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Que lire après « Les sept maris d'Evelyn Hugo » de Taylor Jenkins Reid ?

Que lire après « Les sept maris d’Evelyn Hugo » de Taylor Jenkins Reid ?

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Publié en 2017 aux États-Unis et traduit en français par Nathalie Guillaume, Les sept maris d’Evelyn Hugo de Taylor Jenkins Reid est un roman de fiction historique devenu phénomène mondial — en grande partie grâce à BookTok — après des débuts relativement discrets en librairie.

On y suit Evelyn Hugo, ancienne star fictive du Hollywood classique qui, à l’aube de ses quatre-vingts ans, choisit de confier les secrets de sa vie à Monique Grant, une jeune journaliste que personne n’attendait. À travers le récit de ses sept mariages, Evelyn dévoile une existence façonnée par l’ambition, le sacrifice identitaire, la bisexualité cachée et un amour interdit pour l’actrice Celia St. James — le tout sur fond de glamour hollywoodien, de machisme institutionnel et de normes sociales rigides. Le roman s’inspire librement de figures réelles comme Elizabeth Taylor, Ava Gardner et Rita Hayworth, et une adaptation en long métrage est en préparation chez Netflix.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des romans qui partagent son ADN : des femmes qui se réinventent sous les projecteurs ou dans l’ombre, des vies doubles, et, souvent, des amours que le monde n’était pas prêt à accepter.


1. Daisy Jones & The Six (Taylor Jenkins Reid, 2019)

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Los Angeles, fin des années 1960. Daisy Jones est une adolescente en manque d’amour parental qui écume les clubs du Sunset Strip et rêve de monter sur la scène du Whisky A Go Go. De son côté, Billy Dunne, chanteur charismatique et tourmenté, a fondé les Six avec son frère Graham et quatre autres musiciens. Le jour où un producteur avisé décide de réunir Daisy et le groupe pour l’enregistrement de l’album Aurora, personne ne mesure l’alchimie — ni le désastre — que cette rencontre va provoquer.

Le roman prend la forme d’une longue interview croisée, à la manière d’un documentaire rock : chaque protagoniste livre sa version des faits, souvent contradictoire, toujours sincère. L’illusion fonctionne si bien qu’on finit par chercher les albums du groupe sur Spotify — en vain, hélas, puisqu’il n’a jamais existé. L’inspiration revendiquée du côté de Fleetwood Mac y est pour beaucoup, et la série adaptée par Amazon Prime Video en 2023 a prolongé le mirage avec brio.

Là où Les sept maris d’Evelyn Hugo radiographiait le cinéma hollywoodien, Daisy Jones & The Six s’attaque à l’industrie musicale des seventies : sexe, drogue, ego surdimensionnés, mais aussi création, loyauté et le prix à payer pour la gloire. Et au cœur du récit, la même question lancinante : qu’est-ce qui a vraiment fait imploser le groupe au sommet de sa carrière ?


2. Les sirènes de Malibu (Taylor Jenkins Reid, 2021)

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Malibu, 27 août 1983. Ce soir, Nina Riva organise sa fête annuelle, l’événement le plus couru de toute la côte ouest. Avec ses frères Jay et Hud et sa sœur Kit, elle forme une fratrie dorée : enfants d’un chanteur célèbre — un certain Mick Riva, que les lecteur·ices d’Evelyn Hugo reconnaîtront au passage —, ils sont jeunes, beaux, talentueux, et l’Amérique les adore. Mais sous les apparences parfaites, chacun porte un secret susceptible de tout faire voler en éclats avant le lever du soleil. Sans compter qu’un incendie — littéral, celui-là — est annoncé dès les premières pages.

Le roman alterne entre deux temporalités : le présent de la soirée, découpé heure par heure, et le passé familial à partir des années 1950, qui retrace l’histoire d’amour entre Mick et June, la mère des enfants Riva, abandonnée par un mari incapable de choisir entre sa famille et la célébrité. Cette structure donne au récit un tempo féroce — à mesure que la soirée avance, la certitude que tout va mal finir s’installe, et on n’a aucune envie d’être ailleurs.

On retrouve ici ce qui fait le sel des romans de Taylor Jenkins Reid : les ravages de la célébrité sur la cellule familiale, la question de l’héritage — génétique, émotionnel, toxique —, et des portraits de femmes qui refusent de rester prisonnières du rôle qu’on leur a assigné. Le tout sous un soleil californien qui rend les fêlures d’autant plus cruelles.


3. Carol (Patricia Highsmith, 1952)

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New York, quelques jours avant Noël. Thérèse Belivet, jeune décoratrice de théâtre sans emploi, travaille comme vendeuse au rayon jouets d’un grand magasin, faute de mieux. Un jour, une femme blonde en manteau de fourrure s’approche de son comptoir. C’est Carol — élégante, fortunée, en instance de divorce. Entre les deux femmes naît une attirance immédiate que Thérèse peine d’abord à nommer. Carol l’invite bientôt à un road trip à travers l’Ouest américain, loin du mari qui utilise leur fille comme arme de chantage.

Ce roman occupe une place à part dans l’histoire littéraire. D’abord publié sous pseudonyme (Claire Morgan) et sous le titre The Price of Salt, il a été refusé par l’éditeur habituel de Highsmith, qui doutait qu’un livre sur une relation lesbienne puisse trouver son public. L’édition de poche s’est pourtant écoulée à près d’un million d’exemplaires. Surtout, Carol est l’un des tout premiers romans à offrir à ses héroïnes lesbiennes une fin qui ne passe ni par le suicide, ni par la « guérison » hétérosexuelle — ce qui lui a valu une reconnaissance durable au sein de la communauté LGBTQ+.

Highsmith s’est inspirée d’une rencontre réelle survenue en 1948, lorsqu’elle travaillait chez Bloomingdale’s et qu’une cliente en vison a brièvement croisé sa route. Adapté au cinéma en 2015 par Todd Haynes avec Cate Blanchett et Rooney Mara (prix d’interprétation à Cannes pour cette dernière), Carol tient sa force dans ce qu’il ne dit pas : les regards en biais, les mains qui ne se touchent pas encore, les silences où tout se joue.


4. La femme qui en savait trop (Marie Benedict, 2019)

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Vienne, 1933. Hedwig Kiesler a dix-neuf ans, un physique dont tout le monde parle et un rôle de Sissi au théâtre. Pour la protéger de la menace nazie — la famille est d’origine juive —, ses parents approuvent son mariage avec Friedrich Mandl, riche marchand d’armes. Mauvais calcul : Mandl se révèle possessif, manipulateur, et finit par frayer avec Hitler et Mussolini. Hedwig n’est plus qu’un trophée décoratif exhibé lors de dîners d’affaires. Mais elle écoute. Elle retient. Et un jour, elle s’enfuit.

Installée aux États-Unis, elle devient Hedy Lamarr, superstar hollywoodienne réputée pour être « la plus belle femme du monde ». Pourtant, derrière le glamour, l’ancienne Hedwig n’a pas oublié l’Europe en guerre. Avec le compositeur George Antheil, elle met au point un système de guidage des torpilles par saut de fréquence — une technologie que l’US Navy refusera d’adopter (une actrice inventrice, quelle idée !) mais qui deviendra, des décennies plus tard, le fondement du Wi-Fi, du Bluetooth et du GPS.

Marie Benedict, avocate de formation reconvertie dans le roman historique, a choisi la forme de l’autobiographie fictive pour redonner chair à un destin que l’Histoire a longtemps réduit à un joli visage. Les lecteur·ices d’Evelyn Hugo seront en terrain connu : une femme instrumentalisée pour sa beauté, coincée dans des mariages qui servent les intérêts d’autrui, et dont l’intelligence véritable n’est reconnue que bien trop tard.


5. Les Cygnes de la Cinquième Avenue (Melanie Benjamin, 2016)

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Dans le New York des années 1950, on les appelle « les Cygnes » : un cercle de femmes de la haute société dont l’élégance fait la une de Vogue et la jalousie de tout Manhattan. La plus en vue d’entre elles est Babe Paley — épouse du patron de CBS, incarnation du bon goût, habituée des tables les plus fermées de la ville. Mais la façade impeccable dissimule une solitude profonde, un mari distant et le sentiment tenace que la perfection ne suffit jamais.

Tout change le jour où Truman Capote entre dans sa vie. L’amitié entre l’écrivain prodige — flamboyant, indiscret, irrésistible — et l’icône de la haute société est immédiate et fusionnelle. Grâce à Babe, Capote accède aux cercles les plus exclusifs de New York. Il y récolte les confidences, les scandales, les secrets de ces femmes qui le traitent en ami intime. Jusqu’en 1975, où il publie dans le magazine Esquire une nouvelle intitulée La Côte Basque, 1965 — un texte à peine voilé qui étale au grand jour les vies privées de ses protectrices. Les pseudonymes ne trompent personne. La trahison est totale.

Le roman de Melanie Benjamin tient dans cette tension : peut-on faire confiance à quelqu’un dont le métier est de raconter des histoires ? C’est aussi un portrait acide d’une époque où les femmes les plus privilégiées du monde restaient, elles aussi, captives de leur image — ce qui résonnera fortement chez quiconque a aimé le personnage d’Evelyn Hugo.


6. Caresser le velours (Sarah Waters, 1998)

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1888, Whitstable, côte du Kent. Nancy Astley, dix-huit ans, est écaillère d’huîtres dans le restaurant familial. Sa vie suit un cours parfaitement prévisible jusqu’au soir où elle découvre, sur la scène du Palace local, une nouvelle artiste de music-hall : Kitty Butler, vêtue en dandy, la voix chaude et l’allure magnétique. Pour Nancy, c’est le coup de foudre. Elle quitte tout — famille, fiancé, huîtres — pour suivre Kitty à Londres en tant qu’habilleuse, puis partenaire de scène dans un duo de travesties qui fait sensation dans le West End.

Mais Londres ne se résume pas aux lumières de la rampe. Lorsque Kitty la trahit, Nancy se retrouve seule et dévastée dans une ville qui offre autant de dangers que de libertés. Elle connaîtra les bas-fonds de Soho, le demi-monde, les salons mondains et le militantisme socialiste — un véritable roman picaresque au féminin, librement inspiré du Moll Flanders de Defoe et du Oliver Twist de Dickens, mais avec une héroïne lesbienne au centre du récit.

Premier roman de Sarah Waters, Caresser le velours a été salué pour son refus de victimiser ses personnages queer : Nancy souffre, se relève, recommence, et vit sa sexualité sans que le roman ne la condamne. Dans l’Angleterre qui envoya Oscar Wilde en prison, ce refus a valeur de manifeste. L’adaptation en mini-série par la BBC (2002) a d’ailleurs révélé au passage un certain Benedict Cumberbatch dans un petit rôle.


7. Du bout des doigts (Sarah Waters, 2002)

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Londres, 1862. Sue Trinder, dix-sept ans, orpheline élevée par une « famille » de voleurs et de receleurs dans le quartier de Lant Street, n’a jamais connu d’autre horizon que celui de la petite délinquance. Jusqu’au jour où un escroc élégant surnommé Gentleman lui propose un coup ambitieux : se faire engager comme dame de compagnie auprès de Maud Lilly, une riche héritière recluse dans un sinistre manoir, afin de la pousser vers un mariage arrangé et de mettre la main sur sa fortune. Le plan semble imparable. Il ne l’est pas.

Car ce que Sue ignore, c’est que Maud a ses propres secrets — et ses propres plans. Le roman bascule à mi-parcours lorsque la narration passe de Sue à Maud, et que le lecteur·ice comprend que tout ce qu’il ou elle croyait savoir était faux. Les retournements de situation sont d’une efficacité redoutable, et le plaisir de se faire piéger fait partie intégrante de l’expérience de lecture. Ajoutez à cela un oncle bibliomane aux goûts très particuliers, un asile psychiatrique cauchemardesque et une histoire d’amour clandestine entre les deux héroïnes — et 750 pages n’y suffiront presque pas.

Du bout des doigts a été finaliste du prix Booker en 2002 et a valu à Sarah Waters le Somerset Maugham Prize. Il a aussi inspiré Mademoiselle (2016), le film de Park Chan-wook qui transpose l’intrigue dans la Corée des années 1930 avec une liberté jubilatoire. Si Caresser le velours était un roman d’apprentissage solaire, Du bout des doigts en est le versant sombre et retors : un thriller victorien où personne n’est ce qu’il prétend être — sauf, peut-être, les sentiments.