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Que lire après « Le Signal » de Maxime Chattam ?

Que lire après « Le Signal » de Maxime Chattam ?

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Publié en octobre 2018 aux éditions Albin Michel, Le Signal est un roman d’horreur de l’écrivain français Maxime Chattam. On y suit la famille Spencer, fraîchement installée à Mahingan Falls, petite bourgade fictive de Nouvelle-Angleterre située non loin de Salem. Le havre de paix se transforme vite en cauchemar : meurtres sordides, communications téléphoniques parasitées par des hurlements inhumains, rumeurs de sorcellerie, présence menaçante dans la forêt. Chattam y assume ses influences — Stephen King, Lovecraft, Richard Matheson, Shirley Jackson — et les fond dans un roman de 740 pages où l’horreur contamine le quotidien d’une communauté isolée, d’abord à bas bruit, puis sans ménagement.

Si vous avez refermé Le Signal avec l’envie de retrouver cette même atmosphère — une petite ville américaine en apparence tranquille, un mal ancien qui refait surface, des personnages ordinaires jetés dans l’extraordinaire —, voici quelques pistes qui devraient vous occuper les nuits blanches à venir.


1. Ça (Stephen King, 1986)

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Impossible d’ouvrir cette liste autrement. Ça est le roman que Le Signal regarde avec le plus d’insistance par-dessus son épaule — et Chattam lui-même ne s’en est jamais caché. Le récit se situe à Derry, ville fictive du Maine, où une entité millénaire se réveille tous les vingt-sept ans pour se nourrir de la terreur des enfants. Sa forme préférée : Grippe-Sou, un clown aux dents acérées qui hante les égouts de la ville. En 1958, sept gamins surnommés le Club des Ratés — Bill « le Bègue », Ben « le Gros », Beverly, Richie, Eddie, Stan et Mike — l’affrontent une première fois. Vingt-sept ans plus tard, devenus adultes, ils reçoivent un appel qui les ramène à Derry pour en finir.

Avec sa construction non linéaire, ses allers-retours entre l’enfance et l’âge adulte, Ça dépasse le simple récit d’épouvante. King y traite de la violence conjugale, du racisme, du harcèlement et de la perte d’innocence avec une justesse qui fait de Derry bien plus qu’un décor : une ville-personnage dont chaque rue cache une violence. Le premier tirage américain a atteint un million d’exemplaires — une première dans l’histoire de l’édition — et le livre n’a cessé depuis de fabriquer des coulrophobes à la chaîne.


2. Salem (Stephen King, 1975)

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Deuxième roman publié par Stephen King après Carrie, Salem est l’un de ses préférés — il l’a lui-même déclaré en interview. L’histoire se déroule à Jerusalem’s Lot (surnommée Salem par ses habitants), bourgade du Maine dominée par Marsten House, une demeure sinistre perchée sur la colline. L’écrivain Ben Mears y revient pour écrire un livre sur cette maison qui l’a traumatisé enfant, mais découvre qu’elle a été rachetée par deux antiquaires, Straker et le mystérieux Barlow, que personne n’a jamais vu. Très vite, un enfant disparaît, un chien est retrouvé éviscéré, et les habitants commencent à mourir d’anémie avant de réapparaître après le coucher du soleil.

King a conçu Salem comme une transposition du Dracula de Bram Stoker dans l’Amérique rurale des années 1970 — le Watergate en toile de fond, la paranoïa comme moteur. Mais le roman dépasse le pastiche : il raconte surtout la chute d’une communauté, la façon dont une ville se fragmente et sombre face à un mal qu’elle refuse de nommer. On reconnaît là le programme exact du roman de Chattam, et il n’est d’ailleurs pas anodin que celui-ci ait situé Mahingan Falls à quelques kilomètres de Jerusalem’s Lot.


3. Hex (Thomas Olde Heuvelt, 2016)

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Bienvenue à Black Spring, charmante petite ville de la Hudson Valley. Du moins en apparence. Car Black Spring est hantée par Katherine van Wyler, une femme condamnée pour sorcellerie au XVIIe siècle, dont les yeux et la bouche ont été cousus. Depuis plus de trois cent cinquante ans, elle apparaît où bon lui semble — dans la rue, dans les magasins, au pied du lit des enfants — et personne ne peut rien y faire. Pire : quiconque naît ou s’installe à Black Spring ne peut plus jamais en partir, sous peine d’être envahi par une violente pulsion suicidaire. Les habitants ont appris à vivre avec la malédiction, aidés par des technologies de surveillance de pointe. Mais un groupe d’adolescents décide un jour de braver les interdits.

Écrit par le Néerlandais Thomas Olde Heuvelt — d’abord situé aux Pays-Bas, puis réécrit et transposé aux États-Unis pour le marché anglophone —, Hex est un roman qui prend le parti inverse de la plupart des récits d’horreur : la source de la terreur est constamment visible plutôt que dissimulée. La tension ne vient pas de ce qui se cache dans l’ombre, mais de ce que les habitants savent pertinemment être là — et de la certitude que la situation finira par déraper. Le parallèle avec Le Signal est net : même schéma de communauté piégée, même escalade vers le pire, même réflexion sur la capacité de l’être humain à régresser vers la barbarie lorsque la peur prend le dessus. Stephen King lui-même a salué le roman — ce qui, pour un livre d’horreur, vaut tous les tampons de validation.


4. La Maison des damnés (Richard Matheson, 1971)

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Un milliardaire mourant, Rolf Rudolph Deutsch, veut savoir si la vie après la mort existe. Pour obtenir sa réponse, il engage quatre personnes et les envoie passer une semaine dans la maison Belasco, réputée être la demeure la plus hantée du monde. L’équipe se compose du Dr Lionel Barrett, physicien et parapsychologue convaincu que la science peut tout expliquer, de son épouse Edith, de Florence Tanner, médium spiritualiste, et de Benjamin Franklin Fischer, seul survivant d’une précédente expédition dans la maison, trente ans plus tôt. Ce que la maison Belasco leur réserve dépasse de très loin le cadre d’une expérience scientifique.

Richard Matheson — à qui l’on doit aussi Je suis une légende et L’Homme qui rétrécit — a bâti ici un huis clos suffocant où la confrontation entre rationalité scientifique et forces occultes constitue le nerf de l’intrigue. Là où Shirley Jackson (voir plus bas) privilégie la suggestion, Matheson opte pour une horreur frontale et physique, avec des scènes qui n’épargnent ni les corps ni les esprits. Adapté au cinéma en 1973 par John Hough (Matheson a signé le scénario lui-même), La Maison des damnés reste un classique du genre, à la fois héritier et contrepoint du roman de Shirley Jackson : là où La Maison hantée murmure, La Maison des damnés hurle.


5. Nuit d’été (Dan Simmons, 1991)

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Elm Haven, Illinois, début de l’été 1960. L’école primaire Old Central, imposant bâtiment gothique au cœur de la bourgade, ferme définitivement ses portes. Pour les gamins du coin — Dale, Mike, Duane, Kevin et les autres membres de la Cyclo-Patrouille —, c’est le début de grandes vacances qui s’annonçaient idylliques. Mais le dernier jour de classe, un de leurs camarades, Tubby Cooke, disparaît. Puis des événements étranges se multiplient : bruits inexplicables dans la nuit, apparition d’un soldat de la Première Guerre mondiale, comportements aberrants chez certains adultes. La source du mal semble liée à Old Central et à la sinistre cloche des Borgia installée dans son clocher.

Autant le dire tout de suite : Nuit d’été partage avec Ça un ADN très proche — bande de gamins à vélo, ville endormie du Midwest, été qui vire au cauchemar. Simmons avançait en terrain balisé et ne s’en est pas caché. La différence tient dans le traitement : Simmons imprime à son récit un rythme lent, presque languide au départ, qui colle à la torpeur estivale, avant une accélération vertigineuse dans la seconde moitié. Le roman a remporté le prix Locus du meilleur roman d’horreur en 1992 et constitue le premier volet du cycle Elm Haven (suivi notamment par Les Chiens de l’hiver) qui retrouve ces personnages des décennies plus tard.


6. La Maison hantée (Shirley Jackson, 1959)

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Hill House est un manoir labyrinthique et ténébreux, érigé au XIXe siècle par le richissime industriel Hugh Crain. La bâtisse, à l’abandon depuis des années, traîne derrière elle une réputation sinistre. Le docteur John Montague, fasciné par le paranormal, décide d’y mener une expérience scientifique et recrute trois personnes : Eleanor Vance, jeune femme fragile qui sort de onze années au chevet de sa mère invalide ; Theodora, artiste bohème aux possibles facultés télépathiques ; et Luke Sanderson, héritier de la maison. Ensemble, ils vont séjourner à Hill House pour quelques jours. Quelques jours, en théorie.

Stephen King a qualifié La Maison hantée de « meilleur roman fantastique des cent dernières années ». Ce n’est pas rien. La force de Shirley Jackson tient à un choix radical : l’horreur reste presque entièrement psychologique. Pas de monstre visible, pas d’effusion de sang — juste des portes qui claquent, des inscriptions mystérieuses sur les murs, et surtout le glissement progressif d’Eleanor vers une fascination malsaine pour la maison. Le lecteur ne sait jamais avec certitude si Hill House est réellement hantée ou si tout se joue dans l’esprit d’Eleanor. Ce roman a posé les fondations du genre « maison hantée » dans la littérature moderne et a inspiré directement Matheson, King — et, par ricochet, Chattam. Il a aussi donné naissance au film La Maison du diable de Robert Wise (1963) et à la série Netflix The Haunting of Hill House (2018).


7. Spectres (Dean Koontz, 1983)

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Snowfield, station de ski nichée dans la Sierra Nevada californienne, un dimanche soir de septembre. Le Dr Jenny Paige arrive avec sa jeune sœur Lisa, quatorze ans, dont elle vient d’obtenir la garde après le décès de leur mère. Leur nouveau départ tourne à l’horreur en quelques minutes : le village est plongé dans un silence anormal, la gouvernante de Jenny gît morte dans la cuisine (les yeux exorbités, la chair noircie), et les maisons voisines sont vides — le souper encore chaud sur la table, mais plus âme qui vive. Quand Jenny parvient à alerter la police, le shérif Bryce Hammond débarque avec ses hommes, mais la chose qui a décimé Snowfield est encore là, quelque part dans le noir.

Dean Koontz excelle ici dans l’art de la montée en tension par paliers. Le premier tiers du roman fonctionne comme un quasi-siège : les survivants, retranchés dans un restaurant, tentent de comprendre ce qui a vidé la ville de ses habitants. La nature de la menace — dévoilée grâce aux théories du professeur Flyte, spécialiste de légendes anciennes — puise dans des mythes millénaires et rappelle autant Lovecraft que John Carpenter. Le roman a été adapté en 1998 sous le titre Phantoms (avec Peter O’Toole et Ben Affleck), mais c’est le livre qu’il faut lire : Koontz y dose l’épouvante, la science-fiction et le thriller avec un sens du tempo redoutable — et certaines images (les têtes dans les fours, les mains tranchées sur le rouleau à pâtisserie) ne s’oublient pas de sitôt.


8. Nosfera2 (Joe Hill, 2013)

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Victoria « Vic » McQueen a huit ans quand elle découvre un don singulier : il lui suffit d’enfourcher son vélo et de passer sur un vieux pont couvert — depuis longtemps détruit — pour se retrouver n’importe où et retrouver n’importe quel objet perdu. Ce pont, le Shorter Way, est son passage secret vers l’impossible. Mais Vic n’est pas la seule à posséder un tel pouvoir. Charlie Manx, vieillard aussi élégant que terrifiant, sillonne les routes américaines au volant de sa Rolls-Royce Wraith de 1938 — immatriculée NOS4A2 — pour kidnapper des enfants et les conduire à Christmasland, un parc d’attractions cauchemardesque où c’est Noël tous les jours et où la tristesse est un délit. Le trajet a un prix : les enfants y perdent leur humanité, et Manx y gagne la sienne — il rajeunit à chaque victime.

Joe Hill — fils de Stephen King, pour celles et ceux qui l’ignoreraient encore — a construit avec Nosfera2 un roman qui s’étale sur près de trente ans et accompagne Vic de l’enfance à l’âge adulte, de sa première confrontation avec Manx jusqu’à leur affrontement final. Le titre lui-même est un jeu de mots sur Nosferatu, et le roman entier joue sur l’idée que l’imagination peut être un véhicule autant qu’une arme — au sens littéral. On y croise des clins d’œil au Ça de son père (le cirque de Grippe-Sou figure sur la carte des « routes cachées » empruntées par Manx) et à sa propre bande dessinée Locke & Key. Mais Nosfera2 tient parfaitement debout tout seul : c’est un anti-conte de Noël féroce, peuplé de personnages cabossés par la vie, où la Rolls-Royce de collection s’avère être — quand on y pense — le cercueil roulant le plus confortable de la littérature d’horreur.