La chronique des Bridgerton est une série de huit romans publiés entre 2000 et 2006 par la romancière américaine Julia Quinn. Chaque tome suit l’un des huit enfants de la famille Bridgerton — prénommés de A à H, dans l’ordre alphabétique — au cœur de la haute société londonienne sous la Régence anglaise, entre bals, conventions sociales et mariages plus ou moins arrangés. La série s’est vendue à plus de dix millions d’exemplaires dans le monde et a été adaptée par Shonda Rhimes pour Netflix à partir de décembre 2020 — avec le succès planétaire que l’on sait. Publiée en France chez J’ai Lu, elle compte également un neuvième tome qui rassemble épilogues alternatifs et nouvelles.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine — romance historique, humour, familles turbulentes et Angleterre en toile de fond.
1. La chronique des Rokesby – Tome 1 : À cause de Mlle Bridgerton (Julia Quinn, 2016)

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L’action se déroule à la fin du XVIIIe siècle, soit une génération avant La chronique des Bridgerton. Sybilla Bridgerton — dite Billie —, sœur du futur patriarche Edmund, est un garçon manqué assumé : elle préfère gérer les terres familiales plutôt que de paraître dans les salons. Depuis toujours, tout le monde s’attend à ce qu’elle épouse l’un des fils Rokesby, les voisins de longue date des Bridgerton. Tous seraient acceptables… sauf George, l’aîné, qu’elle juge mortellement ennuyeux. Lui la trouve exaspérante. Le terrain est miné.
Leur rapprochement — provoqué par une situation aussi improbable qu’un sauvetage de chat sur un toit — produit des échanges mordants et une complicité qui s’installe presque malgré eux. Les deux familles, soudées par des décennies d’amitié, sont omniprésentes autour du couple, et les clins d’œil à l’univers des Bridgerton (dont une mémorable partie de Pall Mall) raviront les fidèles de la saga. C’est le prolongement naturel pour quiconque n’est pas prêt·e à quitter le Kent et ses pelouses impeccables.
2. Le quatuor des Smythe-Smith – Tome 1 : Un goût de paradis (Julia Quinn, 2011)

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Les cousines Smythe-Smith apparaissent déjà dans La chronique des Bridgerton en tant que musiciennes involontairement comiques : chaque année, elles infligent à la bonne société un récital où Mozart ne sort pas indemne. Julia Quinn leur consacre ici une série entière, et le résultat est bien plus tendre qu’on ne l’aurait cru.
Au printemps 1824, lady Honoria Smythe-Smith se morfond. Son frère Daniel a été contraint à l’exil par un scandale, et son absence pèse sur toute la maisonnée. Pour s’en échapper, Honoria n’a qu’une idée en tête : se marier — ce qui aurait l’avantage, au passage, de la dispenser du prochain récital. Elle jette son dévolu sur Gregory Bridgerton, mais c’est sans compter sur Marcus, ami d’enfance de la famille et protecteur autoproclamé d’Honoria, bien décidé à faire capoter tous ses plans.
L’intérêt du roman tient autant à la romance — deux amis d’enfance aveugles à l’évidence — qu’aux personnages secondaires, qui volent régulièrement la vedette. On retrouve des visages familiers — Lady Danbury, toujours aussi redoutable — et la dynamique de clan des Smythe-Smith rappelle, en version cousinage, celle des Bridgerton. Le ton est plus léger, peut-être, mais l’effet doudou est intact.
3. La ronde des saisons – Tome 1 : Secrets d’une nuit d’été (Lisa Kleypas, 2004)

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Changement d’autrice, mais pas de territoire : nous voici en pleine ère victorienne, au cœur de l’aristocratie anglaise. Annabelle Peyton est belle, spirituelle, de bonne famille — et parfaitement fauchée. Sans dot, elle n’a d’autre choix que de dénicher un époux fortuné pour sauver les siens. Avec trois autres jeunes femmes dans une situation tout aussi précaire — la timide Évangeline, les sœurs américaines Lillian et Daisy Bowman — elle fonde le « club des laissées-pour-compte », un pacte d’entraide pour la chasse au bon parti.
Le problème, c’est Simon Hunt. Fils de boucher devenu industriel richissime, il n’a rien d’un aristocrate. Il a le culot de prédire à Annabelle qu’elle finira dans ses bras. Elle le trouve vulgaire. Il la trouve snob. Le bras de fer commence dès leur première rencontre, et leur relation — nourrie de répliques acérées et de tensions de classe bien réelles — constitue le cœur du roman. Lisa Kleypas aborde frontalement la fracture entre vieille noblesse et nouvelle fortune industrielle, un thème peu traité dans la romance historique de l’époque. L’amitié entre les quatre héroïnes, véritable pilier de la série, compte ici autant que la romance : on lit Secrets d’une nuit d’été pour le couple, mais on reste pour la sororité.
4. Les Hathaway – Tome 1 : Les ailes de la nuit (Lisa Kleypas, 2007)

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Londres, 1848. La famille Hathaway — quatre sœurs, un frère et l’énigmatique Merripen, recueilli dans l’enfance — vient d’hériter d’un titre de noblesse inattendu et d’un domaine dans le Hampshire. Problème : personne n’est taillé pour la vie aristocratique. Léo, l’aîné, noie son chagrin dans l’alcool et le jeu. Winnifred a une santé fragile. Les deux benjamines, Poppy et Beatrix, sont aussi imprévisibles l’une que l’autre. C’est Amelia, la sœur la plus responsable, qui tient tout à bout de bras.
Sa rencontre avec Cam Rohan — un homme d’origine rom, à la fois directeur d’un club de jeu londonien et fortuné — va tout bouleverser. Cam est inclassable : ni gentleman ni canaille, il échappe à toutes les catégories sociales de l’époque. Leur relation soulève des questions de racisme, d’identité et d’appartenance rarement abordées dans le genre. Les personnages de La ronde des saisons refont surface (lord Westcliff et Lillian en voisins de campagne, les St. Vincent en habitués), et la fratrie Hathaway — bancale, bruyante, indéfectiblement loyale — est l’une des familles les plus attachantes du catalogue de Lisa Kleypas.
5. Les sœurs Essex – Tome 1 : Le destin des quatre sœurs (Eloisa James, 2005)

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Eloisa James — par ailleurs professeure spécialiste de Shakespeare à l’université de New York — a décrit cette série comme un croisement entre Les Quatre Filles du docteur March et Sex and the City. Le mélange peut surprendre, mais il fonctionne. À la mort de leur père, un vicomte écossais passionné de chevaux de course et dépourvu de toute prudence financière, les quatre sœurs Essex — Tess, Annabelle, Imogène et Joséphine — débarquent en Angleterre chez leur tuteur, le duc de Holbrook. Celui-ci, qui s’attendait à des fillettes, découvre avec stupeur quatre jeunes femmes en âge d’être mariées. Et sans le sou, évidemment.
Tess, l’aînée raisonnable, accepte de se sacrifier en épousant le comte de Mayne, un parti convenable. Sauf que le séduisant Lucius Felton — riche mais pas noble, ce qui le rend théoriquement inéligible — vient compliquer l’équation. L’originalité du roman tient à son ancrage dans le monde hippique de l’époque (un cadre rarement exploité en romance historique) et à la dynamique entre sœurs, faite d’affection féroce et de petites guerres domestiques. Le duc de Holbrook, nounours alcoolique au grand cœur, est à lui seul une raison de tourner les pages.
6. Girl Meets Duke – Tome 1 : Un drôle de mariage (Tessa Dare, 2017)

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Le titre anglais dit tout : une jeune femme rencontre un duc, et tout déraille. Ici, le duc en question est Ash, revenu des guerres napoléoniennes avec des cicatrices physiques et un tempérament de misanthrope amateur de Shakespeare. Il a besoin d’un héritier, donc d’une épouse. Quand Emma Gladstone, fille de pasteur devenue couturière, se présente dans sa bibliothèque vêtue d’une robe de mariée (pour des raisons parfaitement logiques qu’il serait dommage de révéler), il décide qu’elle fera l’affaire.
Les conditions du mariage sont dignes d’un contrat blindé : pas de lumière, pas de baisers, et une fois enceinte, chacun reprend sa vie. Autant dire qu’Emma, dotée d’un aplomb redoutable et d’un don pour les surnoms agaçants, va pulvériser chacune de ces clauses. Tessa Dare renverse le schéma habituel de la romance Régence en plaçant le mariage au début du récit plutôt qu’à la fin, ce qui permet de s’attarder sur la construction du couple au quotidien. L’humour, omniprésent, passe autant par les dialogues ciselés que par les domestiques, d’une loyauté aussi touchante que comique. Ash, derrière sa carapace de « monstre », est l’un des héros les plus émouvants du genre.
7. Les demoiselles de Spindle Cove – Tome 1 : Un moment d’abandon (Tessa Dare, 2012)

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Spindle Cove est un petit village côtier anglais à part. Sous l’impulsion de Susanna Finch, il est devenu un refuge pour les jeunes femmes qui ne rentrent pas dans le moule de la bonne société : trop intelligentes, trop franches, trop indépendantes, ou simplement fatiguées de faire tapisserie. La taverne a été reconvertie en salon de thé, le forgeron fabrique des bijoux, et les hommes du village se sont adaptés — non sans quelques soupirs — à cet ordre féminin.
L’arrivée du lieutenant-colonel Victor Bramwell, blessé de guerre chargé de lever une milice locale, fait voler cette harmonie en éclats. Susanna défend son utopie avec férocité ; Bram ne comprend rien à ce village où les femmes dictent les règles. Leurs affrontements, d’abord idéologiques puis personnels, portent un récit à la fois drôle et résolument féministe avant l’heure. Tessa Dare a le don de créer des communautés de personnages secondaires mémorables — ici, les pensionnaires de Spindle Cove promettent autant de futures héroïnes — et de glisser, entre deux scènes de comédie, un nœud à la gorge qu’on n’avait pas vu venir.
8. La saga des Westcott – Tome 1 : Celui qui m’aimera (Mary Balogh, 2016)

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Mary Balogh, galloise installée au Canada et autrice de plus de soixante romans, est une institution de la romance Régence. Cette saga démarre sur un coup de théâtre familial : à la mort du comte de Riverdale, on découvre qu’il était bigame. Son mariage officiel est annulé, ses enfants « légitimes » perdent tout statut, et Anna Snow — une jeune femme de vingt-cinq ans qui a grandi dans un orphelinat de Bath — se révèle être sa seule héritière légitime. Du jour au lendemain, l’obscure institutrice devient lady Anastasia Westcott, à la tête d’une fortune colossale.
Le roman suit sa transformation, aidée (et séduite) par Avery, duc de Netherby, un personnage délibérément atypique : petit, mince, adepte de lorgnons et d’arts martiaux, d’une nonchalance étudiée qui cache une intelligence redoutable. Leur relation, tout en retenue et en pudeur, tranche avec les romances enflammées du genre. L’intérêt de la série tient aussi à la fresque familiale : les Westcott forment un clan vaste, et la bigamie du patriarche affecte chacun de ses membres de façon différente. Pour les adeptes de sagas au long cours (neuf tomes au total), il y a de quoi voir venir.
9. La liste de Mr Malcolm (Suzanne Allain, 2009)

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On termine avec une note plus légère — et un hommage déclaré à Jane Austen. Jeremy Malcolm, gentleman fortuné de l’Angleterre Régence, a dressé la liste des qualités que devra posséder sa future épouse. Quand Julia Thistlewaite découvre qu’elle ne coche pas toutes les cases, sa fureur est à la mesure de son orgueil blessé. Son plan de vengeance : recruter son ancienne camarade de pensionnat, la douce Selina Dalton, pour incarner la candidate parfaite aux yeux de Malcolm, le séduire… puis le rejeter en public.
Le dispositif rappelle les comédies de Marivaux — faux-semblants, quiproquos, et sentiments qui débordent du cadre prévu. Selina, censée jouer un rôle, finit par apprécier sincèrement l’homme qu’on lui a décrit comme un monstre d’arrogance. Malcolm, de son côté, n’est pas le goujat annoncé. Le roman, premier de son autrice (par ailleurs scénariste), a été adapté au cinéma en 2022 avec Freida Pinto et Sope Dirisu dans les rôles principaux. Court (243 pages), vif et sans prétention, il se dévore comme un macaron : c’est petit, c’est sucré, et on en reprendrait bien un autre.