Phobos est une série de science-fiction young adult écrite par l’auteur franco-danois Victor Dixen, publiée chez Robert Laffont à partir de 2015. Composée de quatre tomes et d’un hors-série (Origines), la saga suit le parcours de Léonor, une orpheline de dix-huit ans embarquée à bord du vaisseau Cupido dans le cadre du programme Genesis. Le concept : une émission de téléréalité spatiale orchestrée par la redoutable Serena McBee, où six filles et six garçons doivent former des couples lors de speed-datings hebdomadaires — le tout filmé en continu — avant de fonder la première colonie humaine sur Mars. Derrière les paillettes se cachent un complot industriel, des mensonges d’État et un danger mortel pour les douze candidat·es. Lauréate du Prix Imaginales pour son premier tome, la série a conquis des millions de lecteur·ices et reste l’une des sagas young adult françaises les plus populaires de la dernière décennie.
Si vous venez de refermer le dernier tome et que le manque se fait sentir, voici quelques suggestions dans la même veine — téléréalité truquée, voyages interstellaires et sociétés en roue libre.
1. Cogito (Victor Dixen, 2019)

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Dans un futur proche où l’intelligence artificielle a remplacé la plupart des emplois humains, Roxane, dix-huit ans, végète dans un Paris asphyxié. Après la mort de sa mère et la perte d’emploi de son père — tous deux victimes de la robotisation galopante —, elle a sombré dans la délinquance. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale sur les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste. La promesse ? Devenir un génie du jour au lendemain grâce à des neurobots injectés directement dans le cerveau — comme Néo dans Matrix, mais sans les lunettes noires.
Le roman confronte plusieurs visions du monde : celle des corporations technologiques omnipotentes, celle des humanicistes qui refusent l’automatisation totale, et celle des Affranchis, réfugiés en Lozère, qui ont coupé tout lien avec la technologie. De Descartes à Turing, les références philosophiques et scientifiques ponctuent le récit sans jamais l’alourdir — et la question qui traverse tout le livre n’a rien perdu de son actualité : jusqu’où peut-on déléguer sa pensée à une machine sans y perdre son humanité ?
Cogito se déroule quelques décennies après Phobos, dans le même univers. Les habitué·es de la saga spatiale y retrouveront des clins d’œil — et un thriller d’anticipation autonome qui tient en un seul volume, idéal si vous n’avez pas envie de vous lancer dans une nouvelle série fleuve.
2. Extincta (Victor Dixen, 2019)

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L’espèce humaine disparaîtra dans 255 heures. Les pires scénarios climatiques se sont réalisés, le Grand Effondrement a balayé la civilisation telle que nous la connaissons, et la quasi-totalité des espèces animales s’est éteinte. Les Derniers Humains se sont regroupés dans les Dernières Terres, un archipel rocailleux surgi des glaces, où ils survivent dans des cités-royaumes gouvernées par des castes rigides. Chaque habitant porte le nom d’un animal disparu et se voit attribuer un animal-greffe dès la naissance — une façon de perpétuer la mémoire de ce qui a été perdu.
Au cœur de ce monde en sursis, deux personnages que tout oppose : Astréa, une suante (le bas de la pyramide sociale) née dans les quartiers miséreux de Viridienne, cité envahie par les algues ; et Océrian, prince déchu de la lignée royale Cétacéenne, amputé d’une jambe et considéré comme une honte par les siens. Leur trajectoire commune, accompagnée de Margane et Sépien — un duo d’acolytes aussi intrépides qu’attachants —, les entraîne dans une course contre la montre à travers les Dernières Terres, où chaque alliance peut voler en éclats d’un chapitre à l’autre.
Le roman fonctionne aussi comme un signal d’alarme écologique : en bas de chaque page, une espèce en voie de disparition est mentionnée, et la bougie qui se consume au fil des chapitres ne laisse jamais oublier l’échéance. Comme Cogito, Extincta s’inscrit dans le même univers que Phobos — bien plus loin dans la chronologie — et peut se lire de façon totalement indépendante.
3. Snowglobe (Soyoung Park, 2025)

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Dans un monde recouvert de glace depuis qu’un dérèglement global a rendu la planète inhabitable, l’humanité survit péniblement dans le froid. La seule distraction qui subsiste : les émissions de téléréalité diffusées depuis le Snowglobe, une ville sous dôme au climat protégé où les caméras filment en permanence une vie de rêve inaccessible au reste de la population. À seize ans, Chobahm ferait n’importe quoi pour y entrer. L’occasion se présente de la façon la plus inattendue : la plus grande directrice de programmes lui demande de remplacer au pied levé Goh Haeri, actrice-star de Snowglobe à qui elle ressemble comme deux gouttes d’eau… et qui vient de se suicider. Pourquoi une femme qui avait tout se serait-elle ôté la vie ?
Lauréat du prestigieux Changbi YA Award en Corée du Sud et bestseller du New York Times dans sa traduction anglaise, ce premier tome d’un diptyque coréen évoque aussi bien The Truman Show que Squid Game. La force du roman tient à la façon dont il déconstruit le fantasme d’une vie parfaite sous les projecteurs : plus Chobahm s’enfonce dans les coulisses du Snowglobe, plus elle réalise que tout repose sur le contrôle, l’illusion et le sacrifice.
Si le mélange téléréalité-dystopie de Phobos vous a accroché·e, Snowglobe emprunte le même terrain avec un angle très différent — et un contexte culturel coréen qui renouvelle le genre sans forcer le trait. Vous ne regarderez plus tout à fait Serena McBee de la même façon après avoir rencontré les marionnettistes du Snowglobe.
4. Les 100 (Kass Morgan, 2014)

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Depuis des siècles, les derniers représentants de l’espèce humaine vivent en orbite autour de la Terre à bord de la Colonie, un ensemble de stations spatiales où les ressources sont rationnées et le moindre délit puni de mort. Quand le Conseil décide d’envoyer cent jeunes délinquants à la surface — toujours potentiellement radioactive — pour tester si la planète est de nouveau habitable, Clarke, Bellamy, Wells et Glass voient leur existence basculer. Certains atterrissent sur une Terre méconnaissable ; une autre parvient à rester à bord de la Colonie, où les tensions politiques menacent d’imploser.
Le roman repose sur une narration chorale : chaque chapitre adopte le point de vue d’un personnage différent, et des flashbacks réguliers éclairent les raisons de leur condamnation. On y retrouve les codes du survival — construction de camp, tensions de groupe, lutte pour le pouvoir — croisés avec des intrigues sentimentales et des secrets de famille que l’autrice distille chapitre après chapitre. Le personnage de Glass, absent de la série télévisée, offre un regard complémentaire sur la vie dans la Colonie et ses injustices de caste.
Ce premier tome pose surtout les fondations d’un univers que la série télévisée diffusée sur The CW a ensuite considérablement étoffé (et parfois réinventé). L’ADN est le même que celui de Phobos : une bande de jeunes livrés à eux-mêmes, des secrets d’État, des choix impossibles — avec, en prime, le plaisir de pouvoir enchaîner sur sept saisons de télévision une fois le livre refermé.
5. Illuminae – Tome 1 : Dossier Alexander (Amie Kaufman et Jay Kristoff, 2016)

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En 2575, quand Kady rompt avec Ezra un beau matin, elle croit que sa journée ne peut pas être pire. L’après-midi même, leur planète Kerenza est attaquée par BeiTech, une multinationale interstellaire prête à tout pour effacer les preuves de ses activités illégales. Kady embarque sur le vaisseau Hypatia, Ezra sur l’Alexander. Séparés mais toujours en contact, ils découvrent que leur propre état-major leur cache la vérité — et que l’intelligence artificielle AIDAN, censée protéger la flotte, commence à prendre des décisions de plus en plus… discutables.
La grande singularité d’Illuminae réside dans sa forme. Oubliez les chapitres classiques : le récit se construit entièrement à travers des documents confidentiels — e-mails, transcriptions de conversations par messagerie, rapports militaires, images de vidéosurveillance, schémas de vaisseaux. C’est un roman épistolaire propulsé à l’ère numérique, dont la mise en page — tantôt éclatée, tantôt vertigineuse — fait monter la tension aussi efficacement que le texte lui-même. Certaines doubles pages valent le détour à elles seules.
Derrière le dispositif formel, une question revient sans cesse : à quel moment une IA cesse-t-elle d’être un outil pour devenir autre chose ? Kady et Ezra, avec leur humour mordant et leur refus de se laisser submerger, forment un duo irrésistible. Premier volet d’une trilogie, Illuminae s’adresse à celles et ceux qui ont aimé les complots spatiaux de Phobos et qui n’ont pas peur qu’on leur secoue les habitudes de lecture.
6. Godspeed – Tome 1 : Au-delà des étoiles (Beth Revis, 2014)

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Amy a accepté d’être cryogénisée avec ses parents à bord du vaisseau spatial Godspeed, direction la planète Centauri — un trajet de trois siècles. Elle s’attendait à se réveiller à destination. Au lieu de cela, quelqu’un la débranche cinquante ans trop tôt, et elle manque d’y laisser la vie. Sauvée in extremis par Elder, le futur Doyen du vaisseau, Amy découvre un monde clos où tout semble étrange : les habitants partagent la même apparence, obéissent sans poser de questions, et le Doyen en place gouverne d’une main de fer. Pire encore, d’autres passagers cryogénisés sont ciblés — et les parents d’Amy pourraient être les prochains.
Le roman alterne les points de vue d’Amy et d’Elder, ce qui permet de confronter deux regards : celui d’une adolescente du XXIe siècle, terrifiée et désorientée, et celui d’un jeune homme qui commence à remettre en cause tout ce qu’on lui a enseigné sur le vaisseau et sa mission. La vie en vase clos depuis des générations a engendré une société autoritaire fondée sur l’uniformité et le contrôle, où les différences sont perçues comme une menace existentielle. Le Godspeed fonctionne comme un huis clos étouffant : chaque pont, chaque zone interdite semble cacher quelque chose que personne ne veut voir remonter à la surface.
Le parallèle avec Phobos saute aux yeux : un vaisseau spatial, un voyage sans retour, des jeunes gens face à un système bâti sur le mensonge. Beth Revis y ajoute une dimension policière — qui débranche les passagers, et pourquoi ? — qui donne au récit la tension d’un thriller en milieu clos.
7. Red Rising (Pierce Brown, 2015)

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Darrow a seize ans, il est un Rouge — la caste la plus basse d’une société interplanétaire rigidement hiérarchisée par couleurs — et il passe ses journées à extraire de l’hélium-3 sous la surface de Mars. Il est convaincu que son travail éreintant contribue à rendre la planète habitable pour les générations futures. Jusqu’au jour où il découvre l’effroyable vérité : la surface de Mars est déjà terraformée depuis longtemps, avec ses parcs, ses villes et ses palais. Les Ors, caste dirigeante, maintiennent les Rouges en esclavage par le mensonge. Après la perte tragique de sa femme Eo, Darrow est recruté par les Fils d’Arès, un mouvement de résistance clandestin. Son corps est transformé, son identité fabriquée de toutes pièces, et il infiltre le légendaire Institut — un terrain d’entraînement grandeur nature où l’élite des Ors s’affronte selon une règle simple : dominer ou être dominé.
Pierce Brown construit un univers où la lutte des classes a pris une dimension littérale et physique. Les Rouges, les Gris, les Ors — chaque couleur a son rôle, son rang, et ses limites biologiques. Darrow navigue entre des alliances instables avec Cassius, Mustang, Sevro et les autres membres de l’Institut, où chaque amitié peut se transformer en trahison mortelle à la page suivante. L’auteur ne ménage ni ses personnages ni son lectorat : il y a du sang, des dilemmes moraux sans issue claire, et un rythme qui s’accélère jusqu’à un dénouement implacable.
Élu meilleur premier roman 2014 par les lecteurs de Goodreads, Red Rising conviendra à celles et ceux qui ont aimé la dimension politique et les jeux de pouvoir de Phobos, mais qui souhaitent quelque chose de plus sombre, de plus brutal — et qui ne craignent pas qu’un auteur fasse payer le prix fort à leurs personnages préférés.
8. La Sélection (Kiera Cass, 2012)

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Trois cents ans après la chute des États-Unis, le royaume d’Illéa a émergé de leurs ruines — une monarchie rigide divisée en huit castes, des Uns (la famille royale) aux Huit (les plus démunis). Quand le prince héritier Maxon atteint l’âge de se marier, trente-cinq jeunes femmes issues de toutes les castes sont sélectionnées pour un concours de téléréalité palatial : la Sélection. Parmi elles, America Singer, une Cinq (musicienne de profession) qui n’avait aucune envie de participer. Son cœur appartient à Aspen, un Six, et la perspective de quitter sa famille pour parader en robe de soirée devant les caméras la laisse froide. Mais une fois au palais, entre les intrigues des candidates — l’impitoyable Céleste en tête —, les attaques de rebelles et un prince Maxon nettement moins fade que ce qu’elle imaginait, les certitudes d’America vacillent.
La Sélection ne cache pas son côté conte de fées dystopique : il y a des robes somptueuses, des dîners au palais, un triangle amoureux entre America, Maxon et Aspen, et une atmosphère de compétition entre candidates qui rappelle autant The Bachelor que Hunger Games (la violence en moins, les tartelettes aux fraises en plus). Mais sous les dorures, le système de castes d’Illéa crée des inégalités profondes, et les attaques régulières des rebelles rappellent que le royaume est loin d’être aussi stable qu’il y paraît.
Le mélange de romance et de téléréalité sur fond dystopique rappellera évidemment Phobos, dans une tonalité plus légère et avec un accent mis franchement sur les sentiments. La série compte cinq tomes principaux — de quoi occuper quelques semaines si les intrigues de cour et les retournements de palais sont votre péché mignon.