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Que lire après « Silo » de Hugh Howey ?

Que lire après « Silo » de Hugh Howey ?

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Silo (Wool en version originale) est un roman de science-fiction post-apocalyptique de l’écrivain américain Hugh Howey, publié en 2012. D’abord conçu comme une nouvelle autoéditée sur Amazon en 2011, le texte connaît un succès inattendu qui pousse son auteur à lui donner une suite, puis à développer une trilogie complétée par Silo : Origines et Silo : Générations. Traduit en français aux éditions Actes Sud en 2013 — premier titre de leur toute nouvelle collection « Exofictions » —, le roman met en scène une communauté de quelques milliers de personnes enfermées dans un silo souterrain de 144 étages, où la vie est régie par des règles strictes et où quiconque exprime le souhait de sortir est condamné à affronter l’atmosphère toxique de la surface. Cette prémisse claustrophobe sert de cadre à une intrigue à tiroirs, entre thriller politique et conspiration, portée par Juliette, mécanicienne devenue shérif malgré elle. Le roman a été adapté en série télévisée par Apple TV+ à partir de 2023.

Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici quelques pistes.


1. La Vérité avant-dernière (Philip K. Dick, 1964)

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Le parallèle avec Silo est si frappant qu’on pourrait croire à une filiation directe. Dans La Vérité avant-dernière, des millions d’êtres humains survivent depuis quinze ans dans des abris antiatomiques où ils fabriquent sans relâche des robots-soldats — les « solplombs » — pour alimenter une guerre qui, leur assure-t-on, fait toujours rage à la surface. Chaque jour, la voix rassurante de leur dirigeant, Talbot Yancy, les informe de l’avancée du conflit entre la Dém-Ouest et la Pacif-Pop. Mais lorsque Nicholas Saint-James, chef de l’un des plus vastes abris, décide de remonter à la surface au péril de sa vie, la réalité qu’il découvre n’a rien à voir avec les images diffusées sur les écrans.

Philip K. Dick, fidèle à ses obsessions, construit ici un récit où chaque couche de vérité en dissimule une autre, dans un emboîtement paranoïaque qui rappelle Ubik ou Le Maître du Haut Château. Le roman, paru la même année que Simulacres, pousse à son terme la question du contrôle des masses par l’image et la désinformation — et le fait avec une lucidité qui, soixante ans plus tard, n’a rien perdu de son mordant. Si Silo vous a fait douter de ce qui se trouvait derrière les capteurs, La Vérité avant-dernière vous rappellera que chez Dick, douter ne suffit jamais.


2. Métro – Tome 1 : Métro 2033 (Dmitry Glukhovsky, 2005)

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Après un silo de 144 étages, pourquoi ne pas s’enfoncer dans le métro de Moscou ? En 2033, une guerre nucléaire a rendu la surface inhabitable. Les quelques dizaines de milliers de survivants moscovites ont trouvé refuge dans les stations du métropolitain, transformées en microsociétés autonomes — chacune avec ses règles, ses croyances et son mode de gouvernement. On y croise des néonazis du Quatrième Reich, des communistes de la Ligne rouge, des mystiques et des marchands. Les tunnels, eux, sont le territoire des parias, des rats et de créatures autrement plus inquiétantes.

Le jeune Artyom, habitant de la station VDNKh, se voit confier par le Stalker Hunter une mission vitale : rejoindre Polis, le cœur politique et militaire du métro, pour alerter ses dirigeants d’une menace grandissante — celle des Sombres, des créatures dont personne ne sait grand-chose. Son périple à travers les stations tient autant du roman d’aventures que de la quête initiatique. Dmitry Glukhovsky, journaliste moscovite qui avait à peine vingt-trois ans lorsqu’il a rédigé la première version du texte (publiée gratuitement en ligne avant de devenir un best-seller), en tire un roman dense qui fonctionne aussi comme un portrait en creux de la Russie — ses fractures idéologiques, ses nationalismes concurrents, ses superstitions tenaces —, à peine dissimulé sous le vernis post-apocalyptique. Le livre a donné naissance à une franchise qui compte deux suites, une série de jeux vidéo à succès et plus d’une centaine de romans dérivés.


3. Wayward Pines – Tome 1 : Révélation (Blake Crouch, 2012)

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L’agent fédéral Ethan Burke reprend conscience en pleine rue, blessé et désorienté, dans la petite ville de Wayward Pines, Idaho. Il se souvient vaguement être à la recherche de deux collègues disparus dans la région. Mais très vite, rien ne colle : plus de papiers, plus de téléphone, et surtout, aucun moyen de contacter le monde extérieur. La bourgade a tout du rêve américain — maisons coquettes, voisins souriants, shérif affable — sauf que quelque chose d’indéfinissable cloche chez ses habitants. Et lorsque Burke retrouve le cadavre mutilé de l’un des agents qu’il recherchait, l’étrangeté vire au cauchemar.

Blake Crouch a conçu Révélation comme un hommage assumé à Twin Peaks : une petite ville trop parfaite, une atmosphère oppressante sous des dehors bucoliques, et un mystère qui se refuse obstinément à livrer ses clés. La mécanique du suspense ne laisse aucun répit — les révélations tombent au compte-gouttes, chaque chapitre s’achève sur un cran de tension supplémentaire. Mais c’est le retournement final qui ancre véritablement le roman dans le territoire de la science-fiction et lui donne, rétrospectivement, une tout autre dimension. Adapté en série télévisée par M. Night Shyamalan pour la FOX, Wayward Pines est un thriller qui partage avec Silo le goût des communautés closes, des vérités dissimulées et des clôtures électrifiées derrière lesquelles il vaut mieux ne pas regarder.


4. MaddAddam – Tome 1 : Le Dernier Homme (Margaret Atwood, 2003)

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Premier volet de la trilogie MaddAddam, Le Dernier Homme nous plonge dans le quotidien d’un survivant solitaire qui se fait appeler Snowman — autrefois connu sous le nom de Jimmy. Réfugié dans un arbre au bord d’une plage, il veille sur un groupe de créatures étranges, les Crakers : des êtres génétiquement modifiés, pacifistes, herbivores, immunisés contre les maladies et dépourvus de toute pulsion agressive. Autour de lui, la civilisation a disparu, remplacée par des animaux hybrides aux noms absurdes — porcons, louchiens, rasconses — que plus personne ne maîtrise.

Par le biais des souvenirs de Snowman, Margaret Atwood reconstitue le monde d’avant : un futur proche où les corporations scientifiques règnent dans des compounds sécurisés tandis que le reste de la population croupit dans des « plèbezones » livrées à la violence et à la misère. Au centre de tout, deux figures : Crake, génie de la biotechnologie convaincu que l’humanité mérite d’être remplacée, et Oryx, présence insaisissable dont le passé trouble resurgit sans cesse entre les lignes. Atwood, qui avait déjà prouvé son talent pour la dystopie avec La Servante écarlate, produit ici une satire féroce et souvent très drôle de l’hubris scientifique, du tout-marchand et de la pornographie comme horizon culturel. Le tout baigne dans un humour noir implacable — on rit jaune quand on mesure à quel point le monde décrit ressemble au nôtre — les porcons en moins. Pour l’instant.


5. Paraboles – Tome 1 : La Parabole du semeur (Octavia E. Butler, 1993)

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Californie, 2024. Les États-Unis se sont effondrés : dérèglement climatique, explosion des inégalités, incurie politique. L’eau est devenue une denrée de luxe, l’emploi un mirage, la violence un bruit de fond permanent. Lauren Oya Olamina, quinze ans, fille d’un pasteur noir, vit à Robledo, dans une petite communauté barricadée derrière un mur d’enceinte — seule chose qui sépare encore les siens des pillards, des pyromanes et des hordes de drogués. Lauren souffre d’hyperempathie : un syndrome qui la force à ressentir physiquement la douleur (et le plaisir) d’autrui, héritage neurologique de la toxicomanie de sa mère.

Lorsque la communauté de Robledo est anéantie, Lauren prend la route vers le nord avec une poignée de survivants, portée par les prémices d’un nouveau système de croyances qu’elle a nommé Semence de la Terre et dont elle consigne les principes dans Le Livre des Vivants. Le texte a été publié en 1993 — et il décrit une Amérique des années 2020 gangrenée par un populisme autoritaire, les feux de forêt, la privatisation de l’eau et la résurgence de formes modernes d’esclavage. La coïncidence fait froid dans le dos. Mais Octavia E. Butler va plus loin que le simple constat d’effondrement : elle s’intéresse à ce qui peut naître dans les décombres. La Parabole du semeur est l’une des rares dystopies à proposer non seulement un diagnostic, mais un projet — un roman de résistance, ancré dans les luttes raciales, sociales et écologiques de l’Amérique, qui refuse de laisser le dernier mot à la catastrophe.


6. Un cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller Jr., 1960)

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Si Silo couvre quelques décennies, Un cantique pour Leibowitz embrasse plusieurs millénaires. Après un holocauste nucléaire qui a ravagé la Terre, les survivants, fous de rage contre la science qui les a presque anéantis, se livrent à une destruction systématique de tout écrit, de tout savoir — une purge connue sous le nom de « Simplification ». Un ancien ingénieur, Isaac Edward Leibowitz, fonde alors un ordre monastique voué à la sauvegarde clandestine des derniers fragments de connaissance : les Memorabilia. Siècle après siècle, dans une abbaye perdue dans le désert de l’Utah, les moines de l’ordre albertien copient, recopient et préservent des textes qu’ils ne comprennent plus.

Le roman se divise en trois parties espacées de six cents ans chacune — Fiat homo, Fiat lux, Fiat voluntas tua — et suit la lente résurrection du savoir humain, de l’obscurantisme médiéval à une nouvelle ère technologique. Une même question traverse les trois époques, lancinante : l’humanité est-elle condamnée à répéter indéfiniment les mêmes erreurs ? Walter M. Miller Jr., pilote de bombardier pendant la Seconde Guerre mondiale, a puisé dans le traumatisme du bombardement de l’abbaye de Monte Cassino (auquel il a participé) la matière de ce roman unique, à la fois drôle — la première partie, avec son frère Francis un peu simplet, est souvent savoureuse — et d’une gravité vertigineuse. Lauréat du prix Hugo en 1961, Un cantique pour Leibowitz est le seul roman que Miller ait publié de son vivant. Il n’a rien perdu de sa force.


7. La Terre demeure (George R. Stewart, 1949)

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Publié la même année que 1984 d’Orwell, La Terre demeure est l’un des ancêtres méconnus du roman post-apocalyptique. Isherwood Williams — « Ish » pour les intimes — est un étudiant en écologie qui s’isole plusieurs semaines dans les montagnes californiennes pour ses recherches. Lorsqu’il redescend, le monde qu’il connaissait n’existe plus : une pandémie foudroyante a balayé l’humanité. Ish traverse une Amérique déserte, croise quelques rares survivants hébétés, puis s’installe à San Francisco où il fonde avec Em, sa compagne, une petite communauté — la Tribu.

Là où beaucoup de romans post-apocalyptiques se focalisent sur l’action et la survie immédiate, George R. Stewart — anthropologue et professeur à Berkeley — choisit de raconter le temps long. Le récit couvre plusieurs décennies et observe, avec une précision scientifique, la manière dont la végétation envahit les routes, dont les infrastructures se dégradent, dont le savoir se perd d’une génération à l’autre. Des passages en italique, à la tonalité biblique (le titre est d’ailleurs tiré de l’Ecclésiaste), offrent des apartés sur le destin des voitures, de l’électricité, du bétail ou du Golden Gate. On tient là un roman d’une mélancolie tranquille, où la question n’est pas « comment survivre » mais « que faut-il transmettre » — et surtout, quoi faire lorsque les nouvelles générations n’ont cure de l’héritage qu’on voudrait leur léguer. Stephen King a cité ce livre comme l’une des inspirations majeures du Fléau.


8. La Constellation du chien (Peter Heller, 2012)

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Quelque part dans le Colorado, neuf ans après ce que le narrateur appelle la Fin de Toute Chose. Une pandémie de grippe, suivie d’une mystérieuse maladie du sang, a emporté la quasi-totalité de la population mondiale. Hig, doux rêveur amateur de pêche à la truite et de poésie chinoise, survit sur un ancien aérodrome en compagnie de son chien Jasper et de Bangley, un vieux dur à cuire pour qui toute rencontre avec un inconnu se règle à la lunette de visée. Hig pilote un Cessna 182 de 1956 — surnommé « la Bête » — avec lequel il patrouille le périmètre et guette d’éventuels survivants.

Le roman de Peter Heller se démarque de la plupart des récits post-apocalyptiques. Non pas par son scénario — la trame est, de l’aveu même de l’auteur, assez classique — mais par son rapport au paysage et au deuil. Hig est hanté par le souvenir de Melissa, sa femme disparue, et par la conscience que le monde d’avant — celui où l’on pouvait jeter une mouche sur une rivière à truites un soir d’été — ne reviendra pas. Tout le livre tient dans ce contraste entre la brutalité de la survie et la beauté presque insupportable de ce qui subsiste. Souvent comparé à La Route de Cormac McCarthy, La Constellation du chien s’en éloigne pourtant par sa lumière : là où McCarthy ne laissait filtrer qu’un mince filet d’espoir dans un univers de cendres, Heller offre un monde où les fleurs poussent encore, où les truites mordent toujours — et où un homme à bord d’un vieil avion peut encore décider de voler un peu plus loin que d’habitude, juste pour voir ce qu’il y a de l’autre côté.


9. Celle qui a tous les dons (M.R. Carey, 2014)

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Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on vienne la chercher pour l’emmener en cours. Deux gardes la sanglent sur un fauteuil roulant tandis que le sergent Parks garde son arme braquée sur elle. Elle leur assure, sur le ton de la plaisanterie, qu’elle ne les mordra pas. Personne ne rit. Melanie a dix ans, elle est brillante, passionnée par les mythes grecs que lui enseigne sa professeure préférée, Mlle Justineau — et elle est infectée par un champignon parasite, l’Ophiocordyceps, qui a transformé la majeure partie de l’humanité en créatures voraces que les survivants appellent les « affams ».

Le titre fait référence à Pandore — « celle qui a tous les dons » en grec — et ce parallèle mythologique travaille le récit de bout en bout. Car Melanie, contrairement aux autres infectés, a conservé ses facultés cognitives et son humanité. Elle pense, elle apprend, elle aime. Ce qui pose un problème redoutable à la Dr Caldwell, scientifique prête à tout pour disséquer le cerveau de l’enfant afin de trouver un vaccin, et au sergent Parks, qui ne voit en elle qu’une menace. Lorsque la base militaire où sont retenus ces enfants « particuliers » tombe sous l’assaut des affams, un petit groupe hétéroclite — Melanie, Justineau, Parks, Caldwell — se retrouve sur les routes d’une Angleterre dévastée. M.R. Carey, venu du monde des comics (il est le scénariste de Lucifer et Hellblazer), construit tout son roman autour d’une question simple et sans appel : si l’avenir de l’humanité passe par sa transformation, mérite-t-elle encore d’être sauvée sous sa forme actuelle ? Le livre a été adapté au cinéma en 2016 sous le titre The Last Girl.