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Que lire après « Nevernight » de Jay Kristoff ?

Que lire après « Nevernight » de Jay Kristoff ?

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Nevernight est une trilogie de dark fantasy écrite par l’auteur australien Jay Kristoff, publiée entre 2016 et 2019 (et traduite en français par Sébastien Guillot chez De Saxus entre 2020 et 2022). On y suit Mia Corvere, une jeune femme dévorée par la vengeance, dans un monde éclairé par trois soleils où la nuit véritable ne survient qu’une fois tous les quatre ans. Après avoir assisté, enfant, au massacre de sa famille sur ordre du consul Julius Scaeva, Mia intègre l’Église rouge — une école d’assassins nichée dans les entrailles d’un dieu mort — pour apprendre à tuer ceux qui l’ont privée de tout. La trilogie, qui se compose de N’oublie jamais, Les Grands Jeux et L’Aube obscure, se déroule dans la République d’Itreya, un univers inspiré de la Rome antique, avec complots politiques, combats de gladiateurs et mythologie sanglante.

Si vous venez de refermer le dernier tome et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des recommandations dans la même veine — sombres, tranchantes, et pas toujours très polies.


1. Le Livre des Anciens (Mark Lawrence, 2017)

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Au couvent de la Mansuétude, on ne prie pas seulement — on apprend aussi à tuer. Sur Abeth, un monde où un soleil agonise et où la glace grignote les terres habitables, de jeunes novices sont formées aux voies du poing, de la lame, de l’ombre et de l’esprit. Parmi elles, Nona Grisaille, une enfant de huit ans arrachée à la potence alors qu’elle a déjà du sang sur les mains. Nona porte en elle le sang des Anciens, une lignée presque éteinte qui confère des aptitudes surnaturelles. Mais ses origines obscures et ses ennemis puissants — un seigneur rancunier et une Inquisition aux dents longues — font d’elle à la fois une proie et une menace.

La trilogie (Sœur Écarlate, Sœur Grise, Sœur Sainte) tient du roman d’apprentissage féroce : les rivalités entre novices et les alliances nouées dans la douleur rappelleront immédiatement l’Église rouge de Nevernight. Les trahisons aussi. Mais là où Mia Corvere opère seule et dans l’ombre, Nona construit sa force dans la sororité — une poignée de jeunes femmes redoutables et terriblement attachantes, dont la loyauté tient lieu de colonne vertébrale au récit. Mark Lawrence y greffe un système de magie lié au sang — chaque lignée confère des talents différents (vitesse, force, capacité de manipulation des fils d’énergie) — dans un Empire en déclin, hanté par une prophétie que personne n’interprète de la même façon.


2. L’Ange de la Nuit (Brent Weeks, 2008)

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Dans les ruelles poisseuses de Cénaria, le jeune Azoth survit au jour le jour. Racketté, brutalisé, il n’a qu’une obsession : devenir l’apprenti de Durzo Blint, le plus redoutable « pisse-culotte » — comprenez : tueur d’élite — de la cité. Mais Durzo n’accepte pas les candidatures à la légère. Pour gagner sa place, Azoth devra renoncer à son identité, prendre le nom de Kylar Stern et s’enfoncer dans un engrenage d’intrigues politiques et de magie obscure dont on ne ressort pas indemne.

Là où Nevernight plonge dans une Antiquité romaine fantasmée, L’Ange de la Nuit s’inscrit dans une dark fantasy urbaine plus médiévale — guildes de voleurs, complots de palais, rois-dieux mégalomanes. La relation maître-apprenti entre Durzo et Kylar, nourrie de méfiance autant que de respect, constitue le moteur du récit. Brent Weeks ne ménage ni ses personnages ni son lectorat : la trilogie assume pleinement sa brutalité et ses dilemmes moraux, et propose un arc narratif où chaque victoire laisse des cicatrices plus profondes que la défaite.


3. Servir froid (Joe Abercrombie, 2009)

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La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. Monza Murcatto, mercenaire la plus célèbre de Styrie, le servira chaud et noyé de sang. Trahie par le grand-duc Orso qui la jette du haut d’une montagne après avoir assassiné son frère, elle survit — le corps brisé, la haine intacte. Sept hommes devront mourir. Pour les abattre, elle recrute une équipe improbable et peu recommandable : un soûlard indécrottable, un empoisonneur fourbe, un tueur obsédé par les nombres et un barbare du Nord en quête de rédemption (bonne chance avec ça).

Ce roman autonome, situé dans l’univers de La Première Loi mais parfaitement lisible sans en connaître un mot, enchaîne les retournements de situation avec une jubilation presque sadique. Sa structure rappelle un film de braquage — une cible, un plan, un désastre — répétée sept fois avec des variations toujours plus tordues. Abercrombie excelle dans l’art du personnage moralement douteux : chez lui, personne n’est tout à fait bon, personne n’est tout à fait mauvais, et les bonnes intentions pavent un chemin qui mène invariablement à la catastrophe. L’humour noir, omniprésent, fait le reste. Si l’ironie mordante de Jay Kristoff vous a plu, celle d’Abercrombie devrait vous conquérir — en plus cynique, si c’est possible.


4. Les Salauds Gentilshommes (Scott Lynch, 2006)

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On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. Sauf que Locke Lamora sait à peine tenir une épée et que ses « exploits » sont en réalité des escroqueries de haute volée. Avec sa bande de joyeux arnaqueurs — les Salauds Gentilshommes, formés dès l’enfance par le père Chains, un faux prêtre aveugle au vrai talent pédagogique —, il dépouille les nobles de Camorr sous des identités d’emprunt, au nez et à la barbe du capa Barsavi, le parrain de la pègre locale. Mais quand un mystérieux adversaire appelé le Roi Gris commence à décimer les criminels de la ville, Locke se retrouve pris dans un jeu bien plus dangereux que ses petites arnaques.

Camorr est une Venise fantasmée, à la fois splendide et putride, bâtie sur les vestiges d’une civilisation disparue dont personne ne comprend plus la technologie. Scott Lynch a conçu cette cité avec une gourmandise du détail qui donne envie d’en arpenter chaque ruelle (à ses risques et périls). Le roman alterne entre le passé — l’éducation de Locke et de sa bande — et le présent, où tout dérape avec une régularité jouissive. Les Mensonges de Locke Lamora partage avec Nevernight le goût des personnages débrouillards, des répliques acérées et des plans géniaux qui se retournent contre leurs auteurs. En prime, l’amitié indéfectible entre Locke et Jean Tannen — le muscle du groupe, brutal au combat et fin lettré dans le civil — est l’un des duos les plus réjouissants de la fantasy contemporaine.


5. L’Empire du Vampire (Jay Kristoff, 2021)

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Après Nevernight, Jay Kristoff change de décor mais pas de tempérament. Dans un monde où le soleil a cessé de percer les nuages depuis vingt-sept ans, les vampires règnent et l’humanité recule. Gabriel de León, dernier des saints d’argent — une confrérie de guerriers mi-humains, mi-vampires vouée à la destruction des créatures de la nuit — croupit dans une geôle. Son gardien, l’historien Jean-François du sang Chastain, est chargé de recueillir son récit. Gabriel accepte, à contrecœur, de raconter sa vie : son enfance dans le rude Nordlund, sa formation brutale au monastère de San Michon et, surtout, sa quête du Saint-Graal, dernier espoir pour mettre fin à la nuit éternelle.

Le récit adopte une structure non linéaire qui alterne entre trois époques de la vie de Gabriel : sa jeunesse, sa quête et sa captivité présente. Ce procédé crée un effet de puzzle redoutablement efficace — chaque pièce posée éclaire les autres sous un angle inattendu. On retrouve ici ce que Kristoff fait de mieux : un héros cabossé et sarcastique, qui oscille entre la cruauté et la tendresse ; un univers où la foi côtoie le sang à chaque page ; et une mythologie vampirique qui renoue avec la terreur gothique et relègue au placard les vampires romantiques. Le cadre, médiéval et sombre, d’inspiration française et germanique, se situe à mille lieues de la Rome antique d’Itreya.


6. La Guerre du pavot (R.F. Kuang, 2018)

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Rin est une orpheline du sud de l’Empire nikara, à la peau sombre, élevée par des trafiquants d’opium. Pour échapper au mariage arrangé qui l’attend, elle prépare le concours Keju — un examen national qui ouvre les portes de l’académie militaire de Sinegard, réservée aux futures élites. Elle réussit. Mais à Sinegard, le mépris de classe et le racisme ne tardent pas à lui rappeler d’où elle vient. Sous la tutelle d’un maître excentrique, elle découvre des pouvoirs chamaniques enfouis en elle — des pouvoirs liés aux dieux anciens, dévastateurs et impossibles à maîtriser. Et quand la Fédération de Mugen envahit Nikara, le roman d’apprentissage vire au récit de guerre sans concession.

R.F. Kuang s’inspire frontalement de l’histoire de la Chine — les guerres sino-japonaises, les guerres de l’Opium, le massacre de Nankin (transposé ici sur l’île de Spir) — pour construire une fantasy militaire d’une violence inouïe. La trajectoire de Rin, d’étudiante acharnée à arme de destruction massive, pose des questions morales auxquelles personne ne veut vraiment répondre : jusqu’où aller pour sauver son peuple ? À quel moment la victime devient-elle le bourreau ? La trilogie refuse les réponses simples. Si Nevernight vous a plu par son héroïne féroce et moralement ambiguë, sachez que Rin va considérablement plus loin sur cette pente. Seul le premier tome est disponible en français chez Actes Sud (traduit par Yannis Urano) ; les tomes suivants, The Dragon Republic et The Burning God, n’ont pas encore été traduits à ce jour.


7. L’Empire brisé (Mark Lawrence, 2011)

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À neuf ans, Jorg Ancrath assiste au meurtre de sa mère et de son petit frère William, piégé dans un buisson d’épines qui lui lacère le corps — d’où son titre de « prince écorché ». À treize ans, il dirige une bande de hors-la-loi sanguinaires. À quinze ans, il compte bien devenir roi. Dans un monde composé de cent royaumes issus de l’éclatement d’un ancien empire, Jorg se lance dans une quête de pouvoir absolu. Ses armes : la rage, une intelligence redoutable et un mépris total pour les conventions morales.

La trilogie (Le Prince écorché, Le Roi écorché, L’Empereur écorché) est racontée à la première personne par Jorg lui-même, et c’est là toute sa force — et son danger. Car Jorg est un narrateur charismatique et détestable à parts égales : meurtrier, manipulateur, mais d’une lucidité glaçante sur sa propre monstruosité. L’univers recèle par ailleurs une surprise de taille, révélée par petites touches : ce monde pseudo-médiéval est en réalité post-apocalyptique, bâti sur les ruines de notre civilisation. Vestiges technologiques, radiations et nécromancie cohabitent — et ça fonctionne. Si la noirceur de Nevernight vous a séduit·e, L’Empire brisé va nettement plus loin — avec un antihéros qui fait passer Mia Corvere pour une enfant de chœur.


8. Le Clan des Otori (Lian Hearn, 2002)

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Changement de décor radical. Nous voici dans un Japon féodal imaginaire, entre guerres de clans, parquets qui chantent et cerisiers en fleurs. Le jeune Tomasu grandit paisiblement au sein des Invisibles, une communauté pacifiste. Jusqu’au jour où les guerriers du clan Tohan massacrent son village. Sauvé par sire Shigeru, seigneur du clan des Otori, le garçon est rebaptisé Takeo et découvre qu’il possède des dons extraordinaires hérités de la Tribu, un réseau secret de familles aux pouvoirs surnaturels : l’invisibilité, l’ouïe surhumaine, le dédoublement. Pris en étau entre sa loyauté envers Shigeru, l’emprise de la Tribu et un amour interdit pour Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie — quitte à traverser le célèbre « parquet du rossignol », un plancher conçu pour trahir le moindre pas.

La saga (cinq tomes) offre un dépaysement total par rapport aux univers pseudo-européens de la fantasy classique. Les intrigues de palais, les codes d’honneur inflexibles, les alliances matrimoniales brisées et les duels au sabre forment un monde où la politique se règle autant par le poison que par la diplomatie. Le lien avec Nevernight ? Un jeune héros arraché à l’innocence et récupéré par une organisation secrète, contraint de choisir entre ce qu’il doit et ce qu’il veut. Lian Hearn (pseudonyme de l’autrice australienne Gillian Rubinstein) ajoute à cela une délicatesse dans ses descriptions de paysages et de saisons, qui tranche avec la brutalité des affrontements.


9. L’Assassin royal (Robin Hobb, 1995)

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Toute liste de fantasy sombre où il est question d’assassins serait incomplète sans Robin Hobb. FitzChevalerie Loinvoyant est un bâtard de sang royal, fils illégitime du prince Chevalerie, abandonné à six ans aux portes du château de Castelcerf. Recueilli par Burrich, le maître des écuries, il grandit dans l’ombre de la cour des Six-Duchés — jusqu’à ce que son grand-père, le roi Subtil, décide de faire de lui l’assassin secret de la couronne, sous la tutelle du vieux et retors Umbre. Parallèlement, Fitz développe deux formes de magie : l’Art, la magie royale qui permet la communication d’esprit à esprit, et le Vif, une magie proscrite qui lie l’humain à l’animal — en l’occurrence un loup gris nommé Œil-de-Nuit, dont la présence irriguera toute la saga.

L’Assassin royal (treize tomes en français pour le premier et le deuxième cycle, suivis de la série Le Fou et l’Assassin) est probablement la saga qui a le mieux prouvé que la fantasy de personnage pouvait rivaliser avec le roman psychologique. Robin Hobb prend le temps — et il en faut — pour construire un héros profondément humain, pétri de doutes et de loyautés contradictoires, à qui chaque décision coûte quelque chose. Le rythme est plus contemplatif que celui de Nevernight : on est ici dans le roman d’apprentissage au long cours, avec ses lenteurs assumées et ses coups de grâce d’autant plus dévastateurs qu’on ne les voit pas venir. Mais la parenté est réelle : comme Mia, Fitz est un instrument forgé pour tuer, tiraillé entre la mission qu’on lui impose et les liens qu’il refuse de rompre.