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Que lire après « Le Journal d'Anne Frank » ?

Que lire après « Le Journal d’Anne Frank » ?

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Le Journal d’Anne Frank est le journal intime d’une adolescente juive allemande réfugiée aux Pays-Bas, rédigé entre le 12 juin 1942 et le 1er août 1944, alors qu’elle vit cachée avec sa famille dans l’annexe d’un immeuble d’Amsterdam pour échapper aux persécutions nazies. Publié en néerlandais en 1947 par son père Otto Frank, seul survivant de la famille, le livre a depuis été traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires. Anne Frank meurt du typhus au camp de Bergen-Belsen au début de l’année 1945, à l’âge de quinze ans.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici d’autres journaux intimes, témoignages et récits autobiographiques sur la Shoah et la Seconde Guerre mondiale.


1. La Nuit (Elie Wiesel, 1958)

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Né en 1928 à Sighet, en Transylvanie, Elie Wiesel est déporté à Auschwitz avec toute sa famille en 1944, alors qu’il n’a que quinze ans. La Nuit relate cette expérience : la séparation d’avec sa mère et sa petite sœur, qu’il ne reverra jamais, puis les mois passés dans plusieurs camps — Auschwitz, Buna, Buchenwald — aux côtés de son père, avec lequel il partage la faim, le froid, les coups et la honte. Le récit s’organise autour d’un thème que Wiesel a lui-même désigné : celui du sacrifice d’Isaac inversé, où ce n’est plus le père qui consent à perdre son fils, mais le fils qui survit à son père.

Le manuscrit, d’abord rédigé en yiddish sous le titre Et le monde se taisait, est publié en français aux Éditions de Minuit grâce à l’intervention de François Mauriac, qui signe la préface. Le texte, d’une sobriété radicale — à peine 178 pages —, refuse tout pathos ; c’est ce dépouillement même qui lui donne sa force. Wiesel, prix Nobel de la paix en 1986, a toujours considéré La Nuit comme la source de tout ce qu’il a écrit par la suite.


2. Si c’est un homme (Primo Levi, 1947)

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Chimiste juif italien, Primo Levi est arrêté en décembre 1943 en tant que résistant, puis déporté à Auschwitz-Monowitz en février 1944 sous le numéro 174 517. Sur les 650 personnes de son convoi, seules 20 en reviendront. Si c’est un homme raconte sa survie au camp : le travail forcé, la sous-alimentation permanente, la hiérarchie impitoyable entre détenus, la sélection. Le titre pose la question qui traverse tout le livre — qu’est-ce qui définit l’humain, et quand commence l’inhumanité ? — à laquelle le récit répond par une observation méthodique, presque clinique, de la vie concentrationnaire.

Ce qui singularise le témoignage de Levi, c’est le regard du scientifique appliqué à l’horreur. Il ne raconte pas les camps de manière linéaire : il les décortique, sépare les « élus » et les « damnés », observe les mécanismes de déshumanisation avec une rigueur qui confine à la sociologie. Le manuscrit, refusé par Einaudi puis publié à faible tirage en 1947, est d’abord passé inaperçu. Il faudra attendre les années 1960 pour que le livre soit reconnu comme l’un des témoignages les plus importants sur la Shoah. Levi, que l’expérience d’Auschwitz n’a jamais quitté, est mort en 1987 à Turin.


3. Le Journal d’Hélène Berr (Hélène Berr, 2008)

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Hélène Berr est une jeune femme juive parisienne de vingt et un ans, issue d’une famille de la grande bourgeoisie intellectuelle, lorsqu’elle commence son journal le 7 avril 1942. Elle y décrit d’abord sa vie d’étudiante à la Sorbonne — ses cours d’anglais, ses lectures de Shelley et de Shakespeare, ses journées en bibliothèque, son violon, ses amours naissantes avec Jean Morawiecki. Le port obligatoire de l’étoile jaune, en juin 1942, constitue une première rupture. Le journal, qui s’interrompt pendant dix mois, reprend en octobre 1943 sur un ton radicalement différent : Hélène, devenue bénévole auprès d’enfants juifs à l’UGIF, mesure désormais l’ampleur de ce qui se prépare.

Le texte se termine sur trois mots empruntés au Macbeth de Shakespeare : « Horror! Horror! Horror! » Le 8 mars 1944, Hélène est arrêtée avec ses parents. Déportée à Auschwitz puis à Bergen-Belsen, elle meurt en avril 1945, battue par une gardienne alors qu’elle ne pouvait plus se lever, quelques jours seulement avant la libération du camp. Le manuscrit, confié à sa cuisinière puis remis à son fiancé, n’a été publié qu’en 2008, avec une préface de Patrick Modiano. Traduit en 27 langues, il est le seul document de cette nature retrouvé et publié en France après la Shoah.


4. Le Journal de Rywka Lipszyc (Rywka Lipszyc, 2014)

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En 1945, une femme médecin de l’Armée rouge déterre un petit carnet près des fours crématoires d’Auschwitz-Birkenau. Il faudra plus de soixante-dix ans pour que ce document soit publié. Ce carnet est le journal de Rywka Lipszyc, une adolescente de quatorze ans qui a consigné, entre octobre 1943 et avril 1944, son quotidien dans le ghetto de Łódź, le deuxième plus grand ghetto de Pologne. Orpheline — ses parents et ses frères et sœurs sont morts ou ont été déportés —, Rywka vit chez des cousins dans un dénuement absolu.

Le plus étonnant dans ce journal, c’est la foi intacte de son autrice. Rywka écrit de la poésie, étudie, trouve dans l’amitié et dans sa relation avec Dieu la force de tenir. Là où tout invite à l’abandon, elle maintient l’idée que la vie reprendra. Le journal s’interrompt au milieu d’une phrase. Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, Rywka a survécu à Auschwitz ; mais son destin après la guerre reste un mystère. L’édition française, publiée par les soins du JFCS Holocaust Center de San Francisco, est accompagnée de photographies, de cartes et de commentaires de spécialistes de la Shoah.


5. Le Journal de Rutka (Rutka Laskier, 2008)

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En janvier 1943, dans le ghetto de Będzin, en Haute-Silésie polonaise, Rutka Laskier, quatorze ans, commence un journal de soixante pages. Pendant quatre mois, elle y note avec une lucidité déconcertante ce qu’elle voit et vit sous l’occupation : ses premiers émois amoureux, ses disputes avec ses amies, mais aussi les rafles, les meurtres dont elle est témoin, et l’existence — qu’elle connaît — des chambres à gaz d’Auschwitz, situé à une cinquantaine de kilomètres. Le ghetto est liquidé en août 1943 ; Rutka est déportée et meurt à Auschwitz, atteinte du choléra.

Avant sa déportation, elle avait glissé son cahier sous le plancher de la maison familiale, et avait confié son emplacement à Stanisława Sapińska, une amie polonaise catholique. Celle-ci a conservé le document dans un tiroir pendant plus de soixante ans sans en parler à personne — y compris au père de Rutka, qui avait survécu et s’était installé en Israël. Ce n’est qu’en 2005 que le journal a été rendu public, puis publié par Yad Vashem en 2006. L’édition française, parue chez Robert Laffont en 2008, inclut le récit de Zahava, la demi-sœur de Rutka née après la guerre, ainsi qu’une postface de Marek Halter sur les relations complexes entre Juifs et Polonais.


6. J’ai vécu si peu. Journal du ghetto d’Oradea (Eva Heyman, 2013)

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Eva Heyman naît en 1931 à Oradea, en Transylvanie. Issue d’une famille juive aisée, elle est confiée à ses grands-parents après le divorce de ses parents. Sa mère, Agi, s’est remariée avec l’écrivain hongrois Béla Zsolt et vit à Budapest. Eva commence son journal le 13 février 1944, jour de ses treize ans, et l’interrompt le 30 mai. En l’espace de ces quelques mois, elle décrit les restrictions croissantes imposées aux Juifs d’Oradea, la confiscation des biens, l’instauration du ghetto — le plus grand du nord-ouest de la Transylvanie — et l’étau qui se resserre.

Les dernières lignes du journal sont une supplique : Eva demande qu’on la laisse vivre, promet de se cacher dans une cave ou un grenier jusqu’à la fin de la guerre. Quelques jours plus tard, elle est envoyée avec ses grands-parents à Auschwitz, où elle arrive le 6 juin 1944. Elle y est assassinée dans une chambre à gaz le 17 octobre, à treize ans. Le journal a été sorti du ghetto par Mariska, la cuisinière hongroise de la famille. C’est la mère d’Eva qui le publiera pour la première fois en hongrois, en 1948, peu avant de se donner la mort. Le livre a paru en français en 2013 aux Éditions des Syrtes.


7. Une vie bouleversée (Etty Hillesum, 1981)

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Etty Hillesum n’est pas une adolescente : elle a vingt-sept ans lorsqu’elle commence son journal à Amsterdam, en mars 1941. Juive néerlandaise, née en 1914 en Zélande, elle est une jeune femme libre, passionnée de littérature — Dostoïevski, Rilke, saint Augustin. Son journal, tenu jusqu’en 1943, témoigne d’un cheminement intérieur singulier : alors que les mesures antisémites se durcissent, que les déportations s’accélèrent, Etty refuse la haine. Elle écrit : « Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. »

En juillet 1942, elle est envoyée au camp de transit de Westerbork, d’où elle adresse à ses amis des lettres stupéfiantes sur les convois hebdomadaires vers la Pologne et le sort des plus fragiles. Le 7 septembre 1943, elle est déportée avec ses parents et son frère vers Auschwitz, où elle meurt le 30 novembre 1943. Son journal, publié pour la première fois aux Pays-Bas en 1981, y a connu un succès immédiat. Ce texte est avant tout le récit d’une libération spirituelle accomplie en pleine connaissance de ce qui l’attend — un contrepoint radical aux témoignages de révolte ou de désespoir.


8. Carnets de clandestinité (Moshé Flinker, 2017)

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En 1942, Moshé Flinker, seize ans, quitte La Haye avec ses parents, ses cinq sœurs et son jeune frère pour se réfugier à Bruxelles sous une fausse identité. Polyglotte — il parle le yiddish, le néerlandais, le français et l’allemand —, Moshé est un lecteur assidu de la Bible et du Talmud. Désœuvré et privé d’école, il commence à tenir son journal en hébreu, du 24 novembre 1942 au 6 septembre 1943. Il y suit l’évolution de la guerre, analyse l’histoire juive et acquiert la conviction que seule la création d’un État juif en Palestine constitue une réponse à la tentative d’extermination en cours. Il se met même à apprendre l’arabe, seul, à l’aide de manuels.

Le journal se clôt par ces mots : « J’ai l’impression d’être mort. Me voici. » Un an plus tard, jour pour jour — le 19 mai 1944 —, Moshé est arrêté avec une partie de sa famille à la suite d’une dénonciation, puis déporté à Auschwitz. Transféré avec son père à Bergen-Belsen, il y disparaît en janvier 1945, probablement emporté par le typhus. Ce sont ses sœurs survivantes qui retrouveront les cahiers à Bruxelles, dans la cave de l’immeuble familial. Publiés en hébreu par Yad Vashem dès 1958, ces carnets n’ont été traduits en français qu’en 2017, chez Calmann-Lévy.


9. Journal (Petr Ginz, 2010)

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Prague, 1941. Petr Ginz a quatorze ans lorsqu’il commence à tenir son journal. Fils d’un père juif et d’une mère non juive, il est contraint de porter l’étoile jaune et relève avec ironie la multiplication des interdictions qui transforment peu à peu sa ville en un « ghetto sans murs ». Grand lecteur de Jules Verne, dessinateur précoce, auteur de plusieurs romans de science-fiction à seulement quatorze ans, Petr déborde d’énergie créatrice. Le journal s’achève à l’été 1942, quand il est déporté seul — sans ses parents, considérés comme « couple mixte » — au camp-ghetto de Terezín.

Là, il fonde et rédige la revue clandestine Vedem (« Nous menons »), qui paraîtra pendant deux ans et comptera plus de 800 pages. Il continue à dessiner, à peindre, à écrire. L’un de ses dessins — La Terre vue depuis la Lune — sera emporté dans l’espace en 2003 par l’astronaute israélien Ilan Ramon, à bord de la navette Columbia. Le 28 septembre 1944, Petr est déporté à Auschwitz, où il est assassiné à l’âge de seize ans. Ses cahiers, retrouvés soixante ans plus tard dans un grenier de Prague, ont été publiés en français au Seuil en 2010, dans une édition établie par sa sœur Chava Pressburger.


10. Journal du ghetto de Łódź (Dawid Sierakowiak, 1997)

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À la libération du ghetto de Łódź, en 1945, cinq cahiers manuscrits sont découverts sur un poêle, prêts à servir de combustible. Ce sont les carnets de Dawid Sierakowiak, un adolescent juif polonais qui a tenu son journal du 28 juin 1939 — alors qu’il n’a que quinze ans — jusqu’en avril 1943. Il y retrace l’invasion allemande, l’instauration du ghetto, sa transformation en camp de travail forcé au service de l’armée allemande, et le règne du controversé Chaïm Rumkowski, « Doyen des Juifs », sous la férule nazie.

Les cinq cahiers portent des titres révélateurs : Łódź est occupée, Une faim continuelle, Nous vivons dans une peur constante, La bête assoiffée de sang, Il n’y a pas d’issue. Dawid, lecteur vorace qui maîtrise plusieurs langues, dénonce avec un regard politique aiguisé le système de classes du ghetto et la dégradation délibérée des conditions de vie. Il confie aussi ses efforts pour continuer à étudier, à traduire, à résister intellectuellement. Il meurt en août 1943, à dix-neuf ans, de tuberculose, de faim et d’épuisement — ce que l’on appelait la « maladie du ghetto ». Le texte a paru en français aux Éditions du Rocher, accompagné de soixante-cinq photographies prises à l’intérieur du ghetto.


11. Quand Hitler s’empara du lapin rose (Judith Kerr, 1971)

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Ce roman autobiographique tranche avec tous les textes précédents. Judith Kerr, née en 1923 à Berlin dans une famille juive, est la fille d’Alfred Kerr, célèbre critique de théâtre et opposant déclaré au régime nazi. En 1933, alors qu’elle a neuf ans, son père quitte l’Allemagne en urgence et la famille le rejoint en Suisse, puis à Paris, puis à Londres. Le livre, raconté à travers les yeux d’Anna — le double fictif de l’autrice —, suit cette vie de réfugiés : les nouvelles écoles, les nouvelles langues, les nouvelles amitiés, l’adaptation permanente, la précarité matérielle.

Ce qui caractérise ce récit, c’est l’absence de camps et de violence directe : la guerre et la Shoah sont vues de loin, par les yeux d’une enfant qui ne saisit pas encore toute la portée des événements. Le titre renvoie au lapin en peluche rose qu’Anna a dû abandonner lors du départ précipité de Berlin — symbole d’une enfance confisquée par la guerre. Malgré l’angoisse, la cohésion familiale et l’inconscience de l’enfance donnent au récit une tonalité étonnamment claire. Publié en 1971, Quand Hitler s’empara du lapin rose est devenu un classique de la littérature jeunesse anglaise et a été adapté au cinéma en 2019 par Caroline Link.