Les filles au chocolat est une série de romans jeunesse de l’autrice britannique Cathy Cassidy, publiée à partir de 2011 en anglais (Chocolate Box Girls) et traduite en français chez Nathan dès 2012. La série compte quinze tomes et suit le quotidien de cinq demi-sœurs — Cherry, Skye, Summer, Coco et Honey — réunies sous le même toit dans une grande maison du Somerset, au bord d’une falaise. Entre la création d’une chocolaterie artisanale, les amours naissantes et les frictions de la vie en famille recomposée, chaque tome se consacre à l’une des sœurs Tanberry (et à quelques personnages de leur entourage) et aborde, sans jamais appuyer trop fort, des sujets propres à l’adolescence : le divorce, la quête d’identité, le harcèlement ou encore les troubles alimentaires. La série est généralement recommandée à partir de 10-11 ans, selon les éditions et les libraires.
Si vous venez de refermer le dernier tome et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations du même genre : des histoires de sœurs, d’amies, de premiers amours et de cupcakes, où l’émotion et l’humour ne sont jamais bien loin. Toutes ces séries s’adressent à un lectorat proche de celui des Filles au chocolat, c’est-à-dire des pré-adolescent·es et adolescent·es (environ 9-14 ans, selon les titres).
1. Le bureau des cœurs trouvés (Cathy Cassidy, 2018)

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Si l’univers des sœurs Tanberry vous manque, cette série de quatre tomes est la suite logique. Lexie, 13 ans, vit en famille d’accueil depuis que sa mère l’a abandonnée. Sa passion ? Sauver tout ce qui risque de tomber dans l’oubli — objets, animaux, personnes. Le jour où elle décide de fonder un groupe de parole pour les élèves en marge de son collège, le projet dérape (dans le bon sens) : le groupe se transforme en formation musicale. Les Lost & Found sont nés.
Comme dans Les filles au chocolat, chaque tome met en lumière un personnage différent — Lexie, Sami, Sasha, puis Phoenix — et n’esquive pas les sujets difficiles : l’abandon, le placement en foyer, la recherche de sa place dans un groupe. On retrouve la tendresse et l’optimisme propres à Cathy Cassidy, portés cette fois par des guitares électriques et une belle solidarité entre inadaptés.
Âge conseillé : à partir de 10 ans (Nathan) ; certains libraires indiquent à partir de 11 ou 12 ans.
2. Quatre sœurs (Malika Ferdjoukh, 2003)

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Comme les Trois Mousquetaires étaient quatre, les quatre sœurs Verdelaine sont cinq. Enid (9 ans), Hortense (11 ans), Bettina (14 ans), Geneviève (16 ans) et Charlie (23 ans) vivent ensemble dans la Vill’Hervé, une grande maison perchée au bord d’une falaise maritime, depuis le décès accidentel de leurs parents. Charlie, l’aînée, tient à bout de bras cette maisonnée sans le sou, entre réparation de chaudière et tentatives culinaires plus ou moins réussies.
Chacun des quatre tomes — Enid, Hortense, Bettina, Geneviève — suit l’une des sœurs au fil d’une saison : fantômes bienveillants, copines insupportables (la fameuse DBB, « Division Bête et Bouchée »), premières amours et mystères enfouis au fond du jardin se bousculent à chaque chapitre. Malika Ferdjoukh possède un art singulier du dialogue — vif, drôle, souvent piquant — et un goût prononcé pour les noms de personnages hauts en couleur (Gulliver, Tancrède, Béhotéguy…). On pense aux grandes comédies américaines des années 50, transplantées sur les côtes françaises et servies par une langue nettement plus soignée. L’intégrale, parue à L’école des loisirs, fait ses 800 pages sans qu’on les sente passer — ou presque.
Âge conseillé : à partir de 11 ans (L’école des loisirs), 12-16 ans selon d’autres sources.
3. La vie compliquée de Léa Olivier (Catherine Girard-Audet, 2012)

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Léa Olivier, 14 ans, est contrainte de quitter son village natal pour s’installer avec sa famille à Montréal. Adieu Thomas, son copain ; adieu Marilou, sa meilleure amie. Heureusement, il reste les courriels, les conversations Skype et un sens aigu du drame adolescent pour maintenir le lien à distance. Sous forme de romans épistolaires (courriels, journaux intimes, messages), la série suit Léa dans ses tentatives d’adaptation : nouvelles amitiés, rivalités de couloir, frère aîné trop populaire et embrouilles sentimentales à répétition.
Écrite par la romancière québécoise Catherine Girard-Audet, la série compte dix-huit tomes au Québec (et vingt-six en France, avec les hors-séries). Le va-et-vient entre la voix de Léa et celle de Marilou crée un rythme très accrocheur. Le ton colle au quotidien des collégiennes et lycéennes, avec un humour franc et des situations que la plupart des lecteur·ices auront vécues (ou redoutées) au moins une fois. La série a également été adaptée en BD et en série télévisée au Québec.
Âge conseillé : à partir de 10-11 ans (indiqué « Romans 10-14 ans » chez certains libraires québécois) ; dès 13 ans selon la Fnac.
4. La vie extrêmement embarrassante de Lottie Brooks (Katie Kirby, 2021)

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Lottie Brooks a 11 ans et trois quarts. Sa copine la plus proche vient de déménager en Australie, elle n’a pas de soutien-gorge (un vrai scandale) et sa rentrée au collège s’annonce catastrophique. Son refuge : un journal intime top secret, illustré de bonshommes en bâtons, dans lequel elle consigne ses mésaventures avec un sens du drame qui ferait pâlir Shakespeare.
Katie Kirby, qui illustre elle-même ses romans, livre une série à la fois hilarante et étonnamment juste sur les angoisses de la pré-adolescence : le harcèlement scolaire, la peur du rejet, la puberté, les alliances et les trahisons de cour de récré. Le trait naïf des dessins renforce l’effet comique — on rit souvent, parfois nerveusement, tant les situations sonnent vrai. Le format journal intime (avec croquis, listes et annotations rageuses) rend la lecture très accessible, même pour celles et ceux que les gros pavés intimident encore.
Âge conseillé : de 10 à 12 ans (Gallimard Jeunesse) ; 9-12 ans selon l’éditeur britannique.
5. Le Journal intime de Georgia Nicolson (Louise Rennison, 1999)

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Georgia Nicolson a 14 ans, un nez qu’elle juge monstrueux, un chat semi-sauvage nommé Angus qui terrorise le voisinage, un père qu’elle surnomme Vati et une bande de copines baptisées les « poteaux en jupons ». Son obsession du moment : attirer l’attention de Robbie, le garçon le plus séduisant du quartier, qui a le mauvais goût de sortir avec une fille aux oreilles décollées.
Pionnière du journal intime humoristique pour ados, Louise Rennison a inventé avec Georgia un personnage d’une autodérision rare en littérature jeunesse. La série (dix tomes au total) repose sur un vocabulaire très personnel — les « nunga-nungas », le « Top Gang », l’« échelle des bisous » — sans lequel Georgia ne serait pas Georgia. Le ton est corrosif, les situations souvent absurdes, et la drôlerie reste intacte plus de vingt-cinq ans après la parution du premier tome. Un film a été tiré des deux premiers tomes en 2008. Louise Rennison, disparue en 2016, n’aura pas eu le temps d’écrire d’autres séries, mais celle-ci se suffit amplement à elle-même.
Âge conseillé : à partir de 13 ans (Gallimard Jeunesse, Fnac).
6. Girl Online (Zoe Sugg, 2014)

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Penny est lycéenne à Brighton, gaffeuse professionnelle et sujette à des crises d’angoisse. Elle tient un blog anonyme, Girl Online, sur lequel elle confie ses doutes et ses joies à des milliers de lectrices qui n’ont aucune idée de sa véritable identité. Lors d’un voyage à New York avec ses parents, elle rencontre Noah, un guitariste américain aussi charmeur que mystérieux. Car Noah a un secret. Et quand la vie en ligne et la vie réelle entrent en collision, les dégâts peuvent être considérables.
L’autrice, Zoe Sugg — plus connue sous le pseudonyme Zoella sur YouTube —, propose un roman très ancré dans la culture numérique des années 2010 : blogs, réseaux sociaux, viralité et ses conséquences. Le livre doit beaucoup à son traitement honnête de l’anxiété, un sujet encore peu abordé en littérature jeunesse au moment de sa parution. La romance est assumée et sucrée (on ne va pas se mentir), mais le roman pose aussi de vraies questions sur ce qu’il en coûte d’être visible en ligne. Trois tomes au total.
Âge conseillé : à partir de 12-13 ans (La Martinière Jeunesse, Fnac).
7. Geek Girl (Holly Smale, 2013)

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Harriet Manners, 15 ans, est une geek : elle collectionne les faits scientifiques comme d’autres collectionnent les cartes Pokémon. Elle sait qu’un éternuement arrête momentanément tous les organes du corps et que le merle bleu ne perçoit pas la couleur bleue. Ce qu’elle ne sait pas, c’est pourquoi une agence de mannequins la repère lors d’un salon de la mode où elle n’avait rien à faire.
Le décalage entre l’univers ultra-codifié de la mode et la personnalité d’Harriet — maladroite, brillante, socialement à côté de la plaque — fait rire à presque tous les coups. Mais derrière les gags, Holly Smale (elle-même diagnostiquée autiste à l’âge adulte) parle de différence et d’acceptation de soi sans fausse note. Le père fantasque d’Harriet, sa belle-mère Annabel, son amie Nat et l’inénarrable Toby (geek autoproclamé et « espion » à ses heures) complètent un casting de seconds rôles auxquels on s’attache très vite. Six tomes, dont le premier a remporté le Waterstones Children’s Book Prize. Une adaptation Netflix est sortie en 2024.
Âge conseillé : à partir de 11-12 ans (recommandation de libraires et lecteur·ices) ; dès 13 ans selon la Fnac.
8. Quatre filles et un jean (Ann Brashares, 2001)

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Carmen, Tibby, Bridget et Lena sont amies depuis leur naissance — leurs mères se sont rencontrées à un cours de gymnastique prénatale. L’été de leurs 16 ans, pour la première fois, elles vont être séparées : Carmen part chez son père en Caroline du Sud, Lena rejoint ses grands-parents en Grèce, Bridget s’inscrit dans un camp de football au Mexique et Tibby reste en ville. Pour rester liées, elles se partagent un jean trouvé dans une friperie — un jean qui, par quelque miracle vestimentaire, va parfaitement à toutes les quatre malgré leurs morphologies très différentes.
Le jean est bien sûr un prétexte : ce qui compte, ce sont les quatre voix qui alternent d’un chapitre à l’autre, chacune aux prises avec ce qui attend à la sortie de l’adolescence — le deuil, la famille recomposée, l’amour interdit, la vulnérabilité. Ann Brashares a le bon goût de raconter ces émotions contradictoires sans distribuer de leçons de morale. La série compte cinq tomes, dont le dernier retrouve les héroïnes dix ans plus tard, à l’aube de la trentaine. Deux films ont été adaptés de la série (2005 et 2008).
Âge conseillé : à partir de 12 ans (Gallimard Jeunesse) ; dès 13 ans selon d’autres sources.
9. Journal de Mia, princesse malgré elle (Meg Cabot, 2000)

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À 14 ans, Mia Thermopolis vit à New York, déteste les maths et traîne une vie de collégienne tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Jusqu’au jour où son père, qu’elle croyait simple diplomate européen, lui annonce qu’il est en réalité le prince de Genovia, une petite principauté au bord de la Méditerranée. Mia est donc princesse héritière. La nouvelle ne l’enchante pas du tout — d’autant que sa redoutable grand-mère, Clarisse Renaldi, compte bien la transformer en digne représentante de la couronne.
Rédigée sous forme de journal intime, la série (onze tomes) accompagne Mia dans sa double vie de lycéenne new-yorkaise et de princesse récalcitrante. Meg Cabot excelle dans l’humour de situation : entre les leçons de maintien, les scandales diplomatiques et les amours contrariées avec Michael (le frère de sa copine Lilly), la vie de Mia est un chaos permanent — et un chaos très divertissant. Les films Princesse malgré elle (2001) et Un mariage de princesse (2004), avec Anne Hathaway, ont largement contribué à la popularité de la série — même si, comme Mia le note elle-même dans son journal, le réalisateur a pris quelques libertés avec l’histoire.
Âge conseillé : à partir de 9 ans (Hachette/Le Livre de Poche Jeunesse) ; convient très bien aux 10-14 ans.
10. Les petites reines (Clémentine Beauvais, 2015)

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Mireille, Astrid et Hakima viennent d’être élues, respectivement, Boudin d’or, Boudin d’argent et Boudin de bronze par les élèves de leur collège-lycée de Bourg-en-Bresse — un concours aussi cruel que lâche, organisé chaque année sur Facebook. Plutôt que de se lamenter, les trois « boudinettes » décident de riposter : elles enfourcheront leurs vélos, vendront du boudin à chaque étape et rallieront Paris à temps pour la garden-party de l’Élysée du 14 Juillet, où chacune a une excellente raison de se rendre. Le tout sous la houlette de Kader, le frère d’Hakima, ancien soldat en fauteuil roulant.
Clémentine Beauvais, qui enseigne à l’université de York en Angleterre, signe ici un roman aussi drôle qu’intelligent. La narratrice, Mireille, possède un sens de la répartie et de l’autodérision digne d’une Georgia Nicolson élevée à Bourg-en-Bresse. Sous couvert de road-trip à vélo, le roman parle de harcèlement en ligne, de normes de beauté, de courage et de sororité — sans que l’on sente à aucun moment l’ombre d’un sermon. Prix Lire du meilleur roman jeunesse 2015 et Prix Sorcières 2016, recommandé par l’Éducation nationale en classe de 5ᵉ.
Âge conseillé : de 12 à 18 ans (Gallimard Jeunesse, Pôle Fiction) ; accessible dès 12 ans selon les libraires.
11. Cupcake Girls (Coco Simon, 2011)

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Katie fait sa rentrée au collège, et c’est la douche froide : Clara, son amie de toujours, l’abandonne dès le premier jour pour rejoindre le Club des Filles Populaires. Dépitée, Katie se console avec un cupcake préparé par sa mère — et réalise que la pâtisserie pourrait bien être la clé pour se faire de nouvelles amies. Avec Mia (passionnée de mode), Emma (douce et timide) et Alex (sportive et franche), elle fonde le Cupcake Club : un quatuor d’amies qui se retrouve autour des fourneaux pour créer des gâteaux aussi élaborés que leurs stratégies sociales.
La série, qui dépasse les trente tomes, est un comfort food littéraire : chaque volume met en avant l’une des quatre amies, aborde un petit tracas du quotidien (dispute, jalousie, pression scolaire, famille) et se conclut sur une note positive — avec, cerise sur le cupcake, une recette en fin d’ouvrage. Léger, gourmand, et exactement calibré pour les lecteur·ices un peu plus jeunes qui ont aimé le côté sucré des Filles au chocolat et cherchent une lecture réconfortante.
Âge conseillé : à partir de 8-9 ans (Pocket Jeunesse, Fnac) ; idéal pour les 8-12 ans.