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Que lire après « Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski ?

Que lire après « Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski ?

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Gagner la guerre est un roman de fantasy de Jean-Philippe Jaworski, publié en 2009 aux éditions Les Moutons électriques. On y suit Benvenuto Gesufal, assassin et homme de main du Podestat de la République de Ciudalia, dans un univers inspiré de la Renaissance italienne où se nouent complots politiques, trahisons et guerres de pouvoir.

Couronné par le prix Imaginales du meilleur roman francophone, il compte parmi les titres les plus appréciés du genre en langue française. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques pistes.


1. Janua Vera (Jean-Philippe Jaworski, 2007)

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Publié deux ans avant Gagner la guerre, ce recueil de nouvelles ouvre l’accès au Vieux Royaume. Chaque récit dévoile un pan différent de cet univers — d’un roi-dieu au soir de son règne à un copiste malchanceux pris dans des affaires qui le dépassent. La nouvelle Mauvaise donne, véritable préquelle, introduit Benvenuto Gesufal dans les ruelles tortueuses de Ciudalia.

Janua Vera permet de mesurer l’étendue du monde que Jaworski a bâti et d’en apprécier les différents registres, du tragique au burlesque. Pour qui a aimé Gagner la guerre, revenir aux origines du Vieux Royaume s’impose d’emblée.


2. Même pas mort (Jean-Philippe Jaworski, 2013)

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Premier tome de la saga Rois du monde, ce roman quitte Ciudalia pour la Gaule celtique du VIe siècle avant notre ère. Parvenu au bout de sa vie, le vieux guerrier Bellovèse dicte ses mémoires : son enfance d’orphelin royal, l’exil ordonné par un oncle usurpateur, et sa survie inexplicable après une mort au combat.

Le cadre change radicalement — aux intrigues de palais succèdent les forêts sacrées, les bardes et les rites guerriers celtes — mais l’exigence littéraire reste la même. Jaworski s’appuie ici sur un travail de documentation considérable pour restituer un monde archaïque où la frontière entre les vivants et les morts se révèle poreuse. Un roman ample et âpre, qui ravira celles et ceux à qui la plume de l’auteur manque déjà.


3. Les Mensonges de Locke Lamora (Scott Lynch, 2006)

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Dans la cité de Camorr — librement inspirée de la Venise du XVe siècle —, l’orphelin Locke Lamora dirige les Salauds Gentilshommes, une bande d’escrocs qui dépouille l’aristocratie locale à coups de stratagèmes élaborés. Mais un adversaire imprévu, le mystérieux Roi Gris, menace de réduire à néant l’équilibre fragile de la pègre.

La parenté avec Gagner la guerre est immédiate : même toile de fond pseudo-italienne, même goût pour les antihéros roublards et les coups tordus. Scott Lynch opte toutefois pour un ton plus léger, ponctué d’un humour mordant et de dialogues jubilatoires. Le roman se dévore vite, et c’est précisément ce qu’on lui demande.


4. Tigane (Guy Gavriel Kay, 1990)

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Dans la péninsule de la Palme — transposition à peine voilée de l’Italie médiévale —, deux sorciers étrangers se partagent le territoire. L’un d’eux, Brandin d’Ygrath, a frappé la province de Tigane d’un sortilège d’oubli : nul ne peut plus entendre ni prononcer son nom. Un groupe de résistants mené par le prince héritier Alessan, déguisé en ménestrel itinérant, tente de restaurer la mémoire de son pays.

Tigane est un roman sur l’identité et l’effacement culturel, porté par des personnages dont les motivations ne sont jamais univoques — y compris le tyran Brandin, figure aussi odieuse qu’émouvante. Kay place l’émotion au centre de l’intrigue politique, et c’est ce qui donne au livre sa force particulière.


5. Premier Sang (Joe Abercrombie, 2006)

Couverture du livre Premier Sang de Joe Abercrombie

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Premier tome de la trilogie La Première Loi, ce roman suit trois personnages que tout oppose : Logen Neuf-Doigts, un barbare du Nord las de la violence ; l’Inquisiteur Glotka, tortionnaire brisé par les séquelles de sa propre captivité ; et Jezal dan Luthar, un jeune officier aristocrate d’une vanité abyssale. Leurs destins convergent tandis qu’une guerre ancienne menace de reprendre.

Joe Abercrombie a contribué à redéfinir la dark fantasy avec cette trilogie où aucun personnage n’est épargné et où l’héroïsme est systématiquement subverti. L’humour noir, omniprésent dans les réflexions intérieures de Glotka, offre un contrepoint saisissant à la brutalité du monde. Quiconque a apprécié le cynisme de Benvenuto Gesufal se retrouvera en terrain familier.


6. L’Apprenti assassin (Robin Hobb, 1995)

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Fitz, bâtard royal confié aux soins de l’écuyer du roi, grandit à la cour des Six-Duchés. Reconnu par son père le prince Chevalerie — qui abdique aussitôt —, il est recueilli et formé en secret par le maître assassin du trône. Le garçon découvre qu’il possède le Vif, un don de communion avec les animaux, interdit et méprisé.

Robin Hobb a construit avec le cycle de L’Assassin royal un récit d’apprentissage d’une rare justesse psychologique. La force du roman tient à son point de vue intime : tout passe par le regard de Fitz, ses doutes, ses erreurs, ses attachements. L’intrigue politique, centrée sur la succession et les complots de cour, trouvera un écho immédiat chez les lecteur·ices de Gagner la guerre.


7. Le Trône de fer (George R. R. Martin, 1996)

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Westeros, continent aux allures de Grande-Bretagne médiévale, entre dans une période de turbulences. Lorsque le roi Robert Baratheon rappelle son vieil ami Eddard Stark pour en faire sa Main, les rivalités entre grandes familles s’enveniment. Aux portes du royaume, une menace surnaturelle se fait oublier de tous, tandis que de l’autre côté du monde, les derniers héritiers d’une dynastie déchue rêvent de reconquête.

Le refus du manichéisme, la violence des jeux de pouvoir, la mort inattendue de personnages centraux : Le Trône de fer partage avec Gagner la guerre une même volonté de prendre le genre à rebrousse-poil. George R. R. Martin excelle dans la construction d’un échiquier politique où chaque chapitre redistribue les cartes — et où personne n’est à l’abri.


8. Les Lions d’Al-Rassan (Guy Gavriel Kay, 1995)

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Dans un monde inspiré de l’Espagne de la Reconquista, l’empire déclinant d’Al-Rassan voit s’affronter trois peuples séparés par la religion. Trois destins s’entrelacent : Ammar ibn Khairan, poète et ancien assassin du dernier khalife ; Rodrigo Belmonte, chef de guerre jaddite redouté ; et Jehane bet Ishak, médecin kindath prise entre deux feux.

Le livre tire sa puissance de l’amitié et de l’amour entre des êtres que l’Histoire destine à s’affronter. Le récit avance avec la certitude d’une catastrophe inévitable — celle de la fin d’une civilisation. On retrouve ici ce qui fait le prix de Gagner la guerre : un récit politique doublé d’une vraie épaisseur historique, où les personnages ne se réduisent jamais à leur camp.


9. La Compagnie noire (Glen Cook, 1984)

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Chroniqueur attitré de la Compagnie noire, Toubib consigne les faits et gestes de cette troupe de mercenaires au service de la Dame, une sorcière puissante engagée dans une guerre contre le rebelle Cercle Blanc. Loin des récits de chevalerie, on suit des soldats ordinaires, fatigués, cyniques, qui obéissent aux ordres sans se poser trop de questions morales.

Glen Cook a ouvert la voie à toute une génération de fantasy sombre en adoptant le point de vue du soldat de base plutôt que celui des rois et des mages. Le ton sec, parfois laconique, du narrateur rappelle celui d’un journal de guerre. Un texte fondateur, dépouillé de tout ornement, qui a influencé aussi bien Joe Abercrombie que Steven Erikson.


10. La Cité de jade (Fonda Lee, 2017)

Couverture du livre La Cité de jade de Fonda Lee

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Sur l’île de Kekon, le jade confère à ceux qui le portent des capacités surhumaines. Deux clans rivaux — le Sans Cime et la Montagne — se disputent le contrôle de cette ressource et, par extension, de la ville de Janloon. À la tête du clan Sans Cime, les petits-enfants du fondateur héritent du pouvoir dans un contexte de tensions croissantes.

Imaginez Le Parrain transposé dans une urban fantasy d’inspiration asiatique où les arts martiaux remplacent les armes à feu : voilà La Cité de jade. Fonda Lee y dissèque les rouages du pouvoir clanique — alliances, trahisons, diplomatie commerciale et règlements de comptes. Lauréat du World Fantasy Award, ce premier tome de la trilogie Les Os émeraude est une saga familiale où la loyauté coûte cher et l’ambition se paie comptant.


11. Le Sang de la cité (Guillaume Chamanadjian, 2021)

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Gemina, mégalopole méditerranéenne enclavée derrière ses murailles, est découpée en duchés rivaux. Nox, jeune commis d’épicerie rattaché à la maison de la Caouane, partage son temps entre livraisons de vins et cercles de poésie. Jusqu’au jour où il entre en possession d’un livre ancien dont le contenu fait étrangement écho à sa propre histoire.

Ce premier tome de Capitale du Sud (cycle La Tour de Garde, écrit en parallèle avec Claire Duvivier) séduit par son ancrage sensoriel : on sent les épices du port, on arpente les ruelles chaudes de la cité. L’intrigue politique s’y déploie avec patience, au rythme d’un récit d’initiation où la poésie et les jeux de pouvoir cohabitent. Couronné par le Prix Imaginales 2022, le roman confirme la vitalité de la fantasy française contemporaine.


12. Le Déchronologue (Stéphane Beauverger, 2009)

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XVIIe siècle, mer des Caraïbes. Le capitaine Henri Villon, flibustier français, écume les eaux à bord du Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Des failles temporelles déchirent la réalité — un porte-avions américain ou la flotte d’Alexandre le Grand surgissent au milieu de l’océan —, et Villon tente de préserver sa liberté face aux empires coloniaux et aux forces qui régissent le temps.

Le roman est construit comme un journal de bord désordonné : les chapitres ne se suivent pas dans l’ordre chronologique, en écho aux dérèglements temporels du récit. Ce parti pris narratif, déroutant au premier abord, donne au livre son identité propre. Multi-récompensé (prix Utopiales, Grand Prix de la Science-Fiction française, Grand Prix de l’Imaginaire), Le Déchronologue tient à la fois du roman de piraterie et de la science-fiction — sans se laisser réduire à l’un ni à l’autre.


13. L’Ombre du pouvoir (Fabien Cerutti, 2014)

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Novembre 1339. Le chevalier assassin Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard exilé d’une lignée bourguignonne, dirige une compagnie de mercenaires d’élite. Sa présence à un tournoi en Champagne — dernier fief des princesses elfiques — n’a rien d’anodin : derrière les joutes et les banquets, chacun de ses actes sert un plan que personne ne parvient à déchiffrer.

Fabien Cerutti, agrégé d’histoire, ancre son récit dans un Moyen Âge français méticuleusement documenté, auquel il superpose une couche de fantasy discrète : elfes persécutés par l’Inquisition, magie en voie d’extinction, créatures reléguées dans les marges de l’Histoire. Le personnage de Kosigan — manipulateur, pragmatique, impertinent — rappellera aux lecteur·ices de Gagner la guerre un certain Don Benvenuto. Premier tome de la série Le Bâtard de Kosigan, lauréat du Prix Imaginales des lycéens 2015.