Max et Lili est une série de bande dessinée française créée par Dominique de Saint-Mars (scénario) et Serge Bloch (illustrations), publiée depuis 1992 aux éditions Calligram dans la collection « Ainsi va la vie ». La série compte plus de 130 tomes et s’est écoulée à plus de 22 millions d’exemplaires. Chaque album met en scène Max et Lili Martin — un frère et une sœur — aux prises avec un sujet lié à l’enfance : les émotions, les relations familiales, l’école, le harcèlement, le deuil ou encore la confiance en soi. Le dessin, volontairement enfantin, et l’humour des dialogues permettent d’aborder des sujets parfois délicats sans effrayer le jeune public, et chaque tome se conclut par des pages de questions destinées à ouvrir le dialogue avec l’enfant.
Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques recommandations. Les titres présentés ci-dessous s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle de Max et Lili — globalement de 6 à 12 ans, selon les éditions et les libraires.
1. Lulu (Marylise Morel, Collectif, 2014)

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Lulu a neuf ans, une grande sœur un brin peste prénommée Vanessa, des parents fatigués et un solide groupe d’amis — dont Tim et Élodie. Sa vie est faite de situations que tous les enfants connaissent : un ami dont les parents divorcent, un secret trop lourd à porter, une pointe de jalousie envers une camarade. À chaque fois, Lulu se démène pour trouver une solution, souvent avec un éclat de rire en guise de dénouement.
Issue du magazine Astrapi (Bayard Presse), la série se décline en bande dessinée dans la collection BD Kids sous forme de récits courts en deux planches, chacun centré sur un tracas précis. Volontairement simple et rond, le dessin de Marylise Morel est pensé pour que les enfants se reconnaissent dans les personnages. On retrouve ici le même esprit que Max et Lili : des situations concrètes de la vie d’écolier·e, une morale douce en fin d’histoire, et des problèmes d’enfant traités comme de vrais problèmes.
Âge conseillé : à partir de 6-7 ans selon les libraires.
2. Ariol – Tome 1 : Un petit âne comme vous et moi (Emmanuel Guibert, Marc Boutavant, 2011)

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Ariol est un petit âne bleu à lunettes. Il vit en banlieue avec ses parents, son meilleur copain est un cochon nommé Ramono, et il est secrètement amoureux de Pétula, une jolie génisse de sa classe. Son instituteur est un grand chien, son prof de gymnastique un gros coq. Bref, Ariol est — comme le titre l’indique — exactement comme vous et moi.
Tous les personnages sont des animaux, mais ne vous y trompez pas : c’est bien d’enfance ordinaire qu’il s’agit. Les copains inséparables, le béguin inavouable, les rêveries devant la télé, les repas de famille un peu longs — les lecteur·ices retrouveront leur propre vie à chaque page. Le scénario d’Emmanuel Guibert (par ailleurs Grand Prix d’Angoulême 2020, la plus haute distinction de la BD francophone) restitue ces moments avec une justesse qui parle autant aux enfants qu’aux adultes. De son côté, Marc Boutavant signe des dessins aux couleurs vives et au trait rond, reconnaissables au premier coup d’œil. Comptez une vingtaine de tomes et une adaptation en dessin animé.
Âge conseillé : à partir de 6-7 ans (Cultura indique dès 7 ans).
3. Cédric – Tome 1 : Premières classes (Raoul Cauvin, Laudec, 1989)

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Cédric Dupont a huit ans, un caractère bien trempé et un grand-père complice, toujours prêt à le couvrir dans ses mauvais coups. Entre la maîtresse, les camarades chahuteurs, une cousine odieuse et surtout Chen — la petite fille dont il est éperdument amoureux sans jamais réussir à le lui dire —, la vie de Cédric n’est pas de tout repos.
Née dans les pages du journal Spirou en 1986, cette série belge signée Raoul Cauvin (scénario) et Laudec (dessin) s’est écoulée à plus de huit millions d’albums et a été adaptée en dessin animé. Elle fonctionne par gags courts, souvent construits autour d’un quiproquo ou d’un stratagème de Cédric qui tourne mal. Ce qui fait la particularité de la série, c’est la relation entre Cédric et son grand-père : ce dernier est tour à tour confident, allié stratégique et fauteur de troubles, et c’est souvent dans leurs échanges que l’émotion perce sous la comédie. L’humour reste tendre et jamais vulgaire — on est loin d’un Titeuf.
Âge conseillé : dès 6 ans environ ; la série figure régulièrement au catalogue du Journal de Mickey (7-14 ans) et de la Bibliothèque rose.
4. Pico Bogue – Tome 1 : La vie et moi (Dominique Roques, Alexis Dormal, 2008)

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Pico Bogue est un petit garçon aux cheveux roux ébouriffés, fils aîné d’une famille qu’on pourrait qualifier de normale — si l’on accepte que « normal » signifie unique, imprévisible et parfois complètement cinglé. Avec sa petite sœur Ana Ana, il pose sur le monde des adultes un regard à la fois candide et d’une logique implacable, ce qui vaut à ses parents et grands-parents des crises de rire… ou de désespoir.
Ce qui fait le sel de Pico Bogue, c’est la répartie du personnage. Quand sa maîtresse lui reproche d’avoir copié la rédaction de son voisin, il répond qu’elle était tellement bien qu’il ne pouvait pas faire autrement, tout comme sa cousine « qui apprend la peinture à partir des grands maîtres ». La série s’inscrit dans la lignée du Petit Nicolas, de Calvin & Hobbes et des Peanuts : des enfants qui réfléchissent, qui questionnent, et dont les réponses déstabilisent les adultes. Le duo d’auteurs est atypique : Dominique Roques (scénario) est la mère d’Alexis Dormal (dessin). Elle puise ses histoires dans sa propre vie de famille, et lui les met en images avec un trait souple et expressif qui évoque parfois celui de Gabrielle Vincent dans Ernest et Célestine (la BD, pas le film).
Âge conseillé : dès 7-8 ans, mais la série séduit aussi très largement les adultes.
5. Tom-Tom et Nana – Tome 1 : Tom-Tom et l’impossible Nana (Evelyne Reberg, Jacqueline Cohen, Bernadette Després, 1985)

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Tom-Tom et Nana Dubouchon sont frère et sœur, et leur spécialité, ce sont les catastrophes. Leur quartier général : le restaurant familial À la bonne fourchette, dont la tranquillité est — disons — toute relative. Autour d’eux gravitent les parents dépassés, la grande sœur Marilou, les employés Mélanie et Gino, et tout un quartier qui ne s’ennuie jamais.
Publiée dans le magazine J’aime lire depuis 1977, la série est l’un des piliers de la BD jeunesse française. Bernadette Després au dessin, Jacqueline Cohen et Evelyne Reberg au scénario ont créé un duo de fauteurs de troubles dont les bêtises font rire les enfants depuis bientôt cinquante ans. Les histoires sont courtes (une dizaine de pages chacune) et les gags ne s’essoufflent pas. Un atout pour les plus jeunes : les dessins racontent l’histoire presque à eux seuls, ce qui permet aux enfants qui ne lisent pas encore couramment de suivre les péripéties par l’image. La série partage avec Max et Lili le même décor — la famille, l’école, le quartier —, même si le ton penche ici franchement du côté de la farce.
Âge conseillé : de 6 à 10 ans (Amazon indique 7-10 ans ; la Fnac 6-9 ans).
6. Le petit Nicolas (René Goscinny, Jean-Jacques Sempé, 1960)

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Nicolas est un écolier des années 1950-1960 qui raconte sa vie avec ses copains aux prénoms d’un autre temps : Alceste le gourmand, Eudes le bagarreur, Agnan le chouchou de la maîtresse, Clotaire le cancre, Rufus, Maixent, Geoffroy, Joachim… Le tout sous l’œil du Bouillon — surnom du surveillant général, dont les nerfs sont mis à rude épreuve — et de leur maîtresse adorée.
Le petit Nicolas n’est pas une bande dessinée à proprement parler : ce sont des récits courts illustrés, où le texte prime sur l’image. Mais le principe reste le même que dans les BD citées plus haut : des tranches de vie d’enfant, drôles et tendres. L’idée forte de René Goscinny (également créateur d’Astérix et d’Iznogoud) est d’avoir confié la narration à Nicolas lui-même. Le garçon raconte les événements à sa façon, avec une naïveté et une mauvaise foi souvent hilarantes — persuadé, par exemple, que ses parents vont l’abandonner parce qu’ils attendent un bébé. En quelques traits d’apparence simple, les illustrations de Jean-Jacques Sempé glissent dans chaque scène un second niveau de lecture comique, souvent invisible pour Nicolas mais évident pour le lecteur. Publié pour la première fois en 1960, le recueil fait toujours autant rire.
Âge conseillé : à partir de 8-9 ans pour une lecture autonome (Gallimard Jeunesse indique 9-13 ans en Folio Junior, mais de nombreux parents témoignent de lectures réussies dès 8 ans).
7. La famille trop d’filles – Tome 1 : Anna (Élizabeth Barféty, Clotka, 2016)

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La famille Arthur compte six filles — Anna, Cara, Bella, Dana, Flavia et Elisa — plus un garçon, Gabriel, le petit dernier. Leur mère Ariane est grand reporter, leur père Arthur est ingénieur globe-trotteur : autant dire que ces deux-là ne sont pas souvent à la maison. Aînée de la fratrie, Anna se retrouve donc à faire tourner la maisonnée — poésies à faire réciter, chaussures à lacer, tartines à préparer — alors qu’elle rêve d’une vie d’adolescente un peu plus normale. Aller à une soirée pyjama chez sa copine Sophie ? Encore faudrait-il que quelqu’un prenne le relais à la maison.
La BD est adaptée de la série de romans de Susie Morgenstern publiée chez Nathan. La transposition fonctionne bien : le récit est fluide, et on a l’impression de lire une BD originale plutôt qu’un roman « mis en images ». Léger et coloré, le dessin de Clotka restitue bien le tourbillon d’une fratrie nombreuse. Chaque tome se concentre sur l’un des membres de la famille et ses préoccupations propres. Dans celui-ci, Anna est tiraillée entre son sens du devoir envers ses cadets et son envie légitime de vivre sa propre vie — un tiraillement dans lequel beaucoup d’aîné·es se reconnaîtront.
Âge conseillé : de 7 à 11 ans (Nathan indique cette fourchette pour les romans ; la BD s’adresse au même public).
8. Anatole Latuile – Tome 1 : C’est parti ! (Anne Didier, Olivier Muller, Clément Devaux, 2011)

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Anatole Latuile a les cheveux en pétard, une idée de bêtise à la seconde et un talent certain pour transformer la moindre situation banale en catastrophe spectaculaire. La cour d’école est son royaume, sa bande d’acolytes le suit dans toutes ses manigances, et la maîtresse, madame Goulominoff, a fort à faire pour maintenir un semblant d’ordre.
Issue du magazine J’aime lire, la série est l’héritière directe de Tom-Tom et Nana : même format de récits courts en quelques pages, même goût pour l’effet domino, même affection pour ces gamins qui font n’importe quoi. Le duo frère-sœur Anne Didier et Olivier Muller signe les scénarios ; Clément Devaux se charge du dessin, volontairement simple et expressif, qui accentue le côté loufoque de chaque situation. Le ressort comique est toujours le même — Anatole a un plan, le plan dérape, tout le monde en fait les frais — mais il fonctionne à chaque fois, parce que l’escalade est imprévisible. La série dépasse le million d’albums vendus.
Âge conseillé : à partir de 7 ans (la Fnac indique que la série ravit les jeunes lecteur·ices dès 7 ans).
9. Ernest et Rebecca – Tome 1 : Mon copain est un microbe (Guillaume Bianco, Antonello Dalena, 2008)

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Rebecca a six ans — bientôt et demi, elle y tient —, des défenses immunitaires capricieuses (elle tombe malade au moindre courant d’air) et des parents au bord de la séparation. Un jour de pluie, alors qu’elle part chasser la grenouille dans le jardin, elle tombe sur Ernest : un drôle de microbe vert, de sa taille, doté d’un sacré bagout. Ernest peut changer de forme à volonté, ce qui s’avère pratique quand on a six ans et que ses parents passent leur temps à se disputer.
Publiée aux éditions du Lombard, cette série de Guillaume Bianco (scénario) et Antonello Dalena (dessin) aborde des sujets difficiles — la maladie, le divorce, la solitude de l’enfant face aux disputes parentales — sans jamais plomber l’ambiance. Rebecca est une héroïne au caractère affirmé : elle refuse qu’on l’appelle « puce », n’hésite pas à tenir tête à son médecin et défend ses positions avec un aplomb qui fait sourire. Aux couleurs pastel et aux décors soignés, l’univers graphique adoucit les moments plus graves. Et la relation entre Rebecca et Ernest — mi-imaginaire, mi-réel, surgi de nulle part un jour de pluie — est ce qui rend cette série à part : on ne sait jamais vraiment si Ernest existe ou s’il est la façon qu’a Rebecca de se protéger d’un quotidien trop dur pour elle.
Âge conseillé : dès 6 ans (la série plaît aux enfants de 6 à 12 ans, et les parents ne sont pas en reste).