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Que lire après « Jamais 203 » de Kentin Jarno ?

Que lire après « Jamais 203 » de Kentin Jarno ?

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Publié le 30 avril 2025 aux éditions Albin Michel, dans la collection Nox, Jamais 203 est un roman de l’écrivain français Kentin Jarno. On y suit Stella, une jeune femme en proie à une dépression sévère et à une anxiété sociale handicapante, dont les rêves se sont déjà révélés prémonitoires par deux fois. Quand elle rêve de sa propre mort dans 203 jours, elle sait que ce n’est pas un simple cauchemar. Son meilleur ami et colocataire, Cole refuse de la laisser attendre la fin dans l’inertie : il la pousse à rédiger une bucket list (une liste de choses à accomplir avant de mourir) et lui promet de l’aider à la réaliser avant l’échéance.

De défi en défi, leur amitié bascule vers un amour qu’aucun des deux ne s’était avoué — tandis que le compte à rebours, lui, ne s’arrête pas. Le lecteur ne sait jamais si la prédiction de Stella se réalisera ou non, car le récit entretient un doute constant entre explication rationnelle (sa dépression, ses angoisses) et hypothèse surnaturelle (ses rêves se sont déjà réalisés deux fois). C’est cette incertitude qui maintient la tension jusqu’aux dernières pages. Le livre a rapidement conquis la communauté BookTok et les lecteur·ices de new adult francophone.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine : des histoires où le temps est compté, où l’amour vient tout compliquer, et où il vaut mieux prévoir une boîte de mouchoirs à portée de main.


1. Mille baisers pour un garçon (Tillie Cole, 2016)

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Poppy et Rune se connaissent depuis l’âge de cinq ans, à Blossom Grove, petite ville de Géorgie. Leur histoire d’amour naît autour d’un objet singulier : un bocal rempli de mille cœurs en papier, légué par la grand-mère de Poppy sur son lit de mort. La consigne : chaque fois qu’un garçon lui donnera un baiser inoubliable, Poppy devra le noter sur l’un des cœurs, jusqu’à en collecter mille. D’origine norvégienne, Rune s’engage à les lui offrir tous. À quinze ans, pourtant, il doit repartir en Norvège avec sa famille. Pendant deux ans, le silence de Poppy — inexpliqué, brutal — le dévaste.

Quand Rune revient à dix-sept ans, il est transformé par la colère et l’incompréhension. Mais le lien entre eux refait surface, et avec lui la vérité : Poppy est atteinte d’un lymphome de Hodgkin en phase terminale. C’est pour épargner Rune qu’elle avait coupé les ponts. Dès lors, chaque baiser noté dans le bocal prend un poids terrible : il pourrait être le dernier. Le compteur de cœurs, qui était un jeu d’enfants, devient un décompte inversé. Netflix a annoncé une adaptation cinématographique, confiée au réalisateur Stephen Chbosky (connu pour Le monde de Charlie).


2. Five Feet Apart (Rachael Lippincott, Mikki Daughtry et Tobias Iaconis, 2018)

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Âgée de dix-sept ans, Stella Grant est atteinte de mucoviscidose, une maladie génétique qui détériore progressivement les poumons. Habituée aux séjours à l’hôpital depuis l’enfance, elle gère sa maladie avec une rigueur quasi militaire : to-do lists, traitements scrupuleusement suivis, attente d’une greffe de poumons qui pourrait lui sauver la vie. Will Newman, lui, souffre de la même pathologie, doublée d’une bactérie (B. cepacia) qui lui interdit tout espoir de greffe. Or le protocole médical impose aux patients atteints de mucoviscidose de rester à au moins six pieds de distance les uns des autres (environ 1,80 mètre), car une contamination croisée pourrait leur être fatale. Concrètement : si Stella attrape la bactérie de Will, elle perd son éligibilité à la greffe — et avec elle sa meilleure chance de survie.

Malgré cette interdiction, Stella et Will se rapprochent et décident de rogner un pied sur la distance réglementaire — cinq pieds au lieu de six. C’est le maximum qu’ils puissent se permettre : un mètre cinquante d’écart, pas un centimètre de moins, sous peine de mort. Tout le roman tient dans cette tension entre l’envie de se toucher et l’impossibilité physique de le faire. Le livre a été adapté au cinéma en 2019 sous le titre À deux mètres de toi.


3. Et ils meurent tous les deux à la fin (Adam Silvera, 2017)

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Le titre dit exactement ce qui va se passer — et pourtant, on refuse d’y croire jusqu’au bout. Le roman se déroule dans un futur proche où une entreprise appelée Death-Cast téléphone aux gens le jour de leur mort pour les prévenir qu’il leur reste moins de vingt-quatre heures. Comment Death-Cast le sait, on ne l’apprend jamais, et ce n’est pas le sujet : ce qui compte, c’est ce que les personnages font de cette information. Le 5 septembre, un peu après minuit, Mateo Torrez et Rufus Emeterio, deux adolescents new-yorkais que tout oppose, reçoivent chacun l’appel fatidique. Timide et rongé par l’anxiété, Mateo vit seul depuis que son père est tombé dans le coma. Rufus, lui, est un écorché vif élevé en famille d’accueil au sein d’un groupe d’amis soudés qui se sont baptisés « les Pluton ».

Grâce à l’application Le Dernier Ami — un réseau social qui met en relation les condamnés du jour pour qu’ils ne passent pas leurs dernières heures seuls —, Mateo et Rufus décident de vivre ensemble le temps qu’il leur reste. D’abord amicale, leur relation devient amoureuse au fil des heures. Adam Silvera réussit quelque chose de rare : un roman où la mort est annoncée dès le titre et omniprésente à chaque page, mais qui donne surtout envie de sortir, de parler aux gens, de ne rien remettre à demain.


4. Vous êtes sur le portable de Sam (Dustin Thao, 2021)

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Julie et Sam, dix-sept ans, sont ensemble depuis trois ans. Leur avenir est tracé : le Japon après le lycée (Sam y est né), puis l’université de Portland. Tout s’effondre le soir où Sam meurt dans un accident de voiture, quelques minutes après une dispute téléphonique avec Julie — dispute qui la rongera de culpabilité. Dévastée, incapable de reprendre le cours de sa vie, elle compose un soir le numéro de Sam, juste pour entendre sa voix sur le répondeur. Sauf que Sam décroche.

Aucune explication n’est donnée. Julie peut désormais appeler son petit ami décédé, lui parler, l’entendre. Ces conversations deviennent vite une addiction : tant que Julie peut parler à Sam, elle n’a pas besoin de faire son deuil. Elle rate son inscription à l’université, repousse ses amis, néglige la famille de Sam qui souffre tout autant qu’elle, et repousse sans cesse le moment où il faudra raccrocher pour de bon. Le roman va et vient entre le présent douloureux de Julie et ses souvenirs avec Sam — cerisiers en fleur, cafés cosy, projets d’avenir désormais impossibles. C’est un récit sur le deuil et la difficulté de lâcher prise : comment dire au revoir quand on n’y est pas prêt·e ?


5. Nos étoiles contraires (John Green, 2012)

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Difficile de parler de romans où l’amour se heurte à la maladie sans évoquer celui qui a rendu le genre incontournable auprès du grand public. Hazel Grace Lancaster, seize ans, est atteinte d’un cancer de la thyroïde avec métastases aux poumons. Elle ne se déplace jamais sans sa bouteille d’oxygène, respire difficilement, et fréquente à contrecœur un groupe de soutien pour jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus Waters — dit Gus —, ancien joueur de basket en rémission d’un ostéosarcome (un cancer des os qui lui a coûté une jambe), dont le sourire en coin et l’assurance tranquille la déstabilisent immédiatement.

Ensemble, ils partent à Amsterdam pour rencontrer l’auteur du roman préféré de Hazel, Une impériale affliction — un livre fictif, qui n’existe que dans l’univers du roman et qui s’interrompt en plein milieu d’une phrase, sans fin. Hazel est obsédée par cette absence de conclusion, et pour cause : elle sait que sa propre histoire pourrait s’arrêter aussi abruptement. John Green évite le piège du pathos grâce à un humour acide et une intelligence vive : Hazel et Gus se parlent avec une maturité et un esprit qu’on n’attend pas de deux adolescents de seize ans, et c’est précisément ce décalage qui rend le drame si percutant quand il frappe. Adapté au cinéma en 2014 avec Shailene Woodley et Ansel Elgort, Nos étoiles contraires reste la référence du genre.


6. Avant toi (Jojo Moyes, 2012)

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Louisa Clark — Lou pour les intimes — est une jeune Anglaise de vingt-six ans sans grandes ambitions, qui vient de perdre son emploi de serveuse dans un café de Stortfold, sa petite ville natale. Faute de mieux, elle accepte un contrat de six mois comme auxiliaire de vie auprès de Will Traynor, un ancien homme d’affaires aventurier et sportif, devenu tétraplégique après avoir été renversé par une moto en pleine rue de Londres. L’accueil est glacial : Will est cynique, cassant, déterminé à repousser quiconque tente de l’aider. Il ne veut pas de compagnie. Il ne veut plus rien.

Mais Lou, avec ses tenues vestimentaires excentriques, sa franchise involontaire et son obstination, finit par l’atteindre. Au fil des semaines, les conversations entre eux changent de nature — et Lou découvre ce que la famille Traynor lui avait caché à l’embauche : Will a décidé de recourir au suicide assisté à l’issue du contrat de six mois. Lou a donc exactement ce délai pour le faire changer d’avis. Le roman ne tranche pas : il pose des questions éthiques redoutables sur le droit de choisir sa propre mort, sur ce que signifie « bien vivre » quand le corps ne suit plus, et sur la frontière ténue entre aimer quelqu’un et vouloir décider à sa place. Adapté au cinéma en 2016 avec Emilia Clarke et Sam Claflin, Avant toi a suscité un vrai débat public sur l’euthanasie lors de sa sortie.


7. All This Time (Rachael Lippincott et Mikki Daughtry, 2020)

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Kyle et Kimberly forment le couple modèle du lycée — jusqu’au soir du bal de fin d’année, où Kimberly annonce à Kyle qu’elle veut rompre. Sous le choc, Kyle perd le contrôle de sa voiture. Il se réveille à l’hôpital. Kimberly est morte. La culpabilité l’écrase : c’est lui qui conduisait.

C’est dans les couloirs de ce même hôpital que Kyle croise Marley, une jeune fille elle aussi en deuil, qui porte une culpabilité dont elle refuse de parler. Ils commencent à passer du temps ensemble — d’abord par besoin de compagnie, puis parce que quelque chose de plus fort s’installe. Leur rapprochement est lent, sincère, et se heurte en permanence au poids de ce qu’ils ont perdu. Mais le roman réserve un retournement de situation majeur dans son dernier tiers, qui change rétroactivement le sens de tout ce qu’on a lu — et donne au titre (All This Time, « depuis le début ») sa véritable portée. Difficile d’en dire plus sans gâcher la surprise. Déjà co-autrices de Five Feet Apart, Rachael Lippincott et Mikki Daughtry ont voulu écrire ce qu’elles appellent un « conte de fées moderne » — et qu’à la dernière page, on comprend pourquoi.


8. If He Had Been With Me (Laura Nowlin, 2013)

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Le roman s’ouvre sur une certitude : Finn est mort dans un accident de voiture. Narratrice du récit, Autumn est convaincue que s’il avait été avec elle ce soir-là plutôt qu’ailleurs, rien de tout cela ne serait arrivé. Puis le récit revient en arrière, des années en arrière. Autumn et Finn se connaissent depuis la naissance — leurs mères sont voisines et meilleures amies. Inséparables enfants, ils se sont éloignés au lycée : Autumn sort avec Jamie et fréquente un groupe d’ami·es plutôt discret·es, tandis que Finn est devenu le garçon populaire que tout le monde veut côtoyer. Ils passent leurs journées à quelques mètres l’un de l’autre sans jamais se retrouver vraiment.

Le roman couvre plusieurs années de lycée, avec des chapitres très courts qui fonctionnent comme des instantanés. On voit Autumn nier ses sentiments pour Finn, s’accrocher à une relation qui ne lui correspond pas, rater chaque occasion de lui parler. On voit Finn faire de même de son côté. Et on sait, parce que le livre nous l’a dit dès la première page, que tout ce temps perdu ne sera jamais rattrapé. Laura Nowlin excelle à décrire ces non-dits et ces rendez-vous manqués qui définissent tant de relations adolescentes : le moment où l’on comprend trop tard, où l’on agit un jour trop tard. C’est un slow burn — un récit où la relation amoureuse met très longtemps à se concrétiser — d’une cruauté tranquille, qui donne envie de secouer les personnages à chaque chapitre.


9. Tous nos jours parfaits (Jennifer Niven, 2015)

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Quand Violet Markey et Theodore Finch se croisent en haut du clocher de leur lycée de l’Indiana, ils sont tous les deux au bord du vide — au sens propre. Violet n’a plus goût à rien depuis la mort de sa sœur dans un accident de voiture neuf mois plus tôt. Finch, lui, est l’excentrique du lycée, celui que tout le monde trouve bizarre : il souffre de troubles bipolaires non diagnostiqués, ce qui signifie qu’il alterne entre des phases d’énergie et d’euphorie débordantes et des épisodes dépressifs profonds, sans que personne autour de lui — ni ses parents, ni ses professeurs — ne mette un nom sur ce qu’il traverse.

Un projet scolaire les réunit : ils doivent sillonner l’Indiana et en recenser les lieux remarquables. Ce qui devait être un simple devoir se transforme en road-trip intime, ponctué de haltes improbables — un cimetière de bibliobus, un point culminant désespérément plat — et de citations de Virginia Woolf, elle-même bipolaire, à qui Finch s’identifie. Leur histoire prend alors une trajectoire croisée : à mesure que Violet revient à la vie, Finch s’enfonce dans une dépression que personne ne voit venir — y compris le lecteur, happé par la légèreté apparente du récit. C’est toute la force du roman : on rit, on s’attache, et quand le sol se dérobe, il est déjà trop tard. Adapté par Netflix en 2020 avec Elle Fanning et Justice Smith.