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Que lire après « Shantaram » de Gregory David Roberts ?

Que lire après « Shantaram » de Gregory David Roberts ?

Publié en 2003, Shantaram est un roman de l’écrivain australien Gregory David Roberts, en grande partie inspiré de sa propre vie. Best-seller mondial traduit en plus de quarante langues, il retrace l’épopée de Lin, un fugitif australien évadé de prison qui s’envole pour Bombay dans les années 1980. Tour à tour médecin improvisé dans un bidonville, faussaire de passeports, membre de la mafia locale, Lin traverse une décennie au cœur d’une Inde à la fois sublime et impitoyable.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé ce pavé de plus de mille pages, voici quelques suggestions du même acabit.


1. L’Ombre de la montagne (Gregory David Roberts, 2015)

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Suite directe de Shantaram, ce roman reprend le fil de la vie de Lin deux ans après les événements du premier tome. Karla, l’amour de sa vie, a épousé un magnat de la presse, et Khaderbhai, son mentor au sein de la pègre, est mort. Lin poursuit son activité de faussaire de passeports pour la mafia de Bombay, dans une ville en proie à une nouvelle guerre des gangs.

Le récit est plus sombre, plus urbain que son prédécesseur. Roberts y dépeint les rouages du crime organisé avec une crudité accrue, sans renoncer aux digressions philosophiques qui ont fait la marque de Shantaram. Les dialogues, souvent acérés, rythment un texte où l’action côtoie la méditation sur l’amour, la loyauté et le prix de la liberté.

Pour celles et ceux qui ont aimé Shantaram, ce second volet constitue un prolongement naturel, même si la part de fiction l’emporte ici sur l’autobiographie.


2. L’Équilibre du monde (Rohinton Mistry, 1995)

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Bombay, milieu des années 1970. L’état d’urgence décrété par Indira Gandhi sert de toile de fond à ce roman monumental qui suit quatre personnages contraints de cohabiter : Dina Dalal, jeune veuve reconvertie dans la confection à domicile ; Ishvar et Omprakash, deux tailleurs issus de la caste des intouchables ; et Maneck, un étudiant descendu de ses lointaines montagnes. Leurs destins croisés composent une fresque sociale d’une ampleur rare.

Rohinton Mistry, auteur canadien né à Bombay, a souvent été comparé à Dickens pour sa capacité à incarner la condition humaine dans des personnages profondément attachants. Le système des castes, les stérilisations forcées, la corruption et la destruction des bidonvilles constituent la matière brute d’un récit qui alterne entre tendresse et brutalité. Même décor que Shantaram — Bombay —, même souffle épique, mais un regard plus ancré dans la réalité politique de l’Inde.


3. Papillon (Henri Charrière, 1969)

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Condamné à perpétuité en 1931 pour un meurtre qu’il a toujours nié, Henri Charrière — surnommé « Papillon » en raison de son tatouage — est envoyé au bagne de Cayenne, en Guyane. Quarante-trois jours après son arrivée, il s’évade. S’ensuivent treize années de tentatives d’évasion, de la mer des Caraïbes aux cachots colombiens, des villages amérindiens aux cellules de réclusion.

Le récit, porté par une écriture directe et nerveuse, a connu un succès colossal dès sa parution — plus de treize millions d’exemplaires vendus — et a été adapté au cinéma en 1973 avec Steve McQueen et Dustin Hoffman. Si l’authenticité de certains épisodes a été contestée, la puissance du texte demeure intacte. Comme Shantaram, Papillon est le récit d’un homme broyé par le système pénal, animé par une obsession de liberté et une volonté de survie qui défient l’entendement.


4. Les Cerfs-volants de Kaboul (Khaled Hosseini, 2003)

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Kaboul, début des années 1970. Amir, fils d’un commerçant pachtoune aisé, et Hassan, son serviteur hazara, grandissent ensemble et partagent la même passion pour les combats de cerfs-volants. Mais un acte de lâcheté irréparable va briser leur amitié. Vingt ans plus tard, réfugié aux États-Unis, Amir se voit proposer une chance de rachat qui l’oblige à retourner dans un Afghanistan ravagé par les talibans.

Premier roman de Khaled Hosseini, lui-même exilé afghan, ce livre aborde la culpabilité, la rédemption et les fractures ethniques avec une intensité émotionnelle qui lui a valu un succès planétaire. La structure narrative, qui alterne entre l’innocence de l’enfance et l’horreur du régime taliban, confère au récit une tension dramatique constante. On retrouve ici, comme dans Shantaram, le portrait d’un pays déchiré vu à travers le prisme d’un destin individuel, et une méditation sur le pardon et la possibilité de se racheter.


5. Le Dieu des Petits Riens (Arundhati Roy, 1997)

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Dans le Kerala des années 1960, les jumeaux Estha et Rahel grandissent au sein d’une famille chrétienne rongée par les conventions. Leur mère Ammu entretient une liaison secrète avec Velutha, un intouchable, tandis que la grand-tante Baby Kochamma nourrit un amour mystique inavouable pour un prêtre irlandais. Un événement tragique va séparer les jumeaux pour plus de vingt ans.

Couronné par le prix Booker en 1997, ce roman semi-autobiographique d’Arundhati Roy frappe par sa construction non linéaire et par la somptuosité de sa prose. Le drame est annoncé dès les premières pages, mais ses causes ne se révèlent que par fragments, selon une mécanique narrative d’une précision redoutable. C’est un roman sur les « petits riens » — gestes, silences, regards — qui dictent le cours des existences et sur les lois sociales qui décident qui peut aimer qui, et à quel prix.


6. Shōgun (James Clavell, 1975)

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Japon, 1600. Le navigateur anglais John Blackthorne échoue sur les côtes d’un archipel fermé aux étrangers. Fait prisonnier par des samouraïs, il se retrouve au cœur d’une lutte de pouvoir entre daimyōs rivaux, et notamment dans l’orbite du redoutable Toranaga, un seigneur de guerre inspiré du vrai Tokugawa Ieyasu. Blackthorne devra assimiler un code culturel radicalement étranger pour survivre.

Ce roman historique, best-seller international dès sa parution, repose sur un choc des civilisations d’une efficacité narrative remarquable. Clavell, ancien prisonnier de guerre des Japonais, reconstitue avec minutie la société féodale nippone : le bushidō, le rituel du seppuku, les hiérarchies implacables, mais aussi la poésie du quotidien. L’histoire d’amour entre Blackthorne et Mariko, épouse d’un samouraï, ajoute une dimension tragique au récit.

Comme Shantaram, Shōgun raconte l’acculturation d’un Occidental plongé dans un monde dont il ne maîtrise ni les codes ni la langue, et qui en ressort transformé.


7. Le Tigre blanc (Aravind Adiga, 2008)

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Balram Halwai, fils de rickshaw-wallah né dans l’un des villages les plus misérables de l’Inde, devient chauffeur pour un patron fortuné de Delhi. Sous la forme d’une longue lettre adressée au Premier ministre chinois, il retrace son ascension — du tea-shop de village au monde de l’entreprise — et le crime qui l’a rendue possible.

Couronné par le Man Booker Prize en 2008, ce premier roman d’Aravind Adiga est un réquisitoire au vitriol contre la corruption de l’Inde contemporaine. Le ton est acerbe, souvent drôle, et le personnage de Balram — anti-héros cynique et lucide — incarne la révolte d’un homme piégé dans ce qu’il nomme « la cage à poules », un système où la servitude se perpétue de génération en génération. Là où Shantaram décrit la pègre de Bombay avec une certaine fascination romantique, Le Tigre blanc en dissèque les mécanismes avec un réalisme sans concession.


8. Le Seigneur de Bombay (Vikram Chandra, 2006)

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Deux hommes qui ne se connaissent pas : Ganesh Gaitonde, parrain de la pègre et « seigneur de Bombay », retrouvé mort d’une balle dans la tête dans son bunker ; et Sartaj Singh, flic sikh sur le retour, chargé d’élucider ce suicide apparent. À partir de cette double figure — le gangster et le policier —, Vikram Chandra déploie une fresque de plus de mille pages sur l’Inde contemporaine.

Publié en anglais sous le titre Sacred Games et adapté en série par Netflix, le roman fonctionne à plusieurs niveaux : polar noir, chronique politique, étude de mœurs. Chandra y décrit la corruption endémique, les tensions entre hindous et musulmans et les guerres de gangs avec une minutie narrative digne d’un documentariste. Pour les lecteur·ices de Shantaram, c’est la même Bombay, mais vue sous un angle plus policier et plus politique, avec une ambition romanesque comparable.


9. Age of Vice (Deepti Kapoor, 2023)

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New Delhi, trois heures du matin. Une Mercedes lancée à vive allure fauche cinq personnes endormies sur le trottoir. Au volant, un domestique en état de choc. Derrière lui, l’ombre du clan Wadia, une dynastie dont la fortune repose sur la corruption et la violence. Trois destins s’entrelacent : Ajay, un intouchable arraché à la misère pour servir les puissants ; Sunny, héritier charismatique en quête d’émancipation paternelle ; et Neda, journaliste tiraillée entre ses principes et son désir.

Premier volet d’une trilogie, ce roman de l’ex journaliste Deepti Kapoor a été salué dès sa sortie comme un événement littéraire. À la croisée du thriller et de la saga familiale, le texte radiographie une Inde du début des années 2000 où la croissance économique n’a fait qu’exacerber les inégalités. Un livre qui rappelle Shantaram par l’énergie de sa narration et son portrait sans fard d’une Inde en perpétuelle mutation.

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