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Que lire après « Six of Crows » de Leigh Bardugo ?

Que lire après « Six of Crows » de Leigh Bardugo ?

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Six of Crows est une duologie de fantasy young adult écrite par l’autrice américaine Leigh Bardugo, publiée en 2015 aux États-Unis et en 2016 en France chez Milan. L’intrigue se déroule dans le Grishaverse, le même univers que la trilogie Grisha, et suit six criminels aux talents complémentaires — Kaz Brekker, Inej Ghafa, Jesper Fahey, Nina Zenik, Matthias Helvar et Wylan Van Eck — engagé·es dans un casse réputé impossible au cœur de la ville de Ketterdam, une cité inspirée d’Amsterdam où tout s’achète si l’on y met le prix. Salué par la critique, comparé à un croisement entre Ocean’s Eleven et Game of Thrones, le roman a été adapté dans la série Netflix Shadow and Bone : La Saga Grisha.

Si vous avez quitté le Barrel à regret et que le manque se fait sentir, voici d’autres romans qui partagent le même ADN : des bandes de hors-la-loi aux plans trop ambitieux pour réussir, des systèmes de magie qui tiennent la route, et des personnages dont la boussole morale pointe rarement vers le nord.


1. Les Salauds Gentilshommes – Tome 1 : Les Mensonges de Locke Lamora (Scott Lynch, 2006)

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Dans la cité de Camorr, librement inspirée d’une Venise médiévale aux relents de caniveaux, un orphelin nommé Locke Lamora s’est hissé à la tête d’une bande de voleurs d’élite : les Salauds Gentilshommes. Formé par le père Chains — un faux prêtre aveugle qui n’est ni prêtre ni aveugle —, Locke a élevé l’escroquerie au rang de discipline. On le surnomme la Ronce de Camorr, mais sa réputation de bretteur invincible repose sur du vent : en réalité, il sait à peine manier l’épée. Ses armes à lui, ce sont le mensonge, le déguisement et un culot sans fond.

Là où Six of Crows met Kaz Brekker aux prises avec une forteresse imprenable, Les Mensonges de Locke Lamora confronte son héros à une menace inattendue : un mystérieux Roi Gris qui décide de ravager l’ordre criminel de Camorr. Le plan de Locke, si soigneusement ficelé, part en fumée, et la partie bascule de l’arnaque joyeuse vers la vengeance et la survie. C’est aussi un roman où l’amitié entre les membres de la bande — en particulier entre Locke et son acolyte Jean Tannen — constitue le véritable cœur du récit. Pour qui a aimé les dynamiques de groupe de Kaz et ses acolytes, les Salauds Gentilshommes se révéleront vite en terrain familier. L’humour noir y est féroce, les dialogues savoureux — et le fait qu’il s’agisse d’un premier roman rend la maîtrise du récit d’autant plus sidérante.


2. Fils-des-Brumes – Tome 1 : L’Empire ultime (Brandon Sanderson, 2006)

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Imaginez un monde où le héros de la prophétie a échoué — ou pire, a gagné et s’est transformé en tyran. Voilà le postulat de départ de L’Empire ultime. Depuis mille ans, le Seigneur Maître règne d’une poigne de fer sur un empire de cendres. Le ciel est perpétuellement gris, la végétation a flétri, et la société est divisée entre les nobles — détenteurs de l’allomancie, une magie fondée sur l’ingestion de métaux — et les skaa, réduits en esclavage.

C’est dans ce monde étouffé que Vin, une jeune voleuse des rues habituée à ne faire confiance à personne, croise la route de Kelsier, un voleur de génie surnommé le Survivant de Hathsin. Son projet : rien de moins que renverser l’Empire. Pour y parvenir, il réunit un groupe de spécialistes aux compétences variées — Brise le manipulateur émotionnel, Ham le combattant philosophe, Spectre l’éclaireur, Clampin l’enfumeur —, qui maîtrisent chacun·e un métal spécifique. Si la recette vous rappelle celle de Six of Crows, c’est normal : une équipe d’inadapté·es lancé·es dans une mission suicidaire contre un pouvoir apparemment invincible.

Mais la grande force de L’Empire ultime réside dans son système de magie. L’allomancie obéit à des règles précises, cohérentes, presque scientifiques : chaque métal confère un pouvoir distinct (l’étain aiguise les sens, l’acier repousse les objets métalliques, le laiton apaise les émotions…). Brandon Sanderson a conçu un mécanisme d’une rigueur horlogère, et les scènes d’affrontement où Vin bondit entre les toits de Luthadel, repousse et attire le métal à volonté, comptent parmi les plus inventives du genre.


3. Les Loups dorés (Roshani Chokshi, 2019)

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Paris, 1889. L’Exposition universelle s’apprête à ouvrir ses portes, et le monde entier afflue vers la Ville Lumière. Quelque part, dissimulé parmi les merveilles technologiques et les créations artistiques, un artefact d’une puissance redoutable n’attend que d’être volé. Séverin Montagnet-Alarie, chasseur de trésors spolié de son héritage, se voit contraint par le mystérieux Ordre de Babel de récupérer l’objet — en échange d’une promesse : retrouver ce qui lui a été pris.

Pour mener à bien ce casse, Séverin s’entoure d’une équipe hétéroclite : Laila, danseuse et espionne capable de lire le passé des objets ; Enrique, historien banni de chez lui ; Zofia, ingénieure de génie aussi brillante qu’abrasive ; et Hypnos, un aristocrate rival devenu allié de circonstance. On retrouve le même schéma que dans Six of Crowsune poignée de jeunes aux talents uniques, un plan ambitieux, un commanditaire à ne pas décevoir —, mais Les Loups dorés se démarque par son ancrage historique. Roshani Chokshi plonge son récit dans le Paris de la Belle Époque avec ses cabarets, ses sociétés secrètes et son revers colonial, abordé sans détour.

Le système de magie repose sur l’art de la « forge », une manipulation des objets par des inscriptions héritées de la mythologie babylonienne. Énigmes et pièges jalonnent le parcours de l’équipe, et si les révélations se devinent parfois un peu tôt, la dynamique entre les personnages — véritable found family — fait le reste.


4. Le Dernier Magicien (Lisa Maxwell, 2017)

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New York, de nos jours : la magie agonise. Les Mageus — celles et ceux doté·es d’une affinité magique — vivent piégé·es sur l’île de Manhattan par le Brink, une barrière d’énergie sombre érigée par l’Ordre, une société secrète bien décidée à éradiquer la magie. Quiconque franchit la barrière perd ses pouvoirs — et souvent la vie. C’est dans ce contexte qu’Esta, cambrioleuse hors pair capable de figer et de traverser le temps, reçoit sa mission la plus périlleuse : remonter jusqu’en 1902 pour récupérer l’Ars Arcana, un livre ancien qui renferme les secrets de l’Ordre, avant qu’un certain Magicien ne se jette du pont de Brooklyn avec.

Le New York du début du XXe siècle que découvre Esta est un monde de gangs, de bas-fonds et de spectacles de music-hall où la magie survit en clandestinité. Elle y rencontre Dolph, meneur d’un gang de Mageus prêts à tout pour survivre, et Harte, illusionniste aussi talentueux qu’insaisissable. Personne n’est tout à fait ce qu’il prétend être, et les trahisons s’empilent comme des cartes truquées. On pense à Ketterdam : le danger omniprésent, les personnages aux motivations troubles, les plans qui déraillent à la première occasion.

Le roman de Lisa Maxwell ne se limite pas à un récit d’aventure magique. La peur de l’étranger, l’immigration, la lutte des classes irriguent l’intrigue à travers le sort de cette communauté persécutée. Et la mécanique des voyages temporels, si elle donne le vertige, se révèle précieuse pour multiplier les retournements.


5. Les Maîtres enlumineurs (Robert Jackson Bennett, 2018)

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Tevanne est une cité-État opulente dominée par quatre grandes familles marchandes dont la fortune repose sur un art singulier : l’enluminure. Le principe ? Graver des sceaux sur un objet pour le convaincre que les lois de la physique ne s’appliquent pas à lui. Une roue enluminée avancera toute seule, persuadée d’être en pente. Un bouclier enluminé sera convaincu d’être aussi dur que du diamant. On est quelque part entre la magie et le code informatique — et c’est là tout le génie de ce roman, souvent décrit comme du cyberpunk médiéval.

Au milieu de ce système, Sancia Grado, tire-laine issue des quartiers pauvres, possède un don rare : au contact d’un objet, elle perçoit sa structure, son histoire, ses enluminures. Engagée pour dérober une clé dans un entrepôt ultra-sécurisé, elle se retrouve en possession d’un artefact qui pourrait redéfinir les règles mêmes de l’enluminure — et mettre Tevanne à genoux. S’ensuit une fuite en avant où Sancia devra se trouver des allié·es parmi des personnages aussi improbables qu’attachants, dont une clé dotée de conscience propre (oui, vous avez bien lu).

Si Kaz Brekker vous manque, Sancia a de quoi combler le vide : la débrouillardise, le passé douloureux, la tendance à se fourrer dans des situations impossibles. L’univers de Robert Jackson Bennett obéit à une logique implacable et a l’audace de poser, sous couvert de fantasy, des questions sur le transhumanisme, le contrôle technologique et les inégalités sociales. Brandon Sanderson lui-même a salué le roman — ce qui, dans le domaine des systèmes de magie, équivaut à peu près à une médaille olympique.


6. Les Faucheurs – Tome 1 : Chat blanc (Holly Black, 2010)

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Ici, pas de cité médiévale ni de monde secondaire : l’action se déroule dans une Amérique contemporaine où la magie existe, mais où elle est mal vue, voire illégale. Les Faucheurs sont des individus capables, par simple contact de peau, de manipuler les rêves, les souvenirs, la chance, les émotions — ou de tuer net. Résultat : tout le monde porte des gants. Tout le temps. Un détail qui installe d’emblée le malaise.

Cassel Sharpe a dix-sept ans et un problème de taille : il est le seul membre de sa famille à ne pas être un Faucheur. Ses frères trafiquent la mémoire et brisent les os à distance, sa mère manipule les émotions (et purge une peine de prison pour escroquerie), son grand-père est un tueur de contact. Et Cassel, lui, porte le souvenir d’avoir assassiné Lila, son amie d’enfance — sans s’en souvenir. Quand un chat blanc aux yeux vairons se met à le visiter en rêve, l’échafaudage de mensonges qui entoure sa vie se fissure.

Chat blanc est un roman de manipulations, de complots familiaux et de faux-semblants où la question n’est jamais « qui ment ? » mais plutôt « qui ne ment pas ? ». Holly Black a le talent rare de garder les motivations de ses personnages opaques jusqu’au dernier moment. L’ambiance n’est pas sans rappeler les luttes de pouvoir du Barrel de Ketterdam, transposées dans un cadre mafieux américain, à mi-chemin entre Les Soprano et la fantasy urbaine.


7. Shades of Magic (V.E. Schwab, 2015)

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Quatre mondes coexistent, et Londres en est à chaque fois le centre. Le Londres Gris — le nôtre — a oublié la magie. Le Londres Rouge en déborde. Le Londres Blanc s’entretue pour la moindre incantation. Le Londres Noir a été consumé par la magie et n’existe plus que comme un souvenir sinistre. Ces quatre versions de la même ville sont séparées par des frontières infranchissables — sauf pour les Antari, de rares magiciens de sang capables de voyager d’un monde à l’autre.

Kell est l’un des deux derniers Antari. Officiellement, il transporte des missives diplomatiques entre les souverains des différents Londres pour le compte de la famille royale du Londres Rouge, qui l’a adopté. Officieusement, il fait de la contrebande — un petit plaisir interdit qui tourne au cauchemar quand il rapporte du Londres Blanc une pierre noire aux propriétés dévastatrices. C’est alors qu’entre en scène Lila Bard, pickpocket intrépide du Londres Gris, qui lui subtilise la pierre sans mesurer les conséquences. Leur alliance forcée, faite de piques et de méfiance mutuelle, est l’un des grands plaisirs de lecture de cette trilogie.

V.E. Schwab a bâti un univers où la magie n’est pas un simple outil narratif mais presque un personnage à part entière (elle a d’ailleurs un nom : Vitari). Le duo Kell-Lila rappelle celui de Kaz et Inej : un magicien entravé par la loyauté, une hors-la-loi que rien n’arrête, et entre eux une tension qui ne retombe pas d’un chapitre à l’autre.


8. Ces Plaisirs Violents (Chloe Gong, 2020)

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Shanghai, années 1920. La ville se déchire. Deux clans mafieux s’affrontent pour le contrôle de ses rues : les Écarlates, d’origine chinoise, et les Fleurs Blanches, d’origine russe. Juliette Cai, héritière des Écarlates, revient des États-Unis après quatre ans d’absence. Roma Montagov, héritier des Fleurs Blanches, n’a pas oublié qu’elle fut son premier amour — ni la trahison qui a mis fin à tout. Oui, vous avez reconnu la trame : c’est une réécriture de Roméo et Juliette, mais Chloe Gong a eu la bonne idée de remplacer Vérone par le Shanghai colonial et d’ajouter un monstre.

Car un monstre rôde bel et bien dans les eaux du Huangpu et propage une maladie qui pousse ses victimes à s’arracher la gorge à mains nues. Face à cette menace, Juliette et Roma n’ont d’autre choix que de coopérer — en secret, évidemment, puisque leurs familles respectives préféreraient les voir morts plutôt qu’alliés. L’enquête qui s’ensuit est un mélange de polar surnaturel et de drame politique, sur fond de montée du communisme, de concurrence impérialiste et de tensions identitaires.

Ce qui rapproche Ces Plaisirs Violents de Six of Crows, c’est le cadre urbain dense et fiévreux, les jeux de pouvoir entre factions rivales et des personnages pris en étau entre loyauté familiale et convictions personnelles. Les points de vue multiples — Juliette, Roma, mais aussi leurs cousin·es et proches — offrent un kaléidoscope de la ville à une époque charnière. Et Chloe Gong ne se contente pas de déplacer Shakespeare à Shanghai : elle le fait sien.


9. Les Os émeraude – Tome 1 : La Cité de jade (Fonda Lee, 2017)

Couverture du livre La Cité de jade de Fonda Lee

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Bienvenue à Janloon, capitale de l’île de Kekon, où le jade n’est pas une simple pierre ornementale mais une arme de guerre. Porté par celles et ceux qui y sont sensibles — les Os Émeraude —, il confère des capacités surhumaines : Durcissement de la peau contre les balles, Déviation des projectiles, Canalisation de l’énergie vitale de l’adversaire (avec des résultats aussi spectaculaires que sanglants). La ville est partagée entre deux clans rivaux, le clan Sans Cime de la famille Kaul et le clan de la Montagne de la famille Ayt. Et quand une nouvelle drogue se répand — une drogue qui permet à n’importe qui de manier le jade —, l’équilibre bascule.

Le récit suit la famille Kaul au complet : Lan, l’aîné et Pilier du clan, posé et stratège ; Hilo, la Corne, chef de guerre impétueux et fidèle ; Shae, la sœur cadette de retour après deux ans à l’étranger ; et Anden, un cousin orphelin qui achève sa formation d’Os Émeraude. Leurs rapports — faits de rivalité, d’affection féroce et de désaccords profonds — constituent le cœur du roman. Fonda Lee a construit une saga familiale mâtinée de thriller mafieux, souvent comparée au Parrain transposé dans un univers de fantasy aux inspirations asiatiques.

La Cité de jade s’adresse à un lectorat adulte et ne fait aucune concession : les enjeux sont politiques, les conséquences irréversibles, et les personnages ne sont jamais à l’abri. Si Six of Crows vous a séduit·e par ses anti-héros et ses luttes de pouvoir, la trilogie des Os émeraude pousse cette logique encore plus loin — et ne fait grâce à personne, lecteur·ice compris·e.