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Que lire après « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin ?

Que lire après « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin ?

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Le Problème à trois corps est un roman de science-fiction de l’écrivain chinois Liu Cixin, publié en Chine en 2008 et traduit en français par Gwennaël Gaffric chez Actes Sud en 2016. Premier volet d’une trilogie poursuivie par La Forêt sombre et La Mort immortelle, il dépeint les conséquences d’un premier contact entre l’humanité et les Trisolariens, une civilisation extraterrestre dont la planète, soumise aux mouvements chaotiques de trois soleils, est régulièrement dévastée — ce qui les pousse à chercher un nouveau monde. Le nôtre, par exemple. Lauréat du prix Hugo du meilleur roman en 2015 — une première pour un auteur chinois —, le livre a rencontré un succès considérable dans le monde entier, renforcé par son adaptation en série télévisée sur Netflix en 2024.

Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques pistes.


1. Boule de foudre (Liu Cixin, 2004)

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Le soir de son quatorzième anniversaire, Chen voit ses parents réduits en cendres sous ses yeux par l’explosion d’une boule de foudre. Traumatisé, il décide de consacrer sa vie entière à percer le mystère de ce phénomène météorologique rarissime et encore mal compris par la science. Ses études en physique atmosphérique le conduisent à rencontrer le major Lin Yun, une militaire obsédée par le potentiel destructeur de ces boules de foudre, et le physicien théoricien Ding Yi (que les lecteur·ices de la trilogie des Trois Corps retrouveront avec un sourire entendu). Leur collaboration les entraîne des sommets battus par les tempêtes jusqu’à une station scientifique soviétique désaffectée en Sibérie.

Publié en Chine avant la trilogie trisolarienne mais traduit en français après elle (en 2019, par Nicolas Giovanetti chez Actes Sud), Boule de foudre se situe dans le même univers mais se lit de façon indépendante. Liu Cixin y fait ce qu’il sait faire de mieux : rendre limpides des concepts ardus de physique — ici la mécanique quantique et la réduction du paquet d’onde (l’idée, en substance, qu’une particule existe dans plusieurs états simultanés tant que personne ne l’observe) — et les transformer en moteur d’intrigue. La question qui traverse le récit est la même que dans la trilogie : une découverte scientifique fondamentale peut-elle rester cantonnée au laboratoire, ou finit-elle toujours entre les mains de ceux qui veulent en faire une arme ?


2. Vision aveugle (Peter Watts, 2006)

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Fin du XXIe siècle. Des milliers d’objets artificiels se consument simultanément dans l’atmosphère terrestre — comme si quelque chose venait de « photographier » la planète. Pour enquêter sur la source de ce signal, le vaisseau Thésée est lancé vers les confins du système solaire avec à son bord un équipage pour le moins atypique : Siri Keeton, un homme à qui l’on a retiré un hémisphère cérébral dans l’enfance pour soigner une épilepsie sévère — opération qui l’a rendu incapable d’empathie mais redoutable dans l’art de décrypter le comportement d’autrui ; Susan James, linguiste dotée de personnalités multiples (collectivement surnommées « le Gang ») ; Isaac Szpindel, biologiste interfacé aux machines ; Amanda Bates, militaire flanquée de robots de combat ; et, pour couronner le tout, leur commandant, Jukka Sarasti — un homo vampiris ressuscité par le génie génétique, dont l’intelligence dépasse celle de tout l’équipage réuni et dont l’instinct de prédateur n’a pas été émoussé par la résurrection.

Ce qui les attend aux abords de l’artefact baptisé Rorschach — une structure gigantesque, hostile et incompréhensible — va poser une question à laquelle personne n’est préparé : peut-il exister une intelligence sans conscience ? Autrement dit, un être capable de résoudre des problèmes complexes, de communiquer, de réagir à son environnement, mais sans la moindre expérience subjective — sans « quelqu’un à l’intérieur ». Peter Watts, biologiste marin de formation et titulaire d’un doctorat en écologie, appuie sa fiction sur un socle scientifique solide — chaque spéculation du roman est étayée dans des notes bibliographiques fournies en fin de volume. Finaliste du prix Hugo en 2007, Vision aveugle s’est imposé comme l’un des romans de hard SF les plus importants du siècle. Un avertissement cependant : ce livre ne fait aucune concession. Il exige de ses lecteur·ices une attention soutenue, et sa conclusion oblige à reconsidérer sérieusement l’idée que la conscience — la nôtre — serait un avantage évolutif plutôt qu’un handicap.


3. Cycle des Inhibiteurs – Tome 1 : L’Espace de la révélation (Alastair Reynolds, 2000)

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Sur la planète Resurgam, l’archéologue Dan Sylveste s’acharne à comprendre l’extinction brutale des Amarantins, une espèce mi-humaine mi-aviaire disparue depuis neuf cent mille ans lors d’un cataclysme baptisé « l’Événement ». Pendant ce temps, à bord du Spleen de l’Infini, un gigantesque vaisseau interstellaire rongé par une « peste » technologique, Ilia Volyova — membre de la caste des Ultras, des humains lourdement modifiés par la cybernétique — cherche un nouveau sergent d’artillerie. Et sur la planète Yellowstone, la tueuse professionnelle Ana Khouri accepte un contrat apparemment simple : assassiner Dan Sylveste. Elle ignore encore que ce contrat n’est qu’un rouage dans une machination bien plus vaste.

Alastair Reynolds, astrophysicien gallois passé par l’Agence spatiale européenne avant de se consacrer à l’écriture, signe avec ce premier roman un space opera rigoureux où la vitesse de la lumière reste une limite infranchissable. Les voyages interstellaires durent des décennies ; les équipages hibernent ; les sociétés humaines, dispersées dans la galaxie, ont divergé en castes et factions méconnaissables. L’univers qu’il dépeint est vaste, froid et inhospitalier — et la menace qui plane sur toute civilisation technologique avancée (les Inhibiteurs, de terrifiantes machines vouées à l’éradication) ne fait que commencer à se dessiner. Nommé au prix Arthur C. Clarke, L’Espace de la révélation inaugure un cycle de quatre romans et devrait parler à quiconque a apprécié la théorie de la « forêt sombre » chez Liu Cixin — cette idée glaçante selon laquelle toute civilisation qui signale sa présence dans l’univers signe son arrêt de mort.


4. Dans la toile du temps (Adrian Tchaikovsky, 2015)

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Alors que la Terre agonise, la scientifique Avrana Kern lance une expérience audacieuse : sur une planète fraîchement terraformée, elle dépose un nanovirus conçu pour accélérer l’évolution de singes qu’elle compte y installer, afin de créer une espèce capable de fonder une civilisation sans reproduire les erreurs humaines. Un sabotage fait échouer le plan : les singes n’arrivent jamais, mais le nanovirus, lui, fait son office. Ce sont des araignées sauteuses du genre Portia qui en bénéficient. Sur plusieurs millénaires, elles développent une société complète — avec ses guerres, ses religions, ses avancées scientifiques — sans rien devoir à un modèle humain.

En parallèle, le Gilgamesh, un vaisseau-arche chargé des derniers survivants de l’humanité, erre dans l’espace à la recherche d’un monde habitable. Son linguiste, Holsten Mason, est régulièrement tiré de cryogénisation pour constater que les choses à bord vont de mal en pis. La narration alterne entre les deux fils : d’un côté, l’ascension des Portidés génération après génération ; de l’autre, la lente dégradation de la société humaine confinée dans un vaisseau. Adrian Tchaikovsky, titulaire d’un diplôme en zoologie, excelle à imaginer une intelligence radicalement non-humaine : ses araignées communiquent par des vibrations transmises dans leurs toiles, raisonnent en termes de structures spatiales plutôt que de langage linéaire, et ont bâti une civilisation technique fondée sur la soie et la chimie — pas sur le métal. Couronné par le prix Arthur C. Clarke en 2016, Dans la toile du temps se termine sur un dénouement qui prend le contre-pied de la plupart des récits de confrontation entre espèces. Avis aux arachnophobes : vous risquez de terminer ce livre avec un regard neuf sur vos colocataires à huit pattes.


5. Contact (Carl Sagan, 1985)

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Ellie Arroway, jeune radioastronome opiniâtre, dirige le projet « Argus », un programme d’écoute spatiale installé au Nouveau-Mexique — dans la lignée du vrai programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), qui scrute le ciel à la recherche de signaux radio d’origine artificielle. Ellie défend ce projet bec et ongles contre le scepticisme ambiant. Le jour où ses instruments captent un signal rationnel en provenance de Véga, une étoile située à vingt-cinq années-lumière de la Terre, tout change. Le message contient les plans d’un véhicule destiné à transporter cinq passagers vers les auteurs du signal. La construction de la Machine mobilise les nations, divise les opinions et met face à face deux visions du monde : celle de la science et celle de la foi.

Contact est l’unique roman de Carl Sagan (1934-1996), astrophysicien mondialement connu pour avoir cofondé le programme SETI et créé la série de vulgarisation scientifique Cosmos. Sagan savait de quoi il parlait : le livre décrit les protocoles scientifiques, les calculs de radioastronomie et les tractations géopolitiques avec une précision que seul un praticien pouvait atteindre. Mais la force du roman tient surtout à son personnage central — une femme de science dans un monde d’hommes, confrontée à une découverte qui ébranle ses propres certitudes rationalistes — et à ses joutes avec le pasteur Palmer Joss, personnage ambigu qui refuse de réduire la foi à de la superstition, tout comme Ellie refuse de réduire la science à de la froideur. Adapté au cinéma par Robert Zemeckis en 1997 avec Jodie Foster dans le rôle d’Ellie, Contact n’a rien perdu de sa pertinence. Là où Liu Cixin envisage le premier contact sous l’angle de la menace existentielle, Sagan choisit celui de l’émerveillement prudent — et rappelle que la question la plus fondamentale n’est pas « sont-ils dangereux ? » mais « sommes-nous prêts ? ».


6. Solaris (Stanislas Lem, 1961)

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Le psychologue Kris Kelvin rejoint une station spatiale en orbite autour de Solaris, une planète recouverte d’un unique océan protoplasmique — une masse organique gélatineuse, en perpétuelle transformation — dont la nature intrigue la communauté scientifique depuis près d’un siècle. Cet océan est-il un organisme vivant ? Est-il doué d’intelligence ? Toute une discipline — la « solaristique » — s’est constituée autour de ces questions sans jamais y répondre. À son arrivée, Kelvin découvre une station en désordre : son ami Gibarian s’est suicidé, et les deux autres scientifiques en poste, Snaut et Sartorius, se terrent dans leurs quartiers, visiblement terrorisés. La raison de leur terreur ne tarde pas à se manifester : Harey, la femme que Kelvin a aimée et qui s’est donné la mort dix ans plus tôt, apparaît à ses côtés, bien vivante.

Ces « visiteurs » sont des simulacres engendrés par l’océan, qui semble aller puiser dans l’inconscient des astronautes le matériau de ses créations. Mais dans quel but ? S’agit-il d’une tentative de communication ? D’une forme d’expérience ? D’une réaction automatique dépourvue d’intention ? Personne ne le saura jamais — et c’est exactement le propos de Stanislas Lem (1921-2006), auteur polonais et l’un des écrivains de SF les plus respectés hors du monde anglophone. Il a conçu un livre où le contact échoue non par hostilité, mais par incompréhension radicale : l’océan de Solaris ne correspond à aucune catégorie connue — ni animal, ni végétal, ni minéral, ni machine — et rien de ce que les humains tentent ne permet de le déchiffrer. Porté deux fois à l’écran — par Andreï Tarkovski en 1972 et Steven Soderbergh en 2002 —, Solaris n’a pas pris une ride en plus de soixante ans. Si la trilogie de Liu Cixin interroge ce que ferait une civilisation étrangère de nous, Lem pose la question inverse : que ferions-nous face à une intelligence qui ne se soucie tout simplement pas de notre existence ?


7. Cycle de Rama – Tome 1 : Rendez-vous avec Rama (Arthur C. Clarke, 1973)

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En 2130, un objet de proportions extraordinaires pénètre dans le système solaire : un cylindre parfait de cinquante kilomètres de long et vingt de diamètre, qui file à cent mille kilomètres-heure. Baptisé Rama, il n’a rien de naturel. L’équipage du vaisseau Endeavour, commandé par Bill Norton, est dépêché pour l’intercepter et le visiter avant qu’il ne reparte vers les étoiles. Ce qu’ils trouvent à l’intérieur dépasse tout ce qu’ils avaient imaginé : un monde miniature complet, avec sa mer cylindrique, ses reliefs, ses villes géométriques — et un silence absolu.

Arthur C. Clarke (1917-2008), avec Isaac Asimov et Robert A. Heinlein l’un des trois piliers fondateurs de la SF anglophone, signe ici l’archétype de ce que les amateurs du genre appellent un « Big Dumb Object » — littéralement « gros objet muet » : un artefact gigantesque, d’origine inconnue, que l’on peut visiter mais pas comprendre. La force de Rendez-vous avec Rama, récompensé à la fois par le prix Hugo et le prix Nebula, tient à ce que Clarke refuse les réponses faciles. Rama ne se dévoile pas ; il traverse notre système solaire avec l’indifférence d’un paquebot qui croise un radeau. Les « biotes » — créatures mi-organiques mi-mécaniques — qui s’activent en son sein n’ont rien à nous dire. Le livre se lit en quelques jours (à peine 250 pages), et l’on en sort avec une frustration très particulière : celle d’avoir visité un lieu extraordinaire sans avoir obtenu la moindre explication — exactement comme les personnages. La dernière phrase du roman, devenue culte, est à elle seule une raison de le lire.


8. Cycle de l’Hexamone – Tome 1 : Éon (Greg Bear, 1985)

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Un gigantesque astéroïde de trois cents kilomètres de long — surnommé « le Caillou » — entre en orbite autour de la Terre au début du XXIe siècle. Les premières missions de reconnaissance révèlent qu’il est creux et qu’il abrite sept chambres qui renferment de véritables villes humaines, désertes et silencieuses. Les archives retrouvées à l’intérieur racontent un futur qui n’a pas encore eu lieu — un futur où l’humanité s’est détruite dans un holocauste nucléaire. Plus troublant encore : la septième chambre ne se termine pas. Un passage tubulaire, la Voie, semble s’y prolonger à l’infini et ouvre sur des dimensions et des temporalités inconnues.

Greg Bear (1951-2022), souvent considéré comme l’un des maîtres de la hard SF américaine, ancre Éon dans un contexte de guerre froide (le roman date de 1985, et ça se sent), mais propulse son intrigue loin du simple thriller géopolitique grâce à la Voie — un couloir qui semble s’étendre à l’infini à travers des dimensions inconnues, et dont personne ne sait où il mène ni qui l’a creusé. Le Caillou n’est pas un simple vaisseau : c’est un artefact venu du futur de l’humanité, et les archives qu’il contient décrivent noir sur blanc une guerre nucléaire qui n’a pas encore eu lieu sur Terre — mais qui ne devrait plus tarder. Premier tome du cycle de l’Hexamone (suivi par Éternité et Héritage), Éon partage avec Le Problème à trois corps le goût des échelles démesurées et une question qui glace : si l’on découvre la preuve que l’on va se détruire, peut-on encore changer le cours des choses ?


9. L’Étoile de Pandore – Tome 1 : Pandore abusée (Peter F. Hamilton, 2004)

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En 2380, l’humanité a colonisé six cents planètes, toutes reliées par un réseau de trous de ver — des raccourcis à travers l’espace-temps — inventé trois siècles plus tôt par deux jeunes génies californiens, Nigel Sheldon et Ozzie Isaacs. Le Commonwealth Intersolaire est une société prospère où la « réjuvénation » permet à chaque citoyen de vivre plusieurs siècles et où les voyages interstellaires se font… en train (oui, on passe d’une planète à l’autre par des gares reliées à des trous de ver). Jusqu’au jour où l’astronome Dudley Bose observe un événement cosmique sans précédent : deux étoiles lointaines, Dyson Alpha et Dyson Beta, disparaissent simultanément, emprisonnées dans un champ de force d’une taille colossale. Quelqu’un — ou quelque chose — a enfermé ces étoiles. Le Commonwealth décide de construire son premier véritable vaisseau spatial, le Seconde Chance, pour aller voir de plus près. Tout le monde n’est pas convaincu que ce soit une bonne idée — à commencer par les « Gardiens de l’Individualité », un groupe considéré comme terroriste qui affirme que la menace est bien réelle.

Peter F. Hamilton, pilier du renouveau de la SF britannique, a la réputation de ne jamais faire court — et c’est justifié. Pandore abusée est un space opera à grande échelle qui regorge de personnages, d’intrigues entrecroisées et de technologies inventives, sans oublier l’inspectrice Paula Myo, flic génétiquement programmée pour la justice, qui traque un complot dont elle ne voit pas encore l’ampleur. Le roman fonctionne comme une longue mise en place (environ 670 pages), mais quand la boîte de Pandore s’ouvre enfin — et l’on comprend pourquoi ces étoiles étaient enfermées —, les conséquences sont à la mesure de la patience investie. Celles et ceux qui ont apprécié l’ampleur narrative de la trilogie de Liu Cixin trouveront ici un univers d’une richesse comparable — avec en bonus un rasta milliardaire et des gares interplanétaires où l’on prend le train pour changer de système solaire.


10. Spin (Robert Charles Wilson, 2005)

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Une nuit d’octobre, Tyler Dupree, douze ans, et ses amis Jason et Diane Lawton, quatorze ans, lèvent les yeux et constatent que les étoiles ont disparu. En quelques jours, l’humanité comprend qu’une membrane opaque enveloppe la Terre — le « Spin ». À l’extérieur de cette barrière, le temps s’écoule des millions de fois plus vite qu’à l’intérieur. Concrètement, le vrai Soleil vieillit à une vitesse effrénée : il ne reste plus que quelques décennies terrestres avant qu’il ne se transforme en géante rouge (le stade final d’une étoile, où elle enfle au point d’engloutir les planètes voisines) et ne réduise la Terre en cendres. Qui a installé cette membrane, et pourquoi ? C’est la question qui va dévorer la vie de Jason, génie scientifique placé à la tête de l’agence Périhélie. Tyler, devenu médecin, l’accompagne ; Diane, elle, se réfugie dans la spiritualité.

Robert Charles Wilson ne fait pas de la SF à grand spectacle. Son approche est intimiste : le Spin, phénomène d’une ampleur cosmique, est raconté à hauteur d’homme, à travers le regard de Tyler et ses relations avec les jumeaux Lawton. Le roman suit ces trois personnages sur trente ans, de l’adolescence à l’âge mûr, tandis que le monde autour d’eux se transforme — montée des sectes apocalyptiques, bouleversements géopolitiques, et une idée qui donne le tournis : puisque des millions d’années s’écoulent à l’extérieur pour chaque année terrestre, pourquoi ne pas en profiter pour ensemencer Mars et la rendre habitable ? En temps terrestre, quelques décennies de patience suffiraient. Couronné par le prix Hugo 2006 et le Grand Prix de l’Imaginaire 2008, Spin réussit le pari de rendre son postulat de départ parfaitement concret, parce qu’il ne perd jamais de vue les gens qui le subissent. Si Le Problème à trois corps pose la question de la survie de l’espèce face à une menace extérieure, Spin demande comment continuer à vivre — à aimer, à espérer, à faire des projets — quand on sait que la fin approche.