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Que lire après « La Faucheuse » de Neal Shusterman ?

Que lire après « La Faucheuse » de Neal Shusterman ?

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La Faucheuse (Scythe) est un roman de science-fiction young adult de Neal Shusterman, publié en 2016 et traduit en français en 2017 aux éditions Robert Laffont. Premier tome d’une trilogie récompensée par le Grand Prix de l’Imaginaire 2020, il se déroule en MidAmérique, au milieu du troisième millénaire, dans une société où la mort naturelle a été éradiquée grâce au Thunderhead, une intelligence artificielle omnisciente. Pour réguler la surpopulation, une Communauté des Faucheurs est chargée de « glaner » — c’est-à-dire de tuer définitivement — un certain nombre de personnes par an. Deux adolescents, Citra Terranova et Rowan Damisch, sont pris comme apprentis par l’Honorable Maître Faraday, mais apprennent vite que seul l’un d’entre eux sera retenu — et que sa première tâche sera de glaner l’autre. Entre dilemmes moraux, corruption politique et réflexion sur le sens de la mort dans un monde qui l’a abolie, le roman ne laisse pas indemne.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine — des dystopies et des récits d’anticipation où des adolescents se heurtent à des systèmes redoutablement bien huilés.


1. Les Fragmentés (Neal Shusterman, 2007)

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Avant de s’attaquer à l’immortalité dans La Faucheuse, Neal Shusterman avait déjà posé une question autrement dérangeante avec Les Fragmentés : que se passe-t-il quand une société décide que ses enfants sont des pièces détachées ? Dans un futur où l’avortement est interdit mais où les parents peuvent, entre le treizième et le dix-huitième anniversaire de leur enfant, le « résilier » par la fragmentation — un euphémisme pour désigner le prélèvement intégral de ses organes —, trois adolescents se retrouvent sur la liste fatale. Connor est un ado trop turbulent dont les parents ont signé l’ordre ; Risa, pupille de la nation, doit céder sa place à de nouveaux arrivés ; Lev, lui, a été élevé dès la naissance pour accepter son sort de « décimé », un sacrifice religieux vécu comme un honneur.

Leur fuite à travers un pays où les camps de « collecte » fonctionnent à plein régime donne au roman un rythme de road-trip nerveux, ponctué de rencontres qui font tour à tour espérer et désespérer. La force de ce premier tome — d’une quadrilogie complétée par Les Déconnectés, Les Éclairés et Les Libérés — tient à la façon dont Shusterman rend cette société effroyablement plausible. Chaque rouage du système est justifié par une logique que les adultes du roman défendent avec conviction, et c’est précisément cette normalité du monstrueux qui dérange le plus. Si La Faucheuse vous a séduit·e par sa façon de questionner le rapport à la mort, Les Fragmentés vous retournera l’estomac — mais pour les bonnes raisons.


2. Le Passeur (Lois Lowry, 1993)

Couverture du livre Le Passeur de Lois Lowry

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Publié en 1993, récompensé par la médaille Newbery en 1994, étudié dans les programmes scolaires de plusieurs pays — Le Passeur est l’un de ces rares romans pour la jeunesse qui n’a rien perdu de sa force. Dans une Communauté où la douleur, les conflits et même les couleurs ont été éliminés grâce au passage à « l’Identique », chaque aspect de la vie est minutieusement réglementé : composition des cellules familiales, attribution des métiers, et — détail glaçant — « élargissement » des individus jugés non conformes. Jonas, onze ans, mène une existence sans aspérité jusqu’au jour où il est désigné comme nouveau Dépositaire de la Mémoire — un rôle unique et solitaire qui consiste à recevoir, du Passeur, tous les souvenirs du monde d’avant.

Lois Lowry avance à pas feutrés, et c’est justement ce qui rend son livre redoutablement efficace. Jonas découvre la neige, la musique, les couleurs — mais aussi la guerre, la faim, et surtout la vérité sur ce que signifie réellement être « élargi ». On retrouve ici la même question que dans La Faucheuse : que perd une société quand elle décide d’éliminer la souffrance à n’importe quel prix ? Le Passeur ouvre une tétralogie — suivie de L’Élue, Messager et Le Fils — mais se lit très bien seul, porté par une fin ouverte qui, encore aujourd’hui, divise ses lecteur·ices.


3. Hunger Games (Suzanne Collins, 2008)

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On ne présente plus Hunger Games — mais on aurait tort de le réduire à un phénomène éditorial. Dans la nation de Panem, érigée sur les ruines de l’Amérique du Nord, le Capitole maintient douze districts sous sa coupe par un mélange de privation économique et de terreur ritualisée. Chaque année, deux adolescents par district — un garçon et une fille, appelés « tributs » — sont tirés au sort lors de la Moisson et envoyés dans une arène où ils doivent s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Le tout diffusé en direct à la télévision, avec sponsors et commentateurs.

Katniss Everdeen, seize ans, chasseuse aguerrie du district Douze — le plus misérable de Panem —, se porte volontaire à la place de sa petite sœur Prim. Propulsée dans l’arène aux côtés de Peeta Mellark, elle doit survivre non seulement aux autres tributs, mais aussi aux manipulations des Juges et à la machine médiatique du Capitole. Le roman de Suzanne Collins réussit un double coup : c’est un récit de survie tendu à l’extrême, doublé d’une critique frontale de la société du spectacle. Si La Faucheuse interroge la bureaucratie de la mort, Hunger Games en fait un divertissement télévisé — et la distinction est plus mince qu’on ne le voudrait. Deux suites — L’Embrasement et La Révolte — et deux préquels — La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur et Lever de soleil sur la moisson — complètent l’univers.


4. Legend (Marie Lu, 2011)

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Dans ce qui fut autrefois l’ouest des États-Unis, la République d’Amérique est en guerre permanente contre les Colonies. La population est classée selon les résultats d’un test, le Trial, que chaque enfant passe à l’âge de dix ans. Un score parfait ouvre les portes de l’élite militaire. Un échec… vaut mieux ne pas y penser. June Iparis, quinze ans, est un prodige : seule personne à avoir obtenu la note maximale de 1500, elle est promise aux plus hauts rangs de l’armée. Day, quinze ans lui aussi, est le criminel le plus recherché du pays : né dans les quartiers pauvres de Los Angeles, il sabote les opérations du régime pour protéger sa famille.

Rien ne devrait les faire se croiser — jusqu’au meurtre du frère de June, Metias, dont Day est désigné comme le principal suspect. La traque que June déclenche alors va la forcer à regarder son propre camp en face, et ce qu’elle y trouve n’a rien de réconfortant. Le roman fonctionne sur une narration alternée entre les deux protagonistes, chacun prisonnier de sa version des faits, et c’est la collision de ces deux regards qui produit le déclic. Comme dans La Faucheuse, le système se présente comme rationnel et nécessaire — et sa mécanique, une fois démontée, révèle une brutalité délibérée. Prodigy et Champion achèvent la trilogie.


5. Uglies (Scott Westerfeld, 2005)

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Et si la beauté était obligatoire ? Dans le monde imaginé par Scott Westerfeld, à leur seizième anniversaire, tous les adolescents subissent une opération de chirurgie esthétique radicale qui les transforme en Pretties — des êtres d’une beauté conforme à des standards universels. Avant cette date, ils sont des Uglies, parqués à Uglyville, à l’écart des Pretties — le compte à rebours lancé. Tally Youngblood n’aspire qu’à une chose : rejoindre son ami Peris de l’autre côté, à New Pretty Town, où la vie semble se résumer à des fêtes sans fin.

Mais la rencontre avec Shay, une Ugly qui refuse l’opération et s’enfuit rejoindre un groupe de rebelles appelé la Fumée, met à mal toutes ses certitudes. Tally est placée devant un choix impossible par le docteur Cable et ses Specials : retrouver Shay et trahir les rebelles, ou renoncer à devenir Pretty. Ce que Tally découvre à la Fumée — sur la véritable nature de l’opération et les lésions cérébrales qu’elle provoque délibérément — retourne la prémisse du roman comme un gant. Là où La Faucheuse questionne notre rapport à la mort, Uglies démonte notre obsession pour l’apparence et le prix réel du conformisme. La série compte cinq tomes — les trois premiers constituent le cœur du récit.


6. Divergente (Veronica Roth, 2011)

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Dans un Chicago post-apocalyptique cerné de murs, la société est divisée en cinq factions, chacune fondée sur une vertu censée éradiquer un travers humain : les Altruistes (contre l’égoïsme), les Audacieux (contre la lâcheté), les Érudits (contre l’ignorance), les Sincères (contre la duplicité) et les Fraternels (contre l’agressivité). À seize ans, chaque adolescent·e passe un test d’aptitude, puis choisit sa faction définitive lors de la Cérémonie du Choix — quitte à couper les ponts avec sa famille.

Beatrice Prior, élevée chez les Altruistes, découvre lors de son test qu’elle n’entre dans aucune case : elle est Divergente, compatible avec plusieurs factions, et donc impossible à contrôler par les simulations qui maintiennent l’ordre social. Un secret qui, s’il est découvert, la condamne à mort. Rebaptisée Tris après avoir choisi les Audacieux, elle affronte une initiation brutale et se rapproche de son instructeur, Quatre — un autre Divergent qui dissimule ses propres cicatrices. Le parallèle avec La Faucheuse tient à la mécanique du système : dans les deux univers, une structure pensée comme vertueuse sert en réalité d’instrument de domination. Et dans les deux cas, ce sont les inclassables — celles et ceux qui échappent aux catégories — qui grippent la machine. Suivent Insurgent et Allégeance pour boucler le cycle.


7. Les Insoumis – Tome 1 : Rébellion (Alexandra Bracken, 2012)

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Un virus mystérieux a décimé la majorité des adolescents américains. Les survivants développent des pouvoirs psychiques — télékinésie, contrôle de l’électricité, manipulation mentale — et sont aussitôt classés par couleur selon leur dangerosité : Vert et Bleu pour les plus inoffensifs, Jaune, Orange et Rouge pour les plus redoutables. Tous sont parqués dans des camps de « réhabilitation » dont les conditions feraient pâlir un directeur de prison.

Ruby, seize ans, est une Orange — capable de lire et de manipuler les souvenirs d’autrui — mais s’est fait passer pour une Verte afin d’éviter l’élimination. Après six ans au camp de Thurmond, elle s’évade et rejoint un petit groupe d’adolescents fugitifs : Liam, leur leader aux yeux bleus ; Chubs, le sceptique de service ; et Zu, une fillette Jaune qui ne parle plus. Ensemble, ils cherchent East River, un refuge quasi mythique pour les jeunes Psis. Le roman d’Alexandra Bracken tient avant tout à Ruby elle-même : une héroïne terrifiée par son propre pouvoir, un pouvoir qu’elle n’a pas choisi et dont chaque usage laisse des traces. Si La Faucheuse vous a plu pour ses dilemmes moraux sur le droit de vie et de mort, Les Insoumis en pose un autre, tout aussi redoutable : que faire quand votre simple existence est considérée comme une menace ?


8. Le Chaos en marche – Tome 1 : La Voix du couteau (Patrick Ness, 2008)

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De tous les titres de cette liste, celui-ci est sans doute le plus singulier. Sur Nouveau Monde, une planète colonisée par des Terriens, un phénomène appelé le Bruit rend les pensées de tous les hommes audibles en permanence — un flux incessant d’images, de mots et de mensonges dont personne ne peut se protéger. Les femmes, elles, en sont exemptes. Todd Hewitt, bientôt treize ans, est le dernier garçon de Prentissville, une ville exclusivement masculine où, lui a-t-on dit, toutes les femmes ont péri à cause d’un virus libéré par les Spackles, les autochtones de la planète.

Mais un jour, dans le marais, Todd découvre un trou dans le Bruit — un silence —, et ce silence a un visage : celui de Viola, une jeune fille arrivée en catastrophe depuis l’espace. Cette rencontre pulvérise tout ce que Todd croyait savoir sur son monde. Contraint de fuir avec Viola et Manchee, son chien (dont les pensées, elles aussi audibles, offrent des moments de légèreté bienvenue), il entame une traversée de Nouveau Monde où chaque ville révèle un pan de la vérité. Patrick Ness a pris le parti audacieux de retranscrire dans la langue même de Todd les déformations d’un garçon quasi illettré — un choix déroutant au premier chapitre, qui finit par coller parfaitement au récit. Le Cercle et la Flèche et La Guerre du bruit prolongent le récit en trois tomes, couronnés par le Prix Guardian et la Carnegie Medal, entre autres.


9. L’Épreuve – Tome 1 : Le Labyrinthe (James Dashner, 2009)

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Thomas se réveille dans un ascenseur métallique — la Boîte — sans le moindre souvenir, à l’exception de son prénom. Il débarque dans le Bloc, une vaste cour entourée de murs colossaux, où une soixantaine d’adolescents amnésiques — les Blocards — ont organisé leur survie depuis deux ans. Potager, élevage, hiérarchie stricte : une micro-société s’est construite à l’ombre du Labyrinthe, un dédale gigantesque dont les murs se déplacent chaque nuit et où rôdent les Griffeurs, des créatures mi-organiques mi-mécaniques aux intentions peu amicales.

Chaque jour, les Coureurs — l’élite des Blocards — arpentent le Labyrinthe pour en cartographier les couloirs, dans l’espoir de trouver une sortie. Thomas, malgré son statut de nouveau, sent qu’il a un rôle à jouer — un sentiment renforcé par l’arrivée de Teresa, première et unique fille jamais envoyée dans le Bloc, porteuse d’un message alarmant. James Dashner sait doser ses révélations : le roman distribue ses réponses au compte-gouttes, et chacune d’elles ouvre trois nouvelles portes. La révélation finale — une organisation nommée le WICKED, un monde ravagé par les éruptions solaires — renverse la perspective et donne une tout autre dimension au récit. Comme La Faucheuse, L’Épreuve pose la question des limites morales que l’on est prêt à franchir « pour le bien de l’humanité ». La Terre brûlée et Le Remède mortel ferment la trilogie.