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Que lire après « Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini ?

Que lire après « Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini ?

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Mille soleils splendides est le deuxième roman de l’écrivain américain d’origine afghane Khaled Hosseini, paru en 2007. On y suit Mariam et Laila, deux femmes afghanes contraintes de partager le même foyer sous le joug d’un mari violent, dans un Afghanistan ravagé par cinquante ans de conflits — de l’occupation soviétique au régime des talibans. D’abord rivales, elles forgent une solidarité à laquelle chacune doit, à sa manière, sa survie.

Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Les Cerfs-volants de Kaboul (Khaled Hosseini, 2003)

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Dans le Kaboul des années 1970, Amir, fils d’un riche commerçant pachtoune, et Hassan, son serviteur hazara, grandissent comme des frères. Leur amitié se brise le jour où Amir, par lâcheté, laisse Hassan se faire agresser sans intervenir, lors d’un tournoi de cerfs-volants. Rongé par la honte, il fuit avec son père en Californie après l’invasion soviétique.

Vingt ans plus tard, un appel du Pakistan lui offre une chance de rachat — au prix d’un retour dans l’Afghanistan des talibans. Ce premier roman de Hosseini est construit tout entier sur la trahison et le remords, et sur la question de savoir s’il est encore possible de réparer ce qu’on a laissé se détruire. Le film de Marc Forster, sorti en 2007, en a prolongé le retentissement.


2. Ainsi résonne l’écho infini des montagnes (Khaled Hosseini, 2013)

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Dans le village afghan de Shadbagh, le jeune Abdullah, dix ans, veille sur sa petite sœur Pari avec une tendresse farouche. Un choix déchirant va les séparer : leur père cède Pari à un couple aisé de Kaboul. Cette rupture irradie tout le roman, qui couvre six décennies et plusieurs continents — de Kaboul au Paris des années 1970, d’une île grecque à San Francisco.

Roman choral, le livre fait entendre tour à tour des personnages liés par le sang ou par le hasard. Chaque chapitre éclaire les précédents sous un angle neuf. Le résultat est un roman sur ce que la séparation fait aux gens : comment elle déforme les souvenirs, pèse sur les choix et persiste même quand on a cessé de se souvenir de ce qui a été perdu.


3. La Perle et la Coquille (Nadia Hashimi, 2014)

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Kaboul, 2007. Sans frère et avec un père devenu toxicomane depuis son enrôlement par les talibans, la jeune Rahima et ses sœurs ne peuvent plus quitter la maison — dans l’Afghanistan des talibans, une famille sans homme est une famille assignée à résidence. Sur les conseils de sa tante, Rahima devient une bacha posh, une fille travestie en garçon, et accède à ce qui lui était interdit : l’école, le travail, la rue. En parallèle, sa tante lui raconte l’histoire de leur aïeule Shekiba, qui connut un destin similaire un siècle plus tôt.

Les deux récits se répondent à travers les époques et aboutissent au même constat : la condition féminine en Afghanistan a peu évolué en cent ans. Récompensé par le Prix des lectrices 2016, ce roman de Nadia Hashimi, pédiatre américaine d’origine afghane, éclaire avec précision la tradition méconnue des bacha posh.


4. Si la lune éclaire nos pas (Nadia Hashimi, 2015)

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Fereiba a construit une vie modeste mais heureuse à Kaboul avec son mari ingénieur et leurs trois enfants. Lorsque les talibans assassinent son époux, elle n’a d’autre choix que de fuir. Avec ses enfants, elle entame un périple éprouvant à travers l’Iran, la Turquie, la Grèce et la France, dans l’espoir de rejoindre sa sœur à Londres.

Le roman alterne entre le parcours de Fereiba et celui de son fils aîné Salim, séparé de sa famille en cours de route. Là où les reportages montrent des colonnes anonymes sur des routes poussiéreuses, Nadia Hashimi s’attache à une seule famille et donne à voir ce que coûte chaque frontière, chaque passeur, chaque nuit d’attente. Un roman sur la crise des réfugiés à hauteur d’une famille, nourri par les témoignages de femmes et d’hommes afghans en exil.


5. Les Hirondelles de Kaboul (Yasmina Khadra, 2002)

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Kaboul écrasé par la canicule, sous le premier gouvernement des talibans. Deux couples tentent de survivre dans une ville où la joie est suspecte et les exécutions publiques rythment les vendredis. Atiq, ancien moudjahid reconverti en geôlier, veille sur des condamnées à mort sans plus rien ressentir. Mohsen et sa femme Zunaira, ancienne avocate réduite au silence du tchadri, s’accrochent l’un à l’autre — mais la violence ambiante finit par s’infiltrer jusque dans leur couple.

Court et dense (moins de 200 pages), ce roman de l’écrivain algérien Yasmina Khadra (de son vrai nom Mohammed Moulessehoul) procède par phrases sèches, presque taillées à la serpe — un style qui colle à l’enfermement qu’il décrit. Premier volet d’une trilogie sur les fractures entre Orient et Occident (avec L’Attentat et Les Sirènes de Bagdad), le livre a été adapté en film d’animation par Zabou Breitman en 2019.


6. Le Silence d’Isra (Etaf Rum, 2019)

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Palestine, 1990. Isra, 17 ans, est mariée de force à un Américain d’origine palestinienne et part s’installer à Brooklyn. Elle espère y trouver une vie différente, mais retrouve le même carcan patriarcal : soumise à sa belle-mère Fareeda, elle est cloîtrée à la maison et sommée de donner naissance à un fils. Dix-huit ans plus tard, sa fille Deya refuse le mariage arrangé qu’on lui impose et met au jour les secrets de sa famille.

Ce premier roman d’Etaf Rum, elle-même née à Brooklyn dans une famille d’immigrés palestiniens, a des accents autobiographiques assumés. Il retrace le destin de trois générations de femmes enfermées dans les mêmes injonctions — le mariage, la maternité, l’obéissance — et montre comment, dans ce huis clos familial, la lecture devient le seul acte de désobéissance accessible.


7. Les Matins de Jénine (Susan Abulhawa, 2007)

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En 1948, la famille Abulheja vit depuis quarante générations dans le village palestinien d’Ein Hod. La création de l’État d’Israël les jette sur les routes : leur maison est confisquée, leur village détruit. Réfugiés dans le camp de Jénine, ils subissent une nouvelle perte : le petit Ismaïl est enlevé par un soldat israélien et élevé sous une identité nouvelle. Son frère Youssef prend les armes. Amal, leur sœur, tentera de préserver la mémoire des siens depuis les États-Unis.

De 1941 à 2002, Susan Abulhawa — née elle-même dans un camp de réfugiés — suit quatre générations d’une famille à laquelle on a tout pris sauf la mémoire. Le point de vue est délibérément partial, ancré dans l’expérience palestinienne, ce qui fait la force et la limite revendiquée du roman, récompensé par le Best Book Award 2007 en fiction historique.


8. L’Apiculteur d’Alep (Christy Lefteri, 2019)

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Nuri est apiculteur, Afra est artiste. Ils vivent avec leur fils Sami dans la ville d’Alep, en Syrie, jusqu’à ce que la guerre leur prenne tout — y compris Sami. Afra, dévastée, perd la vue (le roman laisse planer le doute sur l’origine physique ou psychique de cette cécité). Nuri la convainc de fuir. Ensemble, ils traversent la Turquie et la Grèce en direction de l’Angleterre.

Christy Lefteri a écrit ce roman après avoir travaillé comme bénévole pour l’Unicef dans un camp de migrants à Athènes. Le récit alterne entre le présent — l’attente d’une régularisation à Londres — et les souvenirs du voyage. Ce qui aurait pu n’être qu’un témoignage de plus sur les réfugiés devient une histoire de deuil conjugal : la question n’est pas seulement « comment survivre » mais « comment continuer à deux quand le chagrin vous a rendus étrangers l’un à l’autre ».


9. La Librairie de Téhéran (Marjan Kamali, 2019)

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Téhéran, 1953. La jeune Roya, passionnée de poésie persane, fréquente assidûment la librairie de M. Fakhri, refuge de lettrés et d’opposants au Shah. C’est là qu’elle rencontre Bahman, jeune activiste politique. Entre les recueils de Hafez et de Rûmî, ils tombent amoureux — mais le coup d’État orchestré par la CIA et le MI6 contre le Premier ministre Mossadegh, en août 1953, va les séparer.

Des décennies plus tard, Roya et Bahman se retrouvent aux États-Unis. Mais les retrouvailles ne réparent pas tout : le roman s’intéresse autant aux dégâts du temps qu’à ceux de la politique. Premier roman de Marjan Kamali, née en Turquie de parents iraniens, La Librairie de Téhéran est à la fois une histoire d’amour contrariée par l’Histoire et le portrait d’un Iran dont le cours a été durablement dévié par ce coup d’État.


10. L’Autre moitié du soleil (Chimamanda Ngozi Adichie, 2006)

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Nigeria, début des années 1960. Les sœurs jumelles Olanna et Kainene gravitent dans le milieu intellectuel de Nsukka : Olanna vit avec Odenigbo, professeur marxiste et idéaliste ; Kainene fréquente Richard, un journaliste britannique. Ugwu, jeune garçon de la brousse, découvre ce monde lorsqu’il entre au service d’Odenigbo. En 1967, la sécession du Biafra déclenche une guerre civile qui fera plus d’un million de morts. Tous seront pris dedans.

Le demi-soleil jaune du titre est l’emblème de ce Biafra éphémère (1967-1970). Chimamanda Ngozi Adichie, dont les parents igbos ont survécu au conflit, en fait le sujet d’une fresque historique sur une guerre que l’Occident a largement oubliée, récompensée par l’Orange Prize en 2007. La BBC l’a citée parmi les cent romans qui ont façonné le monde.


11. L’Équilibre du monde (Rohinton Mistry, 1995)

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Inde, 1975. L’état d’urgence décrété par Indira Gandhi plonge le pays dans la répression. Quatre destins convergent dans un même appartement de Bombay : Dina, veuve qui refuse de retourner vivre chez son frère et se lance dans la couture à domicile pour payer son loyer ; Ishvar et son neveu Omprakash, tailleurs de la caste des intouchables, chassés de leur village par la violence ; et Maneck, étudiant venu des montagnes du Nord. Leur cohabitation, d’abord méfiante, se transforme en famille de substitution.

Sur près de 900 pages, Rohinton Mistry, romancier canadien né à Bombay, reconstitue l’Inde des années 1970 avec une minutie qui rappelle Dickens : le système des castes, la corruption administrative, les campagnes de stérilisations forcées, la misère des bidonvilles — mais aussi, à parts égales, la chaleur, l’entraide et l’humour de ceux qui n’ont rien. Le roman a été finaliste du Booker Prize.


12. Le Dieu des Petits Riens (Arundhati Roy, 1997)

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Dans le Kerala des années 1960, les jumeaux Rahel et Estha grandissent au sein d’une famille chrétienne syrienne régie par les conventions de caste et les non-dits. Leur mère, Ammu, a divorcé — ce qui fait d’elle une paria. Lorsqu’elle tombe amoureuse de Velutha, un intouchable, la transgression est trop grande : la famille, la police et la société entière se liguent pour les détruire. Le roman revient sur ce naufrage depuis 1993, quand les jumeaux se retrouvent après des années de séparation.

Premier et unique roman d’Arundhati Roy (par ailleurs essayiste engagée), Le Dieu des Petits Riens a reçu le Booker Prize en 1997. Roy a une écriture singulière, construite depuis le point de vue des enfants : la syntaxe se disloque, les mots se collent ou se cassent, le temps se plie. Le résultat est un texte où l’enfance n’est pas un ornement mais la structure même du récit.


13. Pachinko (Min Jin Lee, 2017)

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En 1911, dans un village de pêcheurs en Corée occupée par le Japon, naît Sunja. Tombée enceinte d’un homme marié et puissant, elle accepte d’épouser un pasteur chrétien qui l’emmène au Japon. Là-bas, en tant que Coréenne, elle appartient à une minorité méprisée, exclue de la nationalité japonaise et reléguée aux marges. Le roman suit sa descendance sur quatre générations, de l’entre-deux-guerres aux années 1980, à Osaka puis à Yokohama.

Min Jin Lee a consacré près de trente ans à ce roman, nourri par des entretiens avec des Coréens du Japon (zainichi). Le pachinko du titre — ces machines de jeu omniprésentes au Japon, souvent exploitées par la communauté coréenne faute de pouvoir accéder à d’autres métiers — résume à lui seul le piège : une vie entière passée à jouer selon des règles qu’on n’a pas choisies, dans un pays qui ne veut pas de vous. Finaliste du National Book Award en 2017.