La Belgariade est une série de cinq romans de fantasy publiés entre 1982 et 1984 par l’écrivain américain David Eddings. Le cycle suit les aventures de Garion, simple marmiton de ferme, lancé sur les routes du Ponant en compagnie du vieux sorcier Belgarath et de sa fille Polgara pour récupérer l’Orbe d’Aldur, un joyau d’une puissance colossale volé par le dieu Torak. Chaque titre du cycle emprunte son vocabulaire au jeu d’échecs — du Pion blanc des présages à La Fin de partie de l’Enchanteur —, et la série s’est imposée comme l’un des piliers de la high fantasy des années 1980. Son humour, ses personnages aux répliques savoureuses et son goût pour le récit initiatique lui ont valu un succès mondial.
Si vous venez de refermer le dernier tome et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des suggestions dans la même veine : des quêtes épiques, de jeunes héros jetés dans des conflits plus grands qu’eux, de la sorcellerie à foison, et — pour la plupart — un sens aigu du panache.
1. La Mallorée – Tome 1 : Les Gardiens du Ponant (David & Leigh Eddings, 1987)

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La suite directe, l’incontournable. La Mallorée reprend le fil du récit là où La Belgariade l’avait noué. Torak est mort, le monde respire, et Garion — devenu Belgarion, roi de Riva et Tueur de Dieu, rien que ça — coule des jours paisibles auprès de Ce’Nedra. Mais la Prophétie des Ténèbres n’a pas dit son dernier mot : une pierre maléfique, la Sardion, s’est éveillée quelque part à l’autre bout du monde, le fils de Garion, le prince Geran, est enlevé par la mystérieuse Zandramas, et les Gardiens du Ponant n’ont d’autre choix que de reprendre du service. Destination : les lointaines contrées orientales de la Mallorée, où règne l’empereur Zakath.
On retrouve ce qui fait le sel de la première série — les joutes verbales entre Belgarath et Polgara, la rouerie de Silk, la constance indéfectible de Durnik — mais le ton s’assombrit légèrement. Les personnages ont vieilli, les enjeux ont changé, et le cycle pose une question que son prédécesseur esquivait : que reste-t-il des héros une fois la légende terminée ? La réponse de Leigh et David Eddings : on les renvoie au front, évidemment. Si vous avez aimé La Belgariade, cette pentalogie n’est pas une option : c’est la suite logique de votre addiction.
2. Belgarath le Sorcier – Tome 1 : Les Années noires (David & Leigh Eddings, 1995)

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Après dix tomes de Belgariade et de Mallorée, le Vieux Loup accepte enfin de prendre la plume. Pressé par Garion, Durnik et, surtout, par les femmes de la tribu, Belgarath entreprend de raconter ses sept mille ans d’existence : de la jeunesse du petit Garath, vagabond sans le sou, jusqu’aux heures les plus sombres du monde. On assiste à sa rencontre avec le dieu Aldur, à l’arrivée de ses condisciples (dont le futur traître Zedar), au vol de l’Orbe par Torak et à la Blessure du Monde qui a fendu le continent en deux.
Ce premier tome de préquelle fonctionne comme une vaste cosmogonie intime. L’histoire embrasse des millénaires, mais c’est le regard narquois et tendre de Belgarath qui empêche le tout de virer au manuel d’histoire. On y découvre la genèse des événements dont Garion n’a connu que les conséquences, et l’ensemble éclaire d’un jour neuf des pans entiers de la Belgariade. Il faut toutefois avoir lu les deux cycles précédents pour en tirer le meilleur : sans ce bagage, la multitude de noms et de peuples risque de ressembler à un annuaire téléphonique du Ponant.
3. La Guerre de la Faille – Tome 1 : Magicien (Raymond E. Feist, 1982)

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Pug est orphelin, il vit au château de Crydee, et son ami Tomas rêve de devenir soldat. Jusque-là, rien de bien surprenant pour un roman de fantasy de 1982. Sauf que le jour où les deux garçons découvrent les restes d’un navire étranger échoué sur la plage, l’ordre du monde bascule : des guerriers venus d’un autre univers, les Tsurani, envahissent Midkemia à travers des portails dimensionnels appelés « failles ». Pug, happé par la guerre, finira par développer des pouvoirs qui dépassent tout ce que les mages de son monde connaissent — et Tomas, de son côté, héritera d’une armure enchantée qui le transforme peu à peu en guerrier surhumain.
L’originalité de Magicien tient à la confrontation entre deux univers. D’un côté, Midkemia : fantasy européenne classique avec nains, elfes et forteresses de pierre. De l’autre, Kelewan : un empire aux accents féodaux japonais, structuré par un code de l’honneur rigide et des rapports de force entre grandes maisons. Ce choc des cultures donne au récit une ampleur géopolitique rare pour l’époque. Le roman couvre quatorze années d’événements et a été à l’origine scindé en deux tomes en France (Pug l’apprenti et Milamber le mage), avant d’être réuni en un seul volume par Bragelonne. Midkemia est devenu l’un des univers les plus étendus de la fantasy, avec plus d’une vingtaine de romans à la clé : il y a de la lecture pour plusieurs hivers.
4. La Roue du Temps – Tome 1 : L’Œil du monde (Robert Jordan, 1990)

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C’est la Nuit de l’Hiver dans la contrée des Deux-Rivières, et trois jeunes villageois — Rand al’Thor, Mat Cauthon et Perrin Aybara — ignorent encore que leur vie tranquille touche à sa fin. L’arrivée d’une Aes Sedai nommée Moiraine et de son Champion Lan précède de peu l’attaque d’une horde de Trollocs, et les voilà précipités sur les routes d’un monde immense. L’un d’entre eux pourrait être le Dragon réincarné, prophétisé pour sauver — ou détruire — l’humanité. Autant dire que l’ambiance au coin du feu est un peu tendue.
La Roue du Temps est une cathédrale : quatorze tomes, plus de 2 700 personnages, des systèmes de magie minutieusement construits et un univers où seules les femmes peuvent manier le Pouvoir de l’Unique sans sombrer dans la folie. Robert Jordan (décédé en 2007) a laissé assez de notes pour que Brandon Sanderson achève la série en 2013. Le cycle part sur les traces de Tolkien — le début de L’Œil du monde ne fait d’ailleurs aucun effort pour le cacher — mais s’en affranchit tome après tome pour tracer sa propre voie, plus politique, plus polyphonique. La place centrale accordée aux personnages féminins et les jeux de pouvoir entre nations comptent parmi ses points forts les plus distinctifs. Seul avertissement : c’est un engagement sur la durée. Votre table de chevet va protester.
5. Chroniques de Dragonlance – Tome 1 : Dragons d’un crépuscule d’automne (Margaret Weis & Tracy Hickman, 1984)

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Des centaines de dragons aux ordres de la Reine des Ténèbres, Takhisis, ravagent le monde de Krynn. Face à cette catastrophe, un groupe d’amis se réunit après cinq années de séparation : Tanis le demi-elfe, les jumeaux Caramon et Raistlin Majere (guerrier et mage, respectivement), Sturm le chevalier, Flint Forgefeu le nain et l’inoubliable Tasslehoff Racle-Pieds, un kender dont les poches se remplissent de manière aussi mystérieuse qu’involontaire. Leur mission : retrouver la mythique Lancedragon, seule arme capable de vaincre les créatures de feu.
Le roman est né d’un projet de jeu de rôle (Donjons et Dragons), et cela se sent dans la composition du groupe — on y retrouve la structure classique d’une table de JdR : le guerrier, le mage, le chevalier, le chapardeur involontaire. Mais le duo Weis/Hickman a su donner à ces archétypes une densité inattendue, en particulier à travers le personnage de Raistlin, mage à la peau dorée et aux yeux en forme de sablier, rongé par l’ambition et la maladie — un personnage qui, une fois rencontré, ne vous lâche plus. La saga Dragonlance compte des dizaines de romans au total (près de 200 en VO !), mais la trilogie des Chroniques, suivie de la trilogie des Légendes, suffit largement pour une première incursion dans Krynn.
6. L’Héritage – Tome 1 : Eragon (Christopher Paolini, 2003)

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Un garçon de ferme de quinze ans. Une pierre bleue trouvée dans la montagne. Un dragon qui en éclôt. L’histoire d’Eragon est inséparable de celle de son auteur : Christopher Paolini a commencé à rédiger le manuscrit à quinze ans, l’a d’abord publié via la maison d’édition familiale, puis s’est fait repérer par un grand éditeur new-yorkais. L’action se situe en Alagaësia, un continent sous la coupe du tyran Galbatorix, ancien Dragonnier devenu roi par la force et la terreur. Eragon, guidé par Brom, un conteur itinérant au passé trouble (un archétype que les lecteur·ice·s de La Belgariade reconnaîtront au premier coup d’œil), part en quête avec sa dragonne Saphira pour rejoindre les Vardens, la rébellion armée contre l’Empire.
Le cycle de L’Héritage (quatre tomes) assume pleinement ses influences : Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, La Belgariade elle-même. Paolini ne s’en cache pas, et c’est précisément cette capacité à agencer des éléments connus en un tout cohérent qui donne au cycle sa solidité. Le lien télépathique entre Eragon et Saphira, la magie fondée sur l’ancien langage (où connaître le vrai nom d’une chose donne pouvoir sur elle), et le système des Dragonniers fournissent un terreau fertile pour un récit d’apprentissage sur quatre volumes. Le premier tome plante le monde ; les suivants gagnent en complexité et en nuance. Quant à l’adaptation cinématographique de 2006 avec Jeremy Irons… disons qu’il vaut mieux s’en tenir aux livres.
7. Les Chroniques de Prydain – Tome 1 : Le Livre des Trois (Lloyd Alexander, 1964)

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Taram est porcher. Plus précisément, « assistant porcher », un titre dont la grandeur reste à démontrer. Il veille sur Hen Wren, une truie dotée de pouvoirs de divination — oui, c’est bien une truie prophétique —, et rêve de gloire et de combats à l’épée depuis sa ferme de Caer Dallben. Lorsque Hen Wren s’enfuit et que le royaume de Prydain se trouve menacé par Arawn, le Seigneur de la Mort, et son redoutable champion le Roi Cornu, Taram se lance à sa poursuite et se retrouve, bien malgré lui, au cœur d’un conflit qui engage le sort du royaume tout entier. Il sera épaulé par le prince Gwydion, la princesse Eilonwy (au caractère bien trempé), le barde Fflewddur Fflam (dont la harpe casse une corde à chaque mensonge), le nain Doli et l’insatiable Gurgi.
Publié en 1964, ce cycle en cinq tomes est l’un des ancêtres de la fantasy jeunesse moderne. Lloyd Alexander s’y est inspiré de la mythologie celtique galloise et du Mabinogion, mais a pris de larges libertés avec ses sources pour créer un univers qui lui est propre. L’adaptation Disney de 1985, Taram et le Chaudron magique, n’a retenu que l’écume du cycle ; les romans, eux, offrent un récit de passage à l’âge adulte, où Taram apprend — parfois douloureusement — que l’héroïsme n’est pas une affaire de titres ou de coups d’épée. Le ton est plus léger que celui de La Belgariade, mais la charge émotionnelle du dernier tome, Le Haut Roi (couronné de la Médaille Newbery en 1969), frappe bien plus fort qu’on ne s’y attend. Un classique trop peu connu en France, enfin intégralement disponible grâce aux éditions Anne Carrière depuis 2020.
8. Codex Aléra – Tome 1 : Les Furies de Calderon (Jim Butcher, 2004)

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Si quelqu’un vous dit qu’on ne peut pas écrire de la bonne fantasy à partir d’un croisement entre la civilisation romaine et des esprits élémentaires façon Pokémon, présentez-lui Les Furies de Calderon. Jim Butcher, surtout connu pour sa série de fantasy urbaine Les Dossiers Dresden, a conçu Codex Aléra à la suite d’un pari en ligne : prouver qu’un bon auteur peut bâtir une histoire convaincante sur n’importe quel concept, même absurde. Le résultat : un empire inspiré de Rome antique, peuplé d’habitants qui contrôlent les forces de la terre, de l’air, du feu, de l’eau, du bois et du métal grâce à des entités appelées « furies ». Tout le monde en possède au moins une. Tout le monde, sauf Tavi, un gamin de la reculée vallée de Calderon qui vit chez son oncle Bernard et sa tante Isana.
Quand les Marats — un peuple de guerriers aux frontières de l’empire — lancent une offensive sur la vallée, Tavi n’a pour lui que son intelligence et un culot inversement proportionnel à ses pouvoirs. L’intrigue se déploie sur plusieurs fronts : la survie dans la vallée, les manigances politiques d’un duc rebelle, et une Curseur (espionne du Premier Duc) nommée Amara qui tente de déjouer un complot. Butcher excelle dans la gestion du rythme : les événements s’enchaînent sur quelques jours à peine, et chaque chapitre relance la tension d’un cran. La série compte six tomes au total, et chacun voit Tavi grandir, s’affirmer et révéler des talents que sa condition de « sans-furie » rendait invisibles.