Sauveur & Fils est une série de sept romans de Marie-Aude Murail, publiée entre 2016 et 2023 aux éditions L’École des loisirs (collection Médium). On y suit Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien d’origine martiniquaise installé à Orléans, et son fils Lazare, huit ans au début de la série. Au fil des saisons, les patients défilent dans le cabinet du 12 rue des Murlins tandis que Sauveur peine lui-même à parler à Lazare de la mort de sa mère et de ses propres origines. La série aborde sans détour le harcèlement, la transidentité, la dépression ou les violences conjugales, mais toujours avec humour et sans jamais faire la leçon.
Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici des romans qui parlent de familles imparfaites, de différence et de reconstruction. Si les sujets sont parfois délicats, ils n’empêchent pas pour autant de rire. Les titres retenus correspondent à la tranche d’âge de Sauveur & Fils, soit à partir de 12-13 ans environ, même si les adultes n’ont aucune raison de s’en priver.
1. Oh, boy ! (Marie-Aude Murail, 2000)

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Siméon, quatorze ans, est surdoué. Morgane, huit ans, est perpétuellement oubliée des adultes. Et Venise, cinq ans, est une irrésistible collectionneuse de Barbie aux scénarios sentimentaux douteux. Voilà la fratrie Morlevent. Leur père a disparu depuis des années, leur mère vient de se suicider. Placés dans un foyer, les trois enfants — bien décidés à ne pas se laisser séparer — se mettent en quête d’un membre de leur famille qui pourrait les accueillir. Deux candidats émergent : Josiane, demi-sœur rigide et carriériste, et Barthélémy, demi-frère séduisant, irresponsable et homosexuel — ce qui, au début des années 2000, ne facilite pas l’obtention d’une garde d’enfants.
Marie-Aude Murail a été l’une des premières autrices françaises à aborder frontalement l’homosexualité en littérature jeunesse. Mais Oh, boy ! ne se limite pas à ce sujet : Siméon doit aussi se battre contre une leucémie, Morgane tente de comprendre pourquoi les adultes mentent autant, et Barthélémy — qui lâche un « Oh, boy ! » à chaque nouvelle catastrophe — découvre qu’il est peut-être moins irresponsable qu’il ne le croyait. On passe d’une scène où Venise raconte à qui veut l’entendre les aventures amoureuses de ses Barbie à une scène d’hôpital où Siméon attend ses résultats d’analyse — et les deux tiennent ensemble, sans que l’humour ne rende la gravité indécente, ni l’inverse. Le roman a reçu une trentaine de prix et a été adapté au théâtre (Molière du spectacle jeune public en 2010).
Âge conseillé : à partir de 11-12 ans selon les libraires et éditeurs (collection Médium, L’École des loisirs).
2. Simple (Marie-Aude Murail, 2004)

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Barnabé a vingt-deux ans d’âge civil et trois ans d’âge mental. Tout le monde l’appelle Simple. Son meilleur ami s’appelle Monsieur Pinpin — un lapin en peluche qui a des opinions bien arrêtées et un vocabulaire fleuri. Kléber, son frère cadet de dix-sept ans, refuse de le laisser dépérir à Malicroix, l’institution où leur père l’a placé. Solution : emménager tous les deux dans une colocation étudiante à Paris. Ce qui, sur le papier, relève du plan infaillible.
Dans les faits, Simple fouille les chambres des colocataires, répond au téléphone avec une franchise désastreuse, et Monsieur Pinpin menace régulièrement de « péter la gueule » à quiconque contrarie son propriétaire. Les colocataires — Enzo, l’aspirant écrivain secrètement amoureux d’Aria ; Zahra, qui tombe sous le charme de Kléber ; le voisin bougon Monsieur Villededieu — finissent pourtant tous par s’attacher à ce garçon qui dit les choses telles qu’il les voit, avec une franchise totale et sans la moindre malice. Marie-Aude Murail traite du handicap mental sans misérabilisme ni condescendance : Simple n’est ni un saint ni un fardeau, mais un personnage à part entière, drôle et déroutant, dont la logique toute personnelle révèle les contradictions de ceux qui se croient « normaux ». Le roman a été adapté au cinéma en 2011 et est recommandé par le ministère de l’Éducation nationale pour les classes de troisième.
Âge conseillé : à partir de 13 ans selon la plupart des sources, bien que certains libraires le proposent dès 11-12 ans (collection Médium, L’École des loisirs). Quelques scènes abordent la sexualité.
3. Quelqu’un qu’on aime (Séverine Vidal, 2015)

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Matt a un projet un peu fou : emmener son grand-père Gary sur les routes de l’Ouest américain pour refaire la tournée de Pat Boone — un chanteur pop très populaire dans les années 1950, avant d’être éclipsé par Elvis Presley — que le vieil homme avait suivie étant jeune. L’enjeu est de taille : Gary est atteint de la maladie d’Alzheimer, et ses souvenirs s’effilochent un peu plus chaque jour. Le voyage, en théorie, doit raviver sa mémoire. Mais rien ne se passe comme prévu. Juste avant le départ, Matt apprend qu’il est père d’une petite Amber de dix-huit mois — et qu’il doit s’en occuper. À l’aéroport, une tornade cloue les avions au sol. Le duo devient trio, puis quintette : Luke, un adolescent en fugue qui ne supporte plus sa vie à la maison, et Antonia, une trentenaire qui plaque tout pour un entretien d’embauche à Austin, grimpent à bord du van.
Séverine Vidal alterne les points de vue de chaque personnage, chapitre après chapitre. On voit Gary noter dans un petit carnet ce qu’il ne veut pas oublier, Matt improviser son rôle de père avec un bébé sur les bras, Luke garder ses secrets, et Antonia peser le pour et le contre d’une vie à recommencer. Chacun a une bonne raison de fuir et une bonne raison de rester. Le roman fait cohabiter trois générations dans un espace réduit — le van — et montre comment des inconnus peuvent, en quelques semaines, devenir une famille de circonstance. Il a reçu le prix Sésame 2017 et le prix Chronos 2017.
Âge conseillé : à partir de 14 ans (collection Exprim’, éditions Sarbacane).
4. Les petites reines (Clémentine Beauvais, 2015)

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Mireille Laplanche, quinze ans, vient d’être élue « Boudin d’or » de son lycée de Bourg-en-Bresse pour la troisième année consécutive — un concours de cruauté organisé sur les réseaux sociaux par un garçon de son âge. Cette année, elle a été détrônée par Astrid Blomvall (nouveau Boudin d’or), tandis qu’Hakima Idriss décroche le Boudin de bronze. Au lieu de s’effondrer, les trois « boudinettes » découvrent qu’elles ont chacune une excellente raison de se rendre à la garden-party de l’Élysée le 14 juillet. Leur plan : faire le trajet à vélo, accompagnées de Kader, le frère d’Hakima en fauteuil roulant, et vendre du boudin à chaque étape pour financer l’expédition. Logique implacable.
Ce qui commence comme une lubie d’adolescentes se transforme en phénomène médiatique : les « boudinettes » font le buzz sur les réseaux sociaux, les chaînes d’info en continu s’emballent, et les soutiens affluent. Clémentine Beauvais signe un road trip qui parle de cyberharcèlement, de grossophobie et de handicap à travers une narratrice, Mireille, qui compense ses complexes par un sarcasme féroce et une autodérision permanente. Le roman fait aussi la part belle à la France des régions, à ses fromages et à ses châteaux — on y mange beaucoup, et bien. Prix Lire du meilleur roman jeunesse 2015, prix Sorcières 2016, et recommandé par l’Éducation nationale en classe de cinquième.
Âge conseillé : à partir de 12 ans selon les libraires et l’éditeur (Sarbacane ; disponible en Pôle Fiction chez Gallimard Jeunesse).
5. On est tous faits de molécules (Susin Nielsen, 2015)

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Stewart, treize ans, est ce qu’on appelle poliment un « profil atypique » : surdoué, passionné de sciences, doté d’un chat névrosé nommé Schrödinger et d’un sens social qui frôle le zéro absolu. Deux ans après la mort de sa mère, il emménage avec son père chez Caroline et sa fille Ashley, quatorze ans. Ashley est tout ce que Stewart n’est pas : populaire, soucieuse de son image, et allergique à toute forme de bizarrerie. Pour couronner le tout, elle vient d’apprendre que son propre père est homosexuel — une information qu’elle gère avec toute la nuance dont une adolescente mortifiée est capable, c’est-à-dire assez peu.
Le roman alterne les voix de Stewart et d’Ashley — un chapitre chacun, à tour de rôle. Stewart décrit ses tentatives pour s’intégrer dans un lycée « normal » après des années passées dans une école pour surdoués ; Ashley raconte sa dégringolade sociale le jour où la vérité sur son père s’ébruite. Le contraste entre la logique imperturbable de l’un (il analyse les interactions humaines comme des équations) et le regard catastrophé de l’autre (elle classe les gens par niveau de popularité) est souvent irrésistible. Mais Susin Nielsen ne se contente pas de les opposer : elle montre comment ces deux adolescents que tout sépare finissent, lentement et à contrecœur, par se comprendre. Au passage, il est question de familles recomposées, de deuil, d’homophobie et de harcèlement — et Susin Nielsen glisse des apparitions furtives de personnages issus de ses précédents livres, un clin d’œil pour les fidèles.
Âge conseillé : à partir de 12-13 ans selon les éditeurs (Hélium, traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec).
6. Les optimistes meurent en premier (Susin Nielsen, 2017)

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Depuis la mort accidentelle de sa petite sœur Maxine, Pétula De Wilde, seize ans, ne prend plus aucun risque. Elle désinfecte tout, collectionne les coupures de presse consacrées à des morts absurdes, évite les contacts physiques et les toilettes publiques. Ses parents, ravagés par le chagrin, ne sont d’aucun secours : sa mère accumule les chats (une bonne dizaine au dernier comptage) et son père a déserté le foyer pour le bureau. Contrainte de participer à un atelier d’art-thérapie qu’elle surnomme « Travaux manuels pour les fous », Pétula y côtoie d’autres adolescents cabossés qu’elle supporte à peine. Jusqu’à l’arrivée de Jacob, amputé d’un avant-bras après un accident de voiture, surnommé « l’Homme bionique », et doté d’un optimisme qui la hérisse autant qu’il la fascine.
En à peine 190 pages, Susin Nielsen installe une demi-douzaine d’adolescents cabossés dans la même pièce et leur donne suffisamment de relief pour qu’on se souvienne de chacun. Pétula, d’abord, dont les rituels de prudence extrême (elle transporte du désinfectant partout) disent à quel point la culpabilité la ronge. Jacob, ensuite, qui cache sous son assurance un secret que le lecteur·ice ne découvrira que tardivement — et qui l’obligera à revoir ce qu’il ou elle croyait avoir compris de ce personnage. On rit souvent — la mère de Pétula et sa collection de chats aux prénoms excentriques y sont pour beaucoup — mais le deuil, les phobies et le droit de recommencer à vivre restent au centre du récit, et Susin Nielsen ne laisse jamais l’humour servir de diversion.
Âge conseillé : à partir de 13-14 ans selon les libraires (Hélium, traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec). Le prix Real 2018 le classe dans la catégorie 15-18 ans.
7. Je suis ton soleil (Marie Pavlenko, 2017)

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Déborah entre en terminale avec un programme chargé : un chien-clochard nommé Isidore qui dévore ses chaussures, une mère qui s’est mise à découper frénétiquement des magazines, un père qu’elle surprend au bras d’une inconnue, et une meilleure amie, Éloïse, qui ne parle plus que d’Erwann (un garçon doté, selon Déborah, d’un brocoli sous les cheveux). Le bac approche, et tout part de travers.
Heureusement, il y a Jamal (alias Mygale-Man, pour des raisons qu’il vaut mieux découvrir à la lecture) et Victor, le nouveau de la classe, qui vont devenir des alliés de premier ordre. À eux trois, ils forment un trio dont les échanges sont l’un des plaisirs du roman. Marie Pavlenko a travaillé dix ans sur ce texte, et le résultat est un récit qui sait alterner une scène de fou rire (le passage des spaghettis est resté célèbre chez les lecteur·ices) et une scène où l’inquiétude monte pour de bon — notamment quand le comportement de la mère de Déborah, de plus en plus étrange, commence à faire peur. Il y est question de séparation parentale, de premiers amours, de quête d’identité et de ce moment très particulier où l’on réalise que ses parents sont des gens faillibles.
Âge conseillé : à partir de 13 ans (Flammarion Jeunesse ; disponible en Pôle Fiction chez Gallimard Jeunesse, recommandé 13-18 ans). Le site spécialisé Lirado le conseille plutôt à partir de 15 ans.
8. La fourmi rouge (Émilie Chazerand, 2017)

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Vania Strudel a quinze ans, un ptosis (paupière tombante), un père taxidermiste qui la conduit au lycée dans une voiture déguisée en chien géant (la « ouafmobile »), une mère partie « se réaliser » à Paris il y a des années, et un meilleur ami, Pierre-Rachid, dit Pirach, qui vient de tomber amoureux de Charlotte Kramer — soit l’ennemie jurée de Vania. La rentrée en seconde s’annonce cataclysmique. Puis un soir, un mail anonyme débarque dans sa boîte de réception : « Nous sommes tous des fourmis, vus de la lune. Mais tu peux être la rouge parmi les noires. Qu’est-ce que tu attends pour vivre ? »
Émilie Chazerand signe ici son premier roman pour adolescents, et la voix de Vania — narratrice sans filtre, qui dit tout ce qu’elle pense y compris quand ce n’est pas une bonne idée — rappelle la Mireille des Petites reines, en plus piquante et en plus fragile. Le mail anonyme agit comme un déclencheur : Vania cesse de subir et commence à prendre des décisions, pas toujours les bonnes. Elle se rapproche d’Abraham, un vieil homme solitaire qu’elle garde à l’occasion, renoue avec Pirach, et affronte Charlotte Kramer au lieu de l’esquiver. Derrière les éclats de rire (le passage de la petite culotte Hello Kitty est difficile à oublier), il est question de deuil, de harcèlement scolaire et d’estime de soi. Et Gottfried Strudel, le père taxidermiste, s’impose comme l’un des meilleurs personnages de parent qu’on ait lus en littérature jeunesse ces dernières années — à la fois décalé, présent et solide.
Âge conseillé : à partir de 13 ans (Sarbacane, collection Exprim’ ; disponible en Pôle Fiction chez Gallimard Jeunesse).
9. Le bizarre incident du chien pendant la nuit (Mark Haddon, 2003)

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Christopher Boone a quinze ans, trois mois et deux jours. Il connaît par cœur tous les nombres premiers jusqu’à 7 507. Il adore Sherlock Holmes, les diagrammes et la couleur rouge. Il déteste le jaune, le marron, et qu’on le touche. Christopher est autiste — même si le mot n’apparaît jamais dans le roman. Quand il découvre Wellington, le caniche de sa voisine Mme Shears, transpercé par une fourche de jardin, il décide de mener l’enquête à la manière de son détective préféré. Son père lui ordonne d’arrêter. Christopher refuse. Au fil de ses questions aux voisins, il tombe sur des lettres cachées qui remettent en cause tout ce que son père lui a raconté sur sa mère, supposément décédée. L’enquête sur le chien débouche alors sur une toute autre histoire — et sur une fugue vers Londres que Christopher, qui n’a jamais pris le train seul, va devoir affronter avec son seul bagage : la logique.
Le roman est entièrement raconté du point de vue de Christopher. Les chapitres sont numérotés en nombres premiers, le texte est truffé de croquis, de formules mathématiques et de raisonnements méthodiques. On comprend de l’intérieur pourquoi un mensonge est insupportable pour lui, pourquoi quatre voitures rouges à la file signifient « bonne journée », et pourquoi la gare de Paddington à Londres, avec son bruit, sa foule et ses néons, représente un cauchemar sensoriel. Traduit par Odile Demange et publié en français en 2004, le roman a reçu le Whitbread Book of the Year 2003 et a été adapté au théâtre (sept Laurence Olivier Awards en 2013).
Âge conseillé : à partir de 13 ans selon les éditeurs français (Pocket Jeunesse), mais accessible dès 11-12 ans pour les bons lecteur·ices.
10. Wonder (R. J. Palacio, 2012)

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August Pullman — Auggie pour les intimes — a dix ans et n’est jamais allé à l’école. Il est né avec une dysostose mandibulofaciale (syndrome de Treacher Collins) : une malformation génétique qui affecte la structure du visage — mâchoire, pommettes, paupières, oreilles. Concrètement, son visage ne ressemble à aucun autre, et il a subi vingt-sept opérations chirurgicales depuis sa naissance. Les gens détournent le regard dans la rue, les enfants pleurent parfois à sa vue. Ses parents décident pourtant de l’inscrire en sixième au collège Beecher Prep, à New York. Pour Auggie, c’est l’épreuve de sa vie. Pour ses camarades, c’est un choc : une rumeur circule dès les premières semaines selon laquelle quiconque le touche attrape « la peste ».
R. J. Palacio découpe le roman en plusieurs parties, chacune racontée par un personnage différent : Auggie lui-même, mais aussi sa sœur aînée Via (qui l’adore mais aimerait parfois exister en dehors de son ombre), son ami Jack (qui doit choisir entre la loyauté et la pression du groupe), son amie Summer (qui s’assied à sa table à la cantine quand personne d’autre ne le fait), et d’autres encore. Ce procédé permet de voir la même situation sous des angles très différents : ce qu’Auggie interprète comme un rejet, Jack le vit comme un dilemme, et Via comme une énième preuve que ses parents n’ont d’yeux que pour son frère. Le récit est ponctué des « préceptes » de Mr Browne, le professeur d’Auggie — de courtes maximes que les élèves doivent méditer chaque mois. Traduit en français par Juliette Lê en 2013 et adapté au cinéma en 2017 avec Jacob Tremblay et Julia Roberts, Wonder est devenu un classique de la littérature jeunesse sur la différence physique — et sur ce qui se passe quand on accepte enfin de ne pas détourner le regard.
Âge conseillé : à partir de 13 ans selon Pocket Jeunesse (collection « 13 ans et plus »). Le site spécialisé Lirado le recommande pour la tranche 12-15 ans.