particulièrement inspiré (et particulièrement arrosé) qui a convaincu son frère Andrew de prendre la fuite le jour J, laissant Lina seule face aux invités. Trois ans plus tard, Lina a reconstruit sa carrière de wedding planner et se voit proposer le poste de ses rêves par un prestigieux groupe hôtelier. Le hic : pour l’obtenir, elle doit monter un projet avec l’entreprise de marketing des frères Hartley. Et c’est Max — celui par qui le désastre est arrivé — qui sera son interlocuteur direct.
L’originalité de ce roman tient à la cible de la rancœur de l’héroïne : Lina n’en veut pas tant à Andrew, son ex, qu’à Max, le frère qui a semé le doute dans l’esprit du marié. Cette configuration crée une dynamique peu commune : Max n’est ni l’ex ni le rival, mais l’homme qui a (indirectement) détruit le plus beau jour de sa vie. Ancienne avocate reconvertie dans la romance, Mia Sosa dose l’humour et l’émotion avec soin. D’origine brésilienne, Lina évolue au sein d’une famille qui a un avis sur tout et n’hésite jamais à le faire savoir — on pensera à la famille de Catalina dans The Spanish Love Deception. De son côté, Max se révèle bien plus nuancé que le saboteur irresponsable qu’on imaginait : il cherche à se démarquer de son frère aîné et se montre d’une patience remarquable face à l’hostilité de Lina. Le récit alterne les points de vue des deux protagonistes, ce qui permet de mesurer l’écart entre ce que chacun ressent et ce que l’autre perçoit.
6. The Bodyguard (Katherine Center, 2022)

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Hannah Brooks mesure un mètre soixante-cinq, ressemble davantage à une institutrice qu’à une tueuse à mains nues — et pourtant, c’est une garde du corps d’élite. Sa nouvelle mission : protéger Jack Stapleton, star hollywoodienne menacée par un harceleur obsessionnel. Quand Jack retourne au ranch familial au Texas pour soutenir sa mère atteinte d’un cancer, il refuse que ses proches apprennent l’existence de la menace. Hannah doit donc se faire passer pour sa petite amie — une couverture censée justifier sa présence permanente à ses côtés. Sauf qu’Hannah vient de perdre sa propre mère, que son ex l’a quittée dans la foulée, et que la dernière chose dont elle a besoin, c’est de feindre une relation amoureuse avec un homme dont le sourire est classé arme de destruction massive.
Katherine Center inverse ici un schéma classique : c’est la femme qui assure la protection physique, et l’homme qui joue le rôle du cœur tendre de l’histoire. Malgré son statut de sex-symbol international, Jack est un personnage simple, drôle et profondément attaché à sa famille — une famille texane soudée mais traversée par ses propres tensions. La cohabitation au ranch, loin de Hollywood et de ses artifices, oblige Hannah à baisser la garde — au sens figuré cette fois. Le roman a reçu les éloges d’Emily Henry, qui l’a qualifié de « roman parfait ». Si le faux couple de The Spanish Love Deception vous a séduit·e, le duo Hannah-Jack vous plaira sans doute, avec en prime un cadre rural texan qui change des bureaux et des grandes villes où se déroulent la plupart des titres de cette liste.
7. Comme dans un roman d’été (Emily Henry, 2020)

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January Andrews est une autrice à succès de comédies romantiques — le genre de livres où tout finit bien, toujours. Augustus « Gus » Everett, lui, est considéré comme le nouveau prodige de la littérature américaine, spécialisé dans les récits sombres aux fins dévastatrices. Ces deux-là se connaissent depuis la fac, où ils ne s’appréciaient déjà guère. Le hasard les réunit comme voisins de plage dans une petite ville du Michigan, le temps d’un été : January a hérité de la maison de vacances de son père, récemment décédé, et découvre à cette occasion que celui-ci menait une double vie — une révélation qui pulvérise l’image du couple parental idéal sur lequel elle avait bâti sa foi dans les fins heureuses. De son côté, Gus traverse une panne d’écriture sévère. Un pari naît entre eux : January tentera d’écrire un roman littéraire « sérieux », Gus s’essaiera à la comédie sentimentale. Pour trouver l’inspiration, elle organise pour lui des sorties romantiques ; il lui fait rencontrer des personnes aux parcours difficiles, marqués par la perte ou l’injustice.
Comme dans un roman d’été (paru sous le titre Beach Read en VO) est le livre qui a fait connaître Emily Henry au grand public et l’a installée parmi les voix majeures de la romance américaine contemporaine. Sous sa couverture légère et son titre estival, le roman va plus loin qu’il n’y paraît : il parle de deuil, de trahison parentale, de la difficulté à croire aux fins heureuses quand sa propre vie vient de prouver le contraire. January et Gus portent chacun des blessures concrètes — pas de vagues tourments romantiques, mais des événements précis qui ont fracturé leur vision du monde. Leurs joutes verbales, aussi drôles soient-elles, servent souvent de paravent à ces fragilités. Et la mise en abyme fonctionne à merveille : regarder deux écrivains tenter de s’approprier le genre littéraire de l’autre, c’est aussi assister à la confrontation de deux visions de la vie — January, qui veut croire que les histoires peuvent bien finir, et Gus, convaincu que la réalité ne fait pas de cadeaux — et découvrir ce qui se passe quand chacun accepte de considérer le point de vue de l’autre.