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Que lire après « Le Parfum » de Patrick Süskind ?

Que lire après « Le Parfum » de Patrick Süskind ?

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Le Parfum de Patrick Süskind, publié en 1985, retrace le destin de Jean-Baptiste Grenouille dans la France du XVIIIe siècle. Né dépourvu de toute odeur corporelle mais doté d’un odorat surnaturel, il devient parfumeur de génie — puis meurtrier, obsédé par la création du parfum absolu.

Traduit en quarante-huit langues et vendu à plus de vingt millions d’exemplaires, le roman n’a jamais quitté les rayons des librairies depuis quarante ans. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Le Portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde, 1890)

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Dans le Londres victorien, le jeune Dorian Gray formule un vœu fatidique : que son portrait peint par Basil Hallward vieillisse à sa place. Sous l’influence corruptrice de Lord Henry Wotton, il s’abandonne à une vie de plaisirs et de transgressions, tandis que la toile absorbe chaque trace de sa déchéance morale.

Seul roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray fait de la beauté un pacte faustien. Jugé immoral à sa parution en Angleterre victorienne, il pose une question que chaque époque reformule sans y répondre : peut-on dissocier l’esthétique de l’éthique ?


2. Le Nom de la rose (Umberto Eco, 1980)

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En 1327, dans une abbaye bénédictine entre Provence et Ligurie, le franciscain Guillaume de Baskerville et son novice Adso enquêtent sur une série de morts suspectes. Les victimes sont toutes liées à la bibliothèque du monastère, un labyrinthe dont l’accès est interdit.

Umberto Eco a greffé sur le polar médiéval une réflexion sur la censure et la peur du rire. Le dénouement en offre la clé : le véritable meurtrier n’est pas un homme, mais un livre — le second tome perdu de la Poétique d’Aristote. Prix Médicis étranger en 1982 ; adaptation de Jean-Jacques Annaud au cinéma en 1986.


3. Les Élixirs du diable (E.T.A. Hoffmann, 1815)

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Le moine capucin Médard absorbe un élixir conservé depuis saint Antoine et sombre dans la folie meurtrière. Son périple à travers l’Allemagne le confronte sans cesse à un double qui lui ressemble trait pour trait — et dont les crimes se confondent avec les siens.

Ce roman gothique, publié entre 1815 et 1816, est l’une des œuvres les plus vertigineuses du romantisme allemand. Freud y a vu un modèle de « l’inquiétante étrangeté ». La structure du récit, faite d’emboîtements et de fausses pistes, brouille toute certitude sur l’identité même du narrateur.


4. Le Tambour (Günter Grass, 1959)

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À l’âge de trois ans, Oscar Matzerath décide de ne plus grandir. Armé de son tambour en fer-blanc et d’une voix capable de briser le verre, il observe depuis sa taille d’enfant la montée du nazisme, la guerre et l’après-guerre à Dantzig. Le récit oscille entre le « je » et le « il », car Oscar est un narrateur dont la fiabilité reste douteuse.

Premier volet de la Trilogie de Dantzig, Le Tambour est un roman picaresque où le grotesque sert de révélateur à l’histoire allemande du XXe siècle. Volker Schlöndorff en a tiré un film couronné de la Palme d’or en 1979 ; vingt ans plus tard, Grass recevait le prix Nobel de littérature.


5. Lolita (Vladimir Nabokov, 1955)

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Humbert Humbert, professeur d’origine européenne, épouse Charlotte Haze dans le seul but de se rapprocher de sa fille Dolores, douze ans. Après la mort de Charlotte, il enlève l’adolescente et l’entraîne dans une fuite à travers les États-Unis — deux années de motels et de manipulation que son récit, rédigé en prison, déguise en histoire d’amour.

Tout le piège de Lolita est là : Nabokov confie la narration à un monstre éloquent dont la virtuosité verbale vise à séduire le lecteur·ice autant que le jury. Refusé par quatre éditeurs américains, le roman a finalement été publié à Paris en 1955. Depuis, il n’a pas cessé de diviser — ce qui est sans doute le plus bel hommage qu’on puisse rendre à un livre.


6. L’Obsédé (John Fowles, 1963)

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Frederick Clegg, employé modeste et collectionneur de papillons, gagne au loto et kidnappe Miranda Grey, une étudiante en art qu’il séquestre dans sa cave. Le roman se divise en deux voix : le récit de Frederick, méthodique et froid, puis le journal de Miranda.

Le sujet du livre est la possession à l’état pur. Frederick ne veut pas détruire — il veut avoir, de la même façon qu’il épingle ses spécimens sous verre. L’opposition entre les deux points de vue, celui du geôlier et celui de sa captive, installe un malaise que rien ne vient soulager — ni dans le roman, ni dans l’adaptation de William Wyler (1965, prix d’interprétation à Cannes).


7. Le Talentueux Mr Ripley (Patricia Highsmith, 1955)

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Un riche industriel engage Tom Ripley, jeune escroc new-yorkais sans le sou, pour ramener son fils Dickie d’Italie. Au lieu de remplir sa mission, Ripley tue Dickie et usurpe son identité. Ce qui frappe est le parti pris moral de Highsmith : aucun châtiment ne viendra. Ripley échappe à la justice et s’installe dans le confort de sa vie volée.

Le Talentueux Mr Ripley inaugure une série de cinq romans où ce personnage amoral poursuit son existence en toute impunité. Deux adaptations au cinéma méritent d’être vues : Plein Soleil de René Clément (1960), avec Alain Delon en Ripley solaire et opaque, puis le film d’Anthony Minghella (1999).


8. Le Maître des illusions (Donna Tartt, 1992)

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Un meurtre a eu lieu : c’est la première chose que révèle le prologue. Richard Papen, boursier californien, intègre une petite université du Vermont et rejoint un groupe fermé de cinq étudiants en grec ancien, placés sous la tutelle d’un professeur charismatique, Julian Morrow. Le roman raconte comment ce cercle élitiste en est arrivé au crime — puis comment la culpabilité les dévore un à un.

Le Maître des illusions, publié en 1992, a donné naissance au genre aujourd’hui appelé « dark academia ». L’intrigue inverse le schéma du polar : la question n’est pas qui a tué, mais pourquoi. Les personnages, pris au piège de leurs propres transgressions, s’enfoncent dans la culpabilité comme dans des sables mouvants — et le lecteur·ice avec eux.


9. Frankenstein (Mary Shelley, 1818)

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Assembler un corps à partir de cadavres et lui insuffler la vie : c’est l’ambition de Victor Frankenstein, jeune scientifique genevois. Mais une fois la créature animée, il l’abandonne, horrifié. Rejetée par tous en raison de son apparence, elle développe pourtant une intelligence et une sensibilité qui rendent son exclusion plus cruelle encore — et finit par se retourner contre son créateur.

Écrit par Mary Shelley à dix-neuf ans, Frankenstein (sous-titré Le Prométhée moderne) ne pose qu’une seule question, mais elle suffit : qui doit répondre du monstre — la créature ou celui qui l’a fabriquée ? Le roman est construit en récits emboîtés — un explorateur, le savant, la créature — où chaque voix nuance la précédente.


10. Bruges-la-Morte (Georges Rodenbach, 1892)

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Hugues Viane, veuf inconsolable, s’est retiré à Bruges pour y vivre son deuil. La ville, avec ses canaux immobiles et ses ruelles désertes, lui tient lieu de miroir. Lorsqu’il croise une danseuse qui ressemble trait pour trait à la défunte, il bascule dans une obsession qui le mènera à la folie.

Publié en feuilleton dans Le Figaro en 1892, Bruges-la-Morte est l’un des textes fondateurs du symbolisme. Rodenbach y fait de la ville un personnage à part entière, un organisme de pierre et d’eau qui dicte l’état d’âme du protagoniste. L’édition originale, illustrée de trente-cinq photographies, est aussi l’un des premiers livres à intégrer l’image dans un récit littéraire.


11. American Psycho (Bret Easton Ellis, 1991)

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Patrick Bateman, vingt-sept ans, golden boy de Wall Street sous l’ère Reagan : costumes sur mesure, restaurants cotés, obsession de l’image. La nuit, il tue. Le roman, narré à la première personne sur un ton clinique dénué de toute émotion, alterne scènes mondaines d’une vacuité totale et passages d’une violence extrême.

Refusé par Simon & Schuster malgré une avance de 300 000 dollars, American Psycho a provoqué un scandale à sa sortie en 1991. Le roman est une satire poussée à son terme logique : dans l’Amérique de Reagan, la frontière entre le prédateur et le consommateur a cessé d’exister. Mary Harron en a donné une adaptation glaçante en 2000, avec Christian Bale.