Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Mort sur le Nil » d'Agatha Christie ?

Que lire après « Mort sur le Nil » d’Agatha Christie ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Mort sur le Nil est un roman policier d’Agatha Christie publié le 1er novembre 1937 au Royaume-Uni. Il se déroule à bord du S.S. Karnak, un luxueux bateau de croisière sur le Nil, où le détective belge Hercule Poirot comptait bien se reposer. Mais le meurtre de Linnet Ridgeway, jeune et richissime héritière américaine fraîchement mariée à Simon Doyle — l’ancien fiancé de sa meilleure amie Jacqueline de Bellefort —, va transformer la croisière en terrain d’enquête. Jalousie, cupidité, trahison : chaque passager du Karnak semble avoir un mobile, et Poirot devra percer les alibis, les mensonges et les faux-semblants pour identifier le coupable. Considéré comme l’un des meilleurs romans d’Agatha Christie avec Le Crime de l’Orient-Express et Le Meurtre de Roger Ackroyd, Mort sur le Nil a été adapté au cinéma en 1978 par John Guillermin (avec Peter Ustinov dans le rôle de Poirot), puis en 2022 par Kenneth Branagh.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine — huis clos sur fond de voyage, énigmes retorses et galeries de suspects à la moralité douteuse.


1. Le Crime de l’Orient-Express (Agatha Christie, 1934)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Difficile de recommander une suite à Mort sur le Nil sans commencer par l’autre grand classique d’Agatha Christie. Ici, le décor change : on troque le fleuve égyptien pour un train de luxe bloqué par la neige en plein cœur de la Yougoslavie. À bord, un Américain du nom de Ratchett est retrouvé mort dans son compartiment, poignardé de douze coups de couteau. L’assassin est forcément parmi les passagers — personne n’a pu entrer ni sortir. Hercule Poirot, présent par un heureux hasard (il en a le secret), se retrouve face à une douzaine de suspects venus des quatre coins de l’Europe, chacun doté d’un alibi plus ou moins convaincant.

Le roman puise son inspiration dans deux faits réels : l’affaire du kidnapping du bébé Lindbergh et un épisode de 1929 où le Simplon-Orient-Express resta bloqué six jours par un blizzard en Turquie. Christie en tire un huis clos ferroviaire d’une ingéniosité redoutable, dont le dénouement — l’un des plus célèbres de l’histoire du polar — pose une question morale qui divise encore les lecteur·ices : peut-on rendre justice en dehors de la loi ? Si vous avez vu l’une des nombreuses adaptations (Sidney Lumet en 1974, Kenneth Branagh en 2017), le livre garde l’avantage grâce à la finesse des interrogatoires et au plaisir de voir les « petites cellules grises » de Poirot en action.


2. Le Train bleu (Agatha Christie, 1928)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Avant Mort sur le Nil et Le Crime de l’Orient-Express, Agatha Christie avait déjà coincé Hercule Poirot dans un wagon avec un cadavre. Le Train bleu, ce n’est pas n’importe quel train : c’est le mythique express Calais-Nice, celui qui acheminait l’élite fortunée vers la Côte d’Azur. À son bord, Ruth Kettering, fille d’un milliardaire américain, est retrouvée assassinée dans son compartiment, défigurée — et dépossédée du « Cœur de feu », un somptueux collier de rubis que son père venait de lui offrir.

L’enquête se poursuit hors du train, entre villas de la Riviera, hôtels de luxe et casino, dans un petit monde où un mari désargenté, un amant flamboyant et un antiquaire aux manières trop polies se croisent et se soupçonnent. Le personnage de Katherine Grey, jeune héritière pleine de bon sens qui épaule Poirot, tranche agréablement avec ce cercle de mondains. Détail piquant : Christie elle-même détestait ce roman, écrit dans une période de profond chagrin personnel (la mort de sa mère, son divorce). Il se vendit pourtant très bien — preuve que même un Poirot écrit à contrecœur reste un Poirot tout à fait fréquentable.


3. Le Mystère de la chambre jaune (Gaston Leroux, 1907)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

On quitte ici l’univers de Christie pour revenir aux origines du roman à énigme français. Au château du Glandier, Mathilde Stangerson, fille d’un savant illustre, est retrouvée à demi morte dans sa chambre. Porte verrouillée de l’intérieur, volets condamnés, aucun passage secret : l’agresseur s’est littéralement volatilisé. Seuls indices : l’empreinte d’une main ensanglantée sur le mur et le revolver du domestique. Le jeune reporter Joseph Rouletabille, dix-huit ans à peine mais déjà doté d’un flair hors du commun, se lance dans l’affaire, bien décidé à résoudre le mystère par « le bon bout de la raison » — sa formule de prédilection.

Gaston Leroux, ancien chroniqueur judiciaire et grand admirateur d’Edgar Allan Poe et d’Arthur Conan Doyle, rêvait de surpasser ses maîtres. Son ambition : créer une chambre close « fermée comme un coffre-fort », sans le moindre subterfuge. Le pari est tenu : l’énigme résiste jusqu’à la dernière page, malgré les multiples tentatives du lecteur pour la percer. Le roman vaut aussi pour le duel intellectuel entre Rouletabille et le policier Frédéric Larsan : méthodes opposées, tempéraments irréconciliables, et une rivalité qui porte l’intrigue de bout en bout. Jean Cocteau en a signé la préface — et Hercule Poirot lui-même, dans un roman de Christie, salue le livre comme un modèle du genre. Pas mal, pour un gamin à tête ronde.


4. La Disparue de la cabine n°10 (Ruth Ware, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Laura Blacklock, surnommée Lo, est journaliste pour un magazine de voyage. Quand on lui propose de couvrir la croisière inaugurale de l’Aurora, un yacht ultra-luxueux qui sillonne les fjords de Norvège avec seulement une poignée de passagers triés sur le volet, elle ne se fait pas prier — d’autant que Londres, après un cambriolage récent, est devenue le dernier endroit où elle veut se trouver. Le premier jour est idyllique : champagne, cabines somptueuses, horizon scandinave. Mais dès la première nuit, Lo est réveillée par un bruit et voit la passagère de la cabine voisine être jetée par-dessus bord. Problème : le lendemain, personne ne manque à l’appel.

Le roman repose sur une question empoisonnée : Lo est-elle un témoin fiable ou une femme fragilisée par l’anxiété, les médicaments et l’alcool, que plus personne ne prend au sérieux ? À bord de l’Aurora — dix cabines, pas de réseau, pas de fuite possible —, la paranoïa s’épaissit de chapitre en chapitre, et chaque passager semble cacher quelque chose. La fin, quant à elle, bifurque sans prévenir et quitte le terrain du whodunit classique pour un final nettement plus physique et musclé.


5. L’Étrange Traversée du Saardam (Stuart Turton, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

1634. Le Saardam, navire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, quitte Batavia pour Amsterdam — un voyage de huit mois à travers des océans peu commodes. À bord : le gouverneur général de l’île, sa femme Sara, leur fille, une troupe de mousquetaires, des marins superstitieux et, au fond de la cale, un prisonnier de marque : Samuel Pipps, célèbre détective tombé en disgrâce. Mais le navire n’est pas encore en haute mer que les ennuis commencent : un symbole de cendres apparaît sur la grand-voile, une voix terrifiante retentit dans la nuit, et un cadavre est découvert dans une cabine fermée de l’intérieur. Le démon « Old Tom » aurait-il maudit le navire ?

C’est Arent Hayes, garde du corps de Pipps — une armoire à glace d’une bonté désarmante —, qui se retrouve à mener l’enquête, épaulé par Sara, femme du gouverneur aussi pragmatique que déterminée à protéger sa fille. Stuart Turton, déjà remarqué pour Les Sept Morts d’Evelyn Hardcastle, ne fait jamais tout à fait ce qu’on attend de lui. Ici, il plonge le whodunit dans un XVIIe siècle brutal, où la superstition côtoie la logique, où les rapports de classe et de genre sont impitoyables, et où personne n’a les mains tout à fait propres. On tient là un polar en vase clos quelque part entre Agatha Christie, Arthur Conan Doyle et un roman d’aventures à la Jules Verne — le mal de mer en prime, si vous êtes du genre sensible.


6. L’Invité(e) de trop (Lucy Foley, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Un mariage sur une petite île au large de l’Irlande. Julia, directrice de magazine, et Will, étoile montante de la télé-réalité, ont réuni treize invités pour une fête à l’image de leur réussite — tenues de créateur, décor léché, wedding planner aux commandes. Mais le réseau mobile est inexistant, la mer est agitée, et les convives sont bien trop humains pour que la perfection tienne plus de quelques heures. Les vieilles rancœurs percent vite sous les sourires de circonstance, le champagne libère les langues, une tempête coupe l’île du continent. Et après un black-out, on crie au meurtre.

Le roman adopte une structure chorale : chaque chapitre donne la parole à un personnage différent — la mariée, sa sœur, la wedding planner, la femme du témoin, le meilleur ami du marié. On alterne entre la veille, le jour de la cérémonie et l’après, et chaque voix ajoute une pièce du puzzle — mais livre aussi, sans le vouloir, les failles de celui ou celle qui parle. Lucy Foley ne dévoile l’identité de la victime qu’en toute fin de roman — on ignore donc non seulement qui a tué, mais aussi qui est mort. Ajoutez à cela une île irlandaise battue par les vents, coupée du monde par la tempête, et vous avez tout ce qu’il faut pour qu’un mariage de façade vire au règlement de comptes.


7. Une vie meilleure (Rachel Rhys, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Juillet 1939. Lilian Shepherd, vingt-cinq ans, embarque sur un paquebot à destination de l’Australie. Elle fuit un passé douloureux et une Angleterre au bord de la guerre. Pour cette jeune femme dont la vie se résumait jusqu’ici au gris londonien, le voyage est un éblouissement : orchestre à bord, bals costumés, escales à Gibraltar, Naples, Le Caire, Ceylan. Elle se lie avec des passagers qui, en temps normal, ne lui auraient pas adressé la parole. Les barrières sociales vacillent, les amitiés se nouent, les idylles éclosent — et les secrets remontent à la surface avec une régularité inquiétante.

Car le roman s’ouvre sur un prologue glaçant : à l’arrivée du navire, une femme en descend menottée. Un journaliste mentionne un corps. Dès lors, la même interrogation court sous chaque chapitre : qui est mort, et qui a tué ? Rachel Rhys (pseudonyme de Tammy Cohen, auteure de thrillers psychologiques) s’est inspirée du récit réel d’une traversée dans les années 1930 pour construire un roman où la tension grimpe au rythme des escales. Le contexte historique — les nouvelles de la guerre arrivent par bribes, les nationalités deviennent suspectes, les préjugés se durcissent — transforme le paquebot en cocotte-minute sociale. Et le dénouement, soigneusement préparé, prend le lecteur à contre-pied avec une efficacité dont Agatha Christie n’aurait pas rougi.


8. Comptine mortelle (Anthony Horowitz, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Alan Conway est un auteur de romans policiers à succès. Son détective fétiche, Fidèle Staupert, opère dans la campagne anglaise des années 1950, dans des intrigues qui doivent beaucoup à Agatha Christie — ambiance de village où tout le monde se connaît, suspects en nombre, résolution au dernier chapitre. Son éditrice, Susan Ryeland, s’installe pour lire Épitaphe de la pie, le dernier manuscrit de Conway. Mais deux choses clochent : les trois derniers chapitres manquent, et Conway est retrouvé mort au pied de sa tour. Suicide ou meurtre ?

Le tour de force d’Anthony Horowitz — par ailleurs scénariste de la série Inspecteur Barnaby et auteur de romans consacrés à Sherlock Holmes — tient dans sa construction en poupées russes. Le lecteur découvre Épitaphe de la pie en même temps que Susan, avec sa propre énigme à résoudre (qui a tué dans le roman de Conway ?), avant de basculer dans l’enquête de Susan elle-même : pourquoi les chapitres ont-ils disparu ? Conway a-t-il dissimulé des indices dans sa fiction ? Les deux intrigues s’entrelacent, se répondent, se contaminent. Chaque nom de personnage, chaque détail peut receler un double sens. C’est un hommage au roman d’énigme classique, mais aussi une réflexion malicieuse sur ce que ce genre dit de nous — lecteur·ices obsédé·es par la résolution, prêt·es à retourner chaque phrase pour trouver le coupable avant la dernière page.