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Que lire après « Les Malheurs de Sophie » de la comtesse de Ségur ?

Que lire après « Les Malheurs de Sophie » de la comtesse de Ségur ?

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Publié en 1858 chez Hachette, Les Malheurs de Sophie est le premier volet de la trilogie de Fleurville de la comtesse de Ségur (née Sophie Rostopchine, 1799-1874). Le roman se compose de vingt-deux saynètes où Sophie de Réan, quatre ans, enchaîne les bêtises avec un enthousiasme que sa mère et son cousin Paul peinent à canaliser : poupée fondue au soleil, sourcils découpés aux ciseaux, sucre remplacé par de la craie… Le décor est celui de l’aristocratie du Second Empire, très codifié, mais le sujet est intemporel : une petite fille qui apprend la vie en se cognant à tout. Le livre est généralement recommandé à partir de 8 ou 9 ans selon les éditions (Folio Junior indique 9-13 ans) et reste l’un des piliers de la littérature jeunesse française.

Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici quelques pistes. Tous ces titres s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle des Malheurs de Sophie, c’est-à-dire globalement aux lecteur·ices de 8 à 13 ans.


1. Les Petites Filles modèles (Comtesse de Ségur, 1858)

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Suite directe des Malheurs de Sophie, ce deuxième tome de la trilogie de Fleurville déplace le centre de gravité vers Camille et Madeleine de Fleurville, deux sœurs élevées au château du même nom par leur mère, veuve attentive et généreuse. Camille, huit ans, est vive et hardie ; Madeleine, sept ans, plus réservée et sensible. Leur quotidien est fait de promenades en calèche, de sauvetages d’oiseaux tombés du nid et d’indigestions de cassis — autrement dit, l’enfance idéale selon les critères du Second Empire.

Sophie réapparaît dans ce volume, mais dans un rôle très différent : orpheline de mère, confiée à une belle-mère cruelle (Mme Fichini), elle arrive à Fleurville couverte de bleus et de chagrin. Le contraste entre la douceur du foyer Fleurville et la violence qu’elle subit donne au roman une dimension inattendue, nettement plus sombre que le premier tome. La comtesse de Ségur y dénonce les châtiments corporels avec une franchise rare pour l’époque — on est en 1858, et elle écrit noir sur blanc qu’on ne devrait pas battre les enfants.

Âge conseillé : 8 à 13 ans selon les éditions (Folio Junior indique 9-13 ans ; certaines éditions abrégées ciblent dès 8 ans).


2. Les Vacances (Comtesse de Ségur, 1859)

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Troisième et dernier volet de la trilogie de Fleurville, Les Vacances réunit toute la bande — Camille, Madeleine, Sophie, Marguerite de Rosbourg — au château pour un été qui s’annonce mouvementé. Les cousins Léon, Jean et Jacques débarquent, et surtout, Paul, le cousin de Sophie disparu depuis des années, refait surface avec un récit de naufrage et de vie parmi les « sauvages » qui tient de la robinsonnade.

Le ton est ici plus léger et plus aventureux que dans Les Petites Filles modèles. On construit des cabanes, on traque des revenants, on taquine les voisins. Sophie a grandi — celles et ceux qui l’ont vue fondre sa poupée au soleil la trouveront presque méconnaissable. Le récit des aventures de Paul sur son île fonctionne comme un roman d’aventures à part entière. Il faut signaler que certains passages sur les peuples rencontrés reflètent les préjugés coloniaux de l’époque et ont mal vieilli.

Âge conseillé : 9 à 13 ans (Folio Junior).


3. Le Petit Nicolas (René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, 1960)

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Nicolas est un écolier parisien d’une dizaine d’années qui raconte sa vie à hauteur d’enfant : la photo de classe où tout dérape, la maîtresse au bord de la crise de nerfs, le Bouillon (le surveillant) qui vire au rouge tomate, et surtout, son « chouette tas de copains » — Alceste le gourmand perpétuel, Agnan le chouchou à lunettes, Eudes le bagarreur, Clotaire le cancre, Rufus, Maixent, Geoffroy et les autres.

La force du livre tient à la voix narrative : Nicolas ne comprend pas toujours ce qui se passe autour de lui, et le décalage entre sa logique d’enfant et l’absurdité du monde adulte fait tout le comique. René Goscinny (le papa d’Astérix) signe des textes d’une précision comique redoutable, où chaque mot est à sa place. Les dessins de Sempé, en quelques traits faussement simples, prolongent le rire sans un mot. Soixante-cinq ans après, rien n’a bougé — probablement parce que les récréations, les disputes entre copains et les dimanches chez tante Eugénie n’ont pas tellement changé non plus.

Âge conseillé : dès 9 ans (Folio Junior indique 9-13 ans ; la Fnac « roman junior dès 9 ans »).


4. La Guerre des boutons (Louis Pergaud, 1912)

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Sous-titré « roman de ma douzième année », ce livre raconte l’affrontement implacable entre les gamins de Longeverne, menés par l’indomptable Lebrac, et ceux de Velrans, commandés par l’Aztec des Gués. L’enjeu de cette guerre ? Les boutons. Quand on capture un ennemi, on lui arrache tous ses boutons, agrafes et lacets, de sorte qu’il rentre chez lui à moitié nu — et s’y fait copieusement corriger par ses parents.

Le récit est porté par un langage haut en couleur, truffé de patois franc-comtois et de jurons fleuris que la campagne du début du XXe siècle ne censurait guère. Les stratagèmes des enfants — y compris l’idée géniale d’aller se battre tout nus pour ne rien risquer — sont hilarants et d’une logique imparable. Mais on rit jaune, aussi, quand on voit ce qu’était l’enfance rurale : les corvées, les raclées à la maison, les loyautés féroces entre gamins. Le livre est recommandé par l’Éducation nationale en classe de 5e et de 3e. À noter : le vocabulaire peut être rude pour les plus jeunes.

Âge conseillé : à partir de 10-11 ans (Gallimard Jeunesse Grand Format indique 11-18 ans ; l’édition Folio Junior est recommandée dès 9-10 ans mais certains libraires conseillent d’attendre 11 ans pour apprécier pleinement le texte).


5. La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca (Pierre Gripari, 1967)

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Rue Broca, dans le 13e arrondissement de Paris, un certain Monsieur Pierre (double littéraire de l’auteur) raconte des histoires aux enfants de Papa Saïd, épicier kabyle du quartier. Et quelles histoires ! Une sorcière de la rue Mouffetard qui veut manger une petite fille à la sauce tomate, un géant aux chaussettes rouges, une paire de chaussures amoureuses, une fée coincée dans un robinet, un gentil petit diable qui désespère sa famille en préférant le paradis à l’enfer…

Gripari prend les codes du conte de fées classique et les retourne comme un gant. Les sorcières habitent des placards à balais, les princes épousent des sirènes, et une patate vit un grand roman d’amour. Le tout se déroule dans un Paris populaire et multiculturel, ce qui ancre le merveilleux dans un décor familier. Treize histoires composent le recueil, chacune autonome — idéal pour les soirs où l’on veut « juste une dernière histoire ». Recommandé par le ministère de l’Éducation nationale en classe de 6e.

Âge conseillé : dès 7-8 ans en lecture accompagnée, 9 ans en autonomie (la version audio Gallimard indique 6-9 ans ; le Folio Junior est classé à partir de 9 ans).


6. Verte (Marie Desplechin, 1996)

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Verte a onze ans et un problème que beaucoup d’enfants lui envieraient : elle est née dans une famille de sorcières. Sa mère, Ursule, prépare des potions et empoisonne le chien des voisins avec un professionnalisme consommé. Sa grand-mère, Anastabotte, connaît tous les secrets du métier. Mais Verte, elle, ne veut rien savoir. Ce qu’elle veut, c’est être normale, se marier, et peut-être — horreur suprême pour Ursule — s’intéresser aux garçons de sa classe. En particulier à un certain Soufi.

L’originalité du roman tient à sa narration à plusieurs voix : chaque chapitre est raconté par un personnage différent (Ursule, Anastabotte, Verte, Soufi), ce qui donne à voir la même situation sous des angles contradictoires et souvent très drôles. Marie Desplechin parle de relations mère-fille, du poids des traditions familiales et de la quête d’identité — le tout sur un ton qui ne pèse jamais. Le livre est fréquemment étudié en fin de primaire et début de collège — et il donne envie de lire la suite (Pome et Mauve).

Âge conseillé : 9 à 12 ans (L’école des loisirs, collection Neuf).


7. Les Aventures de Tom Sawyer (Mark Twain, 1876)

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Tom Sawyer est un orphelin du Missouri élevé par sa tante Polly, qui n’a de cesse de le punir sans jamais réussir à le corriger. Il faut dire que Tom a un talent inné pour retourner les situations à son avantage — la scène où il convainc ses camarades de repeindre la palissade à sa place (et de le payer pour ce privilège) est sans doute la plus célèbre du roman. Entre l’école buissonnière, ses expéditions de pirate sur une île du Mississippi avec Huck et Joe Harper, et sa cour maladroite à la jolie Becky Thatcher, Tom ne s’ennuie jamais — jusqu’à la nuit où il assiste, avec Huck, à un meurtre dans le cimetière du village.

Le roman bascule alors du comique vers le roman d’aventures, avec un vrai méchant (Joe l’Indien), un trésor caché et une scène de grotte terrifiante. Mark Twain, en partie autobiographe, croque la petite ville de Saint-Petersburg et ses habitants avec une ironie réjouissante : le maître d’école vaniteux, le pasteur soporifique, les mères affolées. Recommandé par l’Éducation nationale en classe de 6e.

Âge conseillé : dès 9 ans (Folio Junior et Livre de Poche Jeunesse ; des éditions abrégées existent pour les lecteur·ices plus jeunes).


8. Matilda (Roald Dahl, 1988)

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À cinq ans, Matilda Verdebois a déjà lu Dickens, Hemingway et Steinbeck. Ses parents, eux, ne lisent pas — M. Verdebois est un escroc qui vend des voitures trafiquées, et Mme Verdebois ne jure que par le loto et la télévision. Pour cette famille, une enfant qui lit est une anomalie qu’il convient de rabaisser à chaque occasion. À l’école, la situation n’est guère meilleure : la directrice, l’effroyable Mlle Legourdin, ancienne lanceuse de marteau, pratique sur ses élèves des méthodes pédagogiques qui relèvent davantage du sport de combat.

Heureusement, il y a Mlle Candy, l’institutrice douce et attentive qui reconnaît le génie de Matilda. Et surtout, il y a le pouvoir secret que Matilda va découvrir en elle… Roald Dahl prend ici le parti des enfants contre les adultes stupides ou cruels, et il ne fait pas dans la demi-mesure. Les personnages sont volontairement excessifs — Mlle Legourdin et ses envois d’élèves par-dessus les barrières restent inoubliables — mais le fond est sérieux : un seul adulte attentif peut suffire à sauver un enfant. Au programme de l’Éducation nationale en classe de 6e.

Âge conseillé : dès 8-9 ans en lecture autonome (Folio Junior indique « à partir de 9 ans » ; certains libraires recommandent dès 8 ans pour les bons lecteur·ices).


9. Charlie et la chocolaterie (Roald Dahl, 1964)

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Charlie Bucket vit dans une minuscule maison avec ses parents et ses quatre grands-parents — grand-papa Joe, grand-maman Joséphine, grand-papa Georges et grand-maman Georgina — tous les quatre cloués dans le même lit. La famille est si pauvre que Charlie ne mange du chocolat qu’une fois par an, le jour de son anniversaire. Alors quand l’excentrique Willy Wonka annonce que cinq tickets d’or, cachés dans des tablettes de chocolat, donneront accès à sa fabrique légendaire, l’espoir prend une saveur particulière.

Charlie trouve le dernier ticket et pénètre, avec quatre autres enfants, dans un univers de démesure sucrée : une rivière de chocolat, des arbres en bonbon, des Oompas-Loompas (petits ouvriers venus du lointain Oompaland) qui chantent des couplets vengeurs chaque fois qu’un sale gosse reçoit sa juste punition. Car les quatre autres gagnants — Augustus Gloop le goinfre, Veruca Salt la capricieuse, Violette Beauregard l’éternelle mâcheuse de chewing-gum et Mike Teavee l’accro à la télévision — sont autant de caricatures que Dahl se fait un plaisir d’éliminer une par une. Au programme de l’Éducation nationale pour le cycle 3 (CM1-CM2) et en classe de 6e.

Âge conseillé : dès 9 ans (Folio Junior).


10. Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll, 1865)

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Par un après-midi d’ennui, Alice voit passer un Lapin Blanc en gilet, montre à gousset en main, visiblement très en retard. Elle le suit dans son terrier et tombe, tombe, tombe… jusqu’à un monde où la logique a pris congé sans laisser d’adresse. Elle y croise un Chat du Cheshire dont le sourire persiste quand le reste du corps a disparu, un Chapelier fou et un Lièvre de mars qui fêtent perpétuellement un « non-anniversaire », une Chenille hautaine perchée sur un champignon, et une Reine de Cœur dont la solution à tout problème tient en cinq mots : « Qu’on lui coupe la tête ! »

Lewis Carroll, professeur de logique et de mathématiques à Oxford, a inventé ici un classique du nonsense où chaque dialogue est un piège, chaque comptine une parodie, et chaque changement de taille d’Alice une façon de ne plus savoir qui l’on est. Le livre peut se lire comme un simple conte loufoque, comme un jeu sur le langage, ou comme une réflexion sur les règles arbitraires du monde adulte — et c’est pour cela qu’on le relit encore, plus de cent cinquante ans après. Au programme de l’Éducation nationale en 6e et en 5e.

Âge conseillé : la lecture est plus exigeante que les autres titres de cette liste ; Folio Junior indique 11-18 ans, Flammarion Jeunesse le recommande pour le cycle 3 et la 6e. Comptez 10-11 ans minimum pour une lecture en autonomie.


11. Heidi (Johanna Spyri, 1880)

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Heidi, cinq ans, orpheline confiée à sa tante Dète, est déposée un beau jour chez son grand-père, un vieil homme bourru qui vit seul sur un alpage au-dessus de Maienfeld, dans les Alpes suisses. Tout le village le craint, mais Heidi l’apprivoise en un tournemain. Elle découvre les chèvres, les pâturages, l’amitié de Peter le chevrier, et un bonheur si complet qu’on devine immédiatement qu’il ne va pas durer.

En effet, tante Dète revient un jour arracher Heidi à sa montagne pour la placer à Francfort chez les Sesemann, où elle doit tenir compagnie à Clara, une fillette en fauteuil roulant. Sous la coupe de la sévère gouvernante Mlle Rougemont (un nom qui est tout un programme), Heidi dépérit de mal du pays. Le roman oppose l’air pur des alpages à l’enfermement urbain avec une insistance qui confine au manifeste — mais l’émotion fonctionne, et le retour de Heidi vers sa montagne reste un des passages les plus heureux qu’on puisse lire à cet âge. Le livre a plus de cent quarante ans ; on le lit encore parce qu’il est impossible de ne pas s’attacher à cette gamine.

Âge conseillé : dès 9 ans (Folio Junior Gallimard ; Flammarion Jeunesse le recommande pour le cycle 3 et la 6e).