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Que lire après « Tant que le café est encore chaud » de Toshikazu Kawaguchi ?

Que lire après « Tant que le café est encore chaud » de Toshikazu Kawaguchi ?

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Tant que le café est encore chaud est un roman de l’écrivain et dramaturge japonais Toshikazu Kawaguchi, publié au Japon en 2015 puis traduit en français par Miyako Slocombe chez Albin Michel en 2021. Adapté d’une pièce de théâtre de sa compagnie 1110 Productions — lauréate du grand prix du 10e Festival dramatique de Suginami —, le livre se déroule au café Funiculi Funicula, un établissement tokyoïte où il est possible de voyager dans le temps à condition de respecter des règles strictes, dont la plus impérieuse : revenir avant que le café ne refroidisse. Quatre femmes s’y succèdent, chacune confrontée à un regret ou à un non-dit, et découvrent que si le passé ne peut être modifié, le regard que l’on porte sur le présent, lui, peut se transformer radicalement. Vendu à plus d’un million d’exemplaires au Japon et traduit dans une trentaine de pays, le roman a depuis essaimé en une série de plusieurs tomes et en un film sorti en 2018.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé ce livre — et que votre café a eu le temps de refroidir trois fois —, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Le Café du temps retrouvé (Toshikazu Kawaguchi, 2022)

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Retour au Funiculi Funicula pour ce deuxième tome de la série. Le principe reste identique — une tasse de café, une chaise hantée par une dame en blanc, un voyage temporel encadré par des règles inflexibles —, mais les personnages sont nouveaux. Gôtarô souhaite revoir un ami décédé vingt ans plus tôt ; Yukio veut dire à sa mère défunte combien il regrette de ne pas avoir été plus présent ; Katsuki espère retrouver la femme qu’il n’a jamais osé épouser ; Kiyoshi, vieil enquêteur, aimerait offrir à son épouse un cadeau inestimable. Quatre histoires, quatre deuils, quatre façons de se réconcilier avec ce qui a été.

Ce tome est aussi l’occasion de mieux connaître les personnages récurrents du café : on en apprend davantage sur l’impassible Kazu, la serveuse, et sur les liens qui l’unissent à la mystérieuse dame en blanc. Le roman a beau reprendre la mécanique du premier volume — au point de rappeler les fameuses règles un nombre de fois qui confine à l’exercice de patience —, il se révèle plus poignant que son prédécesseur dès qu’il aborde le deuil et la filiation. Si le premier tome vous a donné envie d’un deuxième café, celui-ci est déjà sur le comptoir.


2. Le Café où vivent les souvenirs (Toshikazu Kawaguchi, 2023)

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Ce troisième tome change de décor : exit Tokyo, direction Hakodate, dans le nord du Japon, où le café Dona Dona offre à sa clientèle la même possibilité de voyager dans le temps que son homologue tokyoïte. On y rencontre Yayoi, une jeune orpheline en colère contre ses parents disparus ; Todoroki, un comédien qui se languit de son épouse et de leurs rêves communs ; Reiko, submergée par la perte de sa sœur ; et Reiji, qui réalise trop tard la profondeur de ses sentiments pour son amie d’enfance.

Le déplacement vers Hokkaido rafraîchit le décor, même si le schéma narratif reste fidèle aux tomes précédents : un chapitre, un personnage, un voyage, une leçon sur la valeur du présent. C’est d’ailleurs la question centrale de toute la saga — le temps ne se rattrape pas, mais il se comprend mieux avec une tasse à la main. On y retrouve Nagare et Kazu, venus tenir la boutique en l’absence de la propriétaire, ainsi que la petite Sachi, sept ans, dont le fameux « livre des 100 questions » a marqué plus d’un·e lecteur·ice. Un tome qui ne réinvente rien, mais qui a l’honnêteté de ne pas prétendre le contraire — et qui, par moments, touche juste.


3. Le Restaurant des recettes oubliées (Hisashi Kashiwai, 2023)

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Dans les ruelles de Kyoto se cache le restaurant des Kamogawa, tenu par Nagare, chef cuisinier aussi méticuleux que taiseux, et sa fille Koishi, plus accessible et volontiers bavarde. Leur spécialité ne figure sur aucune carte : ils retrouvent et reproduisent des plats oubliés que leurs clients gardent enfouis dans un coin de leur mémoire. Nabeyaki udon, sushis au maquereau, tonkatsu ou spaghettis à la napolitaine — chaque recette perdue est rattachée à un moment de vie oublié, et la retrouver revient à dégager un passage que l’on croyait muré.

Hisashi Kashiwai, né à Kyoto en 1952 et dentiste de profession (on n’invente rien), a construit son premier roman comme un recueil de six récits indépendants. Chacun suit le même rituel : un client se présente avec un souvenir gustatif flou, le duo père-fille enquête, puis le plat ressuscité déclenche une émotion que les mots seuls n’auraient pas su provoquer. On pense à Proust et à sa madeleine, sauf qu’ici la réminiscence sent le dashi et le riz cuit. Le livre a été vendu à plus de 80 000 exemplaires au Japon et a donné naissance à une série en plusieurs tomes ainsi qu’à une adaptation télévisée. Si Tant que le café est encore chaud vous a séduit·e par son dispositif (un lieu, des règles, des visiteurs en quête de paix intérieure), vous retrouverez ici une structure très similaire — le voyage dans le temps en moins, les calories en plus.


4. La Bibliothèque des rêves secrets (Michiko Aoyama, 2022)

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Au cœur de Tokyo, dans la bibliothèque d’un modeste centre social, se tient Sayuri Komachi : une bibliothécaire à la stature imposante et au regard indéchiffrable, installée derrière un paravent, qui pose à chaque visiteur une seule question. En guise de réponse, elle fournit une liste de livres à emprunter — dont un titre totalement inattendu, sans rapport apparent avec la demande initiale — ainsi qu’un petit objet en laine feutrée fabriqué de ses mains, qu’elle appelle « le petit plus ». Cinq personnages se succèdent dans son bureau : Tomoka, vendeuse en prêt-à-porter qui ne s’épanouit pas dans son travail ; Ryô, comptable rêvant d’ouvrir une boutique d’antiquités ; Natsumi, mère de famille écartée de son poste à responsabilités ; Hiroya, trentenaire toujours sans emploi ; et Masao, jeune retraité en quête d’un nouveau sens à donner à ses journées.

Michiko Aoyama, journaliste japonaise, signe ici son premier roman — finaliste du Prix des libraires au Japon et immédiatement propulsé en tête des ventes. Le postulat tient en une phrase : un livre peut changer une vie, à condition de tomber sur le bon au bon moment (et sur la bonne bibliothécaire). Le récit se structure en cinq chapitres autonomes, reliés par la figure de Komachi, et chacun fonctionne comme une fable sur le courage de changer de direction. On est ici dans le domaine du possible plutôt que du fantastique : pas de voyage dans le temps ni de chaise hantée, mais une attention portée aux bifurcations discrètes de l’existence. Le ton est doux sans être mièvre — un équilibre que le roman tient de bout en bout.


5. Chats sur ordonnance (Syou Ishida, 2024)

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Bienvenue à la Clinique psychologique de Nakagyô, un établissement niché au fond d’une ruelle sombre de Kyoto, si difficile à trouver qu’il faut presque mériter d’y arriver. Le docteur Nike, secondé par son infirmière Chitose, y reçoit des patients en souffrance. Sa particularité : il ne prescrit aucun médicament. À la place, il prescrit des chats. Un jeune homme victime de harcèlement au travail, un père de famille dépassé, une mère incapable de communiquer avec sa fille, une créatrice de mode rongée par le perfectionnisme — tous se voient confier un félin, jamais celui qu’ils attendaient, mais toujours celui dont ils avaient besoin.

Syou Ishida, née à Kyoto en 1975, avait déjà remporté le Grand Prix japonais de l’Histoire d’amour pour son premier roman, Tomato Sensei. Avec Chats sur ordonnance, best-seller au Japon traduit dans plus de vingt-cinq pays, elle reprend un schéma que l’on retrouve dans plusieurs des livres de cette liste : un lieu singulier, des vies ordinaires en panne, une touche de surnaturel qui vient tout débloquer. Le roman se compose de cinq récits reliés par la clinique, et chaque chat a sa personnalité, ses caprices et sa propre façon de soigner son humain. On ne révélera rien de la fin, sinon qu’elle donne à relire tout ce qui précède avec un œil neuf. Avis aux allergiques : ici, le poil de chat est un effet secondaire parfaitement assumé.


6. Les Délices de Tokyo (Durian Sukegawa, 2016)

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Sentarô tient une échoppe de dorayaki — ces petites pâtisseries fourrées à la pâte de haricots rouges — sans passion ni conviction, pour rembourser des dettes contractées après un passage en prison. Un jour, Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, se présente et insiste pour travailler à ses côtés, même pour un salaire dérisoire. Son secret : elle sait « écouter la voix des haricots ». Grâce à elle, la clientèle double, et Sentarô redécouvre le goût de son propre métier. Mais Tokue cache un lourd secret, lié à un pan méconnu et douloureux de l’histoire japonaise, et sa disparition laissera au jeune pâtissier bien plus qu’une recette. Wakana, lycéenne solitaire, complète ce trio de personnages abîmés par la vie et reliés par la grâce d’un gâteau.

Durian Sukegawa — de son vrai nom Tetsuya Sukegawa, poète, écrivain, clown et diplômé à la fois de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon (le curriculum vitae le plus improbable de cette liste) — a écrit ici une fable sur la transmission, l’exclusion sociale et l’attention portée aux choses infimes. Le roman a été adapté au cinéma par la réalisatrice Naomi Kawase, dont le film a été présenté au Festival de Cannes en 2015. Sous ses airs de récit gourmand, Les Délices de Tokyo aborde avec une grande délicatesse la question de la lèpre au Japon et du sort réservé aux personnes qui en étaient atteintes — un sujet que l’on n’attendait pas derrière un paquet de dorayaki. C’est le titre le plus grave de cette sélection, et probablement celui dont on se souvient le plus longtemps.


7. Les Mémoires d’un chat (Hiro Arikawa, 2017)

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Nana est un chat de gouttière au caractère bien trempé et à la langue acérée. Recueilli par Satoru, un jeune homme d’une gentillesse presque suspecte, il mène une vie tranquille dans un appartement tokyoïte. Mais après cinq ans de cohabitation, Satoru se voit contraint — pour une raison que le roman ne dévoile qu’à la toute fin — de trouver un nouveau foyer à son compagnon. Commence alors un road trip à travers le Japon à bord d’un monospace, de visite en visite chez les anciens amis de Satoru : Kôsuke, l’ami d’enfance ; Yoshimine, paysan bourru ; Sugi et Chikako, couple au pied du mont Fuji. À chaque étape, un pan du passé de Satoru se révèle, et Nana, en narrateur félin aussi perspicace qu’immodeste, commente le tout avec un aplomb irrésistible.

Le roman de Hiro Arikawa est un récit d’amitié entre un homme et son chat, doublé d’un voyage dans les souvenirs d’une vie entière. La narration alternée — Nana raconte à sa manière, les humains complètent le tableau — tient parfaitement la route, et le contraste entre l’optimisme inébranlable de Satoru et le sarcasme félin de Nana produit des scènes aussi drôles que poignantes. Un avertissement, tout de même : la fin de ce livre a fait pleurer un nombre considérable de lecteur·ices, et les propriétaires de chats sont particulièrement vulnérables. Prévoyez des mouchoirs.


8. La Formule préférée du professeur (Yôko Ogawa, 2005)

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Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien professeur de mathématiques dont la carrière a été brisée par un accident de voiture. Depuis ce jour, sa mémoire ne dure que quatre-vingts minutes : chaque matin, il faut tout réexpliquer, tout reprendre à zéro. Malgré ce handicap, le vieil homme conserve intacte sa passion pour les nombres — et pour le base-ball, ce qui donne lieu à des conversations où statistiques sportives et propriétés des nombres premiers cohabitent avec un naturel confondant. Lorsque l’aide-ménagère lui présente son fils de dix ans, le professeur le surnomme aussitôt Root (« Racine »), parce que le sommet de son crâne est aussi plat que le signe de la racine carrée. Commence alors entre ces trois personnes une relation faite de patience, de curiosité et de tendresse renouvelée chaque jour.

Yôko Ogawa, née en 1962, est l’une des voix les plus importantes de la littérature japonaise contemporaine. La Formule préférée du professeur, récompensé par le prix Yomiuri en 2004 et adapté au cinéma par Takashi Koizumi en 2006, est sans doute son roman le plus connu à l’international. Sa force tient à un tour de passe-passe : rendre les mathématiques bouleversantes. Les nombres amicaux, les nombres premiers jumeaux, la beauté cachée des formules — tout cela devient, sous la plume d’Ogawa, un langage pour dire l’attachement, la filiation et la fragilité de la mémoire. C’est un livre sur ce qui persiste quand tout le reste s’efface, et sur la façon dont une relation peut se construire alors même qu’elle doit être réinventée toutes les quatre-vingts minutes. Résultat collatéral : il a réconcilié avec les mathématiques un nombre non négligeable de lecteur·ices qui pensaient la chose impossible.