Paru en 1984, À la poursuite d’Octobre rouge est le premier roman de Tom Clancy et le premier volet des aventures de Jack Ryan. L’intrigue repose sur la défection de Marko Ramius, commandant d’un sous-marin nucléaire soviétique de classe Typhoon équipé d’un système de propulsion silencieux. L’analyste de la CIA Jack Ryan doit convaincre sa hiérarchie que Ramius cherche à passer à l’Ouest, et non à déclencher une frappe nucléaire.
Inspiré de la mutinerie du Storojevoy en 1975, le roman a été adapté au cinéma par John McTiernan en 1990, avec Sean Connery et Alec Baldwin. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Tempête rouge (Tom Clancy et Larry Bond, 1986)

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Seul roman de Tom Clancy à ne pas faire intervenir Jack Ryan, Tempête rouge a été coécrit avec Larry Bond, concepteur du jeu de simulation navale Harpoon. Ils y imaginent une guerre conventionnelle entre l’OTAN et le Pacte de Varsovie. L’URSS, privée de ses réserves pétrolières par un attentat terroriste en Azerbaïdjan, lance une offensive militaire vers le Moyen-Orient et l’Europe de l’Ouest.
Sur près de 900 pages, l’affrontement couvre tous les théâtres d’opérations : l’Atlantique Nord, l’Islande, la RFA. L’approche est résolument technique, du déplacement des flottes à la logistique du ravitaillement. Là où Octobre rouge se concentrait sur un seul sous-marin, Tempête rouge fait tenir une guerre mondiale dans un roman.
2. Le Cardinal du Kremlin (Tom Clancy, 1988)

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Troisième volet de la saga Jack Ryan, Le Cardinal du Kremlin prend pour toile de fond la course aux armements entre les États-Unis et l’URSS. Les deux superpuissances travaillent chacune sur un système de défense laser anti-missiles, héritage direct de l’Initiative de Défense Stratégique de Ronald Reagan.
L’enjeu central est la survie du colonel Mikhaïl Filitov, alias « le Cardinal », héros de guerre soviétique et agent de la CIA depuis des décennies. Quand le KGB commence à resserrer l’étau, Jack Ryan est envoyé pour organiser son exfiltration.
Le récit alterne entre l’espionnage de terrain, les luttes bureaucratiques à Langley et au Kremlin, et les enjeux technologiques qui obsèdent les deux camps. Une plongée dans les dernières années de la Guerre froide, quand la paranoïa était une méthode de gouvernement.
3. Le Sous-marin de l’apocalypse (Michael DiMercurio, 1991)

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Michael DiMercurio, diplômé d’Annapolis et ancien officier à bord de l’USS Hammerhead, écrit ici ce qu’il connaît. L’amiral soviétique Alexeï Novskoïy commande le Kaliningrad, un submersible géant de 60 000 tonnes, et part relancer la Guerre froide par une confrontation directe avec la marine américaine sous la banquise arctique.
Face à lui, le commandant Michael Pacino, aux commandes de l’USS Devilfish, poursuit une mission où la stratégie se double d’une vendetta personnelle : Novskoïy a tué son père vingt ans plus tôt.
DiMercurio a servi sur des sous-marins d’attaque, et cela se sent : les procédures de lancement de torpilles, les manœuvres d’évitement, le silence imposé à l’équipage sous la calotte polaire ont une crédibilité que seul un ancien sous-marinier pouvait leur donner.
4. Nimitz (Patrick Robinson, 1997)

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Un porte-avions américain de classe Nimitz, l’USS Thomas Jefferson, est détruit en mer d’Arabie. Six mille marins périssent. L’état-major conclut à un accident, mais le commandant Bill Baldridge, dont le frère figurait parmi les victimes, refuse cette version.
Il se lance dans une enquête solitaire qui le mène à une conclusion terrifiante : un sous-marin diesel de type Kilo a torpillé le bâtiment. La traque du responsable, l’insaisissable commandant Ben Adnam, entraîne Baldridge de l’océan Indien à l’Atlantique.
Patrick Robinson, ancien journaliste spécialisé dans les affaires navales, maîtrise son sujet : protocoles de la Navy, vulnérabilité réelle des porte-avions, capacités d’un sous-marin diesel en eaux peu profondes. Le nerf du récit est moins le suspense militaire que l’acharnement d’un homme seul contre l’inertie de sa propre hiérarchie.
5. Le Quatrième Protocole (Frederick Forsyth, 1984)

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Le scénario du Quatrième Protocole est glaçant : les Soviétiques préparent un incident nucléaire sur le sol britannique pour manipuler les élections législatives et pousser le Royaume-Uni vers un désarmement unilatéral. Le complot implique l’introduction clandestine des composants d’une bombe atomique sur le territoire, pièce par pièce.
Frederick Forsyth situe son intrigue dans un contexte politique précis : le mouvement anti-nucléaire européen des années 1980 et les luttes internes au Parti travailliste. John Preston, agent du MI5, est le seul à flairer l’opération et à tenter de la déjouer, presque sans appui de sa hiérarchie.
À noter : le traître Kim Philby, figure réelle de l’espionnage, apparaît comme personnage secondaire. Le roman a été adapté au cinéma en 1987, avec Michael Caine.
6. Chacal (Frederick Forsyth, 1971)

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Premier roman de Frederick Forsyth, Chacal s’appuie sur un fait historique : les tentatives d’assassinat contre le général de Gaulle par l’OAS, dont celle du Petit-Clamart en 1962. L’organisation engage un tueur professionnel anglais, connu sous le seul nom de code « le Chacal », pour abattre le président de la République française.
Le commissaire Claude Lebel, policier méthodique et sans éclat, est chargé de l’identifier et de l’arrêter avant qu’il ne frappe. Tout le roman repose sur une construction parallèle : d’un côté les préparatifs minutieux du tueur (faux papiers, arme sur mesure, repérage de l’itinéraire présidentiel), de l’autre l’enquête obstinée de Lebel, qui part de presque rien.
Prix Edgar Allan Poe 1972, classé 17ᵉ meilleur roman policier de tous les temps par la Crime Writers’ Association, Chacal a été porté à l’écran par Fred Zinnemann en 1973, avec Edward Fox.
7. L’espion qui venait du froid (John le Carré, 1963)

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Ce roman a redéfini le genre de l’espionnage en littérature. Alec Leamas, agent du MI6 usé par des années de terrain, accepte une dernière mission : se faire passer pour un transfuge afin de discréditer Hans-Dieter Mundt, chef du contre-espionnage est-allemand. Mais l’opération, orchestrée par le cynique Control, recèle des niveaux de manipulation que Leamas ne soupçonne pas.
Aux antipodes de James Bond, L’espion qui venait du froid montre des services occidentaux prêts à sacrifier leurs propres agents pour un avantage tactique. La frontière morale entre les deux blocs n’existe plus : il ne reste que le calcul.
Le Carré a écrit ce roman en cinq semaines alors qu’il était diplomate à Bonn. Vendu à plus de vingt millions d’exemplaires, récompensé par le prix Somerset-Maugham en 1964, il a été adapté au cinéma avec Richard Burton en 1965.
8. La Taupe (John le Carré, 1974)

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Premier volet de la Trilogie de Karla, La Taupe met en scène George Smiley, vieux maître-espion rappelé de sa retraite pour identifier un agent soviétique infiltré au sommet du « Cirque » — nom de code du MI6 dans l’univers de Le Carré. Les suspects se comptent parmi les plus hauts responsables du service. L’enquête de Smiley part d’une opération ratée en Tchécoslovaquie et d’années de fuites inexpliquées.
Le roman s’inspire directement de l’affaire Kim Philby et des « Cinq de Cambridge ». L’intrigue progresse par accumulation de détails, d’interrogatoires et de recoupements — jamais par l’action. Adapté en série par la BBC en 1979 avec Alec Guinness, puis au cinéma en 2011 avec Gary Oldman, La Taupe n’a rien perdu de sa force.
9. La Mémoire dans la peau (Robert Ludlum, 1980)

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Un homme est repêché en Méditerranée, criblé de balles, amnésique. Un micro-film implanté sous sa peau le conduit à un compte bancaire à Zurich, au nom de Jason Bourne.
Commence alors une double fuite : face aux tueurs lancés à ses trousses — dont le légendaire Carlos, assassin professionnel — et face à sa propre identité, qu’il reconstitue par fragments. Avec l’aide de Marie Saint-Jacques, économiste canadienne entraînée malgré elle dans sa course, Bourne découvre qu’il est en réalité David Webb, ancien agent de l’opération secrète Treadstone 71.
Classé deuxième meilleur roman d’espionnage de langue anglaise par Publishers Weekly, derrière L’espion qui venait du froid, le livre a donné naissance à une trilogie puis à la série cinématographique avec Matt Damon à partir de 2002.
10. L’aigle s’est envolé (Jack Higgins, 1975)

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Automne 1943. Heinrich Himmler ordonne une opération jugée impossible : enlever Winston Churchill lors d’un séjour dans un village côtier du Norfolk. Le colonel Kurt Steiner, officier de parachutistes tombé en disgrâce, est chargé de mener le commando. Il est secondé par Liam Devlin, universitaire irlandais et membre de l’IRA, envoyé en éclaireur sur le terrain.
Jack Higgins avait publié trente-cinq romans sans succès notable avant celui-ci. L’aigle s’est envolé est devenu un best-seller mondial, traduit dans une trentaine de langues. Le récit tire sa singularité de ses personnages : des parachutistes allemands auxquels on s’attache malgré leur uniforme, et un Irlandais de l’IRA, Devlin, dont le charme et l’humour masquent mal la violence.
John Sturges a réalisé l’adaptation cinématographique en 1976, avec Michael Caine, Donald Sutherland et Robert Duvall.
11. La Compagnie (Robert Littell, 2002)

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Fresque de près de 900 pages, La Compagnie retrace quarante ans de Guerre froide à travers les destins croisés d’agents de la CIA et du KGB. Le récit s’ouvre à Berlin en 1950, dans les décombres de l’après-guerre, et s’achève en Crimée en 1991, au moment de l’effondrement soviétique. On suit notamment Harvey Torriti, dit « le Sorcier », chef de station à Berlin, et Jack McAuliffe, jeune recrue de Yale.
De Budapest en 1956 à la Baie des Cochons, de l’Afghanistan des années 1980 à la chasse aux taupes qui a paralysé Langley pendant des décennies, Littell intègre des figures historiques réelles — Kennedy, Castro, Eltsine — sans jamais sacrifier la cohérence de ses personnages fictifs. Le roman a été adapté en mini-série par TNT en 2007.
12. Le Code Rebecca (Ken Follett, 1980)

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Égypte, 1942. Les troupes de Rommel menacent Le Caire. Alex Wolff, espion germano-égyptien, traverse le désert de Libye pour transmettre à l’Afrika Korps les positions et les plans de l’armée britannique. Son outil de chiffrement : un code fondé sur le roman Rebecca de Daphné du Maurier, dont l’émetteur et le récepteur possèdent chacun un exemplaire. Le major William Vandam, officier du contre-espionnage britannique, est chargé de l’intercepter, avec l’aide d’Elene, une jeune femme juive égyptienne.
Ken Follett s’est inspiré de l’histoire réelle de l’espion Johannes Eppler, qui opéra effectivement au Caire pour le compte de l’Abwehr. Le cadre — un Caire fiévreux, entre night-clubs et quartiers généraux, à quelques semaines d’une possible défaite alliée — donne au récit une urgence qui ne doit rien à l’artifice.
13. Je suis Pilgrim (Terry Hayes, 2013)

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Terry Hayes, scénariste de Mad Max 2 et de From Hell, signe un pavé de plus de 900 pages situé dans le monde post-11 septembre.
Pilgrim — nom de code d’un ancien chef d’une unité secrète du renseignement américain — a pris sa retraite après avoir écrit l’ouvrage de référence sur la criminologie. Mais ce livre semble avoir servi de mode d’emploi à un meurtrier, et la Maison-Blanche le rappelle en urgence. Sa mission : identifier et neutraliser « le Sarrasin », un ancien moudjahidin devenu terroriste solitaire, qui a synthétisé une souche de variole et s’apprête à la répandre aux États-Unis.
De New York à l’Arabie saoudite, de la Turquie à l’Afghanistan, le récit fait des allers-retours constants entre le présent et trente ans de conflits — l’invasion soviétique de l’Afghanistan, le 11 septembre, les guerres d’Irak — pour expliquer comment chacun des deux adversaires est devenu ce qu’il est.
14. L’assassin anglais (Daniel Silva, 2002)

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Deuxième volet de la série Gabriel Allon, L’assassin anglais envoie cet ancien agent du Mossad reconverti en restaurateur de tableaux à Zurich, où un banquier millionnaire l’a engagé pour nettoyer un Raphaël. À son arrivée, Allon trouve le vieil homme assassiné. Sa collection privée d’œuvres impressionnistes a disparu.
Accusé du meurtre, Allon doit se disculper et remonter la piste des tableaux, qui mène au rôle trouble de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale : banquiers collaborateurs du régime nazi, œuvres volées aux familles juives, secrets protégés par une société secrète prête à tuer pour les garder enfouis.
Daniel Silva, ancien correspondant de CNN au Moyen-Orient, s’appuie sur le scandale réel des fonds juifs en déshérence dans les banques suisses — un sujet qui faisait encore les gros titres au moment de la publication du roman.